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6 articles avec termes taurins

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Publié le par vingtpasses

  Lanzar el toro al torero en el aire...

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Luis Bolivar, sur son premier Escolar - Nîmes 17 mai 2013

Publié dans Termes taurins

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Capitalista

Publié le par Charles CREPIN

 

  En français, terme dérivé du concept économique et social qui gouverne au quotidien la vie des gens sur la quasi totalité de la planète, sans alternative perceptible. Plus fréquemment, le nom est affecté d'une connotation péjorative, gros mot dans la bouche de certains. Chez nous, capitaliste porte inévitablement l’idée sous-jacente d’une distinction de classes, quand ce n'est pas une lutte encore bien vivace dans certains esprits, voire une pratique et une tradition. En ces temps de crise gravissime, capitaliste évoque à point nommé le milliardaire désœuvré ayant déjà assuré ses arrières, au cas où, dans un lieu de prédilection susceptible de lui garantir anonymat, réconfort et sérénité : un paradis fiscal (il en reste). 

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 Une définition espagnole de « capitalista » nous interesse en particulier. En regardant la photo ci-dessus, laissez un instant les paillettes de Jean-Baptiste et descendez à l'étage en dessous, vers le type costaud en T-shirt rouge.  Dans son cas, le mot désigne l’aficionado "enthousiaste" qui, à la fin de la corrida, se précipite pour porter le torero triomphateur sur ses épaules pour le tour de piste, ici, dans l'amphithéâtre nîmois, vers la porte des Consuls. Malgré la quasi exclusivité qu’il détient sur la place, l'histoire ne dit pas si ce capitalista deviendra riche et accumulera à son tour du capital, ni même si son labeur est rémunéré... Non sans ironie, le sens initial du mot, ainsi que les rapports de classe sont ici inversés...



 

Il y a aussi une autre définition de capitalista qui, injustement dérisoire, désigne un apprenti torero inconnu qui rêve de devenir une figura riche et célèbre (ça va avec). Celui-là rode autour des arènes à l’affût d’une opportunité qui lui permettra de se faire remarquer. Lorsqu’il saute des gradins sur la piste, muni d’une cape, ou même d’une simple veste pour voler quelques passes au toro d’un maestro afin d’attirer l’attention des professionnels, on l’appelle alors « espontáneo ». 

 

 Le règlement prévoit l’intervention de la cuadrilla, l’expulsion immédiate de l’espontáneo remis aux mains des autorités, ainsi qu’une forte amende. Mais ce n'est pas toujours le cas : un certain Manuel Benítez « El Cordobés » fit ainsi ses débuts, s’ouvrant la voie d’un destin hors du commun. Plus proche de nous, Simon Casas en fit autant à Nîmes le 27 septembre 1968, donnant une courte faena à un toro d’Antonio Ordóñez, à la suite de quoi commença une longue carrière, pas encore achevée, de star internationale auto proclamée.

 

Moins burlesque mais plus dramatique fut le dénouement de l’espontáneo de Fernando Eles Villarroel « El Chocolate » le 14 septembre 1981 dans les arènes d’Albacete. Le jeune homme sauta devant « Sospechoso », le deuxième toro d’El Cordobés, torse nu, citant l’animal avec sa chemise.

 

 

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Espontaneo de F. Eles Villarroel - Photo “El Pais”

 

Sous les yeux horrifiés du public, Fernando Eles reçut deux graves cornadas, l’une dans le cou et l’autre dans le ventre, provocant une abondante hémorragie. Il décéda immédiatement. Le public reprocha durement au Cordobés et à sa cuadrilla de ne pas être intervenus à temps pour le quite. Le déroulement du drame, qui dura 17 secondes a ouvert une des pages les plus tragiques de la fiesta brava.  Aujourd’hui, on ne recense plus beaucoup d’espontáneos, la multiplication des écoles tauromachiques n’étant sans doute pas étrangère à cette situation.

 

Publié dans Termes taurins

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DESCASTAMIENTO

Publié le par Charles CREPIN

 

Les deux articles précédents évoquent  un sujet d’actualité : la caste, ou plutôt l’absence de caste (descastamiento). Voici l’occasion d’en rappeler la définition, et les avatars.
 

Ce terme taurin espagnol traduit l’état d’affaiblissement de la caste, fruit de la sélection systématique par les éleveurs d’un toro moins agressif, moins dangereux, plus souple, et donc, en principe, plus noble et plus apte à recevoir des passes. 

 

En marge du descastamiento

 

Cette évolution est allée de pair avec celle de la corrida moderne, conduite par la plupart des figuras depuis longtemps déjà, et  plébiscitée par un nombreux public. Ne nions pas que cette évolution a eu, pour un temps, des effets positifs et permis un toreo esthétique dans le choix duquel les aficionados, et même les savants critiques, ont pris leur part. Certains “toristes” du tendido 7, qui ne jurent que par le toro “dur”, et une corrida qu’ils n’ont jamais vue, ne restent pas insensibles au charme d’une divine série templée de Morante. Et puis, sérieusement, quel public aujourd’hui applaudirait la lidia telle qu’elle se déroulait il y a 100 ans, avec les toros de l’époque?  

 

Mais le descastamiento se traduit souvent aussi par une perte totale des caractéristiques et du caractère de la race, une absence de fijeza *, une tendance marquée à la recherche de la querencia, et finalement, un consternant refus du combat qui gâche le plaisir. Descastamiento : voila donc un terme qu’il nous faut hélas connaître, car les occasions de l’employer ne manquent pas. Témoins, les “fracasos” qui sont devenus fréquents dans les ruedos durant toute la première partie de la temporada, en Espagne comme en France, n’épargnant pas des élevages que l’on dit “de respect”

 

Et quand on voit le nombre de toreros blessés, parfois gravement, par des medio-toros “doux comme le miel” depuis le début de la temporada, on peut légitimement se demander : 

- A quoi ça sert ?

 


 

 

 

* Fijeza: caractéristique du toro noble qui charge avec bravoure le cheval ou la muleta.

Publié dans Termes taurins

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CAPOTE

Publié le par Charles CREPIN

 

A l'origine, capote désignait la couleur du pelage du toro, dont pinta est aujourd'hui le terme propre. Capa est aussi utilisé quelquefois, bien qu'il désigne plutôt la robe des chevaux.

Aujourd'hui elle a deux significations distinctes :
 

CAPOTE DE BREGA : cape de toile semi-circulaire utilisée par les toreros pendant la lidia. Lourde et empesée pour une plus grande rigidité, elle est de couleurs vives, fuchsia pour l'avers et généralement jaune à l'envers, mesurant entre 1 m et 1,20 m pour être adaptée à la taille du torero. Maniée à deux mains ( capotazo ), elle sert au travail du banderillero : réception, déplacement et mise en suerte du toro, détournement de l'animal dans les quites pour parer au danger etc...Dans les mains du maestro, elle permet à ce dernier de donner les belles passes que l'on connaît : véronique, chicuelina, gaonera, revolera...


CAPOTE DE LUJO (de luxe, d'apparat) ou CAPOTE DE PASEO, ou encore CAPOTE DE SEDA (de soie), dit aussi "capotillo" : cape d'apparat destinée au paseo. Sensiblement plus petite que la cape de brega (ou demi-cape). Généralement en soie, richement brodée de motifs floraux ou religieux, rehaussée de fils d'or et d'argent. Durant le paseo, le torero la porte posée sur l'épaule gauche et enroulée autour du buste. Après le salut à la présidence, il la confie jusqu'à la fin de la corrida à son valet d'épées (mozo de espadas), lequel la fait déployer en barrera, devant des spectateurs de premier rang.

Lien logique entre capote de paseo et capote de brega : à l'origine, au campo, c'était un vêtement de laine qu'on portait sur l'épaule et qu'on utilisait accessoirement en cas de besoin pour dévier la charge du toro. Par la suite, fabriqué en coton puis en soie, brodé pour les maestros, son coût élevé et sa délicatesse le destina à l'usage exclusif du paseo.


Photo Charles CREPIN

Publié dans Termes taurins

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CORRIDA, COJIDA ET CORNADA...

Publié le par jean-Yves BAUCHU - Chirurgien, médecin des arènes de Nîmes


 

 

 

 

 

 


Appelons les choses par leur nom et nous nous comprendrons mieux.

 

Le varétazo.

Le coup de plat de corne est une lésion par contusion directe sans pénétration.

La trajectoire du coup de corne est oblique, tangentielle, glissant ou heurtant la peau.

Les lésions qui en résultent peuvent aller de la simple contusion, à l'hématome collecté ou à la rupture de l'organe surtout intra-abdominal. Le diagnostic des lésions est grandement facilité par l'échographie. On parle de varétazo sobre sangre lorsque la peau est intacte et les lésions uniquement internes, et de varétazo con sangre lorsque la peau est contuse, éraillée, écorchée ou brulée par le frottement.
 

Le puntazo.

Le coup de pointe est une lésion due à l'extrémité distale de la corne.

C'est une plaie superficielle peu pénétrante, entrainant des lésions de la peau et du tissu graisseux sous-cutané à l'occasion d'un coup de corne peu appuyé, entrant et sortant immédiatement. Il n'y a donc qu'une seule et unique trajectoire. On parle de puntazo corrido lorsque la plaie a une forme allongée, en estafilade. Le traitement chirurgical se fait après nettoyage et désinfection de la plaie par suture des bords, avec ou sans drainage. Le pronostic est bon et l'incapacité à toréer courte voire nulle.
 

La cornada.

Le coup de corne est une lésion due à la pénétration d'une partie ou de la totalité de la corne. C'est une plaie pénétrante profonde entrainant des lésions de la peau, des muscles, des tendons, des vaisseaux ou des nerfs, des organes digestifs, thoraciques...

La corne blesse à la fois comme une arme blanche (elle coupe), comme une arme à feu (elle brûle, elle déchire et elle arrache) et comme une arme contendante (elle distend et explose). Le taureau peut appuyer son coup de corne et aggraver les lésions ou soulever le toréro, le faire basculer par des coups de tète, entrainant des mouvements de va-et-vient ou de fléau. Pour un seul orifice cutané, il peut y avoir plusieurs trajectoires dans les plans profonds. On parle de cornada limpia lorsque les lésions profondes sont bénignes ou sans conséquences. Le traitement comporte une lutte contre l'infection par nettoyage de la plaie, désinfection et antibiothérapie, une exploration soigneuse de toutes les trajectoires, une réparation des lésions et un drainage volontiers multiple.

Ces trois types de lésions ne sont ni exhaustives ni limitatives. Elles peuvent être associées, ou compliquées par un traumatisme crânien, thoracique, abdominal. Enfin, la multiplicité d'armes coupantes : épée, puntilla, banderille et autres couteaux est une source de plaies fréquentes à bien connaître par le chirurgien des arènes.

Photo elmundo.es 

 

 

 

 


Publié dans Termes taurins

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AGUANTE

Publié le par charles CREPIN.


AGUANTE,  une philosophie de la « résistance »  

« Un taureau vous fonce dessus. Vous fuyez. Normal : vous êtes homme, après tout. Un taureau fonce sur un torero. Il demeure où il est. Normal : il est torero, après tout. Cette attitude torera, consistant justement à ne rien faire - ne pas fuir, ne pas reculer, ne pas rompre, ne pas ciller -, c’est ce qu’on appelle     l’aguante ».  

Francis WOLFF -  Philosophie de la corrida. Éditions Fayard. 


De fait, il s’agit bien, pour le torero, de tenir, courageusement, quoi qu’il arrive, un terrain où il a choisi de se positionner. De le tenir à la limite des cornes, à la limite du possible, et parfois du supportable, en oubliant son corps. Paco Ojeda a pu parfois nous donner l’impression qu’il avait le pouvoir d’hypnotiser le toro dont la corne tape doucement le mollet, s’arrête, puis le contourne en poursuivant sa charge. Paco n’a pas bougé… Quant à  José Thomas, il dit qu’il «laisse son corps à l’hôtel avant la corrida ! ».

 (Photo C. CREPIN)

Publié dans Termes taurins

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