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39 articles avec le toro

TOROS DEBOUT !

Publié le par Hubert Compan

Toros debout - Pour une tauromachie durable

Quand Hubert Compan prend la plume, le "Domecq" n'est pas loin. Son propos scientifique direct, parfois provoquant, ne laisse jamais indifférent. C'est qu'en la matière, Hubert est orfèvre. Le Domecq, il connait. Il porte un regard d'expert, à la fois professionnel et aficionado sur cette mono-encaste incontournable qui donne des boutons à certains aficionados de Nîmes et d'ailleurs. Vous savez, ceux qui prennent la route de Vic pendant les fêtes de la Pentecôte... Des "pisse-vinaigre" paraît-il !

Pour l'heure, Hubert Compan fait le point sur les toros de la mono-encaste, magnifiquement présentés à Madrid pour la San Isidro, souvent très en deçà des attentes, et surtout à Nîmes pour la dernière Pentecôte où les "Domecq" ne manquaient pas, mais aussi un desecho désormais imparable, avec des exemplaires néanmoins qualifié de "plus chers et plus luxueux" par l'empresa...

Vingtpasses.

Photo Midi Libre
Photo Midi Libre

TOROS DEBOUT, pour une tauromachie durable

Par Hubert Compan, vétérinaire taurin

Feria de Nîmes 2016 :

Parlade, Torrealta, Garcigrande, Zalduendo, Juan Pedro Domecq, Daniel Ruiz : aucun toro de la « mono-encaste » ne m'a laissé un grand souvenir. J’espérais beaucoup de la novillada de Parlade : déception pour les signes de faiblesse, un état d'engraissement excessif et deux jumeaux ou presque du même élevage, même alimentation, le N°1 très faible, le N°6 d'une grande mobilité tel un marathonien : qui peut comprendre cette différence de comportement ? Peut- être le mayoral ? Pas moi.

La corrida du 15 mai JP Domecq

J'avais repéré à travers les petites grilles des grands corrales de Nîmes deux toros : un toro particulièrement « musclé » et un toro avec une tête de vache, des cornes vers le ciel, brocho, un berceau plus étroit que l'os frontal, un toro très vilain, certainement chargé comme sobrero...

Les deux premiers de trapio agréable ont galopé et ont donné du jeu dans les 3 tercios,

le 3ème : quelle fut ma surprise de voir sortir cet affreux bovin sans qu'aucun aficionado nîmois ne manifeste ! Les aficionados Nîmois étaient-ils tous à Vic ? La revue Toros écrit : le 3 n'était rien ! Puis le N°67, 2ème de Manzanares, sort comme une bombe, approche le record du monde du 100m taurin, chute après les piques, ouvre la bouche et ne trouve plus son oxygène. Le N°48 de Lopez Simon : trop de muscle, trop de gras pour un squelette trop fragile avec une double luxation ou fracture (?) des antérieurs. 'C'est peut- être pour équilibrer les poids qu'on l'avait couplé avec l'affreux131 (il y aurait eu des pressions de la part des apoderados pour sortir l'indigne 131...). Le sobrero de Lopez Simon dépense moins d'énergie au 1er tercio. Très noble, il dure longtemps dans la muleta : 2 oreilles. Au N°93 de Varea, il n’a pas manqué grand-chose pour être un bon toro, mais la baisse de rythme en fin de faena a été importante.

Avec les toros de la mono-encaste, je me dis souvent : il n'en fallait pas beaucoup pour que ce soit un bon toro. Et si le vilain 131 et le toro « gonflette » 48 grand blessé de guerre (que le mayoral considérait comme un toro à risque) avaient été mis en réserve, le spectacle aurait été différent.

La corrida de Parlade du 25 mai à Madrid

JPD a eu en héritage les vaches et toros de son père. Les vaches et les toros du fer de Parlade, c'est autre chose. La ganaderia Parlade semble produire des toros de morphologie et de toreabilité différente de la ganaderia JPD. Souvenons- nous des deux Parlade de la goyesque d'Arles en septembre qui tous les 2 auraient mérité la vuelta. Souvenons- nous de Madrid 2014 : meilleur lot, et de Madrid 2015 avec un toro de 600kg exceptionnel de mobilité, dont le sperme a été collecté post mortem pour faire des paillettes d'insémination. La ganaderia est située au Portugal à proximité de la frontière et les toros sont amenés à « lo Alvaro » pour la finition. Les toros de Madrid recevaient donc la même alimentation que les JPD : de l'herbe cette année abondante et 7 kg par jour de mélange haché menu de paille et pienso. Moyenne des six toros sortis le 25 mai : 608 kg.

J'ai pu voir la corrida sur écran géant. Mundotoro écrivait le lendemain : manque de carburant ! C’est vrai qu'ils étaient un peu « couverts », c'est vrai qu'ils ont vite ouvert la bouche, mais c'est aussi vrai que le n° 5 de Fandiño de 649 kg, et le n° 6 de Garrido de 606 kg ont galopé comme des Garcigrande en forme : c'était une corrida où chaque passe avait sa valeur, tellement les volumes et les pitones étaient surdimensionnés. A mon avis, c'était, une corrida madrilène non reproductible ailleurs, avec la puerta gayola de Padilla à son premier toro de 640 kg, enlevé puis piétiné à la première paire de banderilles. Fandiño, visage fermé, en difficulté devant son premier toro, et Garrido essayant d'enfoncer son épée au sommet himalayen du garrot.

Deux observations sur les corridas madrilènes : la rapidité avec laquelle les toros son fixés dès leur sortie : et la question que je me pose quand on voit à Nîmes la difficulté des toreros et peones à retenir les toros dans le capote : la forme ovale des arènes de Nîmes favorise t- elle la fuite des toros et les tours de piste inutiles ? L’immobilité du groupe équestre nous fait penser aux picadors des années 80.

Mes conclusions sur la feria nîmoise 2016 : une grave indigestion de la mono-encaste qui a rendu malades beaucoup d'entre nous. Actuellement 70 % des corridas font appel à la mono-encaste, 30% aux autres encastes dites minoritaires : phénomène irréversible dans le court terme.

La faiblesse de la mono-encaste nîmoise : la faiblesse de la mono-encaste, on connaît. On connaît ses caractéristiques musculaires, on connaît ses besoins en glycogène, on connaît ses pannes de moteur, on connaît même les solutions présentées à l'issue des travaux de recherche de l'INRA.

Un petit rappel : les toros Domecq ont une proportion élevée de fibres rapides glycolytiques au dépend des fibres intermédiaires oxydoglycolytiques et oxydatives adaptées aux efforts alternés et de résistance. Il y a des morphologies à risque dans la mono-encaste et ces différences morphologiques expliquent les bons résultats de plusieurs ganaderias plus solides : la ganaderia à la mode, Pedraza de Yeltes, Fuente Hymbro (pas toujours) Parlade etc. Quelques ganaderias espagnoles appliquent avec de bons résultats les recommandations de l’INRA. Ce sont des éleveurs de la mono-encaste très conscients des problèmes à la recherche de solutions, prêts à se remettre en question et à chercher des compétences.

Alors peut-on faire bouger les choses… et les toros ? J'ai quelques idées sur le sujet.

A suivre...

Publié dans Le toro

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Servir ou combattre ?

Publié le par Charles CREPIN

Servir ou combattre ?

L'autre soir, lors d'une tertulia entre amis, le président d'une course (sans force, sans bravoure, sans caste) glissa, très sérieux dans son propos, que le meilleur toro de la course avait servi... ce quI a sans doute valu à la bête d'y laisser ses 2 oreilles.

Servir est devenu singulièrement banal dans l'usage du langage taurin, hissé par certains au rang des valeurs positives de la corrida moderne. L'équation n'a pourtant pas varié : toro soso = émotion absente. Une galère qui rappelle que servir n'est pas combattre...

Publié dans Le toro

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Pedraza de Yeltes et les figuras, un jour peut-être...

Publié le par Paul Bosc

La vérité sortirait-elle des graviers de Yeltes ?

La traduction de Pedraza serait, selon certains linguistes, une gravière. Et les toros des frères Uranga, hommes d’affaires basques propriétaires de la jeune ganaderia Pedraza de Yeltes pourraient bien être sortis des graviers du rio Yeltes qui traverse le Campo Charro. Dans le milieu taurin, on aime bien les images quelque peu légendaires qui renforcent les réputations. Une chose est, en tout cas, sûre : en ce lundi de Pâques, à Arles, une nouvelle étoile s’est ajoutée, sur les couleurs de cet élevage de Salamanque. Et surtout « Dudanada », un toro de 600 kg, au cuir coloré, qui a laissé ses deux oreilles à l’Arlésien Thomas Joubert après un combat qui restera gravé dans les mémoires des aficionados présents.

T. Joubert (photo Michel Chauvierre)
T. Joubert (photo Michel Chauvierre)

Le torero qui a peu de contrats jouait ce jour-là, son va-tout. Ou ça gagne, ou ça casse ! Après une année sabbatique, après sa blessure lors de son alternative, « Tomasito » reprenait l’épée sous son véritable nom et se distinguait à Mauguio face à un toro des frères Gallon, puis à Istres l’année dernière et Jean-Baptiste Jalabert, le nouveau directeur des arènes d’Arles lui faisait confiance pour affronter ce bétail à la réputation sulfureuse surtout après la corrida de Dax, la novillada de Garlin ou ses présentations à Azpeita, Pamplona ou Madrid.

Pour la première fois, les arènes d’Arles accueillaient pour lla clôture de sa Feria pascale cet élevage confié à un ancien torero José Ignacio Sánchez qui, les anciens s’en souviendront sans doute, s’était présenté en France, à Beaucaire en 1995 avec César Rincon et Manzanares (père) et avant de subir une blessure qui devait le faire renoncer à toréer. Mais avant Arles, José Ignacio Sánchez était l’invité du CERCLE TAURIN NÎMOIS ce dimanche de Pâques à Nîmes dans les salons de l’Hôtel IMPERATOR. Et il faut bien reconnaître que l’adage que rappelait Francis Fabre lors de la conférence « les anciens toreros ne font jamais de bons ganaderos » était faux. Jeune (son ancienneté à Madrid ne date que de 2010, la ganaderia s’est rapidement imposée et, selon les dires du sémillant ganadero, par un travail de sélection impitoyable représentant 50 % du travail partagés ensuite par une alimentation de sportif de haut niveau et le maniement (manejo) des bêtes. La propriété bâtie exemplairement pour l’élevage de toros possède un « torodrome » de plusieurs kilomètres où les bêtes courent et se musclent pratiquement quotidiennement.

Photo Michel Chauvierre
Photo Michel Chauvierre

A Arles, quatre ou cinq fils de différents sementales étaient parmi le lot présenté mais les aficionados ont reconnu dans « Dudanada » les caractéristiques des toros de Dax qui chargent la cavalerie en « s’asseyant » sur leurs fesses pour mieux soulever le cheval. Mathias Forestier, le picador de Thomas a su contrôler ces deux assauts, Raphael Viotti le banderillero a été acclamé et Thomas Joubert a su construire une faena toute en finesse. Tout n’a pas été parfait, certes, la perfection n’est pas de ce monde mais aux côtés de toreros bien plus armés que lui et notamment Juan Del Alamo qui connaît cet élevage depuis son apprentissage, c’est bien l’Arlésien qui a su profiter du meilleur toro de l’après-midi salué par un tour de piste posthume accompagné par le mayoral Miguel Angél Sanchez « Curro » et un abrazo à Paquito Léal, professeur de l’Ecole taurine d’Arles. Dans les barrières, dans l’ombre presque, Alain Montcouquiol qui n’avait plus jamais mis les pieds dans les arènes d’Arles depuis l’accident de son frère, Nimeño II, donnait ses conseils à ce torero qui n’a pas d’apoderado mais qui poursuit une route tracée dans sa tête depuis son plus jeune âge et sa passion pour la tauromachie.

J.I. Sánchez au Cercle Taurin Nîmois (Ph M. Chauvierre)
J.I. Sánchez au Cercle Taurin Nîmois (Ph M. Chauvierre)

Mais qu’est-ce qui fait la différence entre les Pedraza de Yeltes, les Garcigrande, les Victoriano del Rio ou les Daniel Ruiz ? Si l’on parle d’encaste, ils sont tous issus de sang Domecq et Pedraza par El Pilar.

Comme le soulignait le ganadero, il faut savoir ce que l’on veut faire : soit vendre 50 ou 60 corridas par an, avec des critères de sélection qui satisfont les grandes vedettes actuelles, soit rechercher un toro qui se défend dès son entrée en piste jusqu’à sa mort. C’est le choix de la ganaderia Pedraza de Yeltes dont les pensionnaires marquent régulièrement des points mais que les El Juli, Manzanares, Morante de la Puebla, Talavante et bien d’autres n’acceptent pas.

Quoique ! Il paraît que El Juli serait prêt à franchir le pas. Lopez Simon est allé tienter chez Pedraza… « Un jour viendra où les vedettes accepteront de toréer nos toros. C’est sûr » affirme José Ignacio.

La corrida y retrouverait ses lettres de noblesse. Surtout quand, à l’inverse, on a vu les Garcigrande du samedi et les Daniel Ruiz le dimanche...

Les Cebada Gago ou Fuente y Imbro sont aussi des exemples qu’il n’y a pas que du sang de navet chez les Domecq. Alors une corrida comme celle-ci aurait dû accueillir bien plus de spectateurs qui, à l’heure où Thomas Joubert sortait par la grande porte des arènes d’Arles porté par Charly Lahoé, auraient arborré un grand sourire de satisfaction. Mais ce n’était que la première présentation des Pedraza de Yeltes. D’autres suivront…

Sur le même sujet, lire l'article (en espagnol) de l'excellent blog "toro, torero y aficion :

http://torear.blogspot.fr/2016/03/un-fantastico-toro-de-pedraza-gran.html

Publié dans Le toro

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Dernières Ferias - Nîmes et Arles

Publié le par vingtpasses

Dernières Ferias - Nîmes et Arles

Quelques réflexions sur  les toros …...et sur la mixité

Par Hubert COMPAN

 

Mixité en Arles dans le mélange corrida à pied, corrida à cheval : Mendoza, El Juli, Juan Bautista. Mixité dans le choix des toros à Nîmes le samedi : 3 victoriano del Rio, 3 Juan Pedro Domecq. Le but de la mixité en Arles c'est de remplir les arènes, ce qui fut une réalité : no hay billete pour la goyesque. Par contre le mélange des genres de l'orchestre Chicuelo (encore de la mixité) n'a pas été apprécié et « l'hymne à l'amour » d'Edith Piaf a du être interrompu ! La mixité dans le choix des ganaderias le samedi à Nîmes : pourquoi ? Pour qui ? Nous n'avons droit à aucune explication rationnelle. Personnellement, en ayant vu le comportement des 2 Juan Pedro Domecq, j'aurais aimé en voir 6, car ceux de 2015 sont en forme et durent beaucoup plus que les autres ganaderias Domecq.

 

ARLES

4 toros de Parladé dont un handicapé par des problèmes locomoteurs, mais 2 toros de grande qualité  en 5 et 6. Je suis d'accord avec Frédéric Pascal de « Terres Taurines » pour sa chronique « tous à hombros » : « Tous à hombros, et avec plus de clairvoyance de la part de l'autorité, le mayoral aurait pu être associé au happening  final car 2 des exemplaires de Parlade, les 5 et 6 auraient pu être honorés de la vuelta et associés au triomphe, tant leur sauvagerie fit honneur au cheptel brave. Difficile à voir pour le public des qu'elle émane du mono encaste… » Le 6 devait approcher les 600 kg, en d'autres temps on aurait pu s'attendre à quelques génuflexions et à une faena au ralenti. Au contraire on a eu droit à un tercio de pique exemplaire et à une mobilité qui méritait un « récibir » final.

 

En conclusion,  2 toros de poids qui ont dépensé tout au long de la lidia beaucoup d'énergie avec une « duracion »  exceptionnelle. Pour ces 2 toros : aucune pétition de vuelta posthume, oui 1 pétition : la mienne. Le dimanche : les Cebada Cago et une bagarre impressionnante de Alberto Aguila. terminée par un coup d'épée qui valait à lui seul une oreille. Si les 3000 spectateurs présents ne remplissaient pas l'arène, les toros eux la remplissait : avec une mobilité permanente, une sauvagerie dans les 3 tercios, aucun ennui.

 

Avec les Parlade et les cébada Cago on a vu en effet des toros qui occupent leur territoire, de grande mobilité, démarrant au galop sur toutes les cibles sans répit pour les cuadrillas, difficile à fixer entre les 3 tercios, partant de loin aux banderilles et au cheval etc. Certains peuvent trouver dans cette dispersion dans l'arène des signes de fuite voire de mansedumbre. Personnellement j'y vois plutôt un débordement de caste, de sauvagerie et de condition physique

 

NÎMES

La corrida de samedi et un mélange de toros issus de 2 ou 3 ganaderias : Victoriano del rio, Juan Pedro Domecq. Je ne retiendrai dans mes souvenirs que les 2 JPD qui eux aussi méritaient la vuelta, mais on a l'impression que lorsqu'il s'agit de certains élevages les présidences n'osent pas !

 

Ponce : 2 faenas au même toro. Cette fois le toro était en forme , c'était le torero qui boitait ! La 1ére faena : Ponce, mal équilibré sur ses appuis, a eu de la difficulté a canaliser la mobilité du Domecq et chaque série était une souffrance qui ne l'a pas empêché de toréer efficacement. La 2ème faena : je pense qu'il s'est installé une communication entre le toro et le torero, et le toro a dit à Ponce : « Enrique j'ai compris ta douleur aux adducteurs, la douleur je connais, je vais ralentir mon allure et tu vas prendre beaucoup de plaisir à me toréer ». Une 2ème faena pleine de douceur a commencé et a continué jusqu'au 2ème avis. 2 oreilles, mais aucune récompense à ce merveilleux toro.

 

Les autres corridas : je les ai déjà oubliée, le vent les a emportées. Un détail sur la corrida de El Cuvillo le Dimanche : un toro a saigné énormément et a arrosé de sang les planches jusqu'au début de la faena : il n'a pas duré longtemps. Un autre toro a été piqué loin dans le dos, en général le picador enlève la pique et la replace plus haut, ce qu'il n'a pas fait : il n'a pas duré longtemps… Interview de Castella sur midi libre : « je crois avoir été parfait avec mon second adversaire car il était nécessaire d'en prendre soin tout au long du combat, j'ai pris énormément de plaisir même si le toro a peu transmis, il a pris une pique dure qui l'a fait saigner toute la faena ce qui l'a vidé ». Vive les piques qui font saigner, vive les piques dans le dos, ne changeons rien !

 

L'histoire du 37

Dans les corrales d'Arles il y avait 5 toros de Parlade. Parmis eux, le n° 37, un toro de grande allure, long, haut qui dépassait les autres en hauteur de garrot de 15 cm, avec du morillo, approchant les 600 KG. Je me suis mis à rêver… Sorteo : sobrero  n° 37 ! et j'apprends le lendemain qu'il va rejoindre dans les corrales de Nîmes les 4 JPD (4 + 1 =5). A nouveau Je me suis mis à rêver. sorteo : pas de 37, sobrero : Victoriano del Rio alors qu'il restait dans les corrales 1 JPD et le Parlade n° 37. Roca Rey aprés avoir assisté au triomphe de Ponce et Juan Bautista, a vu retourner aux corrales le 3ème JPD blessé et a du toréer le sobrero difficile de Victoriano del rio : il aurait certainement préféré le 37, moi aussi et je vais me renseigner pour savoir où il va sortir. Peut être reviendra t-il chez nous l'année prochaine avec quelques kg de plus… je vous tiens au courant

 

 

Publié dans Le toro

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¡CON EL, LLEGO EL ESCÁNDALO!

Publié le par vingtpasses

La pensée du jour.

Un ami de Pamplona, à propos de la course de Domingo Hernandez, Garcigrande... et El Juli :

"Comme on dit en espagnol "con el llego el escándalo" et "el" c'est le Juli. C'est presque toujours pareil... L'Organisation de la Feria dit que le problème vient du ganadero (?). Aucun rapport avec la présentation des Jandilla, Fuente Ymbro, Victoriano del Rio, Conde de la Maza, Miura , Escolar Gil..."

Publié dans Le toro

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Le taureau de combat, producteur de comportement?

Publié le par Charles CREPIN

Le taureau de combat, producteur de comportement?

Le 2 Avril dernier, Antonio PURROY était l'invité des JEUDIS du CERCLE, cycle de conférences organisé par le CERCLE TAURIN NÎMOIS. Sa brillante intervention avait pour toile de fond le thème de son dernier livre "COMPORTEMENT DU TAUREAU DE COMBAT". Antonio PURROY est professeur à l'École Technique Supérieure d'Ingénieurs Agronomes de l'Université Publique de Navarre. Directeur des Prestigieuses "Jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona", il est également l'auteur de "La cria del toro bravo - Arte y progreso" - (Éditions Mundi Prensa Madrid 1988). La synthèse de l'intervention du 2 Avril est reproduite infra, traduction française et texte original.

Le taureau de combat, producteur de comportement?

JEUDIS du CERCLE

Nîmes le 2 Avril 2015

Le Taureau de combat, producteur de comportement ?

Antonio PURROY

Professeur à l’École Technique Supérieure d’Ingénieurs Agronomes

Université Publique de Navarre-Espagne

 

 

Introduction

Le Toro de combat est élevé pour produire du comportement, sous forme de bravoure et de noblesse. Les éleveurs sont responsables du fait qu’aujourd’hui, ce type de bétail existe. Ils ont réussi à transformer un animal ancestral furieux, en un animal moderne, sauvage et noble, apte à la lidia.

Ce processus de sélection nous fait comprendre, quand nous apercevons un toro à la porte du toril, qu’en plus de sa beauté et de sa vigueur, il possède une accumulation d’histoire, de tradition, de travail, d’étude, de connaissance... Par conséquent, les éleveurs, grâce à l’utilisation d’une méthodologie adéquate de sélection, ont réussi à améliorer certains caractères du comportement, difficiles à bonifier, tant ils sont subjectifs et complexes à mesurer.

Qu’est-ce que le comportement?

Le comportement est le résultat de l’interaction de l’animal avec le milieu ambiant. L’animal perçoit les stimuli externes au travers des sens, et à la suite de leur intégration dans laquelle intervient le système endocrinien et où se produisent les réponses sous forme de comportement. Les quatre sens qui participent à ce processus sont l’ouïe, la vue, l’odorat et le toucher.

L’ouïe est très développée chez le bétail brave. Elle détermine sa relation avec ses congénères et avec les hommes. La vue est importante au campo pour reconnaître ses compagnons, ses soigneurs et le lieu où il va grandir, alors que dans l’arène, elle lui sert pour réagir aux différentes stimulations par la mobilité.

L’odorat joue un rôle fondamental lors des relations sexuelles, dans le lien mère-fils, et dans la reconnaissance des aliments et du territoire. Finalement, le toucher est aussi important, par la stimulation tactile de la peau et par la sensibilité des cornes.

Principaux comportements

Le Toro Brave a plusieurs comportements, entre lesquels il faudrait distinguer l’associatif, le hiérarchique, le sexe, le maternel, le nutritionnel et le territoire.

Le comportement associatif, directement lié à la hiérarchie, prend son origine dans le grégarisme du bétail bovin, de telle sorte que quand dans ce type d’élevage si sauvage, avec autant de tempérament, il y a envahissement de la zone « personnelle » (ou zone sûre), le processus de fuite-menace-agression, se met en marche; les bagarres chez le bétail de lidia sont aussi nécessaires que dangereuses (accidents, morts) et marquent ainsi la hiérarchie du groupe.

Le comportement sexuel a deux composantes fondamentales : les amours de la vache, et la libido du mâle. La période de rut de la vache brave est plus courte et plus intense que chez d’autres femelles bovines, ce qui ne passe pas inaperçu chez le semental, qui depuis la civilisation crétoise, est le représentant universel de la puissance sexuelle. Pour l’accouplement, à chaque semental, on attribue un lot de 30 à 40 vaches pour plusieurs mois, pour au final, connaître exactement la généalogie des animaux qui naissent.

Autre comportement intéressant dans l’élevage ‘brave’, c’est le comportement maternel. Après l’accouchement rapide et discret (sans aide, souvent la vache s’éloigne et s’isole, recherchant indépendance et liberté), naît un sentiment mère-fils très fort qui peut se traduire par de l’agressivité si la mère considère qu’il y a danger pour son petit.

La principale occupation quotidienne d’un bovin est la recherche, la consommation et la rumination de l’herbe ingérée, traduisant le comportement d’ingestion (nutrition). En accord avec les systèmes de production actuels, il est nécessaire de complémenter cette herbe soit par du fourrage conservé ou soit par de l’aliment concentré (pienso). Cette dernière opération se fait à l’aide de mangeoires individuelles ou non, où entre en jeu la hiérarchie et la compétition entre les animaux. Dans ce chapitre, il faut parler aussi de la consommation d’eau, indispensable les jours d’été. Avec les fortes températures et l’ingestion d’aliments secs, un animal adulte boit 40-50 l. d’eau/jour.

Finalement, il est nécessaire de parler du comportement territorial pour l’importance qu’ont les endroits-refuges (querencias) pour les toros, tant au campo que dans l’arène. Il existe un territoire « basal » dans lequel se déplace normalement l’animal, et le territoire « personnel » que l’on ne doit pas franchir sous peine d’agression. A l’intérieur de ce territoire se trouve l’espace de la tête, celui que l’animal contrôle par les mouvements du cou. Les animaux ont l’habitude de marquer le territoire par des empreintes physiologiques (urine, excréments) ou laissent des marques avec leurs cornes, sur les arbres ou clôtures...

Au fur et à mesure de ces lignes, on s’aperçoit que le toro est passé d’un animal quasi sauvage à un animal domestique actuellement, qui ne se bat plus pour la nourriture ou une femelle. Il est élevé en captivité et exploité par l’homme pour son propre avantage.

Action de charger, d’attaquer (embestida)

Les aficionados a los toros ont l’habitude de se poser cette question : pourquoi le toro charge-t-il dans l’arène ? Le concept de bravoure a évolué au fur et à mesure du temps, parallèlement à l’évolution de l’animal qui est passé du toro ancestral, devant lutter pour survivre (« urus » sauvage), à un animal luttant pour sa liberté lorsqu’il se trouvait dans une enceinte fermée et enfin au toro actuel qui charge de manière désintéressée et presque par jeu, en étant un animal plus noble et collaborateur que sauvage et furieux. Néanmoins, le toro de combat actuel peut et doit être brave et noble, et satisfaire aux attentes de ceux qui le désirent (impresario, manager, public et éleveurs appuyés par les bons aficionados).

Quelques contradictions

Il ne fait aucun doute qu’une personne étrangère au monde de la tauromachie qui se pencherait pour la première fois sur la corrida, ne comprendrait pas tout le chemin parcouru par le toro de combat, depuis la tranquillité du campo à l’effervescence de l’arène. Elle ne comprendrait pas non plus, comment les aficionados aspirent à avoir en même temps un toro brave et encasté et un toro noble et collaborateur. Ou comment conjuguer la mobilité du toro, avec le calme du torero, ou la puissance du toro avec l’art du torero... N’exigerions-nous pas trop du toro de lidia actuel ? Non. Si les objectifs de sélection sont corrects, c’est à dire, la création d’un toro brave, noble et encasté, si les règles d’élevage et de gestion sont les bonnes, et si le développement de la lidia est conforme aux règles établies, on peut donc obtenir un toro brave, intègre et bien présenté.

 

Bibliographie

  • Purroy Antonio (2014) Comportement du toro de combat Ed. Atlantica (Biarritz 2014)
  • Sanz EGAÑA Cesáreo - Histoire et bravoure du toro de lidia - Éditions Espasa-Calpe. Collection Austral, 1283, Madrid. (1958)
Le taureau de combat, producteur de comportement?

LES JEUDIS DU CERCLE

Nîmes, 2 Avril 2015

Le taureau de combat, producteur de comportement?

Antonio Purroy

E.T.S. de Ings. Agrónomos -Universidad Pública de Navarra- Espagne

El ganado de Lidia se cría para producir comportamiento en forma de bravura y de nobleza. Los responsables de que hoy en día exista este tipo de ganado son los ganaderos, que han conseguido convertir un animal ancestral y furioso, en un animal moderno con bravura y nobleza, apto para la lidia.

Este proceso selectivo es el que nos tiene que hacer comprender que cuando vemos aparecer un toro por la puerta de toriles, además de su belleza y de su pujanza, posee un cúmulo de historia, tradición, trabajo, estudio, conocimiento... Por tanto, los ganaderos mediante la utilización de una metodología adecuada de selección han conseguido mejorar unos caracteres de comportamiento que son difíciles de mejorar por ser subjetivos y muy complejos de medir.

¿QUÉ ES EL COMPORTAMIENTO?

El comportamiento es la resultante de la interacción del animal con el medio. El animal recibe los estímulos externos a través de los sentidos y, después de una integración interna en la que interviene el sistema endocrino, se producen las respuestas en forma de comportamiento. Los cuatro sentidos que participan en este proceso son el del oído, la vista, el olfato y el tacto.

El sentido del oído está muy desarrollado en el ganado de Lidia, ya que a través de él los animales se relacionan con sus compañeros y con el hombre. La vista es importante en el campo para reconocer a sus compañeros, a sus cuidadores y al habitat

1

en el que se desenvuelve, mientras que en la plaza sirve para reaccionar a los diferentes estímulos en forma de movimiento. El olfato juega un papel fundamental en las relaciones sexuales, en el vínculo madre-hijo y en el reconocimiento de los alimentos y del territorio. Finalmente, el tacto también tiene su importancia por la estimulación táctil de la piel y por la “sensibilidad” de los cuernos.

PRINCIPALES COMPORTAMIENTOS

El ganado de Lidia posee diferentes comportamientos, entre los cuales habría que resaltar el asociativo y jerárquico, el sexual, el maternal, el ingestivo y el territorial.

El comportamiento asociativo, directamente relacionado con el jerárquico, tiene su origen en el gregarismo del ganado vacuno, de manera que cuando en este tipo de ganado tan bravo y temperamental se invade la zona “personal” (o zona segura), se pone en marcha el proceso de huída-amenaza-agresión; las peleas en el ganado de Lidia son tan necesarias como peligrosas (accidentes, muertes) y son las que finalmente marcan la jerarquía del grupo.

El comportamiento sexual tiene dos componentes fundamentales: el celo de la hembra y la libido del macho. El celo de la vaca brava es más corto e intenso que en otras hembras vacunas, por lo que no suele pasar desapercibido al semental que, por otra parte, es un animal que desde la civilización cretense es un exponente de potencia sexual universal. La cubrición es dirigida de manera que a cada semental se le asigna un lote de 30-40 vacas durante varios meses, con el fin de conocer exactamente la genealogía de los animales que nacen.

Otro comportamiento interesante en el ganado bravo es el maternal, ya que al parto rápido y discreto de la vaca (no necesita ayuda y a menudo se aleja y se aísla en busca de independencia y de libertad), sigue un vínculo madre-hijo muy intenso, que se traduce en agresión por parte de la madre si considera que el pequeño corre peligro.

La principal ocupación diaria de un bóvido es la búsqueda, consumo y rumia de la hierba ingerida, que es lo que se conoce como comportamiento de ingestión o ingestivo. De acuerdo con los sistemas de producción vigentes es necesario complementar dicha hierba, bien con forraje conservado o bien con pienso concentrado. Esta última complementación se realiza en comederos individuales o corridos, donde entra en juego la competencia y la jerarquía entre los animales. Dentro de este apartado se incluye el consumo de agua, indispensable en los días calurosos del estío, en los que debido a las altas temperaturas y al consumo de alimentos secos, un animal adulto necesitar hasta 40-50 l/d.

Finalmente, merece la pena reseñar el comportamiento territorial por la importancia que tienen las querencias territoriales, tanto en el campo como en el ruedo. Existen el territorio “basal” que es por el que normalmente se mueve el animal, y el territorio “personal” que es el que no se debe traspasar por el riesgo de una agresión por parte del animal; dentro de este último se encuentra el espacio de la cabeza, que es el que el animal controla con los movimientos del cuello. Los animales suelen marcar el territorio bien con huellas fisiológicas (orina, heces...) o haciendo marcas con los cuernos en árboles, tapias...

A lo largo de estas líneas, se vislumbra que el toro ha pasado de un animal casi salvaje a un animal doméstico en la actualidad, ya que no lucha por el alimento ni por la hembra, se cría en cautividad y se explota por el hombre en su propio beneficio.

ACCIÓN DE EMBESTIR

Los aficionados a los toros suelen plantearse a menudo esta pregunta: ¿por qué embiste un toro en la plaza? El concepto de bravura ha ido evolucionando a lo largo de los tiempos de forma paralela a como lo ha hecho el propio animal, ya que se ha pasado de un toro ancestral que tenía que luchar por todo de forma obligada para subsistir (uro salvaje), a un animal que luchaba por la búsqueda de la libertad cuando se encontraba confinado en un recinto cerrado (Sanz, 1.958) y, finalmente, al toro actual que embiste de forma desinteresada y casi por puro divertimento (Purroy, 2.003), siendo un animal más noble y colaborador que bravo y fiero. No obstante, el toro de Lidia actual puede y debe ser bravo y noble y a ello tienen que tender tanto los que demandan el toro (empresarios, apoderados, público), como los que lo producen (ganaderos), apoyados siempre por los buenos aficionados.

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ALGUNAS CONTRADICCIONES

No cabe duda de que si alguna persona ajena al mundo de la tauromaquia se asomase por primera vez a la Fiesta de los toros, no entendería la trasformación que sufre un toro de Lidia, desde la tranquilidad del campo al enervamiento del ruedo. Tampoco entendería cómo los aficionados pretenden al mismo tiempo un toro bravo y encastado con un toro noble y colaborador. O cómo se puede conjugar la movilidad del toro con la quietud del torero, o la pujanza de un toro con el arte del torero.... ¿No estaremos exigiendo demasiado al toro de Lidia actual? Decididamente, no. Si los objetivos de selección son los correctos, es decir, la creación de un toro bravo, noble y encastado, si las pautas de cría y de manejo son las adecuadas y si el desarrollo de la lidia es conforme a las normas establecidas, entonces se puede conseguir: un toro bravo, íntegro y con trapío.

BIBLIOGRAFÍA

-Purroy, Antonio (2014). Comportement du toro de combat. Ed. Atlantica (Biarritz (France)

-Sanz Egaña, Cesáreo (1958). Historia y bravura del toro de Lidia. Colección Austral no 1283, Madrid

 

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Quel avenir pour les élevages français ?

Publié le par Paul Bosc

Quel avenir pour les élevages français ?

Pourquoi aller chercher si loin ce qui est à notre porte ? Après la feria de la Crau qui fêtait son 20e anniversaire et dont le bilan final ne restera pas dans les souvenirs, la corrida du dimanche de 6 toros provenant d’élevages français restera la satisfaction de ces deux jours de fête. Si les frères Gallon ont remporté le prix du meilleur toro de la Feria (prix souvenir Edmé Gallon), les cinq autres élevages ont présenté des bêtes qui avaient chacune leur mot à dire et surtout le François André (origine Cobaleda) qui a défendu sa peau jusqu’à son dernier souffle ou l’impressionnant Blohorn (origine Jandilla) et l’estampe de Concha y Sierra (origine Vazquena) comme le Tardieu (origine Carlos Nuñez) pas un n’a rechigné devant la cavalerie et par deux fois la musique a accompagné le tercio de piques (Gallon et François André) même si… après, ils n’ont pas donné la même musique.

Le Valverde  était intéressant. 3 rencontres au cheval et une faena conduite par Morenito de Aranda qui a su en tirer le meilleur parti. Le torero de Ureda de Uero est sorti des arènes en triomphateur avec 2 oreilles, une revanche à sa corrida  de l’an dernier où il avait échoué à l’épée après avoir frôlé l’indulto du Reguelga.

Question cornes, à part le Blohorn, pas très présentables, elles sont restées intactes à la différence de la corrida du samedi du Conde de la Maza.

Les organisateurs assurent que les toros ont tapé dans le corral lors du débarquement. Comme les Pages-Mailhan en 2012 et le vétérinaire précise que les cornes étaient faibles et ont explosé en tapant.  Evidemment, à moins d’une analyse des cornes, le spectateur ne saura jamais le fin mot de l’histoire mais il faut convenir que La Unica n’aura pas marqué des points pour l’avenir de la Feria, surtout à l’heure où il faudrait justement en marquer beaucoup  pour remplir les arènes Louis-Thiers. Une fois encore, même si le dimanche l’entrée était un tout petit plus importante que le samedi, les aficionados ont laissé beaucoup de blancs sur les gradins alors que deux ans de suite les meilleures corridas de la saison ont eu lieu ici.

Le temps maussade le samedi, la pluie persistante du dimanche, n’ont pas contribué non plus à la venue en nombre d’aficionados.

Côté toreros, Medhi Savalli n’aurait pas démérité si la présidence lui avait accordé l’oreille du Tardieu et on retiendra Tomas Joubert et son courage face au François André et au Blohorn, d’ailleurs encouragé par le public.

Le samedi Miguel Angel Delgado  a coupé une oreille mais de toute évidence ce genre de toros n’est pas dans son style et Eugenio de Mora s’est bien moqué du monde surtout face au quatrième qu’il a fait assassiner à la pique pour s’en débarrasser d’un honteux coup d’épée.

Il reste à citer Francisco Javier Sanchez Vara. Et même lui rendre hommage pour son professionnalisme, son engagement, sa technique et regretter qu’il ne soit pas plus souvent aux affiches des ferias. On le retrouvera à Céret en juillet prochain avec, nous l’espérons, un petit peu plus de réussite. Face au cinquième Conde de la Maza, le meilleur de cet après-midi, le torero de Guadalajara a conduit la  course de bout en bout tant à la cape qu’avec les banderilles et la muleta avec des séquences exceptionnelles comme ce début de faena par largas et un tercio de banderilles débuté par un saut du toro à la garroche de son banderillero Raùl Ramirez puis en tentant la pose de la troisième paire assis sur une chaise. Mais la charge de « Limpisodero » était déjà insuffisante et le maestro aurait dû en tenir compte avant de tenter cette estocade a recibir de 5 mètres, hélas raté ce qui a conduit à une série d’estocades avant la chute du toro. Un tour de piste lui a été accordé. La moindre des choses. Mais merci pour ce moment.

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L'Europe ne nous aime pas...

Publié le par vingtpasses

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et  «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Antonio Purroy sera l'invité des prochains Jeudis du Cercle, sur le thème : Le taureau de combat, producteur de bravoure ?
Nîmes Hôtel IMPERATOR, Jeudi 2 avril à 19h00

Contact : jeudisducercle@gmail.com

 

POURQUOI EN VEUT-ON AU TORO ?

Par Antonio Purroy

Un nouveau vote du Parlement européen, au mois de novembre dernier sur l’octroi ou non des aides de la PAC aux éleveurs d’animaux de race de combat est une autre aberration anti-taurine de grande importance. Ce n’est pas la première fois que cela arrive et ce ne sera pas non plus la dernière. Et à chaque fois, les parlementaires partisans de la prohibition sont de plus en plus nombreux. Que se passera-t-il lorsqu’ils seront une majorité ? Le parlement européen peut-il légiférer arbitrairement sur des exploitations d’élevages légalement constituées pour les empêcher de recevoir des aides auxquelles elles ont autant droit que les autres éleveurs ? Pourquoi en veut-on au toro ? Qu’ont fait au bon dieu les éleveurs de bétail brave ? Si des exploitations remplissent les conditions requises par l’Union Européenne au niveau environnemental, ce sont bien celles des animaux de race de combat.

Comportement

L’élevage du bétail brave est tout à fait comparable à celui des bovins en élevage extensif pour la production de viande, la différence se trouvant dans la conduite du troupeau – beaucoup plus complexe et dangereuse pour les braves à cause de leur fort caractère – et dans l’objectif fondamental de production. Alors que pour le bétail domestique il s’agit de production de viande, dans le cas du bétail brave il s’agit d’une production comportementale sous la forme de la bravoure, avec toutes les nuances et variantes ; la production de viande se convertit en objectif secondaire, la viande étant considérée comme un sous-produit.

La production comportementale est une activité d’élevage pleinement reconnue dans le domaine de la production animale, comme jadis pour la production d’animaux de trait, par exemple.

C’est précisément ce comportement si particulier qui dérange les anti-taurins, car ils savent qu’il est responsable de l’existence des toros de combat et des spectacles taurins. Avec des vaches à lait ou des veaux gavés, dans le cas des races à viande (Blonde de Galice, Pyrénéenne, Rousse…), la célébration de spectacles taurins n’est pas possible. Une fois le chien mort, c’en est fini de la rage !

Il y a des voix – très peu sont autorisées, d’ailleurs – qui affirment qu’il est possible d’élever des toros de combat sans aides européennes. En plus de la gifle morale qui supposerait pour les éleveurs la suppression des aides, celles-ci sont absolument nécessaires dans les temps présents. Dans une étude que nous avons réalisée il y a huit ans sur la rentabilité des élevages de bétail brave, juste avant que la crise submerge le pays,  nous avons démontré que les aides de la PAC supposaient 23% des recettes pour la vente d’animaux. Seulement un faible nombre d’élevages peut survivre grâce à la seule vente des animaux, ce sont celles qui vendent les bêtes à un prix élevé comme conséquence d’une forte demande due à une renommée obtenue génération après génération, ou parce qu’elles traversent un bon moment et les toreros les plus célèbres les demandent ou, dans les cas les plus rares, parce que les aficionados les réclament. Les éleveurs qui reçoivent environ 4000-5000 euros pour un toro adulte sont à même d’obtenir des bénéfices avec leur élevage. Une fois de plus, la marque d’un produit, qui dans ce cas est génétique, permettra de le vendre à un prix ou un autre. Seulement les élevages qui vont dans les grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reçoivent ces quantités, la majorité accumule donc des pertes dans leurs comptes d’exploitation. Que font les autres ? Diversifier leur activité agraire ou posséder d’autres sources de financement.

L’Europe ne nous aime pas

Les trois pays européens qui ont des élevages de combat, l’Espagne, le Portugal et la France se trouvent dans le bassin méditerranéen et le moindre poids de l’Europe du sud face à celle du nord au sein de l’U.E. est connu, avec le facteur aggravant que les pays du nord ont une plus grande tradition écologique et animaliste, avec des lobbies très bien organisés. L’organisation et la défense commune, c’est ce qui manque à la culture méditerranéenne, car la Tauromachie est bien  une culture !

 

L’Espagne et le Portugal, de plus, possèdent un écosystème sylvo-pastoral et des pâturages d’une grande valeur environnementale. C’est dans cet espace naturel que le toro de combat est principalement élevé, souvent partagé avec d’autres espèces d’élevages domestiques (bovins à viande, porcs ibérique, ovins…) et toujours accompagnés d’une flore et d’une faune sylvestres. L’appellation de « gardien des pâturages » pour le toro de combat est très juste, au moins dans les quasiment 40 000 hectares qu’occupent les élevages espagnols et portugais. Rien que pour cela les éleveurs de bétail brave devraient recevoir un supplément aux aides européennes de la PAC.

Les anti-taurins de pacotille, les mal-nommés écologistes et animalistes, répètent deux arguments à la manière d’un disque  rayé : que les éleveurs de bétail brave sont des grands seigneurs riches et que le toro de combat pourrait survivre sans spectacles taurins. Les plus endurcis vont un peu plus loin et disent qu’on peut élever des animaux de la race de combat pour les seuls spectacles populaires, ceux sans mort de l’animal. Ils oublient bien-sûr que l’homme, lui, peut mourir, mais cela ne semble pas les intéresser.

Le premier argument a été démonté lorsqu’on a parlé du prix actuel des toros. Le second tombe de lui-même : quel éleveur va élever des toros si le marché auquel ils sont destinés n’existe pas. Et par rapport au troisième argument , même s’il est vrai qu’il existe un nombre important d’élevages qui élèvent uniquement des animaux pour les spectacles populaires, capeas et lâchers de toros dans les rues des villages, il existe d’autres spectacles, plus importants, qui ont besoin de toros d’élevages prestigieux, comme les lâchers de toros les plus réputés (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) ou même les toros de rue (bous al carrer, toros « encordés »…).

Il n’existe pas d’autre solution qu’une union entre l’Espagne, le Portugal et la France pour défendre le bétail brave. Une fois de plus, l’ignorance et la haine des anti-taurins envers la tauromachie sont sans limite. Le travail de prosélytisme envers les groupes parlementaires européens et ceux des différents pays – dans notre cas, il faut inclure les parlements régionaux – est de plus en plus nécessaire. La lutte sera dure, il ne faut pas déposer les armes.

Antonio PURROY

Texte traduit de l’Espagnol par Sébastien Giraldez

 

L'Europe ne nous aime pas...L'Europe ne nous aime pas...

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Texte original d’Antonio Purroy

¿QUÉ CULPA TIENE EL TORO?

Antonio Purroy

Una nueva votación en el Parlamento Europeo, en el pasado mes de noviembre, sobre la concesión o no de las ayudas PAC a los ganaderos de animales de la raza de Lidia es otra aberración antitaurina de gran calado. Y no es la primera vez que esto ocurre y tampoco será la última Y cada vez son más los parlamentarios partidarios de la prohibición. ¿Qué ocurrirá cuando sean mayoría? ¿Puede el Parlamento Europeo legislar arbitrariamente sobre unas explotaciones ganaderas legalmente constituidas para impedirles recibir unas ayudas que les corresponden al igual que al resto de los ganaderos? ¿Qué culpa tiene el toro de lidia? ¿Qué culpan tienen los ganaderos de bravo? Si algunas explotaciones cumplen con los requisitos medioambientales de la UE, esas son las de animales de la raza de Lidia.

Comportamiento

La cría del ganado bravo es muy parecida a la del vacuno en extensivo para la producción de carne, se diferencian en el manejo de los animales –mucho más complejo y peligroso en el bravo debido a su fuerte carácter- y en el objetivo fundamental de producción. Mientras en el vacuno manso es para la producción de carne, en el bravo es para la producción de comportamiento en forma de bravura, con todos sus matices y variantes; la producción de carne se convierte en un objetivo secundario, se considera a la carne como un subproducto.

            La producción de comportamiento es una actividad ganadera plenamente reconocida en la disciplina de Producción Animal, como en su día fue, por ejemplo, la producción de tiro animal. Es precisamente este comportamiento tan peculiar el que molesta a los antitaurinos, pues saben que es el responsable de que existan toros de lidia y festejos taurinos. Con vacas lecheras o añojos cebados de razas productoras de carne (Rubia Gallega, Pirenaica, Retinta…) no se pueden celebrar festejos taurinos. Muerto el perro se acabó la rabia.

            Hay voces –muy poco autorizadas, por cierto- que dicen que se pueden criar toros de lidia sin ayudas comunitarias. Además del bofetón moral que supondría para los ganaderos la supresión de las ayudas, éstas son absolutamente necesarias en los tiempos que corren. En un trabajo que realizamos hace ocho años sobre la rentabilidad de las ganaderías de bravo, justo antes de que la crisis se adueñara de este país, obtuvimos que las ayudas PAC suponían el 23% de los ingresos totales de las explotaciones que, ya de por sí, eran deficitarias. Es muy posible que hoy esta cifra sea mayor, porque han descendido considerablemente los ingresos por la venta de animales. Sólo un número pequeño de ganaderías puede sobrevivir de la venta de sus animales, son las que venden los animales a un precio elevado como consecuencia de su elevada demanda por su buen nombre conseguido generación tras generación, o porque están atravesando un buen momento y las demandan las figuras o, en el menor de los casos, porque las piden los aficionados. Los ganaderos que reciben del orden de 4.000-5.000 euros por un toro cuatreño están en situación de conseguir beneficios con su ganadería. Una vez más la marca de un producto, que en este caso es la genética, es lo que hará que se venda a un precio o a otro. Sólo las ganaderías que van a las grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reciben estos valores, la mayoría, por tanto, arrojan pérdidas en su cuenta de explotación. ¿Qué hacen el resto? Diversificar su actividad agraria o poseer otras fuentes de financiación.

Europa no nos quiere

Los tres países europeos que poseen ganaderías de lidia, España, Portugal y Francia, se encuentran en la cuenca mediterránea y es conocido el menor peso de la Europa del sur frente a la del norte en el seno de la UE, con el agravante de que los países del norte tienen una mayor tradición ecologista y animalista, con unos lobbys muy bien organizados. Organización y defensa común es lo que le falta a la cultura mediterránea, porque ¡la Tauromaquia es cultura!

            España y Portugal, además, poseen un ecosistema silvo-pastoral, la dehesa, de un gran valor medioambiental. Es en este espacio natural donde fundamentalmente se cría el toro bravo, a menudo compartido con otras especies ganaderas domésticas (vacuno de carne, porcino ibérico, ovino…) y siempre acompañado de flora y fauna silvestres. Es muy acertada la denominación del toro bravo como el “guardián de la dehesa”, al menos en las aproximadamente 400.000 has. que ocupan las ganaderías españolas y portuguesas. Solo por esto los ganaderos de bravo deberían tener un plus por encima de las ayudas PAC comunitarias.

            Los antitaurinos de pacotilla, los mal llamados ecologistas y animalistas, manejan dos argumentos como si de un disco rayado se tratara: que los ganaderos de bravo son unos señoritos ricos y que el toro de lidia se podría mantener sin festejos taurinos. Los más avezados van un poco más lejos y dicen que se pueden criar animales de la raza de Lidia únicamente para los festejos populares, aquellos en los que no existe muerte del animal. Se olvidan por supuesto, de que puede morir el hombre, pero esto no parece importarles.

            El primer argumento ha quedado desmontado al hablar del precio actual de los toros. El segundo cae por su propio peso, ¿qué ganadero va a criar sus toros si no existe el mercado al que van dirigidos? Y en cuanto al tercer argumento, aunque es verdad que existe un número importante de ganaderías que únicamente crían sus animales para festejos populares de capeas y encierros en las calles de los pueblos, existen otros festejos de mayor importancia que necesitan toros de ganaderías prestigiosas, como los encierros más renombrados (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) o incluso toros en las calles (bous al carrer, toros ensogados…).

            No existe otra solución que la unión de España, Portugal y Francia para defender al ganado bravo. Una vez más la ignorancia y el odio de los antitaurinos por la tauromaquia, campan a sus anchas. La labor de proselitismo en los grupos parlamentarios europeos y en los de los respectivos países –en nuestro caso, incluidos los parlamentos autonómicos- es cada vez más necesaria. La lucha va ser dura, no hay que rendirse.

 

Publié dans Le toro

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A propos des Domecq de Nîmes

Publié le par Charles CREPIN

Souvent « juste » de tête et de force, sa bravoure lui ferait vite atteindre ses limites au cheval. Dans sa grande mansuétude le maestro veille à le préserver en abrégeant le tiers, pensant aux trophées qui vont venir ensuite sur un air de Concha Flamenca.

Dans ces conditions, « Vingt passes pas plus » n’est pas de mise. Cet aphorisme désuet auquel je tiens tout de même encore un peu est dédié à un autre répertoire tauromachique. Taureau baroque et romantique, le Domecq est, lui, l’acteur incontournable des faenas à « cent passes » plébiscitées par les aficionados « toreristas » ainsi que, grosso modo, par les « touristes ».

De leur côté, les purs toristas qui l’ont renié pour sa douceur et voué aux gémonies rechignent injustement à reconnaître que ce fer a rendu possibles des triomphes historiques, imprégnant de sa marque les plus belles pages de la tauromachie des soixante dernières années. Et le 13 mai dernier, le lot du cousin Parladé a été consacré triomphateur de la « corrida la plus complète » de la San Isidro. Une renaissance annoncée ou une hirondelle dans la primavera ?

Clairement, Hubert COMPAN, Docteur Vétérinaire, a un faible pour les Domecq. A travers une contre-reseña de la corrida matinale nîmoise de Pentecôte, il non livre ci-dessous sa vision personnelle de la course appuyée par sa longue expérience professionnelle consacrée à l’étude de la race brave et à l’observation du comportement des taureaux de combat.

Charles CREPIN


 

 

La corrida de Juan Pedro Domecq le dimanche matin

Par Hubert COMPAN, Docteur vétérinaire

N° 110  Ponce Avec le premier, la corrida commençait bien : un toro mobile qui venait de loin mais un peu au ralenti : plus un problème de génétique que de faiblesse avec une faena qui a duré sans cassure de rythme et qui a permis à Ponce quelques figures de danse classique.

N°168  Finito de Cordoba Un toro profond de poitrine avec peu de morillo, très mobile dès sa sortie, galopant au capote, vers le cheval, aux banderilles occupant l’arène malgré ses petits 500 kg, et à la muleta, un régal pour Finito qui semblait ne pas vouloir s’arrêter de toréer ce type de toro qui semble reprendre des forces en fin de faena : la noblesse Domecq ajoutée à la  caste et la résistance.

N° 118 Manzanares Toro intéressant pour le nutritionniste : joli toro musclé devant et derrière, galopeur comme tous mais après les piques et pendant la lidia, chute 2 ou 3 fois. Mais toutefois répète, mais ne permet pas à Manzanares de sortir le grand jeu : le type du toro « glycolytique », terminant avec des crampes des postérieurs, phénomène fréquent dans la ganaderia JP Domecq.

N° 195 – Ponce 3 tours de piste inutiles au galop dans les grandes arènes de Nîmes, c’est déjà une grosse dépense de carburant, une première pique qui dure après un fort impact, un second impact violent qui met le toro un peu KO au sol : le seul toro faible à la muleta, et on comprend pourquoi !

N° 188 - Finito de Cordoba Un toro de trapio très moyen : il avait par contre une vitesse au sprint étonnante et la sauvagerie en plus, il a couru de partout et rentrait avec ardeur dans la muleta sans baisser de rythme tout au long de la faena, et ce n’était pas un « bonbon » dans les premières rencontres. Un épisode émotionnant : à l’agonie et crachant le sang, le toro s’est relevé 4 fois avant de tomber sur le flanc, sous les clameurs du public demandant la vuelta à une présidence insensible à ce type d’évènement : Bronca monumentale et grande ovation au toro

N° 24 Manzanares Toro bien fait dans le type, lui aussi très mobile dans les 2 premiers tercios avec une grosse pique qui comptait double, très intéressant à la muleta, et plein de noblesse pour une faena qui a duré et que Manzanares a su doser. Les crampes étaient encore là, pattes amenées sous l’abdomen, mais avançant toujours dans la muleta. Grande ovation à la sortie

En conclusion : 3 excellents toros, un seul avec de la vraie faiblesse,

Le tercio de piques : bien entendu Ponce, Manzanares, Finito de Cordoba  ont vite identifié, dès la 1ère passe de capote, l’extrême noblesse des toros, et le risque de manso con casta était faible, car il n’y a aucune parenté avec Cantinillo de Dolores Aguirre ! : ils font donc très attention à ne pas gaspiller de l’énergie au cheval  mais malgré cette précaution, les piques ont été reçues à l’allure du grand galop avec bravoure, avec des impacts violents, la seconde à minima, très vite relevée. (On a rarement vu un toro de Victorino Martin s’assommer sur le contact avec le cheval).

3 toros au moins auraient supporté 2 vraies piques et on peut rêver que dans l’avenir lointain avec la future pique de 6 cm (dont Alain Bonijol nous a parlé dans son intervention au Cercle Taurin Nîmois), la 1ère pique donnée à minima et aussitôt relevée et une vraie 2ème pique pouvant partir de loin et même de très loin, on pourrait prendre beaucoup de plaisir.

Les tercios de banderilles ont tous été très animés avec des toros mobiles qui suivaient jusqu’aux planches et qui annonçaient des débuts  de faena  au grand galop,  aucun toro « parado » malgré la proximité de l’épuisement, la musique de Chicuelo magnifique et pour la 1ère fois j’ai entendu chanter les arènes de Nîmes, pour la 1ère fois malgré l’heure tardive (14 h) les arènes ne se sont pas vidées avant la sortie des toreros, avec de grandes ovations au toros et aux toreros, le soleil, pas de mistral, le bonheur : pour moi, cette corrida de JP Domecq a été importante.

J’ai cru comprendre que le même bonheur a existé lundi dans les arènes de Vic, après le spectacle qu’a donné un toro de Dolores Aguirre, avec toutefois une différence dans le niveau de satisfaction générale : autant JP Domecq pouvait être satisfait de l’ensemble de la course, autant le ganadero de D.Aguirre a pu se poser la question de savoir si l’avenir de son élevage est de produire des Cantinillo ?

Je me permets d’interroger mes confrères sur 2 points :

  • Quel est le toro qui a dépensé le plus d’énergie, Cantinillo de Dolores Aguirre ou le JP Domecq N° 24 le second de Manzanares ( voir corrida.tv ) ?
  • Ces 2 tauromachies peuvent-elles se rejoindre un jour ?

Le trophée de la meilleure ganaderia de la San Isidro 2014 a été attribué à la ganaderia PARLADE, c’est un signe fort.

Hubert Compan

 

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"si je devais acheter des Miura..."

Publié le par vingtpasses

"si je devais acheter des Miura..."
 
Par Hubert COMPAN, Docteur-Vétérinaire *

 

Je n’ai pas tout compris et je continue à me poser des questions :

Pourquoi des sobreros de Garcigrande ? Pourquoi renvoyer le second du Juli ?

Même invalide, on aurait vécu l’évènement de la Feria ! Et la frustration aurait été diminuée.

Pourquoi cette faiblesse généralisée ?

Rappelez- vous , il y a 5 ou 6 ans, les Miuras de Nîmes étaient sortis faibles et légers. Les mêmes Miuras de peu de volume sont sortis excellents avec Castano seul contre 6 en 2012 et je me souviens d’une Miurada de grande peur à Béziers en  2008, d'un poids moyen de 650 kg avec Lescarret se faisant courser après sa 7ème tentative de coup d’épée...

Je me risque à une explication scientifique avec toujours pour référence les travaux de l’INRA, et sans connaître les détails du « manejo » de la ganaderia. Dans nos études, nous avons constaté que les Miura avaient une typologie musculaire particulière : ils ne possédaient que 1 à 2 %  de fibres rapides, alors que les Domecq en possèdent 10 %.  Cette quasi absence de fibres rapides qui fonctionnent avec le carburant glycogène, explique le manque d’explosivité dans le 1er tercio des Miura. Alors que les Domecq sont de grands galopeurs, les Miuras fonctionnent essentiellement sur les fibres intermédiaires et les fibres lentes qui assurent des piques sans s’épuiser mais parfois spectaculaires (EC=1/2 MV2)et des faenas en général courtes… quand tout va bien. A Nîmes, la panne de carburant Glycogéne est arrivée tout de suite des les premiers galops, et le métabolisme oxydatif n’a pas pu prendre le relais.

Pourquoi cette panne généralisée ? :

Génétiquement les Miuras ne sont pas programmés pour le sprint et le galop des JP Domecq ou Garcigrande : c’est un handicap « génétique » qui caractérise les races rustiques. Pour une bonne fourniture des muscles en glycogène, il faut un foie qui fonctionne bien et une alimentation gluco-formatrice.  Sans connaître le manejo actuel de la ganaderia, on peut penser que ces toros qui avaient à peine plus de 4 ans (vêlages de février 2010) ont consommé de la pâture de printemps et peu d’aliment :  les toros n’ont pas fait leur réserve de glycogène car l’herbe n’a jamais produit des toros de 4 ans volumineux et forts. L’amidon de céréales est nécessaire aux ruminants  pour fabriquer du glucose et des réserves de gras par l’intermédiaire de l’acide propionique : on ne va pas préparer les footballeurs de l’équipe de France avec des feuilles de salade.

Le 1er Miura était presque maigre, et on peut faire le pari qu’avec 1 an de plus, un bon pienso et 50 kg de muscle de plus, le lot aurait pu passer à Béziers au 15 août avec une réserve en carburant suffisante. Après, il y a tout ce qui peut se passer à l’embarquement, dans le transport, au débarquement, dans les corrales…. En fait pour faire un diagnostic complet, il faut questionner l’éleveur, le mayoral, le nutritionniste, le responsable des corrales et surtout il faut pouvoir interpréter les réponses car dans le monde des éleveurs on ne dit pas tout et il faut beaucoup d’expérience pour en savoir un peu.

Si je devais acheter des Miuras… !
  • Je choisirais des toros de 5 ans.
  • Je les programmerais pour septembre
  • J’exigerais un volume musculaire conséquent pour 600 kg de poids
  • Je me renseignerais sur les rations distribuées et la préparation des animaux.

Et si cette corrida se passait mal, je chercherais et trouverais certainement d’autres explications au cours de la tertulia finale…

-------------------------------§§§§§--------------------------------

* Docteur Vétérinaire nutritionniste, Hubert COMPAN jouit d'une longue expérience d'observation et de conseil auprès des ganaderias de race brave. Il a notamment collaboré à deux programmes de recherche de l'INRA sur des sujets particuliers qui intéressent l'aficionado :

- Faiblesse musculaire - Chutes des toros de combat : les muscles des toros et leur métabolisme pendant la lidia, corrélation avec la dépense énergétique et les signes de faiblesse.

- Techniques de préparation alimentaire : leur efficacité sur la force et la mobilité.

Publié dans Le toro

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El Juli et les Miura de la Pentecôte

Publié le par Charles CREPIN

L’article sur le fracaso des Miura de Nîmes a suscité des commentaires. Celui de Catherine pourrait les résumer pour la plupart : « touchez pas au Juli ! ». Le sujet est sensible.

Relisez-moi : je n’ai pas écrit qu’El Juli avait choisi les Miura de Nîmes. Je suggère qu’il peut en tout cas méditer sur l’objet d’un débat qui ne lui est pas tout à fait étranger. Dans ce domaine, il a réellement le pouvoir de décider et de choisir, s’il le veut, quand il le veut, et (presque) n’importe où, ses corridas et ses taureaux. Il ne s’en prive pas, d'ailleurs, et il n’est pas le seul. José Tómas, quant à lui, n’en fait pas mystère. Depuis longtemps, les temporadas du Juli sont riches de triomphes attendus, devenus quasi conventionnels, devant des taureaux présentant pour la plupart d’entre eux des similitudes confondantes qui ne doivent rien au hasard. Passons sur les détails dont nous parlons abondamment dans nos tertulias d’hiver.

Julián López Escobar El Juli est grand. Il n’a donc plus rien à prouver. Toutefois, piqué par la critique de ce qui précède, et comme d’autres grandes figuras, il a décidé il y a quelques temps de faire « des gestes » en affrontant des taureaux plus sérieux. (Et quand il ne fait pas de "gestes", c’est quoi alors ?). Pour l’instant, le bilan est plutôt maigre.

Ci-dessous, lundi, dans un nouveau "julipié".

El Juli et les Miura de la Pentecôte

Publié dans Le toro

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A propos du fracaso de Miura

Publié le par Charles CREPIN

A propos du fracaso de Miura

Je crois que l’impression laissée par les Miura lors de la visite des corrales quelques jours avant la corrida portait en germe le fracaso ganadero de ce lundi de Pentecôte. Le taureau faible, on connaît. On en voit un peu partout. Mais cette fois, c’était plus fort : cette fois, il s’agissait des Miura, il s’agissait d’El Juli, il s’agissait de la première arène française, un jour de belle affluence… Une alchimie excentrique qui a eu raison de la profondeur insondable opposant habituellement les corridas torista et torerista. De même pour l’abîme qui distingue radicalement leurs publics respectifs. Aux cris de remboursez ! remboursez ! les gradins ont fait la jonction de ces publics aux opinions si souvent divisées sur la manière de lire un même spectacle, témoignant d’une émotion et d’une déception largement partagées.

Qui a voulu et choisi un tel lot de Miura ? Pas Manuel Escribano, ni Rafaelillo, évidemment. Voilà sans doute de quoi méditer pour El Juli et ses veedors.

Le problème n'est pas nouveau...

" Rien n’est difficile à achever comme une passion à l’agonie. Voici l’hiver, les giboulées. Il est possible que, mars venu, nous reprenions le chemin des plazas. Je sais d’avance quel piètre bétail nous y attend. Je m’en remets aux pessimisme espagnol : ni piton, ni trapío, ni casta, ni ná ".

Christian Dedet. La fuite en Espagne- 1962

L’agonie de la Fiesta Brava s’est-elle éternisée durant toutes ces années ? Pas toujours. Une prise de conscience des acteurs, aiguillonnés par l’aficion, avait conduit à corriger des pratiques insupportables : dans les années 70/80 les figuras se sont souvent coltiné du vrai toro encasté. Bien moins aujourd’hui…

Je vois dans le fracaso de lundi l'occasion d’une indispensable réflexion sur les conditions de l'excellence souvent revendiquée par l'organisation, plus rarement démontrée. Cela, chaque acteur, dans son rôle, doit pouvoir y contribuer, moyennant quelques convergences à trouver dans l’exercice d’une élémentaire démocratie : règlement, critères, contrôle, éthique et rigueur ne sont pas antinomiques de l’excellence en question.

Publié dans Le toro

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Comportement du taureau de combat

Publié le par Charles CREPIN

Au campo et dans l'arène, le comportement du taureau de combat. Une analyse technique très fournie. Une réflexion sur l'avenir du taureau et sa pérennité, étroitement liés à celui de la Fiesta Brava.

Un ouvrage essentiel dans la bibliothèque d'un aficionado.

Un livre d'Antonio PURROY traduit de l'espagnol par Marc ROUMENGOU.

Éditions ATLANTICA - avril 2014 - 277 p

Comportement du taureau de combat

Publié dans Lectures, Le toro

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Sacré Talavante !

Publié le par Charles CREPIN

 

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Je ne suis pas particulièrement étonné par cette photo. Je sais que Talavante, comme ses copains,  torée des chèvres de ce genre à longueur de temporada. Non, je ne suis pas étonné, mais, comme Javier sur Torear Blogspot,  je m'interroge tout de même sur ce qui l'emporte chez Alejandro, du culot ou de la franchise pour publier cette pièce à conviction sur son site officiel twitter @infotalavante ...

http://torear.blogspot.fr/2013/11/talavante-en-queretaro.html

 

Charles CREPIN

Publié dans Le toro

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Sur la faiblesse des Prieto

Publié le par vingtpasses

 

 

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Alès, 12 mai 2013

 

Depuis l’autre rive du Gardon, on entendait des cris de guerre. La haine et l’envie d’en découdre affichée depuis des semaines à travers les médias avaient chauffé à blanc les anti taurins, en rangs plus clairsemés que prévu, mais bien déterminés à prendre Ales. Après tant de frustrations et de batailles perdues, culturelle, juridique, constitutionnelle, restaient la provocation, qui avait si bien marché à Rodilhan, et la violence.

Fouillée au corps sur le chemin du Temperas, l’aficion était venue en famille, plus nombreuse qu’elle ne l’avait été depuis bien longtemps pour ce rendez-vous de l’Ascension. Consciente des enjeux, elle revendiquait sa passion dans la sérénité et la bonne humeur.

Devant le risque de toutes les dérives possibles, les forces de l’ordre ont mis les moyens nécessaires pour que ces itinéraires ne se croisent pas.


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Sur la piste, des Prieto de la Cal bien présentés, et armés. Tous explosifs à leur entrée en piste, particulièrement les trois jabonero, impressionnants et tout en muscles. Voilà pour les sensations.

Ensuite, la tarde a sombré dans le désenchantement et la misère, marquée par la faiblesse caractérisée du bétail, particulièrement des jabonero.


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Une déroute ganadera de celles dont on se souvient. Du côté des hommes, presque rien à signaler : un tour de piste imprévu du premier, quelques derechazos profonds du second, et le troisième, auréolé de deux récents triomphes, n’a pas regardé le magnifique dernier du lot, pourtant moins faible que ses congénères. Déception et renoncements.


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Témoin du désappointement de nos amis vétérinaires Gérard Bourdeau et Hubert Compan,  je leur ai demandé de nous livrer leur analyse sur la faiblesse de ces toros.  Quinze jours après ce fracaso, voici donc leurs explications.

C.C.


DSCN3477.jpgDe Gauche à droite, Hubert COMPAN et gérard BOURDEAU- Photo Vingtpasses


1- QUELQUES RAISONS POUR EXPLIQUER LA FAIBLESSE DES TOROS EN GENERAL ET DES PRIETO DE LA CAL EN PARTICULER

Par Gérard BOURDEAU, Docteur vétérinaire

Président de Association Française des Vétérinaires Taurins 

 

Le toro de combat est un animal rustique, sauvage, élevé de façon extensive depuis 4 ou 5 siècles. Les « dehesas » immenses, se sont rétrécies au fil des ans, mais on considère encore que 3 toros disposent d’1ha à 1ha ½, ce qui reste important. Bien sûr, une évolution a vu le jour, dans les modes d’élevage, et c’est ainsi que des éleveurs renommés n’ont pas hésité à mettre leurs toros dans des « cercados », où ne pousse aucun brin d’herbe, et pourtant, ils vont rester là pratiquement une année, nourris à l’aliment apporté tous les jours par l’éleveur. Malgré cela, je n’y ai jamais vu de pensionnaires malheureux ou dépressifs. Quelles sont donc les raisons qui pourraient agir sur l’état physique ou psychique d’un animal voire de tous, lorsqu’ils se  présentent dans le ruedo ?

En premier lieu, il faut évoquer le déplacement, souvent long jusqu’à l’arène où se déroulera la corrida. Aujourd’hui, les camions ‘obéissent’ au règlement communautaire européen, et ont des équipements qui adoucissent quelque peu la longueur du voyage. Mais c’est déjà une première épreuve. Vient ensuite le séjour dans les corrales de la place. Bon nombre d’entre elles ont effectué de gros travaux pour les améliorer (superficie, état du sol, tranquillité, abreuvoirs et mangeoires...) Mais parfois, peuvent survenir des imprévus comme celui des Prieto de la Cal chez Philippe Cuillé au Grand Badon. Les animaux se sont retrouvés dans un cercado couvert. Tout semblait l’idéal, mais les toros qui n’avaient jamais vu au dessus de leur tête que le ciel bleu, la lune et les étoiles ont stressé un maximum, et cela a duré 30 jours ! (Langue bleue oblige. Un vaccin aurait suffi !). Le petit paradis s’était transformé en enfer...

Vient ensuite le problème de l’aliment. Tout le monde sait que le mayoral qui suit l’élevage amène avec lui le nécessaire pour la durée du séjour. En général c’est un complément qui doit être mélangé avec de la paille (ou du foin), encore faut-il que le « logeur » possède une mélangeuse. Sinon, c’est la catastrophe, le toro écarte à plaisir la paille, et ne mange que le complément ! Résultat : un aliment déséquilibré, souvent trop riche en protéines, un déficit énergétique, et patatras des chutes à foison. Ne parlons pas de certains facteurs comme la Caste qui peut venir au secours de la faiblesse, mais qui malheureusement elle aussi s’est réduite comme une peau de chagrin. Parfois un fond de race permet encore au bicho de rester debout au moment de la mort notamment. Enfin, je rajouterai pour finir, la crise, cette gangrène, qui a élevé (parfois doublé) le prix des aliments, et qui laisse les éleveurs, même les plus aisés, K.O, dans les cordes, dans l’impossibilité de suivre une telle inflation, devant utiliser des matières premières de moindre qualité. Regardez ce qui s’est passé à Nîmes (Jandilla) et plus encore à Vic (Adelaïda Rodriguez), ce week-end. Peu en réchappent, et c’est la catastrophe, et il ne manque plus que les toros soient « décastés » !!! Le cas des Prieto de la Cal est encore plus complexe. Toros qui se nourrissent essentiellement d’herbe, sur les bords du rio Tinto, ils sont certes habitués à manger de l’aliment, surtout dans les derniers mois avant la corrida, mais à Salins de Giraud, ils avaient épuisé l’aliment habituel dont la quantité avait été mésestimée, et il a fallu avoir recours un aliment différent et donc inadapté. (les taureaux de Camargue n’ont pas forcément les mêmes besoins) Avec un vétérinaire espagnol, nous sommes allés à l’abattoir d’Alès, où nous avons vu les viscères et les carcasses de tous les toros. Le constat est facile : pas de lésions pulmonaires, des foies sains, mais qualifiés de ‘secs’, manquant de tissu graisseux susceptibles d’être une source d’énergie importante. Tout et son contraire ont été mis en avant pour parler du fracaso alésien, et rien sans doute ne suffit à lui seul pour l’expliquer. On peut lire aussi que ce serait l’eau du Grand Badon qui aurait été polluée par la crue du Rhône, bien qu’il n’y ait pas eu de retentissement digestif, mais...pourquoi pas ? Pour clore ce chapitre, il faut s’attendre sans doute cette année, et peut-être les suivantes, à constater cette faiblesse récurrente, la crise étant la première responsable, même si tous les éleveurs essaient d’y voir d’autres raisons, la pique notamment. C’est drôle, non, que les Dolores Aguirre de St Martin aient eux, supporté 20 piques et des vraies !


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Enfin, et c’est une hypothèse avancée, les éleveurs soucieux d’avoir des toros qui « servent », auraient pensé à des animaux humiliant davantage, mettant la tête. Et pour cela, ils essaieraient de « racourcir » les antérieurs du toro. Or, cela présente quelques inconvénients, et notamment celui de diminuer la capacité thoracique donc respiratoire, et pour la compenser, entraîner régulièrement devient une obligation...Arrêtons là cette digression, nous aurons le temps d’en parler ultérieurement.

Il y aurait tant à dire sur la question de la faiblesse du toro d’aujourd’hui. Mais la raison essentielle est une affaire de gros sous. Élever des toros n’est pas une sinécure dit Ricardo Gallardo, le solide propriétaire de Fuente Ymbro. Cela ajouté à toutes les manipulations (génétiques ou autres) imposées par les figuras y suffit amplement. Les misères qui se sont rajoutées aux toros de la Marquise, avaient déjà fait déborder le vase, bien avant celui du Rhône...


 

 

2- DECEPTION ALESIENNE

 Par Hubert COMPAN, Docteur vétérinaire

 

Tout avait pourtant bien commencé, il faisait beau temps, et la manifestation des antis avait eu pour conséquence une augmentation de 20% la fréquentation des tendidos : j’ai même entendu dire qu’un organisateur de St Martin de Crau prévoyait d’inviter les antis à manifester l’année prochaine pour augmenter la recette ! Les aficionados avaient répondu présents, on allait voir de beaux toros et un torero qui après un passage glorieux par Séville et St Martin de Crau devait nous régaler. En face de la présidence s’était concentré le « noyau dur » de l’aficion du sud-est. Le tendido 7 de Madrid n’était en comparaison qu’un rassemblement d’enfants de chœur.

  Sortie du 1er toro : jabonero impressionnant par sa présentation, la couleur de sa robe, son volume musculaire et son  galop qui a d’autant plus duré que les peones puis le torero ont eu de la difficulté à le fixer . J’ai alors dit à mon voisin, venu de Carcassonne, qu’avec tous ces muscles  et les tours de piste, ce toro n’allait pas durer longtemps, ce qui est arrivé car il s’est vite dégonflé, ainsi que les deux autres jaboneros. Le 4ème était différent, noir, plus haut, plus long, moins musclé, et là, j’ai pensé que la faiblesse serait absente : je me suis trompé et il a aussi chuté et vite perdu de la force. Les 2 derniers très différents morphologiquement des 3 premiers ont tenu debout avec plus de résistance à la muleta.

  Les explications de ces pannes de moteur : nous les avons grâce aux travaux de L’INRA et de l’AFVT (1) car  il faut se rappeler qu’il y a une corrélation entre les chutes et le pourcentage de fibres musculaires glycolytiques, que certains toros sont plus dépendant que d’autres du carburant glycogéne et que ce carburant peut manquer ou être mal utilisé.

  Fibres glycolytiques vs oxydatives

Concernant les prélèvements musculaires, nous n’avons pas eu l’occasion d’en faire dans deux ganadérias à fort développement musculaire que sont les ganaderias Partido de Resina et Prieto de la Cal, qui sont plus proches de la conformation de la race charollaise que de la race Aubrac : nous aurions certainement trouvé une proportion plus importante de fibres glycolytiques que dans les toros de Miura ou Victorino, encastes beaucoup plus oxydatives et résistantes. Les Prieto, et en général les toros de ce type, plus explosifs à leur sortie sont plus exposés aux pannes de moteur dans le 3ème tercio : à Ales ils était déjà fatigués avant les piques.

 Pourquoi la panne de carburant ?

Plusieurs explications possibles qui ne peuvent être confirmées que par une étude du «  manejo » de l’élevage : Typologie musculaire marquée par une génétique très ancienne et difficile à modifier. Alimentation trop intensive dans les derniers mois pour corriger des retards de croissance  (???). Plus on force des toros en finition (7 à 8 kg de pienso), plus on produit du muscle de « gonflette » à métabolisme glycolytique, avec parfois des risques d’acidose métabolique qui fatiguent le toro prématurément. Tous les ganaderos n’utilisent pas le bicarbonate de soude !  Et je crois me souvenir après une visite sur place il y a une quinzaine d’années, que l’alimentation de la ganaderia est très traditionnelle, avec une fabrication à base de céréales de la maison, l’éleveur étant persuadé que l’eau de la rivière (« rio Tinto ») qui traverse le campo apporte tous les éléments minéraux nécessaires.

 

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Le séjour chez Philippe Cuillé fut assez long pour effacer les effets du stress de transport, et je ne connais pas les formules des aliments distribués. Il est toujours hasardeux de changer de formule d’aliment en finition et il faut savoir que les formules actuelles ont en général une faible concentration énergétique du fait de prix élevé des matières premières et notamment des céréales.

A Ales l’année dernière, les toros de Blohorn avaient été préparés selon les recommandations de l’INRA avec des rations contenant des  antioxydants et des glucoformateurs. Je ne pense pas que ces techniques aient été utilisées dans cet élevage très traditionnel qui se caractérise par beaucoup d’irrégularité dans les qualités physique et la toréabilité. J’ai assisté dans le sud ouest à un certain nombre de corridas et de novillada de Prieto de la Cal, à une époque ou la tuberculose pénalisait cet élevage. Et le meilleur souvenir reste la corrida de St Martin de Crau en 2011.

Les Adelaïda Rodrigues de Vic ont eu les mêmes problèmes, et j’ai été informé du retard de présentation en hiver, récupéré par une sur-alimentation dans les derniers mois, et d’un séjour difficile dans les corrales humides, avec un inconfort évident. Pourtant en plein Gers, la paille ne manque pas ! Les toros de Blohorn auraient certainement fait meilleure figure…

 

(1) voir rapport de l’étude INRA ET AFVT sur Vingtpasses : Travaux de recherche sur la faiblesse musculaire et les chutes des taureaux de combat pendant la corrida http://www.vingtpasses.net/pages/Faiblesse_musculaire_et_chutes_des_taureaux_de_combat-3738200.html

 


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