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8 articles avec poemes

Ode à Christian

Publié le par vingtpasses

 

 

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Photo Vingtpasses

 

 

Recuerdo

 

 

Christian s'en est allé

Il fait froid dans nos cœurs.

 

Paseo solitaire

sable pailleté d'or

d'une arène là-bas où la peur n'a plus cours.

 

Pañolero l'attend

le toro gris qui l'a fauché

comme on coupe une fleur...

 

En Arles où sont les Alyscamps

point de douceur des choses

certain soir de septembre.

 

Qu'il était beau le torero dans la lumière rose de l'été finissant !

Nous, ses amis, sommes restés

longtemps

sur les gradins déserts

loin des bruits de la fête

tendus vers les espoirs les plus fous

insensés.

 

Tous nous avons bercé

de belles certitudes habillées de chimères

et nous avons tremblé de le revoir jamais..

 

La vie recommençait.

 

Les cornes de l'absurde

ont lacéré son âme

plus que son corps blessé...

 

Christian s'en est allé.

Il fait froid dans nos cœurs...

 

¡ Hasta siempre torero !

 

 

à Christian Montcouquiol Nimeño II

 

Georges GIRARD, novembre 1991.

Publié dans Poèmes

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L'ESTOCADE

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

 

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L'ESTOCADE

Le serment fait au ciel,
Dans un parfait silence,
Le maître de cartel
Sur le toro s'avance.
Du bout des doigts il tend
L'étendard écarlate,
Le bouclier flottant
Que le zéphir dilate
Vers l'animal surpris :
La muleta l'invite,
Mais en vain dans ses plis
Bruyamment il s'agite.
Grâce au léger écart,
La corne frappe à vide ;
Le diestro sans retard
Recommence impavide :
Passe changée, en rond,
En rideau, de poitrine.
Le fauve furibond
Dans le cirque piétine ;
Puis, tout à coup cadré,
Après mainte bourrade,
II s'abat effondré
D'une longue estocade.
Les bravos, les trépignements,
Les cris de joie et d'allégresse
Se transforment en hurlements,
C'est du délire ou de l'ivresse ;
Volez, chapeaux et cannes d'or !
Le mouchoir agité réclame
L'oreille pour le matador
Heureux que tout un peuple acclame.

 

 

 

Emile REYNAUD - 1906.

Publié dans Poèmes

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BRINDIS

Publié le par Charles CREPIN

 

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BRINDIS

Mais de lugubres sonneries
Ont gémi dans les galeries ;
Le matador, l'épée hors du fourreau,
S'avance grave, tête nue :
« Au Président je brinde ce taureau,
Je le tuerai, s'il ne me tue. »

 

 

 

Emile Reinaud - 1906

Publié dans Poèmes

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LA BANDERILLE

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Encore un petit poème d'Emile REINAUD de l'Académie de Nîmes (1854-1924)

 

 

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LA BANDERILLE

Une autre suerte
Comme un jouet
Nous est offerte :
D'un air coquet
Notre quadrille
Va décocher
La banderille
Au dard de fer.
L'homme s'arrête
Froid, solennel,
Cite la bête
Par un appel ;
Mais il s'élance,
Lui-même en cas
De résistance,
Et soit au pas
Soit al relance
Soit al quiebro,
Avec aisance
Le torero
Vous la décore
D'un bâtonnet
Multicolore
A double effet.

 


 

Emile REINAUD

Poésies : Aux Arènes de Nîmes - 1906

Publié dans Poèmes

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LE TORO

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Un troisième poême d'Emile REINAUD  (1854 - 1924) de l'Académie de Nîmes

 

 

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 Carte postale ancienne, colorisée, environ 1905-1910  - Collection Arnaud Moyne-Bressand

 

 

LE TORO

Coup de clairon ; un toro mugissant
Au garrot large, à la robe d'ébène,
Au jarret sec, les cornes en croissant,
De son seul souffle a balayé l'arène.
Pour éblouir l'animal, le hardi
Capeador vient dérouler la cape
Devant son mufle et d’un geste arrondi
Le fait passer, pirouette et se drape.
Vers la barrière attend le picador :
Le toro fond sur la frêle cavale,
S'allume au fer, sur eux prend son essor :
Choc effrayant ! chute monumentale !
Mais d'un appel de cape justicier
(Quite opportun qui détourne la bête)
Le matador sauve le cavalier
Qui sur sa selle à remonter s'apprête.
A la muette horreur de ces effondrements,
Ont vite succédé les applaudissements
Sonores, prolongés, comme un coup de tonnerre
Qu'annonce de l'éclair la lueur éphémère.
Souvent, mal protégé, peu propre a ces combats,
II se peut qu'un cheval ne se relevé pas.
Eh ! que de fois rompant des lances dans la lice,
Les anciens preux ont fait un même sacrifice !
Mais quelle gloire aussi, pour le coursier, de voir
Son ennemi mortel fuir la pique et déchoir !
Les sifflets, d'autre part, ne se font point attendre
Si la brute fuyant ne veut pas se défendre,
Si le lourd picador décompose un taureau
Ou maladroitement lui déchire la peau.

 

Tiré du bulletin des séances de l'Académie de Nîmes - 1906

Publié dans Poèmes

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LE PASEO

Publié le par vingt passes, pas plus...


Dans ce deuxième poème d'Emile Reinaud, résonnent les accents de Carmen, et défilent les images intemporelles de la fière allure des alguazils, de l'or flamboyant de l'habit de lumière, du superbe équipage des picadors bardés de fer, et des mules coquettes, reluisantes sous les plumets... Tout comme dans "l'Amphithéâtre", un siècle plus tard, la magie opère toujours, l’aficion qui perce dans cette poésie est la nôtre.  Voici "Le Paseo".  

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LE PASEO
 
Quatre heures sonnent et soudain
Les deux battants des portes s'ouvrent
Aux accents joyeux de Carmen,
Et les alguazils que recouvrent
Les justaucorps de noir velours
De caracoler dans l'arène.
Drapant sous les plus beaux atours
Leur torse à l'allure hautaine,
Bien en forme, les Espadas
Fiers de leur cape de parade
Complaisamment rythment le pas
Vers la tribune de l'Alcade.
Viennent ensuite deux par deux
Les toreros aux bas de soie
Dont les costumes somptueux
Où l'argent brille, où l'or flamboie
Sont rehaussés par le soleil ;
Et puis le superbe équipage
Des picadors dans l'appareil
Des chevaliers du moyen-âge
Bardés de fer et les valets
D'arène et les mules coquettes
Reluisantes sous les plumets,
Les gais rubans et les clochettes.
Au cours du paseo, le peuple s'est dressé ;
Jusqu'au salut final les mains n'ont pas cessé
De battre et d'applaudir : est-il décor qui vaille
Cette scène réglée en matin de bataille ?


 
Emile REINAUD de l’Académie de Nimes
Aux arènes de Nîmes – 1906.


Publié dans Poèmes

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L'AMPHITHÉÂTRE

Publié le par Charles CREPIN


Un recueil vieux de cent ans nous livre quelques poèmes d'Emile Reinaud. Cet  ancien maire de Nîmes présenta sa poésie en 1906 devant l’Académie de la cité romaine dont il était membre, sous le titre "Aux arènes de Nîmes". Ces vers traduisent avec une familiarité intimiste l’éternelle splendeur de l’amphithéâtre "incrusté de chair vive", l’or des gradins brulés par le soleil, la voix échappée du vomitoire ou la rumeur bourdonnante de la foule. Un siècle plus tard, la magie opère toujours, l’aficion qui perce dans les vers d’Emile Reinaud est intacte : c'est la nôtre.  Une série de six poèmes à savourer lentement, dont voici le premier : 

         
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L'AMPHITHÉÂTRE

Quatre heures vont sonner ;  à travers le ciel bleu
Le soleil fait couler un déluge de feu
Sur les gradins dorés d'une antique ordonnance.
Dans l'atmosphère flotte une rumeur immense :
Les essaims bourdonnants, pêle-mêle établis,
Recouvrent tous les blocs, se glissent dans les plis
Du vieil amphithéâtre incrusté de chair vive,
Énorme grappe humaine à l'âme sensitive.
Les éventails légers dansent au bout des doigts,
Mille ombrelles en fleurs palpitent à la fois.
En haut, les tard venus ont mis une couronne
Sur ce panorama vivant qui papillonne
Depuis le podium jusqu’au dernier gradin.
Les lazzis, pour tromper l'attente, vont leur train:
« Qui n'a pas, dit la voix qui sort du vomitoire,
» Son petit vent du Nord?» ou «Qui désire à boire ?»
Dès l'abord, dans ce cadre auguste, original,
Le spectacle  apparaît épique et non brutal,
Jeu d'un peuple poli, non d'un peuple barbare.
Que sera donc celui qui tantôt se prépare ?
Du monument romain aura-t-il la grandeur ?
Essayons d'écouter de près battre le cœur
De cette foule en liesse et voyons si son âme
Est digne qu'on l'admire ou digne qu'on la blâme.


Emile Reinaud - 1906

Publié dans Poèmes

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Oda a Belmonte

Publié le par vingtpasses

Oda a Belmonte

 

Je chante l'homme dans sa plénitude,

Le triomphateur du monde et de lui-même

Qui au bord - jour après jour - de l'abîme

Sut se pencher impavide et serein

 

Gerardo Diego

Publié dans Poèmes

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