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16 articles avec conferences

Édito à propos d'un Procès pour la Corrida

Publié le par vingtpasses

Photo M. Chauvierre

Dominique Valmary, Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) , résume dans un éditorial lumineux un petit essentiel à connaître sur le Procès qui s'est tenu samedi 8 Avril 2017 à Nîmes, Hôtel C. Suites dans le cadre du 9ème Cycle Culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS.

Lire sur le site de la FSTF ici et reproduit ci-dessous l'édito de Dominique Valmary.

Une belle affluence, et un vif succès ont marqué cet épisode de LA ROBE NOIRE dans le cadre de ce cycle culturel. Une initiative très aficionada remarquablement réalisée avec la collaboration essentielle et magistrale de l'Institut International de Droit Taurin.Les actes et le verdict de ce procès fictif mais remarquablement pertinent seront prochainement publiés.

Réponse aux Aquoibonistes

L'édito de Dominique Valmary

Les initiatives culturelles auxquelles la corrida donne corps ont connu ce samedi un épisode qui marquera les esprits à plus d'un titre.

En effet en clôture du IX ième cycle de conférences « La Robe Noire » organisé par le Cercle Taurin Nîmois s'est tenu le procès audacieux de trois situations qui portent atteinte aux droits et intérêts des aficionados : la décision de l'Alcade de Madrid de ne plus financer l'école taurine et de supprimer toute référence taurine dans les documents touristiques de sa Ville, la décision liberticide prise en Catalogne, le non pourvoi en cassation devant le conseil d’État commis par le premier ministre français.

Avec la collaboration essentielle de l'Institut International de Droit Taurin a été imaginé et mis en scène au sein d'un prétoire habilement reconstitué le déroulement d'une instance pénale mettant en cause les personnes morales et les auteurs prévenus.

Grâce à la participation de personnalités françaises et espagnoles de haute volée représentant le tribunal, le parquet, les experts, les parties civiles, la défense, le procès fictif a pris corps et montré l'utilité des démarches juridiques et l'importance du politique dans ce qui relève de la préservation des traditions populaires et des libertés.

L'intitulé ne laissait aucun doute quant au sujet que les intervenants avaient à traiter :

Le procès : hypocrisies, trahisons et autres concours de lâcheté politique

Au terme des débats et à l'issue du délibéré juridiquement argumenté les peines sont tombées avec l'à propos et l'humour, deux approches non antinomiques, qui siéent en pareil exercice.

Il ne m'appartient pas de dévoiler le contenu des débats qui feront l'objet d'une exploitation écrite et vidéo ultérieure. Le public a appris que les positions se sont un peu infléchies à Madrid, que la décision catalane a été sanctionnée par la cour constitutionnelle espagnole, que malgré l'abstention du gouvernement français la corrida demeure inscrite sans conteste au patrimoine immatériel français...

Comme au théâtre les acteurs de cette allégorie à la fois fictive et pourtant bien réelle ont séduit les nombreux participants qui ont reconnu avoir beaucoup appris et leur ont réservé une ovation nourrie et méritée.

Cet exemple réussi de pédagogie, un des événements majeurs de la saison culturelle taurine (1), est la démonstration que la corrida est un élément sociétal incontournable dépassant la caricature qui en est faite par ceux qui veulent la rayer des pratiques humaines respectables. Et que sa promotion doit passer par tous les types d'expression.

Attendons la publication des actes ils étonneront, n'en doutons pas, les Aquoibonistes les plus convaincus.

 

(1) à lire également le pregon prononcé par Michel Cardoze à Nîmes le même jour: https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/

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Tribunal de l'Aficion

Publié le par vingtpasses

 

Hypocrisies, trahisons

et autres concours de lâcheté politique



Organisé par le Cercle Taurin Nîmois (CTN)

en collaboration avec l’Institut International de Droit Taurin (IIDT)

« L’abolition de la corrida votée par le Parlement Régional de Catalogne, les atteintes portées à la Culture Taurine et son école taurine par la Mairie de Madrid, la position de l’État Français pour la gestion équivoque de l’affaire de la corrida au Patrimoine Culturel Immatériel de la France par son représentant du Ministère de la culture, portent singulièrement la marque de l’hypocrisie, de la trahison et autres lâchetés politiques.

L’affaire est renvoyée devant le Tribunal de l’Aficion

Samedi 8 Avril 2017 pour y être jugée.

Ce procès, tenu en présence d’avocats du Barreau et de magistrats et d’experts réputés, est l’occasion d’aborder la question de l’évolution de notre société et la place de l’animal dans le débat public et dans sa dimension culturelle. Il met en lumière le rôle que les acteurs politiques veulent y jouer ».


Cette conférence- réflexion sera organisée sous la forme d’un procès fictif auquel ont accepté de prêter leur concours, leur talent et leur réflexion :

Pour le tribunal :
Présidente Me Stéphanie GAZIELLO, avocat au barreau de Marseille, membre de l’IIDT
Assesseurs Me Sophie CHAUVET, avocat au barreau de Nîmes, membre de l’IIDT
Me Colette de CLERC, avocat au barreau de Nîmes, membre de l’IIDT

Pour le parquet :
Procureur : Monsieur Gilbert AZIBERT, 1er avocat Général à la Cour de Cassation,
membre de l’IIDT

Pour les avocats :
Avocat de la défense : Monsieur le Bâtonnier Patrick GONTARD, avocat au barreau d’Avignon
Avocat de l’aficion partie civile : Me Juan Antonio CREMADES, avocat aux barreaux de
Saragosse, Madrid et Paris, Président d’honneur de l’union internationale des avocats, membre fondateur de l’IIDT

Experts appelés à la barre :
Pour la France : Monsieur André VIARD, président de l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT)
Pour l’Espagne : Monsieur Carlos ABELLA, écrivain et historien, ancien Directeur des Affaires Taurines de la Communauté de Madrid

Séance coordonnée par Me Emmanuel Durand, avocat au barreau de Nîmes, Président de l’IIDT

 La Robe Noire descend dans le prétoire

avec l’Institut International du Droit Taurin

Samedi 8 Avril 2017 à l’Hôtel C. Suites**** à 18h00

  • Conférence-procès et verre de l’amitié  10€
  • 2ème partie de soirée : buffet dînatoire  25€

Soirée privée sur réservation uniquement

Contact : larobenoire.ct@gmail.com

Un cycle culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS

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TAUROMACHIE ET POPULISMES : LE BAL DES HYPOCRITES

Publié le par vingtpasses

Le 8 décembre 2016, Antonio PURROY est intervenu à Nîmes, Hôtel IMPERATOR, au cours d'une conférence des JEUDIS DU CERCLE dans le cadre du 9ème Cycle Culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS. Lire ci-dessous les principaux extraits.

Les populismes, ennemis de la Tauromachie

De manière traditionnelle, la Tauromachie a vécu en Espagne à l’intérieur d’un climat prohibitionniste, prohibitions beaucoup plus dures que les actuelles, puisqu’elles étaient prescrites par des papes et des rois. Les deux plus importantes ont été celle du pape Píe V, avec la bulle De salutis gregis dominici de 1567, qui prohibait les fêtes de taureaux dans tout le monde catholique « parce que les fêtes de taureaux n’avaient rien à voir avec pitié et charité chrétiennes ». À l’époque l’église voulait protéger les personnes et éviter les orgies et les bacchanales qui s’organisaient autour des spectacles taurins.

L’autre grande prohibition a été celle du roi Charles IV par son Ordonnance Royale de 1805, qui instituait la « Prohibition absolue dans tout le Royaume, sans excepter la Cour, des fêtes de taureaux et novillos avec mise à mort ». Curieusement, cette prohibition a eu une validité légale durant presque deux siècles, jusqu’à ce qu’en 1991, le socialiste Philippe González étant président du Gouvernement espagnol, la loi 10/1991 sur « les Pouvoirs administratifs en matière des spectacles taurins et ses conséquences » ait été approuvée. Comme on pouvait s’y attendre, durant cette longue période antérieure les spectacles taurins ont continué d’être célébrés en long et en large sur notre « peau de taureau ».

Quelques années plus tard, en 2010, le Parlement de la Catalogne a interdit les courses de taureaux en Catalogne mais non les correbous, ce qui a constitué une grande hypocrisie. En effet, qui a dit aux hommes politiques catalans que les taureaux dans la rue souffrent moins que dans l’arène? Il vaut mieux que six ans plus tard le Tribunal Constitutionnel espagnol ait aboli la prohibition de la Catalogne, par ce qu’aujourd’hui la Tauromachie est parfaitement légale sur tout le territoire espagnol.

Les mouvements animalistes

Depuis quelques décennies, un nouveau mouvement essaie de faire irruption fortement dans le contexte international pour subvertir l’ordre établi et substituer à l’humanisme chrétien, où l’homme est le centre intellectuel et moral de la vie ordinaire, une nouvelle interprétation par laquelle les animaux irraisonnables possèdent la même importance que la condition humaine, ce qui, à l’évidence, paraît insensé.

Le promoteur principal de cette nouvelle croisade animaliste est le philosophe australien Peter Singer, formé à l’Université d’Oxford et qui exerce comme professeur de bioéthique à l’Université de Princeton aux USA. En 1975, il a publié le livre Libération animale qui est devenu la bible des animalistes, puisqu’il défend l’égalité morale entre humains et animaux, et arrive à affirmer que la mort a la même valeur pour les uns et pour les autres.

Le courant animaliste s’abreuve aussi aux sources de l’écologisme profond, celui qui participe du monde végétarien et du véganien. Les véganiens sont opposés à l’élevage du bétail, à son sacrifice dans les abattoirs et à la consommation d’aliments d’origine animale.

Ce nouveau courant naît éloigné du milieu rural. L’ignorance de la vie rurale, de la production agraire et de l’équilibre environnemental fait que les animaux de production - de revenu – sont affrontés aux animaux de compagnie, qui ont été tiré de leur milieu naturel pour vivre dans une atmosphère humanisée, qui ne leur correspond pas.

Beaucoup d’activités humaines à grande tradition culturelle rattachées aux animaux, faisant aujourd’hui partie du monde des loisirs, sont menacées par l’intransigeance des animalistes. La chasse, la pêche, la tauromachie, les cirques, les zoos … sont le point de mire des antis qui, sans être nombreux, sont bien organisés et généreusement financés par de grands groupes internationaux.

Dans ces derniers temps il y a eu une grande prolifération d’associations animalistes comme la Human Society of United States, créé en 1954, avec 9,5 millions de membres dans le monde et un capital social de 350 millions de dollars, avec son bras armé, le PETA (People for the Ethical of Animals, 1980) très connu par ses apparitions médiatiques, comme par exemple, chaque année, au commencement des Sanfermines de Pampelune, les moitié nus tachés de rouge à la sauce tomate. D’autres associations comme le Vegan Straker Group (animaliste et végan ; Hollande), la Fundation Franz Weber (écologiste et animaliste ; Suisse), le CAS International (Comité Anti corrida ; Pays-Bas) … se sont aussi multipliées.

En Espagne, le PACMA (Parti Animaliste contre le Mauvais traitement Animal) prend assez de force, puisque lors des élections générales de 2015 il a recueilli 218.944 votes pour le Congrès et 1 034 617 pour le Sénat, bien que dans aucune des deux chambres il n’ait obtenu de représentation. Cependant, il a convoqué une manifestation le 10 septembre de 2016 à Madrid avec un large appui médiatique à laquelle environ 4 000 personnes ont participé. Le même jour, plus de 85 000 personnes ont assisté en Espagne à des corridas de taureaux, en payant leurs entrée et, dans la seule Communauté Valencienne, les populaires bous al Carrer ont attiré 105 000 spectateurs. Dans cet esprit, il y a eu à Valence, le 15 mars 2016, une grande manifestation pour la défense de la Tauromachie, qui a réuni plus de 40 000 personnes.

Le nouveau mouvement animaliste à caractère mondial va contre n’importe quelle activité humaine à grande tradition culturelle impliquant des animaux, non seulement celles qui sont rattachées aux loisirs, comme la propre production d’élevage, dont beaucoup de millions d’emplois dépendent dans le monde (1 700 millions d’emplois directs et 700 millions indirects), mais menace aussi les millions de tonnes de tous les produits nécessaires d’origine animale pour alimenter l’espèce humaine.

La Tauromachie ne devrait pas préoccuper spécialement le mouvement animaliste parce qu’elle représente très peu dans le contexte socio-économique, seulement huit pays dans le monde célèbrent des spectacles taurins, avec peu de répercussion économique. Elle a, cependant, un grand effet par la présence de la mort dans l’arène qu’ils utilisent comme déclencheur de beaucoup de protestations animalistes. Un petit succès contre les taureaux a une grande répercussion médiatique qui donne bonne conscience aux intransigeants. Les mouvements antitaurins ne comprennent pas qu’ils sont manipulés pour la grande cause animaliste de portée internationale qui prétend transformer le monde. Encore une fois l’hypocrisie apparaît dans le comportement des animalistes.

Les partis populistes espagnols, Podemos spécialement, dans leurs débuts se sont déclarés contre la Fête des taureaux.

Ensuite, ils se sont rendus compte que proposer l’interdiction des taureaux dans leurs programmes électoraux leur enlevait des votants tant est grand l’enracinement populaire des taureaux en Espagne, à nouveau l’hypocrisie. Le grand danger en Espagne pourrait venir de la couleur politique du Congrès des Députés, où une loi contre la tauromachie serait très nuisible à la Fête. En France, de même, la modification du code civil du 28 février 2015 dit que « les animaux en tant qu’êtres vivants ne sont plus des biens meubles mais des êtres sensibles » (NDLR : amendement Glavany). Une question importante : les animaux sauvages sont-ils des animaux sensibles ?

Il y a eu, au long des dernières décennies, des agissements d’hommes politiques importants qui révèlent l’hypocrisie de ceux qui attaquent les taureaux. Le nazi allemand Heinrich Himmler est sorti de Las Ventas (Madrid, 1940) effrayé par le sang et la souffrance des taureaux dans l’arène, lui qui avait ordonné le gazage de milliers et de milliers de personnes. Le précédent maire de Bogotá, Gustavo Petro, un ancien guérillero du mouvement M-19 a interdit les taureaux dans l’arène Sainte-Marie de la capitale, parce qu’il voulait réserver à l’arène des activités de vie et non de mort, en faire un espace de culture et de liberté. Quand le conseil municipal de Barcelone a remis la médaille d’or de la ville au toréador catalan Joaquín Bernardó il a dit que « ceux que nient le tradition taurine de Barcelone, ne connaissent pas l’histoire de la ville ».

L’actuelle mairesse de Barcelone Ada Colau (une indépendantiste et “podemiste”) dit qu’elle ne va pas respecter la résolution du Tribunal Constitutionnel contre l’abolition des courses de taureaux en Catalogne …

Ce qui reste aux aficionados devant les attaques c’est de défendre la Tauromachie parce qu’elle est grande, héroïque, admirable, cultivée, légale et, surtout, gravée dans l’ADN d’un grand nombre des Espagnols. De plus, les aficionados nous sommes, avec les éleveurs ceux qui aimons le plus le taureau brave, nous sommes beaucoup plus nombreux que les « antis » et, surtout, nous ne sommes pas des assassins. N’ayons pas de peurs et de complexes, mais au contraire, une conviction et une détermination à l’heure de défendre la Tauromachie.

Antonio Purroy Unanua (Pampelune)

Lire le texte original en espagnol

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CTN : 9ème Cycle Culturel

Publié le par vingtpasses

Cycle Culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS

l'agenda - programme 2016 - 2017

 

Le programme version Pdf

CTN : 9ème Cycle Culturel

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ESPLÁ en conférence

Publié le par vingtpasses

ESPLÁ en conférence

LA TAUROMACHIE FACE À SES NOUVEAUX DÉMONS

Il va décorer les Arènes d’Arles à l’occasion de la prochaine Feria du Riz. Et il sera au cartel de la Goyesque aux côtés de Morante de la Puebla. Luis Francisco ESPLÁ signe ainsi un retour inattendu, d’autant plus sensationnel qu’il constituera, selon le Maestro, son unique et dernière réapparition dans le ruedo en habit de lumières.

Le Maestro sera reçu à Nîmes dans le cadre des belles rencontres de la tauromachie, dans un dîner débat du cycle "LA ROBE NOIRE". Mais à ses conditions : comme à son habitude, il garde la maîtrise des terrains et choisit librement le thème de son intervention : le Diable, le Monde, et la Chair. autrement dit, la tauromachie face à ses nouveaux démons. Un quite lumineux dans lequel le Diable est le tentateur, le Monde est l’excès, la Chair est le vice.

Le maestro va construire une lidia au cours de laquelle il transposera les termes de ce trio infernal aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur la corrida. Dans ce cartel, François Zumbiehl, écrivain et défenseur de notre passion, sera le peón de confiance de Luis Francisco ESPLÁ.

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Eleveurs et aficionados

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Eleveurs et aficionados

Éleveurs de bravos et aficionados se sont rencontrés au 99e congrès de la Fédération des Sociétés Taurines de France à Nailloux

Un débat qui a conduit les aficionados à poser une nouvelle fois deux lancinantes questions :

  • Pourquoi les éleveurs fabriquent-ils des taureaux qui correspondent rarement à leurs attentes?
  • Pourquoi l’intégrité physique de l’animal apparaissant dans l’arène n’est-elle pas toujours irréprochable ?

Un débat passionnant dont vous pouvez découvrir le résumé détaillé sur le site de la FSTF

Cliquez sur ce lien : http://torofstf.com/content/éleveurs-de-bravos-et-aficionados-au-99e-congrès-de-la-fstf-à-nailloux

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Une passion de la bravoure

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Mano a mano de deux ganaderos passionnés

Une passion de la bravoure

Première conférence du cycle des Jeudis du Cercle 2015-2016

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Pour la corrida, est-ce la fin de l'histoire ?

Publié le par vingtpasses

Pour la corrida, est-ce la fin de l'histoire ?

Par François ZUMBIEHL*

Synthèse de l'intervention aux Jeudis du Cercle du 7 Mai dernier intitulée "Pour la Corrida, est-ce la fin de l'histoire" devant les membres du Cercle Taurin Nîmois. L’auteur du « Discours de la Corrida »(1) et du célèbre « Manolete » (2) (3) analyse le rituel tauromachique et l’art raffiné qu’il produit sous l’angle de son évolution positive séculaire, ainsi que les signes inquiétants qui le menacent aujourd’hui…

Pour la corrida est-ce la fin de l’histoire ?

Cette interrogation peut avoir deux sens contradictoires : la corrida est en danger soit par le dépérissement de sa qualité intrinsèque – sa décadence comme l’affirment certains -, soit par son rejet de plus en plus prononcé par une large couche de l’opinion relayée par les médias, sans oublier les mouvements animalistes.

On peut, au contraire, considérer que le spectacle taurin est parvenu à une sorte de sommet, en tout cas sur le plan esthétique : « On n’a jamais toréé aussi bien » répètent souvent les professionnels et bon nombre d’aficionados. De même dit-on, non sans raison, « que le toro est plus brave que jamais », compte tenu de son engagement dans la muleta et dans le jeu en général.

Joselito et Belmonte
Joselito et Belmonte

Commençons par ce bon côté des choses : depuis la fin du XVIIIe siècle l’art taurin n’a cessé d’évoluer dans le sens d’un plus grand raffinement. Le toreo andalou, reposant sur le temple et la grâce a supplanté la tauromachie pyrénéenne, reposant sur la course des hommes et l’esquive. Le toreo est reconnu comme un art à part entière avec la « révolution » provoquée par Belmonte au contact de Joselito : le mouvement des bras remplace l’agilité des jambes ; les terrains de l’homme et du toro se rapprochent, les courbes qui prolongent la passe remplacent les lignes droites, la lenteur s’impose….Après, viennent l’enchaînement des passes avec Chicuelo, l’avance vers la corne contraire et l’immobilité de l’aguante, avec Manolete, ce qui augmente considérablement le pourcentage des faenas réussies, les liaisons « improbables » inventées par Ojeda, rivé à un espace de plus en plus restreint. Dans le même temps, une sélection de plus en plus rigoureuse développe chez les toros des qualités offensives, les conduit à s’engager en baissant la tête, à répéter leurs charges.

« Cúchares" -1818-1868
« Cúchares" -1818-1868

Dans l’organisation et la réglementation du spectacle l’évolution est également, et à l’évidence, « globalement » positive : vers les années 1845 Francisco Montes Paquiro impose les trois tiers et la suprématie du matador. Dans les années 1850-1860 Cúchares développe le toreo de muleta avec la main droite, faisant de ce leurre bien autre chose qu’un simple instrument pour la mise à mort (avec raison la périphrase pour la tauromachie devient « l’art de Cúchares »). En 1900 le tirage au sort des toros devient la règle sous l’influence de Mazzantini. En 1928 le caparaçon empêche le carnage des chevaux et permet de mesurer davantage à la pique la bravoure des toros.

Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non, évidemment. Nombreux sont les signes inquiétants qui affectent le présent et menacent le futur de la corrida.

Le spectacle d’une certaine manière s’est figé, pas d’évolution remarquable depuis plusieurs décennies, et l’émotion, ingrédient essentiel de la fête taurine, se fait de plus en plus rare. Certes, la beauté plastique des passes et l’élégance des gestes sont indéniables, et les documents vidéos montrent que de ce point de vue l’art des grands prédécesseurs, Ordoñez, Rafael Ortega, Pepe Luis Vazquez (4), Manolete, était en un sens moins « abouti », mais ceux-ci avaient plus de créativité, un plus grand sens de l’improvisation, les toros étaient moins dociles, d’où davantage d’émotion de la part du public.

Deux qualités fondamentales font défaut aux toreros actuels parce qu’elles ne sont plus nécessaires : le sens de la lidia – la technique du combat – qui devrait être l’échafaudage sur lequel se construit la faena, et la torería, qu’on peut définir par le talent de trouver le geste opportun et élégant pour résoudre une situation ou un danger imprévus.

« On torée mieux qu’hier », mais un seul type de toro : le toro « bravito », presque jamais complètement mauvais ou manso, mais combinant rarement la bravoure et la caste, ce reste de sauvagerie du toro bravo ; un toro qui « sert », comme disent les professionnels ! Il est vrai que les éleveurs sont devenus les parents pauvres de la Fête, obligés de se plier aux exigences des figures et de la grande masse du public, survivant à peine sur le plan économique, mise à part une dizaine d’entre eux, recourant aux fundas, pour éviter les pertes des toros dans les luttes de la prairie, et pour faire en sorte que les cornes restent astifinas, comme l’exige le public. Il s’agit d’une manipulation de plus.

Ces deux pertes progressives d’équilibre – équilibre entre l’émotion esthétique et l’émotion du danger et, par ailleurs, équilibre entre la sauvagerie du toro et sa propension à servir l’entreprise artistique du torero – justifient un sentiment de relative décadence, une décadence annoncée – il faut le dire ! – dès les années 30 par des écrivains tels que Hemingway, Montherlant, Díaz-Cañabate ou Chaves Nogales.

Hemingway, précisément, a affirmé que, pour que la corrida survive, il faut « que l’on continue à élever des toros bravos et que les gens continuent de montrer leur intérêt pour la mort. » On comprend, en effet, que la permanence de la corrida est liée au fait qu’on continue à percevoir et assumer la signification profonde de ce rituel, à savoir :

-la mise en scène de l’affrontement entre le caractère redoutable d’une bête et l’intelligence d’un homme, s’exprimant en particulier par la grâce de son art ;

-la mise en scène de l’affrontement entre la vie et la mort.

Pour la corrida, est-ce la fin de l'histoire ?

Or il se trouve que la mort et ses rituels publics ont disparu du paysage de la plupart des sociétés contemporaines. Tout cela est occulté comme quelque chose d’obscène.

Par ailleurs, la corrida est fondée, à son origine, sur l’osmose entre la ville et la campagne, sur l’envahissement des places publiques, puis des arènes urbaines par le campo. Or, nos sociétés hyper-urbanisées ont perdu le contact avec les réalités de la campagne ; beaucoup de jeunes ne savent plus ce que c’est que d’avoir à tuer un animal après l’avoir élevé. « L’idéologie de Walt Disney » (l’équivalence de statut entre les hommes et les animaux) est reprise, dans une formulation radicale, par les mouvements animalistes, importés du monde anglo-saxon prédominant. Cet animalisme anti-taurin constitue la menace externe la plus directe contre la corrida. Heureusement, il est desservi par les excès de son fanatisme. Face à ses agressions deux réponses, qui se rejoignent et s’épaulent, ont été orchestrées par l’Observatoire national des cultures taurines, qui a su ne pas tomber dans le piège de la provocation : la réponse judiciaire et la reconnaissance culturelle, dans l’esprit des conventions de l’UNESCO de 2003 et 2005. Notre principal angle d’attaque a été la défense de la liberté culturelle des aficionados et de leur droit à la diversité. Nous avons revendiqué et obtenu, auprès des principales instances judiciaires, l’exigence du respect de notre communauté, ce qui nous resitue dans le combat on ne peut plus actuel contre l’uniformisation des modes de pensée et de vie.

Reste la question cruciale pour l’avenir de la corrida : le renouvellement de l’afición auprès des jeunes, la « transmission de génération à génération », condition sine qua non pour qu’un patrimoine culturel immatériel reste vivant et légitime.

Pour la corrida, est-ce la fin de l'histoire ?

Quant aux « jeunes générations », il faut savoir leur expliquer ce qui constitue l’essence de la tauromachie, ce qui la justifie, en particulier sur le plan écologique, préoccupation à laquelle ils sont très sensibles. Il faut, en outre, envisager avec eux l’évolution possible et souhaitable de la corrida, dont ils seront les héritiers.

Pour qu’elle soit acceptée par le plus grand nombre on peut songer à éliminer progressivement ses aspects sanglants, soit comme a voulu le faire Don Bull à Las Vegas (mais la corrida devient mascarade !), soit comme s’est proposé de le faire Salvador Tavera avec sa « corrida moderne », joignant les tauromachies à cheval et à pied, et éliminant le picador (mais alors il faudra bien limiter le poids, l’âge et la bravoure du toro pour qu’il puisse être toréé sans pique).

Je pense, au contraire, que l’évolution souhaitable est dans le fait que le spectacle retrouve toute sa dimension de rituel, et qu’à côté de ses acquis artistiques il ne perde pas son authenticité de combat vivant, avec sa part d’imprévisible. Pour cela il faut revoir plusieurs points et améliorer grandement les choses dans plusieurs directions :

  • revoir les critères de sélection pour que le toro retrouve la bravoure de jadis de telle sorte que le torero éprouve la nécessité de lidier avant de toréer ;
  • préserver la variété des encastes ou branches de race brave en évitant la monoculture du sang Domecq ;
  • s’interroger sur la pertinence et les conséquences éventuellement négatives de l’apposition des fundas (gaines de protection des cornes) dans le campo ;
  • développer, selon la recommandation du maestro Jaime Ostos, les corridas de 6 toreros, avec inclusion obligatoire à l’affiche d’un ou deux jeunes matadors, et avec tirage au sort de l’ordre des prestations ;
  • revoir l’organisation et le coût des novilladas, en supprimant l’obligation pour les jeunes aspirants d’être accompagnés par 2 picadors et 3 banderilleros. Ces coûts prohibitifs paralysent l’émergence de nouveaux talents ;
  • revoir, surtout en Espagne, l’organisation du marché pour que celui-ci ne soit pas plié et figé, en début de temporada, pour tout l’ensemble de la saison et, quelquefois, pour plusieurs années et sur un nombre considérable d’arènes ;
Pour la corrida, est-ce la fin de l'histoire ?
  • retrouver une corrida avec trois vrais tiers et non un seul, les deux autres devenant une formalité. Il faut revoir en particulier l’exécution et le règlement de la pique ; bannir la monopique, mais alors mesurer le temps où le toro est laissé à la merci du picador, et être particulièrement vigilant à l’endroit où doit être appliqué le fer : à la base du morrillo, et non pas dans la croix, encore moins en arrière (dans 90% des cas !), et sur les côtés ;
  • garder toute sa place à la mise à mort dans l’arène, qui constitue le cœur du rituel de la corrida. Mais il convient, à mon sens, de revoir ou de corriger les phases ultimes, parfois sordides, et extérieures au combat (c’était l’opinion d’Antonio Ordoñez), où le toro, dans son agonie, apparaît comme une victime plus que comme un combattant. Je veux parler des coups de grâce maladroits et à répétition qui suscitent un spectacle déplorable, voire insoutenable, qu’il s’agisse du descabello et surtout de la puntilla. Pour ce dernier coup il faut, comme c’était le cas dans certaines grandes arènes, confier la chose à un puntillero professionnel, et non au troisième banderillero, ou recourir au pistolet d’abattoir pour mettre fin à l’agonie de l’animal après un nombre raisonnable de tentatives à la puntilla.

En conclusion je dirai que la corrida ne peut évoluer que par le haut, en cultivant ses fondamentaux. Si elle devait mourir un jour, faute d’être comprise par un nombre insuffisant d’aficionados, que ce soit en conservant sa dignité, comme meurt un toro brave.

* Agrégé de Lettres Classiques, Docteur en anthropologie culturelle, François ZUMBIEHL a exercé des fonctions dans divers domaines de l'Éducation et des relations culturelles internationales. Il est Vice-Président de l'Observatoire National des Cultures Taurines.

(1) Le Discours de la Corrida - François Zumbiehl - Éditions Verdier 2008

(2)"Manolete" François Zumbiehl Éditions Marval 1995, Éditions Autremeent 2008

(3) www.vingtpasses.com/article-manolete-un-profil-39461123.html

(4) www.vingtpasses.com/article-pepe-luis-vazquez-la-derniere-porte-des-princes-117970832.html

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Marion Mazauric aux Jeudis du Cercle

Publié le par vingtpasses

Marion Mazauric aux Jeudis du Cercle

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Pedro CORDOBA au CERCLE TAURIN NÎMOIS

Publié le par vingtpasses

La corrida est fille des Lumières. A ce titre, elle n’est pas le vestige d’une “ancienne barbarie” mais s’inscrit pleinement dans le présent du monde contemporain.

La corrida est fille des Lumières. A ce titre, elle n’est pas le vestige d’une “ancienne barbarie” mais s’inscrit pleinement dans le présent du monde contemporain.

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Alain BONIJOL aux JEUDIS DU CERCLE le 15 Mai

Publié le par Charles CREPIN

Alain BONIJOL est l'invité du CERCLE TAURIN NÎMOIS à l'occasion du prochain rendez-vous des JEUDIS DU CERCLE le 15 mai prochain à l'hôtel IMPERATOR de NÎMES.

Comment un jeune torero nîmois est devenu cavalier et dresseur de chevaux ? Alain BONIJOL, l’homme qui parle aux chevaux de picador raconte son aventure, des arènes françaises aux plus prestigieuses Ferias espagnoles, comment il a révolutionné le tercio de piques et ses ambitions pour la tauromachie du futur.

 

A l'occasion de sa conférence, Alain BONIJOL dédicacera son livre "TERCIO de vérité" qui vient de paraître aux Éditions "Au Diable Vauvert".


 

 

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Le statut du Toro Brave en question ?

Publié le par vingtpasses

 

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"La légitimité de la corrida trouve ses fondements dans les critères spécifiques de la race brava".

Telle est la conclusion d'Emmanuel DURAND* à l'issue d'une brillante conférence donnée devant les membres du CERCLE TAURIN NÎMOIS réunis le 5 décembre dernier à l'Hôtel IMPERATOR de Nîmes, siège de l'association, à l'occasion d'une séance des Jeudis du Cercle.

Autour du thème "l'animal chose ou personne" c'est le statut juridique de l'animal qui a été évoqué, objet d'un débat lancé en 2005 par le rapport de Suzanne ANTOINE, dont les conclusions ont été récemment reprises par le manifeste de 24 intellectuels.


* Emmanuel DURAND est avocat, ancien torero, Président de l’Institut International du Droit Taurin, Conseil juridique de l’observatoire National des Cultures Taurines, Vice président des amis du Musée des Cultures taurines de Nîmes.


Après avoir évoqué le statut juridique des représentant du règne animal, Emmanuel DURAND a abordé les aspects juridiques spécifiques au taureau de combat, et les conséquences éventuelles de la remise en cause de son statut actuel sur la corrida. En voici quelques extraits :

  

Introduction

Gérard CORNU dans son ouvrage de droit civil des biens apporte une lecture de l'Art. 528 du Code Civil visant à placer l'animal à sa juste place.

A tout représentant du règne animal correspond un statut de base que complète, pour diverses espèces, dans certaines situations, des dispositions particulières. Il existe un droit commun et un droit spécial de l'animal.

L'Article 528 fixe un statut générique de l'animal en le distinguant de façon radicale et irréductible de l'espèce humaine, c'est la division du droit des personnes et du droit des biens au sein desquels figurent les animaux.

La notion "d'être sensible " est inutile au civiliste. Elle ne permet pas d'affirmer la distinction entre les personnes et les animaux. L'animal est fondamentalement un bien en ce qu'il est susceptible d'appropriation. Il se distingue des autres biens non pas en ce qu'il est un "être sensible " (cf. corail, zooplancton, drosophile,...) mais un vivant. Selon son espèce il bénéficiera de restrictions plus ou moins fortes du droit de propriété (usus, fructus, abusus) attachées à son statut. Le Code Civil n'a pas plus à connaître de la distinction, au demeurant imparfaite, entre domestique et sauvage. Seule l'intéresse la division fondée sur le critère d'appropriation distinguant les biens avec maître des biens sans maître.

Le toro est un bien.

Il est un animal, donc un vivant, et se trouve ainsi soumis à côté du statut général des biens à d'autres corps de règles législatives qui constituent le statut spécial de l'animal. Par des mesures de protection (animale) ou de défense (sociale) le droit animalier s'intéresse concrètement à une espèce ou au sein d'une espèce, à la situation de tels de ses échantillons. Le toro de corrida a été identifié par l'INRA (département des sciences animales de l'INAPG) comme une race bovine brave espagnole : LE TORO BRAVO.

Messieurs Pierre DUPUY et Paul CASANOVA définissent le terme bravo dans leur dictionnaire tauromachique comme un adjectif espagnol qui peut signifier brave, hardi, courageux, intrépide, féroce, fier, arrogant, superbe, éclatant, sauvage, irrité. Lorsqu'un toro est brave il mérite tous ces qualificatifs.

Pour Francis WOLFF la bravura repose sur l'idée que l'animal qui combat, en tant qu'il est animal bravo, met la valeur même de son combat au dessus de sa propre souffrance et c'est même ce qui le définit comme un bravo.

La détermination du statut juridique applicable au toro bravo est-elle essentielle à l'appréciation des règles régissant le combat du toro ? Le Petit Larousse définit l'animal domestique comme celui qui a été dressé ou apprivoisé et l'oppose à l'animal sauvage.

Jean Pierre DIGARD dans son ouvrage "Les français et leurs animaux" précise que domestiquer un animal ce n'est pas seulement veiller à sa protection, à son alimentation et à sa reproduction, c'est aussi l'accoutumer à la présence de l'homme et le soumettre à sa volonté. Or précisément l'acte domesticatoire à l'égard du toro bravo consiste à l'élever en le soumettant le moins possible à la présence de l'homme et en le laissant agir selon sa propre volonté en évitant de l'apprivoiser.

Le toro bravo apparaît ainsi comme un animal sauvage alors même que le droit et la jurisprudence le désigne comme animal domestique. En l'absence de définition précise dans la loi française de l'animal domestique c'est d'une part vers la jurisprudence qu'il faut se tourner. La Cour de Cassation considère que les toros bravos sont des animaux domestiques puisque :

"Ces animaux vivaient sous la surveillance de l'homme, étaient élevés, étaient nourris et se reproduisaient par ses soins " (Cass. Crim. 16 février 1895 S 1895 I 371)

Par la suite de manière constante la jurisprudence considère comme animal domestique : "Celui né en captivité, qui dépend de son propriétaire, lequel assure sa protection, sa nourriture et sauvegarde de sa reproduction" (TGI Boulogne sur Mer 10 septembre 1986). Cette définition si elle prend en considération le constat des actes domesticatoires que subit le toro de combat, reste essentiellement attachée à la division civiliste des biens avec ou sans maître et exclut de son analyse les caractéristiques propres de l'animal et celles spécifiques de sa domestication.

Il convient d'autre part de se tourner vers les dispositions de l'arrêté du 11 août 2006 (JO RF n° 233 du 7 octobre 2006) fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques par opposition aux animaux non domestiques définis par le Code de l'Environnement à l'Art. R.411-5 comme ceux qui n'ont pas subi de modification par la sélection de la part de l'homme.

L'article premier dispose que sont considérés comme des animaux domestiques les animaux appartenant à des populations animales sélectionnées ou dont les deux parents appartiennent à des populations animales sélectionnées. L'arrêté fixe en annexe la liste des animaux déclarés domestiques au chapitre desquels figurent les bovidés (Bos Taurus). Sur cette liste ne figure pas notamment l'autruche, qui en dépit de sa domestication est donc considérée comme un animal non domestique dont l'élevage est soumis à la détention d'un certificat de capacité et aux obligations des Art. L. 413-1 et suivants du Code de l'Environnement.

La Cour de Cassation par un arrêt du 28 février 1994 confirmant un arrêt de la Cour d'Appel de BOURGES du 25 novembre 1993 justifie du caractère non domestique de l'autruche par deux arguments dont la pertinence reste discutable :

1) L'espèce n'a subi aucune modification de couleur, de comportement, de conformation et de caractère qui lui sont propres du fait de l'homme.

2) La seule constatation que l'éleveur choisisse tel ou tel reproducteur est sans influence car elle ne crée en aucune manière une pression de sélection.

Appliquée au toro bravo cette jurisprudence en ferait un animal non domestique. La frontière entre domestique et sauvage est semble-t-il ténue et la domesticité du toro bravo ne semble tenir qu'à l'inscription du Bos Taurus sur la liste annexée à l'arrêté du 11 août 2006. Si la distinction domestique / non domestique (sauvage) présente un intérêt au regard des conditions d'élevage qui relèveront soit du Code Rural soit du Code de l'Environnement, la distinction est moins pertinente au regard du combat du toro dans la mesure où le législateur pénal a entendu protéger de la même manière l'animal domestique, l'animal apprivoisé ou l'animal tenu en captivité.

Ainsi même s'il était requalifié d'animal sauvage le toro bravo ne vit pas à l'état sauvage mais est tenu en captivité et relève du droit pénal ainsi que des dispositions protectrices des animaux inscrites dans le Code Rural aux Art. L. 214-1 et suivants.

L'étude des aspects juridiques du combat du toro suppose d'identifier le cadre légal du combat.

1. La protection des animaux : l'Art. L. 214-1 du Code Rural

"Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ".

Il s'agit du principe fondateur de la protection des animaux détenus par leur propriétaire.

Ce texte s'applique donc au toro bravo dans ses relations avec son propriétaire, l'éleveur d'abord, l'organisateur du spectacle ensuite.

Ce principe protecteur de l'animal n'est cependant pas incompatible avec le combat du toro.

Le toro de combat appartient à la famille des Bos Taurus et plus particulièrement à sa branche Ibéricus, dont les caractéristiques génétiques qui lui sont propres le distinguent des autres bovidés.

1.1. Le toro bravo est un combattant

Il se distingue des autres bovidés par sa capacité à combattre spontanément. Ce trait de caractère qui façonne aussi bien le génotype que le phénotype du toro est identifié comme sa bravoure.


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Elle se définit comme le sentiment de force et de supériorité qu'a le toro et qui le conduit à charger inlassablement, avec la nécessité de dominer tout ce qui se trouve dans ce qu'il considère comme son espace personnel (territoire, terrain) et cela quitte à mettre en jeu son intégrité physique. Il s'agit là "d'un impératif biologique de son espèce ".

1.2. Le toro bravo combat jusqu'à la mort

Non seulement la bravoure du toro le pousse à mettre en jeu dans le combat son intégrité physique pouvant aller jusqu'à sa propre mort, mais encore elle le conduit à combattre jusqu'à la mort de l'autre qu'il appartienne ou non à sa propre espèce. Or ce combat à mort est un acte meurtrier gratuit, atypique au sein de l'espèce animale, le toro, herbivore, ne satisfera dans cette mort aucun impératif alimentaire ni d'ailleurs sexuel (combats pour une femelle). Ce combat à mort apparaît ici encore comme "un impératif biologique de son espèce ".

1.3. Le toro bravo est endurant à la douleur

Lors des journées de Pamplona sur le bétail de combat au mois de novembre 2008 le professeur Juan Carlos Illera del Portal mettait en évidence par une étude scientifique portant sur 180 toros, les mécanismes de réponse au stress chez le toro de combat et les réponses neuro-endocriniennes au seuil de douleur.

Ainsi si le toro est stressé au moment du combat il l'est de façon moins importante, dans des proportions très significatives, que durant son transport. Le toro de combat a une réponse endocrinienne lui permettant de surmonter le stress du combat.

De la même manière le toro bravo est biologiquement armé pour lutter contre la douleur par la libération en grande quantité de bêta-endorphines qui bloquent les nocicepteurs de l'animal élevant ainsi considérablement le seuil de la douleur.

Les caractéristiques génétiques du toro bravo en font un animal né et élevé pour le combat. Le placer en situation de combat c'est le placer dans des conditions compatibles avec les caractéristiques et les impératifs biologiques de son espèce. La dureté du combat dans l'arène, dans le respect des règles qui le régisse, est justement proportionnée à l'endurance du toro au combat.


La sanction de la violation des règles protectrices de l'animal édictées à l'Art. L.214-1 du Code Rural est énoncée à l'Art. L.214-3 "il est interdit d'exercer de mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu'envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivités" et réprimée par l'Art. R.654-1 du Code Pénal par une contravention de 4ème classe.

Or il est démontré que le traitement auquel est soumis le toro bravo durant le combat n'est pas un mauvais traitement mais un traitement compatible avec les caractéristiques et les impératifs biologiques de son espèce et échappe à la sanction pénale.


2. La protection pénale de l'animal

2.1. Principe

Le Code Pénal consacre trois articles à la protection des animaux. Sont ainsi punis selon leur gravité croissante :

- Les mauvais traitements envers animaux (contravention de 4ème classe Art. R. 654-1 du Code Pénal)

- Les atteintes volontaires à la vie de l'animal (contravention de 5ème classe Art. R.655-1 du Code Pénal)

- Les sévices graves ou actes de cruauté envers animaux (délits punis de deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende article 521-1 du Code pénal)

Il convient d'observer que ces trois textes ne se préoccupent pas du lien juridique pouvant unir l'auteur de l'infraction à l'animal.

Personne physique ou morale (pour les délits seulement) elle est punie à raison des faits commis et non de sa qualité (propriétaire ou détenteur) comme dans le cadre des dispositions du Code Rural.

Le Code Rural n'a d'ailleurs curieusement envisagée au titre de la protection des animaux que la situation la moins grave pénalement, relative aux mauvais traitements passibles de contravention de 4ème classe.

2.2. L'exception : De la tradition locale au toro bravo

Le toro est exclu du champ d'application des dispositions du Code Pénal dans les termes suivants : "Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ".

Ainsi l'exclusion est admise non pas en raison de la nature propre de l'animal ou de la spécificité de son combat, mais sur l'identification d'un secteur géographique au sein duquel doit être mis en évidence l'existence d'une tradition taurine ininterrompue.

2.2.1. La jurisprudence française

D'apparence réducteurs les termes de "local" et "ininterrompu" ont été appréciés de façon large par les juridictions du fond et approuvés par la Cour de Cassation. La conception extensive du terme "local" étant de construction purement prétorienne elle reste cependant instable et sujette à revirement vers une interprétation plus restrictive, sous la poussée des thèses animalitaires.

Cependant le droit communautaire vient renforcer la position jurisprudentielle actuelle.

2.2.2. Le droit communautaire

Contrairement à la croyance savamment entretenue par les adversaires de la corrida, l'interprétation jurisprudentielle des juridictions françaises se trouve confortée par les dispositions du Droit Communautaire.

Le 2 octobre 1997 les Etats Membres de l'Union Européenne ont signé le traité d'AMSTERDAM qui comporte un protocole d'accord n° 10 qui se substitue à la déclaration du traité de MAASTRICHT et qui précise :

"Les hautes parties contractantes,

Désireuses d'assurer une plus grande protection et un meilleur respect du bien-être des animaux en tant qu'êtres sensibles,

Sont convenus des dispositions ci-après, qui sont annexées au traité instituant la communauté européenne :

Lorsqu'ils formulent et mettent en œuvre la politique communautaire dans les domaines de l'agriculture, des transports, du marché intérieur et de la recherche, la communauté et les états membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les usages des états membres en matière notamment de rite religieux, de traditions culturelles et de patrimoines régionaux ".

Ainsi le Code Pénal doit assurer la protection de l'animal en tant qu'être sensible mais dans le respect des usages en vigueur dans les Etats Membres notamment en matière de traditions culturelles et de patrimoines régionaux.

La première lecture du texte apparaît ainsi rassurante et semble conforter l'orientation jurisprudentielle extensive de la notion de "tradition locale ininterrompue".

Le Droit Communautaire à une vision plus large du périmètre d'immunité que la loi pénale française.

Il admet que le bien-être des animaux qui doit être recherché et protégé par les Etats Membres peut connaître des exceptions qui trouvent leur légitimité dans les usages en matière de traditions culturelles et de patrimoines régionaux.

La tradition taurine, fait culturel, autorise le combat du toro et sa mise en mort dans sa tradition espagnole.

Le législateur communautaire n'exige pas une localisation géographique.

Ainsi la tradition culturelle du combat de toros à la mode espagnole n'est pas seulement envisagée et autorisée sur le territoire espagnol, elle peut se dérouler dans un autre État Membre dès lors qu'elle constitue un usage au sein de celui-ci.

L'autre exception à la protection de l'animal est la revendication d'un patrimoine régional.

Les jeux taurins et courses de taureaux dans leur tradition espagnole, camarguaise, landaise ou portugaise font indiscutablement partie de notre patrimoine régional et bénéficient de l'immunité autorisant leurs pratiques.

Dans ces deux composantes la législation communautaire s'attache à la mise en exergue d'un usage qui, s'il suppose une certaine permanence n'a pas pour autant besoin d'être ininterrompu.

La restauration d'un usage désuet est suffisante pour légitimer le déroulement d'une course de taureaux.

Ainsi la condition du caractère ininterrompu de la tradition, déjà assouplie par la jurisprudence française, apparaît contraire au droit communautaire qui n'exige aucune justification de durée.

La condition imposée dans le droit interne doit ainsi céder le pas face à la norme communautaire de portée supérieure.

Le législateur communautaire n'exige pas une tradition locale mais une tradition culturelle.

Il ne restreint pas l'appréciation à la vision réductrice de la localité au sens du découpage administratif français mais l'envisage dans sa dimension patrimoniale et régionaliste.

C'est la consécration de l'analyse de la Cour d'Appel de BORDEAUX confirmée par la Cour de Cassation dans son arrêt du 16 septembre 1997 n° 96 – 82649 :

"L'on ne saurait dénier à la commune de FOIRAC son appartenance à l'ensemble démographique dont BORDEAUX est la capitale, où se retrouve la permanence et la persistance d'une tradition Tauromachique dont l'existence est signalée sans conteste dès le 18ème siècle et qui a donné lieu à l'organisation des premières corridas avec mise à mort dès le milieu du 19ème siècle ".

2.2.3. Vers la modification du code pénal et la reconnaissance du toro bravo

"Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ". (Art. L. 214-1 du Code Rural)

Il apparaît plus sécurisant et plus juste d'affirmer l'identité et la spécificité de la race brava du toro de combat, qui s'il est comme tous les animaux un être sensible, est un animal ayant des caractéristiques génétiques propres qui lorsqu'il est placé en situation de combat (dans le campo ou dans l'arène) se retrouve dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Ainsi le combat du toro ne serait pas pénalement répréhensible non pas par ce qu'il constituerait des actes de cruauté excusées par une tradition culturelle, mais parce que le combat serait compatible dans ces trois phases (Piques banderilles estocade) avec l'essence même du toro.

Jack l'Eventreur et Mère Thérésa sont deux êtres sensibles mais personne n'a imaginé que leur sensibilité devait être traitée de la même manière.

Conclusion

La légitimité de la corrida trouve ses fondements dans les critères spécifiques de la race brava.

La protection juridique du toro de combat et du combat du toro ne trouvera de légitimité que si l'on préserve ses spécificités génétiques de bravoure, caste et noblesse

La part du droit est essentielle à la réglementation du combat du toro.

L'apport du droit est fondamental à son évolution.

 

  • annexe 1- Extrait de la chronique de Jean-Baptiste SEUBE, Professeur de droit, Doyen Honoraire de la Faculté  de droit et d’économie de La Réunion

Annexe 2- Extrait de la chasse face aux revendications animalistes par Jean-Pierre DIGARD


lire les annexes ici

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Vétérinaire taurin, indésirable ou incontournable ?

Publié le par vingtpasses

Gérard BOURDEAU, président de l'Association Française des Vétérinaires Taurins, était l'invité du CERCLE TAURIN NÎMOIS lors de son dernier JEUDI DU CERCLE.  L'intérêt bien compris de son exposé, soutenu par la technique et l'expérience de l'homme de terrain fut de souligner au long de la soirée le rôle original joué par le vétérinaire taurin à tous les stades de la vie du taureau de combat. Mais son auditoire l'attendait en particulier sur l'interrogation piquante contenue dans le titre de sa conférence : indésirable ou incontournable?

  Fidèle de ce rendez-vous aficionado, Gérard BOURDEAU savait par avance qu'il pouvait aborder le thème choisi, assurément provocateur, garanti 100% sans langue de bois... Et ce fut bien le cas. Le renfort d'anecdotes d'horizons divers et autres "nîmoiseries", encore intactes dans les mémoires, encore sensibles dans les esprits, a pour le moins éclairé l'auditoire sur les joies et les vicissitudes du beau métier de vétérinaire taurin.

C.C.


2013-CTN-GBourdeau3.jpgPhoto Michel CHAUVIERRE

 

Vétérinaire taurin, indésirable ou incontournable ?

Par Gérard BOURDEAU

La programmation de cette soirée était un peu provocatrice du moins polémique, mais elle était censée assurer un développement sans langue de bois et mettre à plat, l’état actuel du mundillo français.

Le Vétérinaire Taurin français est né le jour de la création de l’AFVT, en 1992, association regroupant en France, les vétérinaires concernés par les manifestations taurines, de favoriser les échanges de connaissances, d’apporter des suggestions à l’UVTF et d’établir des relations avec toutes les associations de ce type venues d’autres pays.

 L’UVTF, née en Arles en 1966 a pour mission la défense et la sauvegarde des courses de taureaux avec mise à mort, et notamment en empêchant que des abus ne soient commis sur la présentation des taureaux de combat et en veillant au respect du Règlement Taurin Municipal.

Tout de suite, l’UVTF, sous la pression d’un certain laissez-aller dans la présentation des taureaux, nous a demandé de procéder à l’examen des armures des dits animaux. Notre collaboration était née, et si le protocole actuel a été long à se mettre en place, son fonctionnement est aujourd’hui bien réglé. Il est de plus, redouté et respecté par tout le mundillo et nos voisins ibériques y songeront sans doute rapidement, la crise actuelle ‘permettant’ une certaine dérive qu’il faudra bien gommer. Il est évident que le rôle d’un Vétérinaire Taurin a un champ d’action plus vaste - surtout – en Espagne ( reconocimiento au campo et dans les arènes, présence au palco, entre autres missions… ) Cette partie est éludée en France, et le vétérinaire de la CTEM a-t-il seulement un rôle consultatif ? Se poser la question de notre non-participation, c’est avouer notre impuissance à pénétrer un milieu cadenassé où il ne faut pas mettre le nez. Seule, la partie sanitaire est également partagée. Aussi, avons-nous préféré, nous intéresser à des problèmes cruciaux de la tauromachie actuelle, comme les problèmes de comportement et des chutes du taureau de combat en relation ou non avec l’alimentation, avec le bon (ou non) déroulement du premier tiers de la corrida, de l’influence de la pose des ‘fundas’ sur les cornes des taureaux ( corne et manipulation) Bref, nous avons essayé, en trouvant parfois un écho à nos travaux. Merci à l’UVTF de s’être intéressée aux travaux de l’INRA, et de nous avoir aidés financièrement et techniquement. L’étude du premier tiers est, et j’ai un peu de mal à le comprendre, plus difficile à apprivoiser, à aborder. Pourquoi ? C’est une affaire de volonté collective. Or, nous avons du mal à reconnaître, aujourd’hui dans l’UVTF les signes d’une force susceptible de diriger le monde des Taureaux. Certains disent qu’elle est malade, que c’est la débâcle…c’est sûrement exagéré, mais significatif sans doute d’un malaise. Nîmes en s‘étant exclue de l’Union des Villes Taurines est à n’en pas douter la ville responsable de cet état actuel, à votre détriment, vous les aficionados. Que pena !!!

Je pense que nous, vétérinaires de l’AFVT, avons grandi à côté de l’UVTF, et si parfois nous avons été « indésirables » cela fait partie du passé. Nous voulons, dans une tauromachie ‘limpia’ être leurs partenaires « incontournables ».

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VIe COLLOQUE DES BIBLIOPHILES TAURINS

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Peur...

Publié le par vingtpasses

 

- «je n’irai pas à l’arène.

- On viendra te chercher.

- Je fermerai la porte à clé. Tu n’auras qu’à dire que je ne suis plus à Madrid. (…)

- Déconne pas, voyons, tu sais bien que ça n’est jamais arrivé qu’un torero lâche de cette manière…

- Je m’en fous, Vieux. Je préfère aller en prison. J’ai trop peur d’être tué.

La tête enfoncée dans les draps, il suffoquait. La sueur faisait luire les côtes qui cerclaient son étroite poitrine. Ses doigts crispés se refermaient sur la soie du couvre-lit.

- Tu devrais dormir.

- J’ai essayé.

- Essaye encore. Ferme les yeux…

- Quand je ferme les yeux, je vois le frontal avec ses poils frisés et les deux cornes en avant, tout effilées du bout, et blanches, et pointues…(…)

- Allons, la course est dans une heure. Je suis sûr qu’à cette heure, Fuentès et Chicuelo sont prêts, à leurs hôtels.

- Fuentés et Chicuelo, je les…

- Fais pas le con, Ramon…

- J’ai peur, Vieux. Je ne sais plus où me fourrer ! Mais qu’est-ce qu’on fout ici dedans ? Qu’est-ce qu’on vient foutre dans ce bordel ? »

Extrait de l'ouvrage de Christian DEDET – Le plus grand des toros - Les Editions de PARIS Max chaleil 1998.

 

Ramon RODRIGUEZ, jeune torero (trop) vite promu en alternative enchaîne les triomphes, habité par un sentiment inébranlable de puissance et d'invulnérabilité sur ses adversaires. Une grave cornada met fin à cette série de succès. Rétabli et revenu dans les ruedos, il éprouve désormais des émotions nouvelles lancinantes, peur, angoisse, panique... Du sacrifice rituel de la corrida, il se sent devenir la victime désignée par le sort, piégé jusque dans la pénombre de sa chambre d'hôtel par la présence incessante de la mort. Sur ce même thème, la PEÑA CAYETANO RIVERA ORDOÑEZ organisera prochainement une conférence à Nîmes dans les salons de l'Hôtel IMPERATOR. A ne pas manquer.

C.C.

*****

 


CONFERENCE

Marie AGUILA de DOMECQ

Le torero et la peur

Samedi 24 novembre 2012 à 17h00

Hôtel Imperator

15 Rue Gaston Boissier, Quai de la Fontaine à Nîmes

Avec le matador Matthieu GUILLON « El Monteño »

   Vous pourrez assister dès 16h00 au vernissage de  l’exposition photographique intitulée « Miedo » présentée en mars dernier à Madrid par Marie Aguila de Domecq.

   On a tendance à croire que par le seul fait d’être torero et d’avoir choisi cette profession, les toreros sont des hommes courageux. Pour peu qu’il soit courageux, le torero n’en reste pas moins un homme, et il est si désespérément humain, qu’il est soumis à l’influence de la peur, de l’angoisse, de la terreur et de l’anxiété.

A quel moment le torero ressent-il la peur ? Peut-on apprendre à gérer la peur ? Peut-on préparer mentalement un torero à la gestion de cette peur ?... Autant de questions auxquelles tentera de répondre Marie Aguila de Domecq, psychopraticien, spécialiste de la gestion de la peur et « préparateur mental » de toreros en Espagne et en France.

Mathieu GUILLON « El Monteño », matador de taureaux, apportera un éclairage sur le programme de préparation qu’il suit actuellement. 

 

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