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30 articles avec ferias

Il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère...

Publié le par Hubert Compan

A propos de la Feria de Pentecôte ou celle des Vendanges, lire Hubert Compan est toujours un vrai plaisir. Pour les toros de cette dernière Feria, sa déception est perceptible : « il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère ». Il va plus loin en donnant son opinion sur "le public du lundi", le taux d'abstention à la taquilla, la faillite de la puntilla… et le fameux indulto de la corrida de clôture. Hubert aime les indultos, et les commentaires qu’ils génèrent dans l’inter-saison. Opinion intéressante vue sous cet angle, mais il y a division d'opinions ! Pour ma part, en général, j’aime moins, sans doute à cause de l’usage qui parfois en est fait. Mais je n'y étais pas...

C.CREPIN.

Pentecôte 2017 - Les toros de Nîmes

Avec le souci de ne pas encombrer ma mémoire d’aficionado je retiendrai deux événements : La corrida du lundi avec les Jandilla. La maitrise technique et l’intelligence tauromachique de Juan Bautista. Depuis j’ai oublié beaucoup, deux bons toros par-ci, deux bons toros par-là, mais, selon une expression très utilisée au Canada, « il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère ».

Corrida de la Quinta le vendredi :

Rappelons nous, il y a une dizaine d’année, une corrida de la Quinta annoncée sérieuse : on a eu 6 toros qui avançaient au pas, au rythme du careton. Avec ces Santa Coloma on a un semblant de mobilité, mais au trot et au pas, et la qualification de corrida torista est inadaptée, tellement Rafaelillo, habitué à la bagarre a eu de la difficulté à gérer la noblesse insipide de ses adversaires, qui bien entendu ont tous terminé bouche fermée.

Un toro fut particulièrement intéressant par son comportement, le N° 2: immobile et peu combatif à la sortie tel un charolais se retrouvant par hasard dans l’arène, il se réveille à la 1ère pique, et montre ses qualités de bravoure vraie.

On oublie trop souvent que le tercio de pique, s’il a pour but de révéler la bravoure tout en fatiguant le toro, stimule l’agressivité par la douleur de la perforation du cuir, douleur vite oubliée dans la suite de la lidia. Et je me permets de rappeler que la poussée au cheval est utile, la douleur de la blessure du cuir est utile, l’hémorragie est inutile, les blessures profondes inutiles également, car elles ne s’oublient pas et pénalisent la mobilité.

La novillada de Zacarias Moreno samedi matin:

Le ganadero a dû se faire du souci avec la faiblesse des deux premiers. Encore une course avec deux toros sur six intéressants, dont un qui a fait la vuelta, ce qui n’a certainement pas suffit à satisfaire l’éleveur.

Les Garcigrande du samedi après midi:

Toujours ce même format, cette même présentation au standard nîmois, avec cette année un peu plus de faiblesse. Aucune surprise ne pouvait venir des toros, elle est venue du ciel ! Autre mauvaise surprise après la pluie : au deuxième du Juli, après une première pique normale, le picador a laissé venir le toro au cheval, tenant sa pique en l’air : du jamais vu !!!

 

Les Victoriano del Rio du dimanche matin :

Encore une corrida 2/6 question toros et Ponce 1 /2, et la frustration de voir Roca Rey ne pas « s’accorder » avec ses partenaires pourtant en général plus solides que les Garcigrande.

Seul contre six de Juan Bautista le dimanche après midi :

Jean-Baptiste a une connaissance du bétail extraordinaire avec une capacité et surtout une volonté de résoudre les problèmes. C’est parti très fort avec le 1er toro de la Quinta qui à la différence de ceux de vendredi avait davantage de qualités et de mobilité.

Ça a continué avec le Jandilla sorti en N° 3 remarquablement mis en valeur à la pique en le positionnant dans l’axe des arènes pour un galop jusqu’à la cible : certainement la plus grande ovation de la Feria. Bravo Sandoval !

Question : à quoi servent ces 2 lignes concentriques qui font le tour de la piste ? A quoi sert ce picador qui attend coté toril (et que Juan Bautista avait éliminé?).

Le manso de Carmen Lorenzo sorti en 5 : cet élevage fournit avec celui de Bohorquez 90 % des courses de rejon. Galopeur infatigable, il a refusé le combat et a cherché inlassablement soit Lea Vicens soit plus probablement la sortie. Petit à petit, sans se décourager mais comprenant qu’avec cet animal il ne couperait pas d’oreilles, Jean Baptiste est arrivé a retenir ce manso dans sa muleta en usant de stratagèmes intelligents, en le confinant sous la présidence, en évitant de lui montrer en fin de passe les grands espaces. Le Carmen Lorenzo et le Garcigrande ont gâché le final.

Le public et la connaissance des toros :

Jean-Baptiste avait choisi 6 toros de trapio et de présentation supérieurs à la moyenne nîmoise et il est regrettable qu’à la sortie du beau toro de Parlade, puis du Pedraza de Yeltes de 575 kg, le public « toriste » n’ait pas manifesté davantage sa satisfaction.

Les Pedraza de Yeltes par rapport aux autres « Domecq » : plus de taille, moins de volume musculaire, et une tendance à charger sans mettre la tête sous le cheval en poussent droit. Lors d’un Jeudi du Cercle à l’Imperator, Jose Ignacio Sanchez nous avait même expliqué sa volonté de sélectionner ce type de comportement, ce que j’ai pu vérifier à l’occasion de cette corrida. La hauteur au garrot peut-elle conditionner la position de la tête ? Il est vrai que les Miura poussent souvent à hauteur des étriers.

 

Les Jandilla du lundi :

De la mobilité, du galop, de la sauvagerie dans le capote et dans la muleta, des toros qui durent en gardant un rythme soutenu, pas de « noblesse molle », comme l’écrit souvent Paul Hermé, enfin un lot homogène de 6 toros (de 7 toros en y ajoutant celui de Jean-Baptiste).

L’indulto de fin de Feria 

j’aime les indultos et les commentaires qu’ils génèrent, occupant l’intersaison. L’indulto donne du plaisir au ganadero, au torero, au public, sauf qu’à Nîmes, il n’a pas fait l’unanimité. C’était pourtant un toro complet, un super athlète, d’une « duracion » exceptionnelle. Que lui manquait-il ? Il a même été bien toréé par José Garrido, qui ne s’est jamais laissé dépasser par la caste et la rapidité des charges dans la muleta. Il a été en revanche dépassé par l’événement car dans la période d’hésitation il aurait pu tirer une ou deux séries de plus avant de simuler l’estocade. Si j’avais été au gouvernement... j’aurais donné la vuelta au 5éme toro, puis gracié le 6ème, clôturant ainsi la féria en apothéose !

Le public du lundi :

Il était un temps ou la corrida du lundi de Pentecôte correspondait par son cartel au sommet de la Feria. 1/3 d’arène pour ce lundi de Pentecôte !

3 toreros peu connus de la plus part des aficionados. Il y a 3 types d’aficionados : les gardiens du temple, le plus souvent « toristes ». Ils sont plus ou moins 3000 en France. Ils s’échappent parfois de leur ville et partent à Vic, à Céret, traversent l’Espagne. Il y a aussi les aficionados fidèles à leur arène. Ils s’échappent parfois, mais pas trop loin. Il y a les spectateurs occasionnels qui choisissent la ou les corridas importantes avec El Juli, Ponce, Castella etc, et qui remplissent les arènes. Ce lundi à concentré les aficionados nîmois abonnés et ceux qui ne courent pas après le Juli et qui pensent que c’est dans ce type de corrida que les bonnes surprises sont possibles. Mais au final, ils n’étaient que 4000, les spectateurs occasionnels s’étant abstenus.

50% d’abstention dans nos arènes nîmoises, il y a problème !

La faillite des puntilleros :

Les coups de puntilla manqués ont été nombreux : combien de toros relevés, combien de trophées perdus, combien de bonheur enlevé au public par des coups de puntillas répétés que nous détestons tous. Il serait tellement plus simple, une fois le toro couché de « l’étourdir » avec un pistolet d’abattoir et de le puntiller ensuite. L’idée fait son chemin en Espagne, et les vétérinaires ont certainement un rôle à jouer pour définir le matériel et le protocole, pour remplacer un geste qui fait partie de la lidia mais sera de moins en moins accepté par le public actuel (voir document ci joint).

 

Hubert COMPAN, vétérinaire Taurin

Photos : Michel CHAUVIERRE

 

La pistola de cautivo penetrante

Publié dans Ferias, Chroniques

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Gascogne, terre d'histoire

Publié le par Paul Bosc

La Gascogne mérite que l'on s' y attarde ! Historiquement en citant sans doute le plus célèbre Gascon de la littérature : Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan qui est né à Lupiac en terre gersoise mais aussi Cyrano de Bergerac qui n'est pas Gascon puisque né en Dordogne mais qui appartenait au régiment des Cadets de Gascognecomme les trois mousquetaires. De cette vieille terre, la guerre de cent ans a laissé des vestiges, des remparts, des donjons comme celui de Bassoues à quelques kilomètres de Montesquiou, et les champs sont continuellement verts. Et, bien sûr, le « bonheur reste dans le pré » : canards et oies, Armagnac, pousse-rapière ou Floc llustrent la carte postale du pays, même si les vignes ne sont pas visibles dans cette partie du Gers. Et puis il y a le rugby, partout. Et puis il y a des garçons aux oreilles flétries par tant de mêlées, aux muscles impressionnants qui vont faire la fête à Vic Fezensac, à Eauze, à Aignan, Nogaro, Plaisance, Riscle et tant d'autres villages où le toro qu'il soit Landais ou Espagnol fait partie des traditions. La mode était, cette année, au port de la marinière, celle mise en vedette par l'ex-ministre Arnaud Montebourg, de shorts et chaussettes de rugbyman.

Direction Vic-Fezensac pour la Feria du toro et le week-end prolongé de la Pentecôte. Les bodegas y sont ouvertes où le vin local Tariquet coule à flot une grande partie de la nuit, un immense terrain de camping reçoit des milliers de festaïres, le torero Ruiz Miguel qui a connu tant de triomphes ici attend les aficionados devant les arènes Joseph Fourniol.

Les novillos de Raso de Portillo font la loi

Samedi les premières clarines sonnent pour quatre novillos de la ganaderia Raso de Portillo pour un mano à mano entre Mario Palacios et Miguel Angel Pacheco. Mais la vedette restera aux deux novillos sortis en piste puisque la course fut interrompue en raison de la pluie. Deux novillos impressionnant par leur force et leur bravoure qui n'ont pas hésité à attaquer la cavalerie à trois ou quatre reprises. Gabin Rehabi les mettra en évidence. Et les aficionados quitteront le ruedo à regret de ne pas avoir vu les deux autres novillos. Rendez-vous à Céret !

Octavio Chacón sort de la mêlé

L'après-midi pour la corrida de Dolores Aguirre, les nuages noirs se bousculent dans le ciel gersois et se dégonfleront par intermittence. Les Dolores prennent trois ou quatre piques. Paulita montre de beaux gestes mais le sorteo ne lui est pas favorable, Alberto Lamelas, le chouchou de Vicois, rate ses estocades et c'est Octavio Chacón qui s'en tire le mieux en coupant une oreille au deuxième exemplaire. Si les deux premiers toros ont été les plus en vue, les quatre autres ont permis de suivre une corrida intéressante.

La corrida-concours gagne ses lettres de noblesse

Si ce genre d'événement est de plus en plus rare, à Vic la tradition est maintenue. Bien lui en fasse car elle a connu de beaux et grands moment notamment par le toro de Miura sorti en première position et celui de Los Maños qui fermait la course. Bien toréé par Domingo Lopez Chaves, le Miura reçut quatre piques, la faena bien construite mais une estocade basse privera le torero d'une oreille pourtant réclamée majoritairement. Il effectuera 2 tours de piste et la bronca fut « présidentielle ».

Le grand moment de cette journée fut la rencontre de Gabin Rehabi avec « Jardinero »pour trois rencontres exceptionnelles accompagnées par l'orchestre « Les Armagnacs » mais « Michelito » le Mexicain de Vic ne fut pas à la hauteur. Il brinda son premier adversaire, le Cuadri, à son père, Michel, enfant du pays. Morenito de Aranda n'était pas dans un bon jour et n'entendit que des silences. C'est toutefois le toro de Los Maños qui a remporté le prix du meilleur toro de la feria.

Une bonne corrida de Palha

Joao Folque de Mendoza, le propriétaire de la ganaderia Palha voulait que ses toros soient mobiles, allant volontiers à la pique et gardant suffisamment de force pour une faena. Ce ne fut pas toujours le cas mais en ce dimanche de Pentecôte il a présenté à Vic une corrida proche de ses désirs. Bien présentés, allant volontiers au cheval, donnant aux faenas du relief, les Palha ont été applaudis à l'arrastre. Dans la catégorie toreros, Alberto Aguilar a complètement raté ses coups d'épée lardant littéralement son premier adversaire. Ruben Pinar a été intéressant à son premier mais a perdu tout espoir de trophée avec l'épée, et il a été débordé par le sixième. Emilio de Justo qui a marqué cette corrida, coupant à chaque toro une oreille. Sortie en triomphe et déclaré meilleur torero de la Feria. Le mayoral Joaquim Dos Santos a salué en piste.

Lundi : grande ovation pour Juan Bautista

La corrida de Alcurrucén clôturait cette Feria 2017 avec le soleil. Curro Diaz coupa une oreille au premier, Juan Bautista aussi, de belle manière et reçut une véritable ovation. Moins convainquant au cinquième, il marqua toutefois la course par son professionnalisme. Manolo Vanegas recevait ce jour l'alternative. A la fin du paseo, un hommage fut rendu à Philippe Cuillé disparu récemment. Le Venezuelien coupa sa première oreille avec « Cumbra Alta » le toro d'alternative et s'engagea à fond dans les combats. Tour de piste et certainement que son nom sera retenu par le Club taurin vicois pour les prochaines Ferias du Toro.

Mardi matin, les campings étaient vide, la jeunesse avait quitté le navire, et les marinières rangées dans les sacs de voyage. La Gascogne retrouvait son charme rural mais à Vic elle avait satisfait des milliers de véritables aficionados. Et dire qu'un site internet espagnol écrivait que les toros étaient afeités. Mais certainement que l'auteur avait consommé trop de produits locaux de qualité.

On vous invite à venir voir sur place...

Publié dans Ferias, Chroniques

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Arles, la Goyesque

Publié le par vingtpasses

Superbe photo de Paco empruntée à Torobravo
Superbe photo de Paco empruntée à Torobravo

Le compte-rendu de corrida n'est pas, en principe, dans le registre de Vingtpasses. Mais celui de Jean-Jacques DHOMPS, que je découvre sur le site web de la FSTF, m'incite à partager. Un modèle du genre. Une plume à la fois alerte et savante, un récit élégant, subtil et rafiné, un regard aigu, sans concession sur les avatars de cette tarde ensoleillée, Bref, un régal que je vous invite à partager en suivant le lien ci-dessous :

http://torofstf.com/content/la-goyesque-d’arles-2016-par-j-j-dhomps

Publié dans Ferias

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En attendant des toros...

Publié le par Charles CREPIN

La Feria qui vient de s’achever à Nîmes est critiquée dans la presse taurine et dans les tertulias. Les toros vus en piste alimentent une dérive sémantique très fleurie pour les décrire, traduisant une réelle lassitude et une frustration grandissante au sein de l’aficion comme d'ailleurs parmi d’autres publics d’ordinaire moins exigeants qui prennent enfin conscience de l’ampleur du problème. Suscitées par des courses placées sous le signe d’une faiblesse généralisée du bétail, les critiques habituelles se sont exacerbées. Elles n’épargnent pas non plus l’absence de bravoure et de caste, ainsi surtout qu’une présentation indigne de la catégorie revendiquée par la 1ère place taurine française.

L’annonce des cartels donnait déjà les indices de probables déboires, au point de décourager des fidèles parmi les fidèles d’acheter leur billet (*). En cause, pas seulement l’exclusivité programmée de l’encaste Domecq, qui dans certaines grandes arènes présente des exemplaires bien mieux dotés au comportement plus satisfaisant, parfois même plébiscité. Mais en cause aussi et surtout, ce medio-toro de la plus médiocre catégorie dont l’empresa nîmoise s’est fait une spécialité, sans concession à la variété ni surtout à la qualité.

A l’occasion de la Pentecôte, des nîmois déçus, chaque année plus nombreux, désertent leur amphithéâtre au profit de la Feria vicoise. Il en est de même pour les aficionados en provenance d’autres régions taurines autrefois fidèles à la Feria nîmoise, qui ont glissé sur la même pente. Nîmes ne séduit plus l’aficion autant qu’avant, et ce mouvement risque de s’aggraver si rien n’est fait.

Résolument inspiré par un marketing privilégiant les brillants cartels de figuras sans toros sérieux, l’organisateur nîmois est sans doute conforté par une fréquentation des gradins encore importante bien qu’en baisse. La situation particulière de la place nîmoise retirée de la principale instance oficielle de la tauromachie et coupée d’une commission taurine extra-municipale suspendue sine die, a exonéré depuis plusieurs années l’empresa de la plupart des obligations réglementaires et de contrôles en vigueur dans les autres places taurines.

La dérive constatée et le bilan problématique de cette dernière édition de la Feria nîmoise ne sont sans doute pas étrangers à cette liberté de gestion sans contrôles ni contre-pouvoirs dont jouit l’empresa. Une situation née de raisonnements et de choix à court-terme qui nuisent à la réputation de Nîmes ville taurine et hypothèquent l’avenir de sa Feria.

(*) Voir aussi l’article de Paul Bosc sur Vingtpasses http://www.vingtpasses.com/2016/05/pour-la-premiere-fois-je-n-ai-pas-mis-les-pieds-aux-arenes-de-nimes.html

Publié dans Ferias

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Pour la première fois, je n’ai pas mis les pieds aux arènes de Nîmes

Publié le par Paul Bosc

Disons que ma vie tauromachique a débuté à la fin des années 50. Et que depuis cette date, je n’avais jamais manqué une feria de la Pentecôte à Nîmes. Certes, pas à toutes les corridas, certes pas matins et soirs, mais avec régularité. Aux amphithéâtres quand j’avais 15, 16, 17 ans, en essayant de resquiller, en sautant les grilles, en me faisant courser par les policiers, comme me le rappelait un aficionado de mon âge qui a lu mon précédent article sur les ferias de notre jeunesse.

Et j’ai vu Antonio Ordoñez, triomphant mais aussi détestable quand il avait recours à ses estocades dans le « coin », c’est-à-dire de côté et qui provoquaient des hémorragies. Et j’ai vu Lui Miguel Dominguin mais aussi Paco Camino qui ne toréait pas que des Domecq et se frottait souvent aux Miura. J’ai vu Diego Puerta, Jaime Ostos, puis « El Cordobes » en 1964 lors de l’historique corrida où il reçut les 2 oreilles, la queue et la patte du sobrero de Juan Pedro Domecq. J’ai vu l’alternative de Simon Casas, Angel Teruel, Limeño, puis l’alternative de Curro Caro, Antoñete, Curro Romero lors d’une matinale de rêve avec le fils d’un autre torero qui faisait les beaux jours des arènes de Nîmes : Julio Aparicio. J’ai vu Conchita Cintron et Marie Sara, Luc Jalabert, Jacques Bonnier, Gérald Pellen puis sa fille Patricia, les frères Domecq, Peralta, Lupi, Cartagena oncle et neveu, Mendoza…

Et puis j’ai vu Paco Ojeda dans deux tardes immenses mais aussi Chamaco et les débuts du très jeune El Juli. Et Les fils Litri et Camino qui reçurent l’alternative de leurs pères. Je ne peux pas oublier Nimeño II, Victor Mendes et les toros de Guardiola et même l’indulto d’un novillo de cette prestigieuse ganaderia. « Peleon » s’appelait-il, mais c’était un coup médiatique organisé par Simon Casas et Afonso Guardiola. J’ai vu José Tomas. Pas le jour de son solo de la feria des Vendanges, mais quand il a gagné la Cape d’Or de la peña Antonio Ordoñez laissant sur place Antoni Losada qui avait pourtant coupé 2 oreilles.

Côté toro, il y eut des Veragua, des Pablo Romero, des Murube, « Trompetillo » de Maria Luisa Perez de Vargas, des Miura jusqu’à ce que l’on les programme avec El Juli et que finalement, il n’en sorte qu’un seul du toril, le retour des toros de Palha, 70 ans après leur dernière apparition à Nîmes et qui allait devenir une corrida inoubliable avec « Chamaco » Denis Loré et Antonio Ferrera, des Victorino Martin dont un qui dépassait les 700 kg et qui faisait la publicité pour cette Feria qui, je crois, couvrait une semaine entière de courses. J’ai vu dans les arènes de Nîmes de grandes vedettes toréer des novillos quand les toros ne portaient pas leur année de naissance sur la patte. J’ai vu de toreros de tout style et de toutes techniques et même des toreros éxotiques comme le Portugais Chibanga. J’ai vu toréer le fils Victorino Martin et le cousin de Paco Camino. J’ai cru en certains toreros que j’ai retrouvés quelques années plus tard dans les rangs de banderilleros. J’ai vu Manzanares, père et fils. Mes yeux se sont mouillés de larmes pour ces deux toreros. J’ai eu des frissons avec Paquirri, « El Viti », César Rincon, Enrique Ponce et les toros de Samuel Flores. J’ai tout vu. Ou presque.

Et puis, cette année, j’ai renoncé à aller voir uniquement des Domecq qui, à lire les résultats des courses se sont comportés comme des Domecq, n’apportant aucune émotion. La coupe est pleine.

Une banderole vue dans les gradins lundi après-midi

Une banderole vue dans les gradins lundi après-midi

Publié dans Ferias

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Nîmes, Pentecôte en images

Publié le par Charles CREPIN

Un bajonazo du maestro El Juli qui ne serait qu'un geste involontaire et maladroit s'il ne venait aggraver la tricherie désormais légendaire du "julipié". Presque invisible à l'oeil nu et à vitesse réelle, la tricherie est mise en lumière par l'instantané. Voir plus bas les 2 estocades du jeune débutant Andy Younes qui reste dans les cornes jusqu'au bout du "volapié". A méditer...

Un bajonazo du maestro El Juli qui ne serait qu'un geste involontaire et maladroit s'il ne venait aggraver la tricherie désormais légendaire du "julipié". Presque invisible à l'oeil nu et à vitesse réelle, la tricherie est mise en lumière par l'instantané. Voir plus bas les 2 estocades du jeune débutant Andy Younes qui reste dans les cornes jusqu'au bout du "volapié". A méditer...

Morante à l'épée - Photo Bernard Brahin - NB : 2 belles séries au capote, mais pas plus...

Morante à l'épée - Photo Bernard Brahin - NB : 2 belles séries au capote, mais pas plus...

La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !
La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !
La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !
La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !
La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !

La chaise pour le talentueux Gines Marin. Andy Younes, première "Piquée", lui arrache une "Cape d'Or" de poids, grâce à son fort engagement et son courage. A suivre !

Première à Nîmes réussie pour El Fandi : variation au capote et  pose de banderilles époustouflante aux deux Nuñez del Cuvillo - NB : Belle séquence templée de Manzanares - Talavante n'y était pas...
Première à Nîmes réussie pour El Fandi : variation au capote et  pose de banderilles époustouflante aux deux Nuñez del Cuvillo - NB : Belle séquence templée de Manzanares - Talavante n'y était pas...

Première à Nîmes réussie pour El Fandi : variation au capote et pose de banderilles époustouflante aux deux Nuñez del Cuvillo - NB : Belle séquence templée de Manzanares - Talavante n'y était pas...

M. Escribano : en difficulté devant un Victorino

M. Escribano : en difficulté devant un Victorino

Triste tarde pour Fandiño. Quand ça veut pas, ça veut pas...

Triste tarde pour Fandiño. Quand ça veut pas, ça veut pas...

Publié dans Ferias

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Les pinceaux, la garrocha et la chaise

Publié le par Charles CREPIN

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

« Ils ont tapé fort dans les chiqueros » : c'est l'hypothèse avancée par certains pour justifier la présence des pinceaux sur les Conde de la Maza. Si on en juge par la course de dimanche, les toros français taperaient moins fort dans les chiqueros ?

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Distant et bruyant, Eugenio De Mora. A son premier, rien!  Indigne du second et complice d’une tentative d’assassinat sinvergüenza à la pique, Eugène a rompu dans le déshonneur par un bajonazo sur la tangente.

 

 

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Profilé et distant lui aussi, Miguel Angel Delgado. Cambio au centre et circulaires culeras. Michel-Ange nous a fait du Castella… En fait, une pâle copie, hors sujet dans l’enceinte Saint-Martinoise. l'oreille gagnée ne change rien au problème.

J'attendais Sanchez Vara. J'étais venu pour lui, et pour les Conde de la Maza. A son second, tout aurait dû lui sourire. A l’arrivée, rien ou presque  ! Une série de largas cambiadas afaroladas, 3 piques dont une au regaton. Musique. Pose des banderilles après spectaculaire saut à la garrocha de son banderillero Raùl Ramirez. Public ravi ! la pression monte.

 

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise
Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Ensuite, il a tout essayé ! La chaise, pour faire encore monter la pression, mais le toro ne vient pas…  Une tentative de récibir, mais le toro ne vient toujours pas. Et à la fin, sept entrées a matar brisent le rêve de Sanchez, le mien, celui de mes voisins. A la sortie, les commentaires retiennent surtout les pinceaux… Dommage !

 

 

 

Photos : Sophia G.

Publié dans Ferias

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Une histoire de la Feria de Nîmes

Publié le par vingtpasses

Dans le cadre mythique de la Finca Partido de Resina (antes Pablo Romero) à Aznalcàzar (Séville) où ils étaient récemment invités, les clubs taurins Fondateurs de la Feria de Nîmes ont remis la médaille des Fondateurs à Paco Ojeda présent pour l’occasion.

Paco Ojeda - Novembre 2014

Paco Ojeda - Novembre 2014

Discours d’usage, rappel des circonstances de la création de la Feria de Nîmes et du parcours de ce torero d’exception qui aura profondément marqué son époque. Réplique enjouée du Maestro où percent la simplicité et la modestie. Quelques traits d’esprit piquants, à l’adresse de taurinos bien connus, me laissent néanmoins entrevoir la personnalité d’un homme encore très vert, d’un torero pour toujours, plus que celle d’un retraité des ruedos.

Paco Ojeda nous dit alors que la belle histoire, ce n’est pas la sienne, pas celle de ses triomphes nîmois. Non, pour lui, la vraie belle histoire est celle que je viens de rappeler ce soir : celle des cinq clubs taurins nîmois qui, en 1952, ont crée la Feria de Nîmes (voir infra), à force de volonté, d’envie de corrida et d’aficion. Et le maestro suggère ensuite que cette histoire mérite d’être contée aux espagnols. C’est que, tras el Pirineo, beaucoup finiraient par penser que c’est Simon Casas qui a créé cette Feria (de ce côté des Pyrénées aussi peut-être)… Bon ! On ne prête qu’aux riches, mais tout de même !

LA CRÉATION DE LA FERIA DE NÎMES, un peu d'histoire

En 1950, la frontière espagnole s’ouvrait à nouveau aux aficionados, impatients de retrouver l’ambiance des ferias et de voir des corridas dont ils avaient été privés durant des années. Madrid, Barcelone, Séville, Pamplona, étaient autant de rendez-vous courus des aficionados nîmois. Dans la passion retrouvée, il est fort probable que certains d’entre eux aient caressé le rêve d’importer à Nîmes le modèle espagnol de la Feria.

Deux évènements survenus en 1951 allaient précipiter les choses :

  • La loi "Ramarony-Sourbet" votée le 12 avril légalisait les corridas dans les villes de tradition ininterrompue, récompensant ainsi cent ans de lutte des gens du Midi.
  • Nîmes fut choisie pour organiser le 37ème congrès de la Fédération des Sociétés Taurines de France, prévu du 30 mai au 2 juin 1952.

Dès lors, la voie était libre, et l’aficion nîmoise n’attendait plus qu’un programme digne d’une vraie Feria.

Une démarche des clubs taurins nîmois

En 1952, il y avait à Nîmes 5 clubs taurins typés corrida. L’Union Taurine Nîmoise avait déjà 56 ans, le Club Taurin Lou Ferri de Saint-Cézaire fêtait son 30ème anniversaire, le jeune Cercle Taurin Nîmois avait soufflé ses 5 bougies, et l’Aficion Cheminote Nîmoise était née 2 ans auparavant. Francis Cantier « Paquito », directeur de la revue TOROS, allait bientôt rejoindre ces sociétés taurines avec les Amis de Toros, pour constituer le premier Comité permanent d’organisation de la Feria de Nîmes, amené par le Docteur Jean Lauret, président du Cercle Taurin Nîmois (1).

L’entente était parfaite. Elle portait déjà les prémices d’une union solide entre les clubs nîmois dont l’héritage se trouve encore aujourd’hui magnifiquement préservé par la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard qui compte près de 2500 adhérents. Toujours est-il qu’à l’époque, la démarche de ces clubs fut confortée par l’enthousiasme spontané des aficionados, l’appui des acteurs économiques de la Ville de Nîmes et le soutien des élus.

De son côté, le Directeur des arènes, Ferdinand AYME, fut d’abord réticent. Mais son intelligence et son sens des affaires lui firent comprendre assez vite que derrière la démarche des clubs se profilait un événement d’envergure. La sagesse de l’homme et sa convivialité firent le reste : Ferdinand AYME fit le pari gagnant qu’on peut bâtir solide avec les forces vives de l’aficion nîmoise. Il annonça des cartels de rêve. La FERIA de NÎMES était née !

Au fil des années, bien sûr, d’autres personnalités allaient contribuer à faire de cette Feria un événement exceptionnel de renommée internationale. Mais ceci est une autre histoire.

La médaille des Fondateurs de la Feria

Une histoire de la Feria de Nîmes

En 2012, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Feria, les clubs taurins fondateurs, toujours en activité, ont fait frapper une médaille signée par le peintre Albert Martin afin de distinguer chaque année une ou plusieurs personnes qui, par leur action auront marqué la Feria de la Pentecôte ou celle des Vendanges. L’un des premiers exemplaires de cette médaille a été décerné à Paco OJEDA qui a écrit quelques belles pages de cette Feria.

Charles CREPIN

(1) Source : « LES DÉBUTS DE LA FERIA DE NÎMES (1952 – 1953 – 1954)» par Jean Lauret et René Ravel. Edition Librairie Goyard 1987.

Publié dans Ferias

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Génèse d'un batacazo

Publié le par Charles CREPIN

 Ales- 1er juin 2014
 Ales- 1er juin 2014
 Ales- 1er juin 2014
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Ales- 1er juin 2014

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Les YONNET, de la Bélugue aux arènes d'ALES

Publié le par Paul Bosc

Hubert Yonnet, 88 ans vit seul  dans le mas familial de la Belugue à Salin de Giraud depuis que Françoise est près de son fils Jacques, pour des raisons de santé. Olivier Faure déjeune tous les jours avec lui et une voisine vient l’aider. Quand il nous reçoit, après s’être installé dans son fauteuil, il regarde sa montre et a une pensée pour son épouse « qui vient de rentrer à l’hôpital ». Son épagneul a sauté lui aussi sur son siège favori et s’installe confortablement. Dehors, le vent d’ouest remue les branches des tamaris, les mouettes ont trouvé refuge dans les prés,  et font le dos rond sous les humeurs du « Narbonnais ». Depuis toujours, le Camarguais a connu cette vieille bâtisse dont la cheminée porte la date de 1708 sur son fronton.  A quelques kilomètres de là, au bout du monde, entre mer et marais, entre le Vaccarès et le Rhône, il y a 150 ans, l’arrière-arrière grand-père de l’éleveur, Joseph puis Christophe puis encore Joseph ont élevé des taureaux, camarguais d’abord, d’origines navarraises par Carriquiri ensuite et même de Sepulveda qui ont constitué l’élevage de Françoise. Mais ce sont aujourd’hui tout simplement des Yonnet.

Dans la salle à manger, Hubert Yonnet a gardé le fronton de « Garibaldi », un taureau aux cornes impressionnantes qui n’hésitait pas à traverser le Rhône  à la nage pour conduire la manade de l’autre côté, s’assurant qu’il ne manquait aucune bête.

Derrière le mas, dans l’enclos, cinq toros portant sur leurs flancs le chiffre 9 qui indique qu’ils ont 5 ans portent des cornes tout aussi impressionnantes. Parmi eux un « castaño » qui doit bien approcher les 600 kilos, dernier fils de « Pescalune » le semental qui a été indulté en 2002  lors d’une novillada à Lunel et morts en 2011. Olivier Faure, le mayoral, l’a baptisé « Ultimo » en son hommage.

Il les a installés dans l’enclos depuis trois semaines et les fait courir en agitant les bras et en criant : « l’herbe des prés, avec cette humidité, n’est pas bonne pour les toros, ici ils broutent de la paille, du foin et  des compléments d’alimentation. J’ai été obligé de séparer deux toros car ils se battaient. »

Les deux « exilés » n’ont que quatre ans, l’un d’eux sera le réserve mais ils sont « de la camada de la novillada de Céret l’an dernier » précise Olivier qui ajoute : « il y aura trois Yonnet et trois portant le fer de Françoise pour cette course d’Alès. Il n’y a plus de différence entre les encastes depuis le temps.»

Le matin de la course, le transporteur viendra embarquer  les sept  toros prévus qui auront jusqu’à Alès une surveillance renforcée par la gendarmerie. Au cas où les anti-taurins auraient l’idée saugrenue de vouloir bloquer le camion.

Une escorte d’honneur en quelque sorte…

 

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Les YONNET, de la Bélugue aux arènes d'ALES

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Minutes de vérité à Saint-Martin

Publié le par Paul BOSC

 

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Saint-Martin de Crau a vécu hier une course de taureaux qui va marquer, cette année encore, la temporada. La corrida de Rehuelga (origines Buendia, purs santacoloma) a enthousiasmé les aficionados présents en grand nombre aux arènes Louis-Thiers qui ne se sont jamais ennuyés.   Et pourtant…

 Tout aurait pu être différent si, en tauromachie, il ne fallait pas passer par la case ultime du combat : la « minute de vérité », la mise à mort du toro.  Le président de la course M. André Roques aurait très bien pu suivre la demande du public qui réclamait l’indulto de « Jilguero » le quatrième toro de cette corrida de la ganaderia Rehuelga, presque inconnue du grand public. Un grand toro de 515 kg né en février 2009 au cuir noir avec des poils blancs (negro entrepelado bragado) qui a attaqué par trois fois le cheval de la cavalerie Bonijol monté par  Francisco José Quinta en y mettant les reins pour montrer sa noblesse, puis en livrant une noblesse infatigable dans la muleta de Morenito de Aranda.

 Le résultat aurait été de la récompense des deux oreilles et la queue factices délivrées au matador et la grâce du toro qui aurait alors regagné le toril vivant. Triomphe médiatique pour Saint-Martin et pour le torero. Un peu facile et hors de la vérité de ce moment qui est l’essence même de la corrida.  La présidence n'a pas cédé à la pétition d'indulto

 Minute de vérité pour Morenito

Il a bien fallu que Morenito s’engage pour porter l’estocade, ce fameux moment de vérité où le torero se découvre pour atteindre « la croix » entre les omoplates de la bête et le toucher mortellement d’un coup d’épée. Et là… ! Adieu oreilles et queue, adieu triomphe médiatique, adieu indulto, pour laisser place au désespoir d’un matador incapable d’ajuster son arme correctement. « Jilguero » eut droit à une vuelta posthume très applaudie, Morenito de Aranda à un salut tout aussi applaudi par le public qui ne lui a pas tenu rigueur de son échec avec les aciers. Au premier, « Almendrito » toro faible qui ressentait peut-être, les coups subis après s’être violemment battu aux corrales, le torero avait également salué.

 

Minute de vérité pour Thomas Dufau

  Thomas a laissé échapper un grand triomphe face au troisième, « Sombrerero », autre Reguelga à être honoré d’un tour de piste posthume, le meilleur toro de la course, une estampe de toro que le torero montois n’a pas su comprendre, le toro allant « a mas », le torero « a menos ». Autre échec face au sixième qu’il a laissé aux bons soins de son picador qui ne s’est pas privé de piquer n’importe comment.

 Minute de vérité aussi pour Ruben Pinar

 Bblessé gravement l’hiver dernier, revenu aux arènes avec courage et détermination mais qui, comme tous les toreros qui ont subi la corne des taureaux, il mettra certainement longtemps avant de retrouver tous ses moyens. Il est vrai qu’il n’a pas eu le meilleur tirage au sort.

 

Minute de vérité pour la Unica et les arènes Louis-Thiers de Saint-Martin de Crau...

... qui sont entrées, après des années de travail, de recherches, d’expériences dans le cercle très restreint des plazas toristas incontournables. Mais, avec cette course, elles ont prouvé qu’il existait encore des courses de taureaux, de véritables taureaux qui donnent de l’émotion, de la crainte, de la peur et où le spectateur n’est pas abruti par des dizaines et des dizaines de passes en long, en rond, en large et en travers par des toreros vedettes face à des toros sans race.

 

Paul BOSC

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Vendanges 2013 : la Coordination s'interroge...

Publié le par vingtpasses

 

Questions sur la programmation du vendredi après midi :

  •  S'agit-il d'un festival organisé par le syndicat des toreros espagnols qui dispose des arènes de Nîmes, compose le cartel et choisit les toros ? Les toreros vedettes imposent-ils aujourd’hui leurs décisions au délégataire et à la Ville ?
  •  Qui encaisse la recette de cette manifestation et pour quel but ?
  • En quoi ce spectacle compris dans l’abonnement au même tarif que les autres corridas est-il promotionnel de la tauromachie comme la presse s’en fait l’écho?
  • Dans ce montage (mise à disposition des arènes, gestion, recettes et redevance), la règlemention et les obligations de la Délégation de Service Public sont-elles respectées ?

 Des réponses à ces questions paraissent indispensables, car en dépit du succès annoncé pour cette « corrida-fleuve », la Coordination  voudrait être certaine que les principes de transparence et d’éthique de la corrida auxquels doivent prétendre les aficionados et les nîmois dans leur ensemble sont bien respectés.

 

Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard

17 juillet 2013 - Contact : coordination.printemps@gmail.com

 


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Nîmes, les satisfactions de la Pentecôte

Publié le par Paul BOSC

 

Cette 61e Feria de la Pentecôte a été spectaculairement arrosée. Pas seulement par les boissons à boire avec modération. Le ciel ayant ouvert plusieurs vannes, c’est la première fois que 2 corridas d’un même jour sont annulées et une autre retardée au lendemain.

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Evoquons celle-ci. La corrida de José Escolar Gil. Les deux premiers toros ont été lidiés sous l’averse avec un Rafaelillo tellement concentré sur sa course qu’il a même demandé à son mozo de espada de mouiller le bas de sa muleta. Il avait sans doute oublié la flotte qui lui tombait sur les épaules. Avec 1 oreille à chaque combat, le tour de piste posthume de Chupetero II, la sortie a hombros du torero, le bon comportement des Albasseradas, tant en bravoure que noblesse, leurs armures astifinas, la volonté de Fernando Robleño de triompher mais échouant avec l’épée, on peut classer cette première corrida de la Feria (prévue jeudi renvoyée au vendredi) parmi les résultats positifs. Avec une réelle satisfaction pour l’aficionado face à ce lot de toros.


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 Autre belle satisfaction, la corrida de Miura avec un sixième exemplaire « Remontisto » lidié de façon remarquable par la cuadrilla de Javier Castaño : Tito Sandoval pour 3 rencontres et une 4e avec le regaton  citant le toro sur la longueur de la piste puis, David Adalid et Fernando Sanchez, les banderilleros qui font déclencher la musique.


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Photo Michel CHAUVIERRE

 

La faena est construite sur les deux mains et l’estocade quasi foudroyante donne 2 oreilles au matador. Le Miura sera honoré d’une vuelta.


20130519-Cast&Ferr2Photo Michel CHAUVIERRE

 Ici encore un bel après-midi de toros même si les Miuras semblaient faibles des pattes avec de très bons moments d’un mano a mano où les toreros « ne se tiraient pas la bourre ». Pour preuve ces passes al alimon Antonio Ferrera-Javier Castaño. Un petit regret tout de même l’obtention de l’oreille à Antonio Ferrera qui, malin, en a quelque peu rajouté après une voltereta, toréant plus le public que le Miura.

 Troisième satisfaction : l’alternative de l’Arlésien Juan Léal.


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Photo Michel CHAUVIERRE

Avec 3 oreilles et la sortie par la Porte des Consuls, le 53e matador de toros français  se lance dans la grande aventure avec beaucoup d’avantages. Suerte maestro !  Mais je voudrais saluer ici toute cette  famille  arlésienne. Si Paquito, fondateur de l’école taurine, Frédéric, père de Marco, sont matadors ; Chico est également vêtu de lumières comme banderillero et derrière les barrières d’autres frères  sont présents comme Alain que ses copains appellent « Banane ». Une grande famille pétrie d’aficion.

 En raison des intempéries, nous l’avons dit, deux corridas ont été annulées empêchant ainsi les prestations de Morante de la Puebla, Manzanares et autres vedettes de la tauromachie « artiste ». Les Jandillas ayant donné peu de jeu, il ne reste plus que la corrida de Victoriano del Rio dont un toro supérieur a échappé à Diego Silveti le Mexicain nouveau venu dans la traditionnelle cérémonie de confirmation d’alternative. El Juli, Talavante et finalement Silveti ont coupé chacun une oreille pour la corrida de clôture.

 Avec une des plus importantes entrée pour la corrida de Miura, hormis la corrida à cheval, la direction des arènes devrait se rendre compte que le public exige maintenant des corridas où le toro n’est pas qu’un prête-valeur. Javier Castaño l’a compris en faisant de la lidia complète des toros son fonds de commerce.

 Et ça marche !


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La temporada sera "tendance"

Publié le par paul BOSC

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J’en conviens : « tendance » est un mot à la mode qui, sorti de sa définition « laroussienne » d’un penchant  pour quelque chose, est employé à toutes les sauces un peu comme font tous les méridionaux qui croient bon d’ajouter trois lettres grossières à chaque fin de phrase.

« Tendance », c’est un style, une manière de vivre, de raisonner, de se détacher de son prochain, de ne pas faire pareil que lui, c’est dénicher quelques vieilles frusques qui sont alors classées « tendance », c’est fréquenter tel ou tel établissement à la mode ; c’est se démarquer d’une ligne de conduite pourtant bien établie.

La « tendance » en tauromachie, fille de tradition, de rites, de rigueur, c’est proposer autre chose que la traditionnelle course de taureaux avec trois matadors et six toros. Pour remplir des arènes aujourd’hui, il ne suffit pas de mettre à l’affiche des noms aussi importants soient-ils, il faut innover, inventer, créer l’événement, allécher des spectateurs de plus en plus blasés par des faenas interminables qui finalement tournent en rond, mais qui permettent de gagner des trophées et beaucoup d’argent sans trop risquer sa vie à une certaine catégorie de toreros.

A l’heure actuelle, en ce début de XXIe siècle, les directeurs d’arènes doivent se creuser la cervelle pour parvenir à intéresser le public préparer « des coups médiatiques » percutants pour voir une arène comme celle de Nîmes pleine jusqu’à la dernière pierre du dernier rang de l’amphithéâtre. Et là il faut bien convenir que Simon Casas est passé maître dans cet art.

N’a-t-il pas, dans le passé, conclut une affiche Paco Ojeda face à des Miura ; n’a-t-il pas mis en scène les alternatives des fils Camino et Litri par leurs propres pères ; n’a-t-il pas façonné : Jesulin, Chamaco, Muñoz, Conde… ?

Mais son plus beau coup médiatique reste bien sûr cette corrida historique du 16 septembre 2012 mettant seul en piste José Tomas face à six  toros soigneusement choisis pour l’événement.

Le retentissement mondial de cette corrida a certainement donné des idées à d’autres empresas et notamment Bernard Carbuccia, Bernard Marsella qui a su hisser à un très haut niveau les arènes du Palio à Istres. Cette année encore l’ex-torero marseillais crée l’événement en présentant trois courses et les aficionados s’en lèchent déjà les babines. Et il y en a pour tous les goûts taurins : mano a mano Morante de la Puebla-Sébastien Castella ; Juan Bautista face à six toros d’encastes différents où figurent ceux de Gallardo de Miura, d’Albasserada de Victorino Martin et Buendia de La Quinta et, plus doux, de Torrestrella, papa Jalabert et Puerto de San Lorenzo où court le sang Domecq de l’encaste majoritaire. Cerise sur le gâteau : une corrida de Victorino où, le Biterrois, pour son deuxième contrat, entre dans le cartel qui  va certainement le changer de tout ce qu’il a l’habitude de toréer.

N’ayons pas peur de crier notre enthousiasme devant ces choix dignes d’une arène de première catégorie espagnole, même si l’on sait que les toros ne seront jamais comparables avec ceux de Madrid. Il est vrai que le maire ne transige pas avec les traditions tauromachiques et que les entreprises participent pleinement à  l’épanouissement de cette fort belle arène moderne, transformable en salle de spectacles divers et variés...

Comme un bonheur ne vient jamais seul, l’Arlésien Jean-Baptiste Jalabert offrira des places gratuites aux jeunes aficionados. Une autre manière de faire venir des jeunes aux arènes et de les faire se passionner pour ce spectacle.

Cette « tendance » des toreros à ne pas se confiner dans des chemins sans ornière, cette « tendance » des directeurs d’arène à chercher des affiches originales ; cette « tendance » à espérer revoir de la jeunesse sur les gradins en utilisant  la gratuité pour un spectacle inaccessible en raison de sa cherté, voilà qui redonne espoir et qui réjouit l’aficionado dans une période de doutes sur l’avenir de la fiesta brava.

Attendons que Simon Casas lève le voile sur les ferias nîmoises. Pour rester « tendance » dans le contexte actuel, elles ne peuvent qu’être plus stupéfiantes.

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ARLES, baromètre de la temporada 2013

Publié le par Paul BOSC

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Après Vergèze (toros de Tardieu), Saint-Martin de Crau (Dolores Aguirre – Yonnet- Jalabert) voici Arles qui s’affiche. Devant une salle des fêtes comble, Luc et Marc Jalabert ont annoncé le programme de la Feria de Pâques, la première feria de l’année, et qui ouvre la temporada française avec comme point d’orgues un bien prometteur mano a mano Javier Castaño-Fernando Robleño face à des Victorino Martin. Mais aussi des Cebada Gago, un autre mano a mano Sébastien Castella-Juan Bautista, et une étonnante course camarguaise en matinée le dimanche de Pâques. Demain Istres annoncera ses cartels, et le 1er février Saint-Martin de Crau dévoilera les affiches de ses deux corridas.

La temporada 2013 est donc lancée avec une volonté des toreros de ne plus se cantonner à des corridas insipides où le toro n’est que le faire-valoir de leurs prouesses techniques. Nous avons appris que de l’autre côté des Pyrénées, d’autres très importants rendez-vous taurins se précisent, notamment à Séville qui, elle aussi, ouvre le printemps des aficionados. Manzanares inclurait un Victorino Martin pour son en solo dans la Maestranza ; Cayetano chercherait également à affronter un bétail différent des sucres d’orges habituels ; El Juli diminuerait le nombre de ses actuations et tout ce beau monde cherche à faire revenir les aficionados dans des arènes bien souvent délaissées, sans soute à cause de la crise économique mais aussi par la tension de plus en plus oppressante des anti-taurins.

La corrida n’est pas une pièce de théâtre, ni un film cinématographique. Elle est l’opposition d’un homme face à une bête qui  a gardé toute sa sauvagerie, toutes ses défenses, même si elle n’est élevée que pour le tragique destin de mourir dans une arène. Et l’avenir de la corrida ne peut être envisagé que si ces critères d’intégrité sont respectés. Toutefois, le goût des publics actuels penche plutôt du côté du spectacle tauromachique, rejoignant ainsi la corrida à cheval qui fait souvent le plein alors que le toro n’est que l’objet de prouesses cavalières et de dressages.

Arles sera, pour la prochaine feria de Pâques, le baromètre de ces tendances : le lundi 1er avril entre la corrida équestre matinale et la présence des plus importants toreros de l’année 2012 face aux plus redoutés toros de la planète taurine, qui attirera le plus large public ? Et l’on pourra même s’amuser à comparer la tendance avec l’autre mano a mano Castella- Juan Bautista. Le mérite en revient aux organisateurs qui posent ainsi les questions du véritable débat. Le reste n’est que littérature.


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