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26 articles avec chroniques

Du respect des morts à la mort du respect ?

Publié le par Vingtpasses

Pamela, bimbo défraîchie, Fromet, infect pitre : commune Indignité, commune ignorance, commune barbarie... Le titre "Du Respect des morts..." tiré d'un rapport législatif sur les morts bafoués, peut aussi bien leur être appliqué.

 

Dessin de Jean-François JALLET

Après le couplet écoeurant sur Fandiño, avec la complicité assumée de France Inter, c'est aujourd'hui, dans Midi Libre, la photo du fantôme de Malibu qui salit la statue de Christian *. Une photo dont le mauvais goût n'a sans doute choqué aucun des anti taurins qui manipulent cette américaine réputée pour son ouverture d'esprit.

 

J'aurais préféré la mort médiatique pure et simple pour cet épisode affligeant, comme devrait l'être celle des terroristes dont le trait commun avec nos deux moralisateurs en mal d'audience est la haine imbécile qui se cache sous les traits de leur intolérance.

La photo étalée sur Midi Libre, ne paraîtra pas sur Vingtpasses. Mais la lettre de Paul écrite à Christian en cette triste occasion mérite d'être lue.

 

C. CREPIN

 

 

* On trouve déjà dans l'antiquité la référence au respect des morts, ce respect qui manque ici...

 

« ...j'ai obéi à une loi, de ces lois que personne n'a écrites, qui existent on ne sait depuis quand et qui sont éternelles. Ces lois dictent aux êtres humains de traiter leurs semblables avec humanité et de ne pas bafouer leurs dépouilles mortelles. »

Sophocle - Antigone.

 

*****

 

Lettre à  Nimeño

Par Paul BOSC

 

Mon cher Nimeño,

Je me permets de te tutoyer même si dans la vie, pour les personnes que je respecte et admire, je préféré respecter le vouvoiement. Mais aujourd'hui cette familiarité est dictée par ce énième outrage que tu as subi. Après un jet l'acide qui a blessé un enfant, voilà qu'aujourd'hui, on te prend à témoin par une actrice de feuilleton américain pour dénoncer la corrida. 

 Pamela Anderson, la vedette de « Alerte à Malibu » était à Nîmes vendredi pour assister au concert de Christophe Maé. L'Alliance anti-corrida, de la très intelligente Claire Starosynski qui n'en rate pas une pour se faire remarquer et prouver son existence, n'ont rien trouver de mieux pour leur publicité que de faire poser l'actrice sous tes yeux, alanguie comme une péripatéticienne, une pancarte à la main dénonçant la torture animale. 

 La blonde américaine, que sa propre mère ne doit plus depuis longtemps reconnaître entre botox et chirurgie esthétique, ne doit plus avoir grand chose à faire dans sa vie professionnelle pour accepter de paraître dans ce genre de pub gratuite.

 Mon cher Christian n'as-tu pas eu envie de lui dire d'aller rejoindre son pays qui ne connaît pas grand chose aux courses de taureaux.  N'as-tu pas pensé, une seule seconde qu'elle ferait mieux d'aller se faire photographier près de la tombe de William Cody dit Buffalo Bill ou autre « matador » de bisons qui ont laissé blanchir les os de millions de ces bovins sauvages sans même les dépecer qui ont ensuite été transformés en colle, uniquement pour affamer les Amérindiens dont ils voulaient posséder leurs terres. Ne crois-tu pas que la dame blonde ferait mieux d'aller manifester auprès des dirigeants américains pour que plus jamais un illuminé massacre des étudiants dans une université parce que les armes sont en vente libre dans ce pays.

 Moi, ce qui me révolte, c'est que ton image soit salie par ces soi-disant défenseurs de la cause animale. Cette image va certainement faire le tour de la planète sans que l'on ait demandé ton avis. Alors que tu es là pour rappeler ton courage et les valeurs que la tauromachie a su éveiller dans ta vie, trop courte, trop cruelle. Dans ce monde, ces valeurs ont disparu. Un groupuscule nîmois et une dame blonde américaine n'ont même pas eu honte.

 

Paul BOSC

22/07/2017

 

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Il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère...

Publié le par Hubert Compan

A propos de la Feria de Pentecôte ou celle des Vendanges, lire Hubert Compan est toujours un vrai plaisir. Pour les toros de cette dernière Feria, sa déception est perceptible : « il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère ». Il va plus loin en donnant son opinion sur "le public du lundi", le taux d'abstention à la taquilla, la faillite de la puntilla… et le fameux indulto de la corrida de clôture. Hubert aime les indultos, et les commentaires qu’ils génèrent dans l’inter-saison. Opinion intéressante vue sous cet angle, mais il y a division d'opinions ! Pour ma part, en général, j’aime moins, sans doute à cause de l’usage qui parfois en est fait. Mais je n'y étais pas...

C.CREPIN.

Pentecôte 2017 - Les toros de Nîmes

Avec le souci de ne pas encombrer ma mémoire d’aficionado je retiendrai deux événements : La corrida du lundi avec les Jandilla. La maitrise technique et l’intelligence tauromachique de Juan Bautista. Depuis j’ai oublié beaucoup, deux bons toros par-ci, deux bons toros par-là, mais, selon une expression très utilisée au Canada, « il n’y avait pas de quoi écrire à sa mère ».

Corrida de la Quinta le vendredi :

Rappelons nous, il y a une dizaine d’année, une corrida de la Quinta annoncée sérieuse : on a eu 6 toros qui avançaient au pas, au rythme du careton. Avec ces Santa Coloma on a un semblant de mobilité, mais au trot et au pas, et la qualification de corrida torista est inadaptée, tellement Rafaelillo, habitué à la bagarre a eu de la difficulté à gérer la noblesse insipide de ses adversaires, qui bien entendu ont tous terminé bouche fermée.

Un toro fut particulièrement intéressant par son comportement, le N° 2: immobile et peu combatif à la sortie tel un charolais se retrouvant par hasard dans l’arène, il se réveille à la 1ère pique, et montre ses qualités de bravoure vraie.

On oublie trop souvent que le tercio de pique, s’il a pour but de révéler la bravoure tout en fatiguant le toro, stimule l’agressivité par la douleur de la perforation du cuir, douleur vite oubliée dans la suite de la lidia. Et je me permets de rappeler que la poussée au cheval est utile, la douleur de la blessure du cuir est utile, l’hémorragie est inutile, les blessures profondes inutiles également, car elles ne s’oublient pas et pénalisent la mobilité.

La novillada de Zacarias Moreno samedi matin:

Le ganadero a dû se faire du souci avec la faiblesse des deux premiers. Encore une course avec deux toros sur six intéressants, dont un qui a fait la vuelta, ce qui n’a certainement pas suffit à satisfaire l’éleveur.

Les Garcigrande du samedi après midi:

Toujours ce même format, cette même présentation au standard nîmois, avec cette année un peu plus de faiblesse. Aucune surprise ne pouvait venir des toros, elle est venue du ciel ! Autre mauvaise surprise après la pluie : au deuxième du Juli, après une première pique normale, le picador a laissé venir le toro au cheval, tenant sa pique en l’air : du jamais vu !!!

 

Les Victoriano del Rio du dimanche matin :

Encore une corrida 2/6 question toros et Ponce 1 /2, et la frustration de voir Roca Rey ne pas « s’accorder » avec ses partenaires pourtant en général plus solides que les Garcigrande.

Seul contre six de Juan Bautista le dimanche après midi :

Jean-Baptiste a une connaissance du bétail extraordinaire avec une capacité et surtout une volonté de résoudre les problèmes. C’est parti très fort avec le 1er toro de la Quinta qui à la différence de ceux de vendredi avait davantage de qualités et de mobilité.

Ça a continué avec le Jandilla sorti en N° 3 remarquablement mis en valeur à la pique en le positionnant dans l’axe des arènes pour un galop jusqu’à la cible : certainement la plus grande ovation de la Feria. Bravo Sandoval !

Question : à quoi servent ces 2 lignes concentriques qui font le tour de la piste ? A quoi sert ce picador qui attend coté toril (et que Juan Bautista avait éliminé?).

Le manso de Carmen Lorenzo sorti en 5 : cet élevage fournit avec celui de Bohorquez 90 % des courses de rejon. Galopeur infatigable, il a refusé le combat et a cherché inlassablement soit Lea Vicens soit plus probablement la sortie. Petit à petit, sans se décourager mais comprenant qu’avec cet animal il ne couperait pas d’oreilles, Jean Baptiste est arrivé a retenir ce manso dans sa muleta en usant de stratagèmes intelligents, en le confinant sous la présidence, en évitant de lui montrer en fin de passe les grands espaces. Le Carmen Lorenzo et le Garcigrande ont gâché le final.

Le public et la connaissance des toros :

Jean-Baptiste avait choisi 6 toros de trapio et de présentation supérieurs à la moyenne nîmoise et il est regrettable qu’à la sortie du beau toro de Parlade, puis du Pedraza de Yeltes de 575 kg, le public « toriste » n’ait pas manifesté davantage sa satisfaction.

Les Pedraza de Yeltes par rapport aux autres « Domecq » : plus de taille, moins de volume musculaire, et une tendance à charger sans mettre la tête sous le cheval en poussent droit. Lors d’un Jeudi du Cercle à l’Imperator, Jose Ignacio Sanchez nous avait même expliqué sa volonté de sélectionner ce type de comportement, ce que j’ai pu vérifier à l’occasion de cette corrida. La hauteur au garrot peut-elle conditionner la position de la tête ? Il est vrai que les Miura poussent souvent à hauteur des étriers.

 

Les Jandilla du lundi :

De la mobilité, du galop, de la sauvagerie dans le capote et dans la muleta, des toros qui durent en gardant un rythme soutenu, pas de « noblesse molle », comme l’écrit souvent Paul Hermé, enfin un lot homogène de 6 toros (de 7 toros en y ajoutant celui de Jean-Baptiste).

L’indulto de fin de Feria 

j’aime les indultos et les commentaires qu’ils génèrent, occupant l’intersaison. L’indulto donne du plaisir au ganadero, au torero, au public, sauf qu’à Nîmes, il n’a pas fait l’unanimité. C’était pourtant un toro complet, un super athlète, d’une « duracion » exceptionnelle. Que lui manquait-il ? Il a même été bien toréé par José Garrido, qui ne s’est jamais laissé dépasser par la caste et la rapidité des charges dans la muleta. Il a été en revanche dépassé par l’événement car dans la période d’hésitation il aurait pu tirer une ou deux séries de plus avant de simuler l’estocade. Si j’avais été au gouvernement... j’aurais donné la vuelta au 5éme toro, puis gracié le 6ème, clôturant ainsi la féria en apothéose !

Le public du lundi :

Il était un temps ou la corrida du lundi de Pentecôte correspondait par son cartel au sommet de la Feria. 1/3 d’arène pour ce lundi de Pentecôte !

3 toreros peu connus de la plus part des aficionados. Il y a 3 types d’aficionados : les gardiens du temple, le plus souvent « toristes ». Ils sont plus ou moins 3000 en France. Ils s’échappent parfois de leur ville et partent à Vic, à Céret, traversent l’Espagne. Il y a aussi les aficionados fidèles à leur arène. Ils s’échappent parfois, mais pas trop loin. Il y a les spectateurs occasionnels qui choisissent la ou les corridas importantes avec El Juli, Ponce, Castella etc, et qui remplissent les arènes. Ce lundi à concentré les aficionados nîmois abonnés et ceux qui ne courent pas après le Juli et qui pensent que c’est dans ce type de corrida que les bonnes surprises sont possibles. Mais au final, ils n’étaient que 4000, les spectateurs occasionnels s’étant abstenus.

50% d’abstention dans nos arènes nîmoises, il y a problème !

La faillite des puntilleros :

Les coups de puntilla manqués ont été nombreux : combien de toros relevés, combien de trophées perdus, combien de bonheur enlevé au public par des coups de puntillas répétés que nous détestons tous. Il serait tellement plus simple, une fois le toro couché de « l’étourdir » avec un pistolet d’abattoir et de le puntiller ensuite. L’idée fait son chemin en Espagne, et les vétérinaires ont certainement un rôle à jouer pour définir le matériel et le protocole, pour remplacer un geste qui fait partie de la lidia mais sera de moins en moins accepté par le public actuel (voir document ci joint).

 

Hubert COMPAN, vétérinaire Taurin

Photos : Michel CHAUVIERRE

 

La pistola de cautivo penetrante

Publié dans Ferias, Chroniques

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Gascogne, terre d'histoire

Publié le par Paul Bosc

La Gascogne mérite que l'on s' y attarde ! Historiquement en citant sans doute le plus célèbre Gascon de la littérature : Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan qui est né à Lupiac en terre gersoise mais aussi Cyrano de Bergerac qui n'est pas Gascon puisque né en Dordogne mais qui appartenait au régiment des Cadets de Gascognecomme les trois mousquetaires. De cette vieille terre, la guerre de cent ans a laissé des vestiges, des remparts, des donjons comme celui de Bassoues à quelques kilomètres de Montesquiou, et les champs sont continuellement verts. Et, bien sûr, le « bonheur reste dans le pré » : canards et oies, Armagnac, pousse-rapière ou Floc llustrent la carte postale du pays, même si les vignes ne sont pas visibles dans cette partie du Gers. Et puis il y a le rugby, partout. Et puis il y a des garçons aux oreilles flétries par tant de mêlées, aux muscles impressionnants qui vont faire la fête à Vic Fezensac, à Eauze, à Aignan, Nogaro, Plaisance, Riscle et tant d'autres villages où le toro qu'il soit Landais ou Espagnol fait partie des traditions. La mode était, cette année, au port de la marinière, celle mise en vedette par l'ex-ministre Arnaud Montebourg, de shorts et chaussettes de rugbyman.

Direction Vic-Fezensac pour la Feria du toro et le week-end prolongé de la Pentecôte. Les bodegas y sont ouvertes où le vin local Tariquet coule à flot une grande partie de la nuit, un immense terrain de camping reçoit des milliers de festaïres, le torero Ruiz Miguel qui a connu tant de triomphes ici attend les aficionados devant les arènes Joseph Fourniol.

Les novillos de Raso de Portillo font la loi

Samedi les premières clarines sonnent pour quatre novillos de la ganaderia Raso de Portillo pour un mano à mano entre Mario Palacios et Miguel Angel Pacheco. Mais la vedette restera aux deux novillos sortis en piste puisque la course fut interrompue en raison de la pluie. Deux novillos impressionnant par leur force et leur bravoure qui n'ont pas hésité à attaquer la cavalerie à trois ou quatre reprises. Gabin Rehabi les mettra en évidence. Et les aficionados quitteront le ruedo à regret de ne pas avoir vu les deux autres novillos. Rendez-vous à Céret !

Octavio Chacón sort de la mêlé

L'après-midi pour la corrida de Dolores Aguirre, les nuages noirs se bousculent dans le ciel gersois et se dégonfleront par intermittence. Les Dolores prennent trois ou quatre piques. Paulita montre de beaux gestes mais le sorteo ne lui est pas favorable, Alberto Lamelas, le chouchou de Vicois, rate ses estocades et c'est Octavio Chacón qui s'en tire le mieux en coupant une oreille au deuxième exemplaire. Si les deux premiers toros ont été les plus en vue, les quatre autres ont permis de suivre une corrida intéressante.

La corrida-concours gagne ses lettres de noblesse

Si ce genre d'événement est de plus en plus rare, à Vic la tradition est maintenue. Bien lui en fasse car elle a connu de beaux et grands moment notamment par le toro de Miura sorti en première position et celui de Los Maños qui fermait la course. Bien toréé par Domingo Lopez Chaves, le Miura reçut quatre piques, la faena bien construite mais une estocade basse privera le torero d'une oreille pourtant réclamée majoritairement. Il effectuera 2 tours de piste et la bronca fut « présidentielle ».

Le grand moment de cette journée fut la rencontre de Gabin Rehabi avec « Jardinero »pour trois rencontres exceptionnelles accompagnées par l'orchestre « Les Armagnacs » mais « Michelito » le Mexicain de Vic ne fut pas à la hauteur. Il brinda son premier adversaire, le Cuadri, à son père, Michel, enfant du pays. Morenito de Aranda n'était pas dans un bon jour et n'entendit que des silences. C'est toutefois le toro de Los Maños qui a remporté le prix du meilleur toro de la feria.

Une bonne corrida de Palha

Joao Folque de Mendoza, le propriétaire de la ganaderia Palha voulait que ses toros soient mobiles, allant volontiers à la pique et gardant suffisamment de force pour une faena. Ce ne fut pas toujours le cas mais en ce dimanche de Pentecôte il a présenté à Vic une corrida proche de ses désirs. Bien présentés, allant volontiers au cheval, donnant aux faenas du relief, les Palha ont été applaudis à l'arrastre. Dans la catégorie toreros, Alberto Aguilar a complètement raté ses coups d'épée lardant littéralement son premier adversaire. Ruben Pinar a été intéressant à son premier mais a perdu tout espoir de trophée avec l'épée, et il a été débordé par le sixième. Emilio de Justo qui a marqué cette corrida, coupant à chaque toro une oreille. Sortie en triomphe et déclaré meilleur torero de la Feria. Le mayoral Joaquim Dos Santos a salué en piste.

Lundi : grande ovation pour Juan Bautista

La corrida de Alcurrucén clôturait cette Feria 2017 avec le soleil. Curro Diaz coupa une oreille au premier, Juan Bautista aussi, de belle manière et reçut une véritable ovation. Moins convainquant au cinquième, il marqua toutefois la course par son professionnalisme. Manolo Vanegas recevait ce jour l'alternative. A la fin du paseo, un hommage fut rendu à Philippe Cuillé disparu récemment. Le Venezuelien coupa sa première oreille avec « Cumbra Alta » le toro d'alternative et s'engagea à fond dans les combats. Tour de piste et certainement que son nom sera retenu par le Club taurin vicois pour les prochaines Ferias du Toro.

Mardi matin, les campings étaient vide, la jeunesse avait quitté le navire, et les marinières rangées dans les sacs de voyage. La Gascogne retrouvait son charme rural mais à Vic elle avait satisfait des milliers de véritables aficionados. Et dire qu'un site internet espagnol écrivait que les toros étaient afeités. Mais certainement que l'auteur avait consommé trop de produits locaux de qualité.

On vous invite à venir voir sur place...

Publié dans Ferias, Chroniques

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Los Pueblos

Publié le par vingtpasses

Los Pueblos

Avant propos de Joé Gabourdes

À contre-courant, remonte la rivière. Il y a une quarantaine d’années, jeune adolescent, j'allais dans le (mur ) des amphi assister aux corridas avec des copains citadins nîmois. J'ai eu la chance à différentes reprises de partager la corrida avec un aficionado à los Toros de Manduel, un paysan qui par ses connaissances de l'animal et sa convivialité (ah !! son saucisson et son vin rouge ) m'a laissé un grand souvenir.

C'est en pensant à lui que je vous propose la traduction de ce remarquable article paru il y a quelques jours dans les lignes de Mundotoro.

Cet article met en évidence le rôle indispensable de la base populaire et rurale de la tauromachie, l'autre base de la pyramide me semble être bien sûr le campo.

Au sommet de la pyramide on retrouve la tauromachie éternelle celle ou l'homme se grandit dans un combat éthique et respectueux du Toro avec au final la création d'une œuvre éphémère. Mais si demain on laisse les pueblos et les campos disparaître, le sommet de la pyramide s'effondrera comme à Barcelone...

PS : merci à Claire et Marie pour leur traduction

Los Pueblos - Les villages

Sur l’année 2015 l’Espagne a organisé 358 spectacles dans des arènes de troisième catégorie, de janvier à août. Selon les statistiques réunies à ce jour pour 2016, 211 ont été organisés. Cette année, la réduction de la tauromachie à pied dans le cadre de petites agglomérations sera encore plus importante. Là où il n’était pas organisé d’encierros ou de fêtes populaires en plus des corridas, ces dernières ont disparus. Peut-être est-ce là l’alarme et la clé de la dérive du toreo. Dans le toreo à pied des villages, dans les arènes des petites villes, démolies pour en faire ces monstres sans intérêt et loin des gens, dans les sièges sociaux des lobbyings politiques/économiques. Des lieux globalisés de ciments gris aussi inutiles que les aéroports mégalomanes et les piscines couvertes olympiques dans des villages de cent habitants qui ne savent pas nager. Une mondialisation stratégique dont souffre tout ce qui touche au monde rural. Parce qu’il ne s’agit pas d’une souffrance spécifique au toreo.

Nous sommes en train d’assister au final d’une stratégie de désertion des communautés rurales, des activités tournées vers la nature, de la biodiversité et de la pluralité culturelle qui existait dans les campagnes et les villages. Une stratégie dirigée vers la rentabilité économique qui tente de réunifier et industrialiser la production de 80% de notre territoire (zone rurale d’Espagne) dénaturalisant et vidant ses agglomérations. Comment ? En premier lieu en éliminant les services et les droits fondamentaux comme l’accès aux hôpitaux, supprimant écoles, assistance aux naissances, centres commerciaux et commerces de proximité, pharmacies… laissant les villes devenir les lieux exclusifs d’achat de ces ressources primaires. Une forme brutale d’exiger l’exode rural. Aujourd’hui on exigence des moyens administratifs, sanitaires et productifs que les habitants du monde rural ne pourront pas respecter. On légifère contre les pratiques naturelles qui ont formé et forment encore les espaces écologiques, comme la chasse et la pêche sous toutes leurs formes, l’élevage du porc et son traditionnel abattage, contre des activités essentielles pour le développement des rapaces comme fauconnerie, les encierros et fêtes populaires taurines dans les rues ou au campo. Deux mesures qui ont globalisé, dans le sens le plus urbain du terme, les espagnols, les privant de leur pluralité et niant la biodiversité du pays, puisqu’il n’existe plus de biodiversité sans pluralisme culturel.

J’insiste : nous ne sommes pas face à un problème de toros, mais un problème de tous, qui a dérivé vers un conflit humain, social et politique. Mais la diversité culturelle, depuis les châteaux humains catalans jusqu’au toro de la Vega n’est pas la cause des conflits. Ce sont les tentatives de les supprimer de la carte de la pluralité qui crée le problème. Et elles le créent parce que nous sommes en train d’assister à l’exaltation morale, légale et normative de ce qui nous est « propre », comme « unique valeur juste », comme l’unique vérité. Les affrontements sociaux ne se produisent pas à cause d’un toro dans les rues, pour une corrida, pour la chasse au lièvre ou pour la production d’une cruche de lait de forme traditionnelle. Ils ont lieu lorsque quelqu’un décide de les réfuter ou de les supprimer avec pour argument de base une culture qui se veut unique et supérieur, une morale supérieure et unique.

Il y a un intérêt dans le fait de créer ce conflit de façon stratégique et structurée, en y donnant immédiatement la solution : notre écrasement.

Et pour l’éviter nous ne pouvons nous battre seuls. La tauromachie de la ville ne possède pas de terreau social. Nous avons vidé le côté « soleil » des arènes. Dévier le toreo vers la ville et limiter son potentiel aux grandes ferias a été notre plus grande erreur. Parce qu’en ville, la globalisation/ mondialisation d’éthiques, morales, actions, us et coutumes fait qu’en chaque individu la priorité n’est pas donnée au toreo. Il ne luttera pour lui. En ville, l’animalisme et la passion pour les animaux de compagnie ont gagné la bataille il y a bien longtemps. A la campagne, dans le monde rural, il y aura bien une lutte. Non pas par aficion mais par attachement culturel, traditionnel, parce que c’est un signe d’identité, une nécessité vitale, par écologisme, par nature. Voilà ce qu’est la culture. Nous ne l’avons pas compris ainsi. Nous avons passé des années à croire qu’un tableau de Picasso ou un de Barcelo est notre unique apport culturel. 50% des espagnols ne savent pas qui fut Picasso, 80% des jeunes s’en moquent et Barcelo ne peut pas lutter contre le Rhum qui porte son nom. Mais nous insistons dans cet élitisme urbain, dans ce concept de culture pour minorités, argument exclusif qui a nui à la tauromachie en la privant des arguments de culture populaire, rurale, du campo.

Selon moi, le toreo à pied en ville ne peut sauver la tauromachie elle-même et je doute qu’il puisse seulement la soutenir. Il dérive toujours vers cet élitisme argumentaire si éloigné de la réalité et du problème qu’il devient la première pierre sur le chemin de la bataille. Cet élitisme ne sert pas de noyau d’union envers ses alliés naturels dans ce conflit : les gens du campo, du monde rural, ceux de la pêche, de la chasse… les petits éleveurs, les producteurs de viande ou de lait, de Gallice ou Catalogne, de Castille Léon ou Andalousie. Une armée active de millions d’espagnols prêts à faire front commun.

La tauromachie en ville est liée et gérée au hasard d’une politique contraire à sa propre essence. C’est seulement ainsi que l’on peut comprendre, par exemple, que Las Ventas en ai jamais pu être le centre géostratégique. Centre de divulgation écologique, économique, culturel, moderne, actif, médiatique. En ville le bien-être animal, l’animalisme et le marché des animaux domestiques bénéficient d’une empreinte si routinière qu’elle fait partie du mode de vie. La campagne doit aller au secours de la ville. Le monde rural d’un bloc : tauromachie, chasse, pêche, agriculteurs, apiculteurs, aviculteurs, petits fermiers, les milliers de producteurs de viande et de lait… des millions d’espagnols qui font face au même problème que nous. Leur disparition venant du même ennemi.

Il existe depuis des décennies une stratégie réelle, dont la finalité est la concentration en ville pour obtenir un marché plus concentré, important et global. Concentration qui signifie la fin de la diversité, la substitution plurielle des relations entre hommes, animaux, environnement et ressources, au profit d’une unique relation de marché. Sous la même bannière, tous ensemble, nous formons une armée sociale capable de réclamer un changement substantiel, un respect, une liberté. Sous ce drapeau nous serons à couvert. En restant ce que nous sommes. Un de plus parmi la biodiversité de ce pays. Il y a dehors une armée qui s’avance. Abandonnons notre discours intellectuel. Notre vision élitiste d’êtres supérieurs face au peuple. Ils sont la masse sociale dont nous manquons. Parlons donc leur langage. Revenons à l’odeur de la terre, de la poussière, du fleuve. Retournons à notre culture commune. Laissons Picasso et sa grandeur aux musées et à l’histoire. Notre tableau est la peau de toro appelée Espagne !

C.R.V Madrid

Lire l'article original sur le site Mundotoro.com :

http://www.mundotoro.com/noticia/los-pueblos/1300256

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RAISON ET SENTIMENTS

Publié le par Charles CREPIN

RAISON ET SENTIMENTS

Échanges entendus l’autre jour lors d’une conversation entre aficionados avertis, donc exigeants :

A propos de la chute de fréquentation des corridas dans les grandes arènes : même le Juli ne fait plus le plein. Une crise qui s’ajoute aux attaques sournoises contre tous les symboles de la tauromachie, et autres mauvaises nouvelles. Nuages noirs sur l’horizon !

A propos, aussi, des cartels de la prochaine Feria de Pentecôte : des figuras, ça, il y en a. Mais côté toros, hum ! ça va « servir »... Rien pour les aficionados. Pas un geste de l’empresa qui sait bien pourtant ce qu’ils attendent… Le signal est clair. Et donc, pour la Pentecôte, ils iront à Vic, chaque année plus nombreux…

Choc des cultures où s’affrontent chez les mêmes, d’un côté l’incontournable exigence du toro-toro et de la pure aficion, et de l’autre, la crainte de voir se dépeupler les gradins, et donc l’imminence d’un péril annoncé. Difficulté de concilier des exigences contradictoires : Raison et sentiments, ou si on préfère, le cœur et la raison. D’un côté, les sentiments, c’est à dire la passion pure et ardente et la satisfaction exclusive des attentes personnelles, mais aussi les risques d’échec et de trahison. Et de l’autre, simplement : la raison. Dans son roman, Jane Austen a concilié ces oppositions avec délicatesse et leur a inventé une fin heureuse et attendrissante. Rapporté à notre passion d’aficionado, le scénario est autrement plus complexe.

Dans ses plus belles heures, la corrida a été portée par des hommes au talent exceptionnel et novateur, capables d’attirer les foules et de remplir les « étagères » : Ordoñez, El Cordobés, Litri-Camino, Paco Ojeda (souvent imité, jamais égalé), Chamaco, et plus près de nous José Tomás (et sa corrida « parfaite »)… Au fil du temps, c’est sûr, d’autres talents singuliers viendront à nouveau créer l’événement, avec des faenas d’anthologie, de celles qui restent gravées dans les mémoires, et dont on parlera des années durant. Et cette couronne vivante, signe des grands jours, viendra, comme avant, coiffer la cime de l’amphithéâtre.

Le problème est ailleurs. Remarquez au passage que l’affluence sur les gradins doit généralement beaucoup à un public dépassant largement le cercle de l’aficion. Un public festif dont le flot est grossi par le touriste ordinaire fasciné par les ors, les triomphes et les clameurs... mais pas par le toro-toro.  Il ne vous a pas échappé aussi que les grands triomphes gravés dans les mémoires et dans les plus belles pages de la corrida ont de façon constante opposé des toreros célèbres à un bétail souvent juste de caste, d’armure et de force. Les évènements exceptionnels comme l’inoubliable anthologie de Nimeño face aux Guardiola sont plus rares. Dommage, mais c’est comme ça !

Par conséquent, le dilemme est celui-ci : Céret est à la fois un exemple et un cap intangible vers l’avenir de la corrida, grâce à son toro de premier tiers brave et fort, premier critère du choix programmatique de l’ADAC. Ici comme à Vic, l’aficionado vit une passion confiante qu’on espère durable, jamais trahie par des calculs mercantiles. Mais remplit-on facilement les grandes arènes avec le toro de Céret ?

L’alternative tient dans ce mot : équilibre. En contrepoint de la pure aficion, une gestion possible des arènes « généralistes » passe durablement par la taquilla avec des cartels luxueux et les triomphes plus faciles qui vont avec. D’un autre côté, sans parler de la référence madrilène et du sérieux traditionnel de Bilbao ou Pamplona, des grandes arènes françaises assument l’impérieuse nécessité de cet équilibre, affichant aussi dans leurs cartels des toros bien présentés qui ne font pas que « servir », et certaines figuras qui acceptent de les affronter. Ce n’est pas facile, c’est possible. Et les grandes arènes qui n'ont pas encore  initié cette démarche devraient s'en inspirer

A l’écart des oppositions manichéennes et des querelles de chapelles, cet enjeu capital pour l’avenir de la corrida devrait d’évidence être compris de tous. 

 

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VERGEZE – CORRIDA DE PRIETO DE LA CAL

Publié le par vingtpasses

VERGEZE – CORRIDA DE PRIETO DE LA CAL

Évidemment les absents ont eu tort

Par Paul Bosc

Depuis l’âge de neuf ans, Tomas Prieto de la Cal est l’héritier et le ganadero d’un élevage mythique d’Andalousie : les Veragua, purs Vazquenas aux robes en technicolor, du noir au jabonero (couleur savon), dont Juan Pedro Domecq père, s’était séparé quand il acheta l’élevage royal du Duc. Si Antonio Ordoñez, Luis Miguel Dominguin ou Bienvenida ne reculaient pas pour les affronter, les vedettes actuelles de la tauromachie font un large, un très large détour de la propriété de la marquise de Seoane, située près de Huelva, « la Ruiza ». Si, à l’époque, la bravoure et la noblesse de cet encaste unique dominaient, la consanguinité a fait perdre, au fil du temps, ces qualités pour ne garder que la sauvagerie originelle.

Tomas Prieto de la Cal s’attache depuis plusieurs années à retrouver ces qualités que les aficionados toristas ont en partie pu découvrir dimanche dernier à Vergèze pour la corrida de despedida de Lionel Rouff, « Morenito de Nîmes ».

A l’exemple d’abord du quatrième lidié par Morenito, d’une grande noblesse dont n’a pas su profiter le Nîmois qui, s’il s’était confié, décontracté, relâché, aurait gagné bien plus que l’oreille réclamée par son fan-club.

A l’exemple du cinquième « Limpiabota », récompensé d’un tour de piste posthume qui, après un immense tercio de piques (4 rencontres, ovation au piquero Francisco José Navarrete et musique) a gardé de la noblesse pour la faena de Sanchez Vara après la pose des banderilles où Raúl Ramirez a utilisé la garoche pour sauter le Prieto. Une deuxième oreille pour le Madrilène et le plus intéressant toro d’une après-midi pluvieuse.

Enfin le sixième, d’une noblesse exemplaire qui a permis à Javier Cortes de donner les plus fins et plus allurés muletazos de la journée effaçant l’image de son premier toro où le protégé de Stéphane Fernandez Meca avait entendu les 3 avis fatidiques et vu le toro puntillé par un subalterne.

Même si les trois premiers n’ont pas été remarquables, le bilan est tout de même encourageant car personne ne s’est ennuyé sur les gradins. C’est là qu’une parenthèse doit s’ouvrir. Comment le public « torista » de Nîmes mais aussi d’Arles ou d’Alès n’a pas été plus nombreux alors que cette corrida avait été renvoyée du mois d’avril à cause des mêmes conditions météorologiques et que les organisateurs peinent pour organiser ce genre de spectacle. C’est ce dimanche qu’il aurait fallu que les arènes soient pleines. Pour la dernière corrida de Morenito de Nîmes mais aussi pour les Prieto de la Cal.

Bien sûr les absents ont eu tort. Certes, la météo annoncée était exécrable, et une pluie battante a précédé le paseo. Il n’empêche, peut-être regretterons-nous qu’un jour, il ne soit plus possible d’organiser des corridas dans ces petites arènes. Il est donc plus que temps pour l’aficionado de se référer et d’adhérer à l’image de ce club taurin, à ses volontaires qui ont permis que la piste soit praticable, à Camille Martinion, au cœur pétri d’aficion, aux organisateurs, tous unis par le même idéal mais dont le travail n’a pas été récompensé par les aficionados.

Cela fait du bien de le dire.

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Toros magnifiques, corridas insipides

Publié le par vingtpasses

A Madrid, une nouvelle déroute torista au goût amer. A Pamplona, des cornes au parfum de scandale envahissent un ruedo qu'on croyait à l'abri de ce genre de dérive. A Céret, un petit cru 2015 qui passe mal. C'est le menu de ce juillet taurin triste et chaud. Le billet d'humeur de Paul Bosc sur l'épisode cérétan reflète cette ambiance plombée d'une planète aficionada, pas satisfaite du tout.

Mais Madrid reste Madrid. Une vendange médiocre ne condamne pas un terroir d'excellence réputé pour ses crus. Et Céret reste l'exemple d'une quête d'authenticité sans concession en matière de toro-toro qui répond depuis bien longtemps aux attentes de l'aficion. Des certitudes non exclusives d'une réflexion sur la perennité des encastes minoritaires, sans faire l'impasse sur le cas Domecq... 

Vivement 2016 !

C.C.

*****

Toros magnifiques, corridas insipides

Par Paul BOSC

Céret. L’arène de référence pour aficionados « toristes ». Dans ce petit coin de Catalogne les toros présentés sont des toros avec des yatagans sur la tête, des muscles, des pattes solides et qui auraient très bien pu sortir des torils d’arènes beaucoup plus importantes. Le nom des ganaderias fait rêver d’avance : Dolores Aguirre (encaste Atanasio Fernandez-Conde de la Corte), Luis Fraile y Martin (Santa Coloma), et Adolfo Martin (Albaserrada). Ici les toreros sont des vaillants, des guerriers, des durs-à-cuire dont les noms ne figurent pas dans le classement des premiers de l’escalafon, spécialisés dans ces combats difficiles parce qu’ils ne trouvent pas d’autres contrats.

Toros magnifiques, corridas insipides

Mais dans la chaleur du Valespir, le bilan n’est guère glorieux. Une seule oreille pour Fernando Robleño, le chouchou des Cérétans, à la dernière minute de la dernière course. Un cadeau !

Alors que se passe-t-il sur ce monde en voie de disparition, submergé par l’encaste Domecq, où, jusqu’à présent, l’aficionado trouvait encore un parfum de vérité taurine, de la sauvagerie originelle, des tiercos de piques uniques et des combats comme on n’en voit nullement ailleurs.

Pour cette cuvée 2015, si les toros étaient d’une présentation irréprochable, personne n’a reconnu les Dolorès Aguirre vus à Saint-Martin de Crau. Seul, Alberto Lamelas a été remarqué dans ce désert de languitude de toros décastés.

Le lendemain, même si Sanchez Vara a tenté d’animer la course, comme Pérez Mota et le bien vert César Valencia, Les Fraile n’ont pas, non plus, offert beaucoup d’émotions. Si l’on excepte la prestation de Gabin, qui a d’ailleurs remporté les prix mis en jeu par les clubs taurins ou la banderole déployée pour que revienne en piste la tauromachie en Catalogne espagnole et que deux des toreros sont venus « brinder ». Sinon rien n’a ému les gradins qui ont continué à cuire sous la canicule.

En fin d’après-midi, même scénario. On s’ennuie. Tout est « soso », toros et toreros. Diego Urdiales n’est pas là. Il trouvera le sourire pour recevoir le prix Claude Popelin pour sa temporada 2014 ; Encabo veut montrer qu’il est encore le torero que l’on a connu, efficace même avec les banderilles, et Robleño remplit honnêtement son deuxième contrat.

Mais le plus grave dans tout cela, ce n’est pas le comportement des toros, cela arrive, l’élevage n’est pas une science exacte. C’est que depuis le début de la saison ces corridas de respect sont le plus souvent insipides. Tout commence à Saint-Martin de Crau et le Conde de la Maza aux cornes ultra-fragiles (sic) ! Continue à Nîmes et à Istres avec des Victorino Martin qui portent le nom de l’élevage le plus connu d’Espagne, mais qui ne ressemblent pas à des Victorino tant au moral qu’au comportement. Hier Vic-Fezensac avec une féria décevante relevée uniquement par la course de la jeune ganaderia Valdellan. Aujourd’hui Céret. Cela fait beaucoup.

Que restera-t-il demain de ces ganaderias si redoutées? Surtout dans un monde en crise où il n’est pas facile de négocier, surtout quand les résultats ne sont pas aux rendez-vous.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, peut-être que les organisateurs se souviendront des Valverde d’Alès, des toros français de Blohorn, Gallon, Tardieu, François André et Jean-Luc Couturier (Concha y Sierra et Valverde) de Saint-Martin de Crau ,ou les Laget (Luc et Marc Jalabert) de Mauguio pour parvenir à assouvir notre passion.

Quant à ces grands éleveurs ibériques, nous ne saurions que conseiller de ne pas tarder à redresser la barre, le bois se mouille…

Paul BOSC

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Les populismes et les taureaux

Publié le par vingtpasses

Par Antonio PURROY (Los populismos y los toros)

Récemment, un grand communicant disait à Pampelune que, quand émergeait un nouveau parti populiste en Espagne, ce qu’il offrait d’abord à ses possibles électeurs était « l’abolition de la tauromachie et la suppression du concordat avec le Saint-Siège ». Les deux propositions ne sont que de récurrents brindis démagogiques. Pour ce qui est des taureaux, ils tombent à côté de la plaque parce que beaucoup d’Espagnols – bien qu’ils ne le manifestent pas – éprouvent de la sympathie pour la tauromachie et refusent que la liberté de la pratiquer soit limitée. Quand les politiques se rendront-ils compte que les sentiments du peuple ne s’effacent pas d’un trait de plume ?

Les populismes et les taureaux

Le parti “Podemos” a un problème : il ne sait pas comment inscrire l’interdiction des taureaux dans son programme sans que ça n’y apparaisse. Dans leur programme pour les élections européennes de l’année passée les “Podemos” proposaient de supprimer la tauromachie. Eh-Bildu cependant, est beaucoup plus clair : il est contre les taureaux et il agit : exemple de la plaza de Saint-Sébastien. Ils l’ont fait. Quelques partis édulcorent beaucoup chaque ligne de leur programme pour ne pas perdre des votes même si c’est contre leur propre idéologie politique. Ils savent que les élections ne se gagnent pas avec leurs adhérents mais avec les votants. À la question de savoir s’ils sont contre les taureaux, ils s’en tirent par des chansons : « nous sommes contre les mauvais traitements appliqués aux animaux et voulons ouvrir un débat sur la tauromachie ». Les aficionados sont aussi contre le mauvais traitement animal - il ne manquerait plus que ça ! - comme contre n’importe quel type de mauvais traitement humain (la violence raciste, la faim dans le monde, la pornographie infantile, les guerres absurdes ...).

Les populismes et les taureaux

S’ils s’étaient préoccupés d’être informés, d’étudier, ils auraient vérifié que les règlements taurins impliquent, en vérité, la protection des taureaux. Ils sont la conséquence d’un ordonnancement taurin élaboré et amélioré au cours des trois derniers siècles, au moins. Les règlements imposent que tout soit fait pour que les spectacles soient organisés sans risques et souffrances inutiles, tant pour les personnes - toreros et spectateurs - que pour les animaux, chevaux de piques inclus qui dès 1928 ont reçu la protection du caparaçon.

Les populismes et les taureaux

“Podemos”, par la bouche de son candidat à la Communauté de Madrid, « propose la fin des subventions officielles aux spectacles taurins ». Ils ignorent qu’en conséquence de la crise économique, beaucoup de municipalités espagnoles ont cessé de subventionner les courses de taureaux. Celles que de nombreuses municipalités continuent à subventionner, bien qu’avec une forte réduction, sont les spectacles populaires, ceux qui sont indispensables aux fêtes de beaucoup de localités et villages espagnols, dans lesquels, comme nous savons, il n’y a pas de mort de l’animal, alors que de jeunes garçons se jouent la vie par aficion, orgueil et plaisir. Et maintenant apparaissent ceux des Citadins. La semaine passée, le leader de “Podemos” dans la Communauté Valencienne, s’est distingué en affirmant que les “bous au carrer (taureaux dans la rue) vont contre le signe des temps ». La jolie manière de se faire des amis dans des veilles électorales et de plus dans une région où la tauromachie populaire est, plus qu’un penchant, une passion spécialement partagée par les jeunes et même les moins jeunes.

Réduire la grande variété et la richesse de la tauromachie à un mauvais traitement animal résulte d’une excessive simplification découlant de l’ignorance. Le taureau brave est un animal unique dans son espèce par la forme si soignée de son élevage, par son apport au maintien du milieu naturel, par l’objectif de sa sélection - la bravoure - et par la manière dont il meurt dans l’arène, puisqu’il a été créé par l’homme pour lutter, et même pour être gracié s’il a été vraiment brave. Celui qui sait comment meurt un animal à l’abattoir sait que ce n’est pas ragoutant mais, à l’évidence, le sacrifice des animaux est nécessaire à l’alimentation de l’humanité.

Les populismes et les taureaux

Mais la vraie richesse de la tauromachie est sa richesse culturelle qui a imprégné tous les arts, spécialement la littérature et la peinture. C’est indéniable. Nous comptons dans le monde près de 400 écrivains reconnus qui s’en sont inspirés, certains si importants que M. Machado, P. Merimée, J. Bergamín (“La música callada del toreo”), Ga Lorca (« La fête des taureaux est la plus culturelle qui soit au monde »), Ortega y Gasset (« On ne peut comprendre l’histoire récente de l’Espagne sans connaître l’histoire de la tauromachie »), Hemingway (« Mort dans l’après-midi »), Alberti, Cela, Tierno Galván (« Les taureaux événement national »), J. Vidal (« Le toreo est grandeur »), C Fuentes, Vargas Llosa, J.M. de Prada (« Les taureaux en scène »)... Peu de spectacles ont été peints et photographiés autant que le taureau au pâturage et les courses de taureaux, par des peintres très renommés ou simples amoureux de la peinture : Goya, Picasso, Monet, Zuloaga, Dalí, Miró, F. Bacon, Fortuny, Botero, Barceló, R. Domingo... Il pourrait s’en dire autant de la musique dans ses variantes d’opéra, de zarzuelas, de pasodobles, de flamenco. Mais la culture taurine touche aussi la sculpture, la danse, le cinéma, l’architecture d’arènes et d’enceintes, la mode...

Les populismes et les taureaux

La Tauromachie est tellement habituée à survire aux attaques subies au long de l’histoire - depuis des bulles papales comme celle de Pie V en 1567, jusqu’aux prohibitions réelles, comme celle de Philippe IV en 1723 ou de Charles IV en 1805 - que ces modes anti taurines actuelles, de caractère politique, ne parviendront même pas à faire bouger ses fondations.

Antonio PURROY UNANUA

UNIVERSITÉ PUBLIQUE DE NAVARRE - Ecole Technique Supérieure d'Ingénieurs Agronomes - Professeur Production agraire - Professeur Production animale

"COMPORTEMENT DU TAUREAU DE COMBAT" - Éditions Atlantica 2014

Voir aussi l'article : http://www.vingtpasses.com/2015/05/le-taureau-de-combat-producteur-de-comportement.html

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Nostalgie

Publié le par Dominique Valmary

Nostalgie quand tu nous tiens !

Doté de raison, l’homme a toujours espéré en un devenir meilleur. Les croyances, les religions lui ont apporté et ont entretenu cette espérance qui le guide encore aujourd’hui ; puis vint le siècle des Lumières, puis le temps des utopies. Cette lueur se nourrit souvent de propos fondateurs transmis à l’écrit, par l’usage ou à l’oral ; ils traversent les siècles, les millénaires et on ne perçoit pas le moindre signe d’essoufflement de leurs effets. Souvent ancrés dans la mémoire et dans l’histoire de la communauté qu’ils animent, ils visent à projeter l’individu ou le groupe vers un aval prometteur et donc les libèrent d’un passéisme rassurant mais qui pourrait être inhibiteur. Le phénomène couvre le champ existentiel et s’est élargi aux manifestations sociales les plus ordinaires.

Ce préambule pour évoquer l’état des lieux des combats de taureaux dont l’essence remonterait en deçà des calendes grecques bien avant la codification de la corrida au dix-huitième siècle. Aujourd’hui encore l’ouvrage de José Delgado Guerra, dit Pepe HILLO fait référence pour établir les canons de la tauromachie espagnole.

Nostalgie

Au-delà des règlements taurins, le thésaurus s’est enrichi de précis, traités, essais, et autres écrits qui en constituent la doctrine. Mais depuis lors rien n’est venu fédérer les faiseurs de corridas contraints à une attitude défensive après avoir constaté les lacunes de la transmission et l’agressivité de l’opposition. Le monde change, la corrida, elle, semble figée et peine à évoluer. Force est de constater qu’à l’heure actuelle ne se dégage aucune perspective stratégique si ce ne sont les lamentations de certains prédisant la disparition proche de la corrida, et, de son propre fait, affirment-ils. Le ver issu de la génération spontanée serait dans le fruit. Alors que faire quand il n’y a rien à attendre ? Épier l’homme providentiel ? Plonger dans le passé et donc exploiter le filon naturel et rassurant de la nostalgie ?

Et si ça avait été mieux avant ?

Les organisateurs ne s’y sont pas trompés, lesquels multiplient les programmations faisant appel aux vieilles gloires. Mais pourquoi un tel engouement ?

Joselito à Istres- Dominique Valmary
Joselito à Istres- Dominique Valmary

Le pari aurait pu être risqué dans la mesure où l’annonce de tels cartels ne fait jamais bondir les foules ; cependant faute de grive on mange du merle. Les figuras du « G quelque chose » ont perdu en grande partie leur crédit et vivent sur leur élan ; les élevages trop conciliants sont déconsidérés mais ils continuent à vendre. Le taureau authentique n’attire que les demi-sel et les seconds couteaux alors même qu’il est seul pourvoyeur d’émotion.

Les anciens retirés du ruedo ou oubliés d’un mundillo avide de nouveautés et d’un retour économique immédiat sont là pour assurer et ils assurent, rassurer aussi… Plus que bien d’ailleurs. Quelques exemples :

A Pâques 2012, la corrida des dizaines réunissait Ruiz MIGUEL, soixante-deux ans, Victor MENDES, cinquante-deux ans et El FUNDI, la quarantaine passée, elle a été plaisante. En 2014 le retour amical de José Miguel Arroyo Delgado, dit « JOSELITO » à Istres a été une réussite ; la programmation émouvante de Carlos Escolar Martin, dit « FRASCUELO » à Céret a marqué les esprits et rassuré les organisateurs inquiets de leur engagement moral. Et que dire de la présentation en France de Rodolfo Rodriguez, dit « El PANA » voulue par les arènes de Saint Vincent de Tyrosse.

Frascuelo à Ceret - Dominque valmary

Frascuelo à Ceret - Dominque valmary

A l’instar des tournées « âge tendre et têtes de bois », le circuit va se poursuivre, dans quelques semaines, quelque part en Espagne, à Guadalajara, où un mano a mano opposera « FRASCUELO à El PANA ». Certes chacun avec son style bien personnel délivre une leçon à montrer aux écoles taurines. Les attitudes, la variété des registres, l’économie de gestes sont là, la sérénité règne sur le sable ; ils maîtrisent parfaitement sitio et poder, une vingtaine de passes pas plus ! Comme si la rupture d’exercice et l’observation avaient stimulé en eux la réflexion sur leur propre actuation.

Le risque de muséification est cependant patent.

L’effet ne peut être que de très court terme. L’esprit festival flotte sur les corrals et les armures… autant de contrats que ne signeront pas de jeunes toreros ; certes cela peut satisfaire les gradins vieillissants et c’est respectable mais cela manque d’ambition. Le « c’était mieux avant » ne peut fonder l’avenir de notre passion. Le débat ne se situe pas à ce niveau, il touche à la désaffection d’un public qui ne les a pas connus en activité et pour lequel ils ne sont pas l’avenir. L’environnement sociétal évolue, la corrida non, il faudrait en tenir compte ; faute de cela elle sera irrémédiablement figée et sollicitera au mieux son entrée dans un conservatoire ou un musée que l’on peut espérer vivant.

René Char a dit « il n’y a que deux façons de prendre la vie, soit on la rêve, soit on l’accomplit » ; le rêve, soit ; la nostalgie, passe encore. Evitons le cauchemar.

Je sais que des institutions se mobilisent pour travailler l’image de la corrida et visent de nouveaux publics, jeunes en particulier. C’est essentiel si cela s’inscrit dans un contexte véritablement refondateur. Mais pour cela ne faudrait-il pas aller plus loin et organiser une réflexion radicale, réécrire les fondamentaux et penser une prospective ? Décider de prendre notre destin taurin en main, en quelque sorte. Vaste programme !

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Antis taurins, jusqu'où ?

Publié le par vingtpasses

 

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Emmanuel Durand, avocat aficionado, victime de l'outrance des antis taurins à Rodilhan le 27 Octobre

 

Que le CRAC craque !

Par Paul BOSC 


Après Rodilhan et les événements de la semaine dernière, chaque nîmois, chaque gardois, chaque habitant de Provence, du Languedoc ou du Sud-Ouest qui aime  ses traditions et notamment les courses de taureaux, se doit de réagir. Intelligemment, sans violence ni provocations, sans lever le poing mais avec une grande fermeté pour que le Comité Radicalement Anti-Corrida (CRAC) cesse ses nauséabondes activités et que le ministre de l’Intérieur, M. Valls dissolve ce groupuscule violent mené par M. Garrigues.

Cette horde beuglante est d’ailleurs bien connue des services de police pour divers faits répréhensibles par la loi.  Escalader un monument public  comme les arènes de Nîmes avait mobilisé sapeurs-pompiers, grande échelle et service de police lors d’une Feria. C’était l’époque où elle pouvait manifester sa haine devant les portes des arènes. Ou encore profaner  la statue de Nimeño II, ce qui avait mobilisé une grande manifestation des aficionados.

Mais même si des barrières sont maintenant dressées, même si des compagnies de CRS montent la garde pendant des spectacles taurins légitimes, cette bande de hors la loi sévit toujours, nous traitant d’assassins ou de barbares, les mêmes mots qui ont conduit à l’extermination des Amérindiens, des Incas, des Aztèques et autres peuples qui ne pensaient pas et ne vivaient pas de la même manière.

Cela suffit !

Il y en a marre de devoir franchir des barrières de gendarmes en tenue de combat, casqués et armés, protégés par des gilets pare-balles et des véhicules blindés, de devoir subir des harangues, de se faire insulter, de se faire cracher dessus pour assister à un spectacle certes discutable, certes violent, certes sanglant mais reconnu, légal, et constitutionnel.  Il y en a marre de voir nos impôts disparaître dans ces mesures de protection disproportionnées avec le simple fait d’aller aux arènes. Dans le Gard, sur 353 communes, près de 300 possèdent des arènes. Devra-t-on mettre un jour des gendarmes devant chacune d’elles ?

Ces associations soi-disant animalistes n’évoquent jamais les nombreux rites anodins tout aussi sanglants que la corrida pratiqués sur des animaux quand ce n'est pas la torture d'êtres humains... Car il ne faut pas se tromper, leur véritable but est  d'interdire les corridas mais aussi tous les jeux d’arène avec des taureaux.

Manifestons notre soutien au maire de Rodilhan, M. Serge Reder qui a maintenu ce festival taurin, malgré les pressions et les menaces. Soutenons le maire de Vauvert, soutenons tous les élus et les organisations qui résistent.

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Après la Feria d'Arles

Publié le par Paul BOSC

 

Pourquoi si peu d’aficionados pour la corrida de La Quinta ? 

 

La feria du Riz d’Arles vient de se terminer avec un bilan artistique plus que satisfaisant puisque la novillada de Patrick Laugier a été remarquable ; la corrida goyesque qui a fait pratiquement le plein, a tenu toutes ses promesses et les toros de La Quinta fort intéressants avec un Cid qui a su mener la barque de belle manière.

 

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Photo JIES ARLES

 

La corrida goyesque est devenue un rendez-vous réputé qui attire beaucoup de monde parce qu’elle est particulière et originale par son décorum signé de grands artistes (cette année l’architecte du Mucem de Marseille Rudy Ricciotti) ; par les toreros engagés : Ponce, El Juli et Juan Bautista et par le choix des toros : Domingo Hernandez qui donnent du jeu en se jetant sur la cavalerie avec bravoure et en gardant beaucoup de noblesse pour des faenas artistiques. Cerise sur le gâteau cette année un indulto, celui de « Velero » provoqué par le Juli qui a démesurément prolongé la faena jusqu’à ce que le public réclame cette grâce présidentielle. Il sait le faire le bougre ! Pourtant le sixième, celui échu à Juan Bautista, possédait bien d’autres qualités de combattant. Mais l’ambiance était à la fête et la grand’messe dite avec tous les cantiques.

 

 

Là où le bât blesse, question fréquentation du public, c’est, bien sûr, la novillada du vendredi et la corrida du dimanche.

 

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Photo JIES ARLES

 

Luc Jalabert l’empresa des arènes ne s’étonne pas du maigre public de la novillada, par contre il attendait beaucoup plus d’intérêt de la part des aficionados « toristas » pour une corrida de La Quinta, pur Santa Coloma par Buendia. Arles, qui compte de nombreux clubs taurins, se veut plutôt intéressée par le combat des toros que par la prestation des toreros, contrairement à sa rivale nîmoise. Alors là Luc Jalabert se montre plutôt grognon car, dit-il, il joue le jeu de cette réputation « torista » pour satisfaire le noyau arlésien et régional, bien sûr. En raisonnant en matière économique, il préfèrerait, à n’en pas douter, présenter des corridas qui remplissent les arènes. Mais après avoir stoppé les corridas-concours, il attendait plus de cette course.

 

« J’investis beaucoup pour les ferias, la semaine aux corrales de Gimeaux a un coût, comme les spectacles aux arènes. Tout cela pour que la ville accueille beaucoup de monde et travaille de cette opportunité unique  que sont les Ferias. Mais les années d’abondance sont passées avec la crise économique et maintenant il faudrait que tous renvoient l’ascenseur : les hôteliers, les restaurateurs, tout le tissu économique de la ville  pour faire vivre ces ferias mais aussi les clubs taurins. Si chaque club s’investissait pour inciter ses membres et leurs amis à venir aux arènes, nous aurions autre chose qu’une demi-arène pour une corrida qui, soi-disant, est le menu principal des Arlésiens. »

 

De là à penser qu’il vaudrait mieux faire de la promotion plutôt que des tertulias… L’idée est dans l’air.

 

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TORÉONS SOUS LA PLUIE...

Publié le par Paul BOSC

 

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Si à Nîmes, quand Ferdinand Aymé gérait les arènes, il était de tradition de dire : « aujourd’hui, il ne pleuvra pas, il y a une corrida aux arènes ».  A Saint-Martin de Crau, c’est plutôt l’inverse qui s’est souvent produit. Et, quand ce n’était pas la pluie, c’était le vent, ou la tempête ! Cette année encore, la corrida de competencia de ganaderias françaises a dû être annulée, la corrida de Dolorès Aguirre reportée au 1er mai.

 

Pourtant, les courses qui se sont déroulées sous l’orage ont souvent pris une dimension exceptionnelle par leur dramaturgie. Trois corridas parmi, sans doute, beaucoup d’autres nous reviennent en mémoire : celle du 23 avril 2000 dans les arènes d’Arles ; celle du 25 mai 2001 à Nîmes et la corrida de Miura à Arles le 25 avril 2011. Trois exemples remarquables par leur intensité alors que le ciel se déchire d’éclairs, que la pluie dégringole par seaux entiers et que le tonnerre gronde méchamment. Bien évidemment d’autres courses ont eu lieu sous la pluie comme celle récente de la feria d’Arles avec les toros de Victorino Martin et le mano a mano tant attendu entre Javier Castaño et Fernando Robleño qui n’a pas transcendé les spectateurs.

 

A Arles pour la feria 2000, c’est Juan José Padilla qui ira se planter face au toril pour recevoir le Partido de Resina dès sa sortie alors que l’orage éclate mais ne fera pas renoncer celui qui ne s’appelait pas encore le « Pirate ». Une faena fantastique prolongée par une présidence qui allongera les minutes pour ne pas sonner les avis en temps et heure. Le torero de Jerez coupera deux oreilles dans une ambiance mémorable.

 

Autre souvenir. A Nîmes cette fois, le 25 mai 2001, pour le jeudi de l’Ascension lors d’un fameux mano a mano Jesulin de Ubrique-El Juli. Au cinquième Torrealta, le ciel s’ouvre, Jesulin est au milieu du marécage et patauge mais ne renonce pas. Il écarte le rideau de pluie, s’entête, torée et même si parmi les 16000 spectateurs, certains ont cherché refuge sous les arches, une clameur monte : « to ré roi - to ré roi » pour rendre hommage à ce nouveau Boudu, sauvé des eaux. Deux oreilles qui effacent les sifflets du début de la course. Sur les gradins, c’est la fuite vers les sorties, pensant que la corrida est finie. Il pleuvait toujours aussi fort. Et tout le monde s'attendait à voir s'éteindre la corrida au bout de cinq toros et quatre oreilles. Juli s'est déchaussé à son tour, il a demandé l'ouverture de la porte du toril. Le petit El Juli est assoiffé de triomphe. Torero géant. Torero fou, banderillant puis liant les séries des deux mains près du centre, avalant la noblesse infinie du Torrealta couleur de terre. Deux oreilles et la queue!  Historique.


 En recherchant dans les archives, une autre corrida tout aussi mémorable hantait ma mémoire toujours à Arles, peut-être en  1992 ou 1993 avec Cesar Rincon et Espartaco. Mais Internet n’a pas retenu cette course. Aussi nous faisons un saut dans le temps pour nous retrouver dans l’amphithéâtre arlésien. Le lundi 25 avril 2011, pour la feria de Pâques. C’est au sixième Miura que l’orage éclate. Medhi Savalli arrachera une faena épique encouragé par tout le public mais il échouera avec les fers. Il gagnera les trophées quelques semaines après, à un Miura, mais c’était alors pour la feria nîmoise.

 

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Feria du Riz, de la corrida-champagne à la corrida-piquette...

Publié le par Paul Bosc

 

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Photo Alex BLANCO

Les aficionados auraient aimé que la belle liste de succès des corridas où le toro n’est pas un simple faire-valoir pour toreros vedettes se poursuive en gardant en mémoire les courses de Miura à Nîmes, Escolar Gil à Céret, Victorino Martin à Bilbao, Granier à Vic-Fesenzac et autres belles satisfactions ou émotions données par ces courses où sont absents les El Juli, Talavante, Luque, Perera, etc. Aussi, la feria du Riz à Arles avec sa corrida-concours de ganaderias était-elle attendue avec l'espoir que les six exemplaires retenus dans des élevages souvent peu vus en France, donneraient une nouvelle image de la corrida authentique.

Hélas, les espoirs ont été vite déçus et à part le Partido de Resina et l’Adelaida Rodriguez qui sont allés se frotter, avec plus ou moins d’entrain à la cavalerie, même ce tercio n’a pas apporté de grands frissons à la moitié d’arène présente. Et l’Escolar, avec ses cornes atrophiées, était-il présentable dans une course de ce type ? Mise à part, la faena émotionnante de Javier Castaño au cinquième, le spectateur n’a guère eu l’occasion de s’enthousiasmer si on excepte la prestation aux banderilles de David Adalid et aux piques de Placido Sandoval qui ont d’ailleurs remporté les prix attribués. Fort heureusement le jury n’a pas désigné de « meilleur toro », ce qui aurait été un scandale. Aficionados déçus qui, après la course, se sont rendu à la tertulia de « la Muleta » pour en arriver à la conclusion ahurissante que la becerrada matinale était bien plus intéressante que la corrida de l’après-midi !

On regrette surtout que ces encastes Carlos Nuñez de Carriquiri, Contreras-Ybarra-Jijon de Penajara, Gallardo de Pardido de Resina, Albasserada de José Escolar, Lisardo Sanchez de Adelaida Rodriguez et Cebada Gago-Núñez del Cuvillo de Robert Margé n’aient pas apporté plus de satisfactions « toristas ». Pas étonnant qu'on entende dire ensuite qu’il n’y a plus que la classe dominante des Domecq pour offrir du spectacle et remplir des arènes de plus en plus désertes. Et c’est ce qu’il s’est produit pendant cette Feria où les Victoriano del Rio de la corrida-goyesque se sont montrés relativement plus « méchants » que tout cet échantillonnage de ganaderias réputées difficiles. Car à part le premier toro de Juan Bautista qui s’est laissé dominer, les trois autres ont donné du fil à retordre à l’Arlésien et à José Mari Manzanares. Mais avec le décorum particulièrement réussi du peintre Loren qui s’y connaît en tauromachie, la chorale et la cantatrice dirigées par l’orchestre Chicuelo II qui ont animées toute la corrida avec, peut-être, une sono un peu trop forte, cette corrida a satisfait tout le monde.

 

2012_09_08_9999_83.jpgPhoto Alex BLANCO

Au bilan tauromachique, rien d’exceptionnel mais : Mendoza deux oreilles et une prestation de sa cavalerie de toute beauté ; Juan Bautista deux oreilles en écoutant le concerto d’Aranjuez chanté en français pour accompagner sa faena ; sorties en triomphe et satisfaction générale d’un public conquis par l’ensemble du spectacle. Il n’y a pas photo ! Et tant que la tendance à la corrida-spectacle ne s’inversera pas avec des corrida-vérité, pourquoi voulez-vous que les directeurs d’arène changent leur programmation ? Il va falloir organiser beaucoup de corridas de Miura comme pour la Pentecôte nîmoise, d'Escolar comme à Céret, de Victorino comme à Bilbao, de Granier comme à Vic. Mais surtout pas des concours de ganaderias comme à Arles.


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La corrida est morte, vive la corrida !

Publié le par vingtpasses

 

 

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Par Paul BOSC

 

 

Si on écoute le maire, son conseil municipal, le président de la Région, le président du conseil général, le directeur des arènes, les députés, les conseillers, les éleveurs de taureaux, les professionnels de la profession, la presse, les radios et les télés et encore quelques notabilités nîmoises, ils vous diront tous que le Feria du soixantenaire a été un succès. Cela s’appelle un parler « politiquement correct ».

 

Certes, le solo de Javier Castaño face à six Miura est la corrida qui relève le niveau. Mais là, personne n’osait parier un kopeck avant la course.

 

Mais le reste ? Victorino Martin : pas de moteur et 0 oreille. Torrehandilla : pas de moteur et une petite oreille. Bilans : 2 h 30 d’ennui et zéros pointés sur ces deux courses.  0 + 0, la tête à Toto, comme dirait l’animateur Nagui à la tv.

 

On continue. Les Zalduedo : oreillette contestée à David Mora et encore ennuyeuse. Fuente Ymbro : merci Juan Bautista sinon encore 0. Juan Pedro Domecq : du mou encore dans la gâchette même si le directeur a tout de même appuyé dessus, mais quatre oreilles pour finir la feria en beauté. Corrida de Garcigrande : El Juli et Sébastien Castella savent y faire. Porte des Consuls pour le Biterrois. Pareil pour la corrida de Nino de la Capea, porte des Consuls pour Juan Bautista. Par contre tour de piste posthume à un novillo de Virgen Maria pour la traditionnelle novillada de la Cape d’or et triomphe de Juan Leal.

 

Ces bilans peu flatteurs au point de vue ganaderos portent les stigmates d’un spectacle en perdition où le principal acteur, le toro n’a plus de force, n’a plus de pattes, n’a plus de caste, n’a plus de cornes et ne sert plus qu’à mettre en valeur des toreros aux gestes mécaniques, toujours les mêmes qui font des faenas stéréotypées ennuyeuses à mourir.

 

Javier Castaño, ouvrier précautionneux, oublié des grands circuits, délaissé des grandes maisons, a ouvert sans doute une nouvelle ère à la corrida en mettant en place tous les acteurs de la tauromachie : picadors et banderilleros à leur véritable place. Pour que chacun fasse le travail qui lui est demandé, dans les règles de l’art. Lui reste le chef, le commandeur, le manager dirait-on aujourd’hui, mais les autres ne sont pas des  « techniciens de surface ». C’est sans doute cela la révolution qu’il a emmenée dans ce pari mais qui finalement est la base même du boulot. Chacun à son poste en donnant le meilleur de lui-même. Un travail d’équipe  en quelque sorte.

 

Maintenant il ne sort pas tous les jours des Miura comme ceux de cette course, avec beaucoup de noblesse, ce qui jusqu’à présent n’était pas le style de la maison mais l’on sait que depuis longtemps Antonio Miura cherche à « adoucir » les Gallardo et Cabrera de Zahariche. Datilero en septembre dernier a été l’exemple à suivre. Cela fait du bien de voir l’horizon s’éclaircir, après un long tunnel. 

 

 

 

 La corrida est morte… Vive la corrida !

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VIVA PADILLA !

Publié le par vingtpasses

 

 

 

 

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Photo Vingtpasses

 

 

 

Par paul Bosc

 

 

Juan José Padilla qui se fait appeler le Cyclone de Jerez est revenu dans les arènes après six mois d’enfer. 

 

Le 7 octobre dernier à Saragosse, un toro lui a planté sa corne dans l’oreille et lui a pratiquement arraché la joue et l’œil gauche.  Six mois à souffrir, à subir maintes opérations chirurgicales, à tenter de récupérer la vue et l’audition, à se faire  triturer le visage afin d’effacer ce rictus qui lui déforme la face. Six mois à entretenir un moral d’enfer pour revenir toréer. La Presse espagnole le qualifie de héros après sa réapparition dans les si jolies arènes de Olivenza, en Extramadure, à la frontière du Portugal là où le 2 mars 1997, Antonio Ferrrera, le Zébulon de la tauromachie recevait l’alternative de Enrique Ponce et Pedrito de Portugal avec des toros de Victorino Martin. Antonio Ferrera était sorti par la grande porte comme Padilla dimanche dernier.

 

Le Héros portait un costume vert, couleur de l’espérance, orné de feuilles de laurier et en voyant la vidéo de cette journée, il ne fait pas de doute que les aficionados ont eu beaucoup d’émotion pour cet homme qui n’a jamais renoncé. Certes les Nuñez del Cuvillo ne ressemblaient en rien aux centaines et centaines de toros que Juan José a croisé dans sa carrière et encore moins à celui qui a failli l’égorger à Pampelune en allant l’attendre à porta gayola, voici quelques années. Il n’avait pas souvent, non plus, été compagnon de cartel de Manzanares II et Morante de la Puebla qui ont d’ailleurs banderillé avec lui.

Emotion encore quand il a brindé son premier toro aux chirurgiens Valcarreres et Garcia Perla qui lui ont sauvé la vie. Emotion encore avec le brindis à son père  au quatrième, émotion toujours quand des cantaors flamencos ont accompagné sa faena de coplas et quelle ovation pour sa sortie a hombros scandée par ces mots magiques « torero, torero ».

 

Car ces hommes ne sont pas tout à fait comme les autres humains. De toute l’histoire de la tauromachie, le torero portait un signe invisible, mystérieux même, qui faisait dire : « c’est un torero ». Un picador arlésien, Momo Moralès aimait à raconter que Joselito, son idole, était reconnaissable partout dans le monde par son allure, par sa manière de marcher, de parler, de s’habiller, de se coiffer. « C’est un torero », point final, tout était dit. Juan José Padilla, avec ses rouflaquettes d’une autre époque, avec parfois ses costumes excentriques, ses allures de mauvais garçon, n’a pourtant jamais eu la démarche féline de Luis Miguel Dominguin, ni la beauté d’Angel Teruel, celui qui a donné l’alternative à notre Simon international, ni même au séduisant Paquirri. Et même s’il fait tomber en pâmoison les dames, il ne pourra jamais se comparer à Espartaco ou Rivera Ordoñez. Ce qui le caractérisait le plus se trouve dans la témérité, l’audace, la vaillance, une sorte de chevalier sans peur.

 

Il sera présent pour la feria d’Arles où il a laissé un souvenir aficionado impérissable en 1999 face à des toros de Pablo Romero et sous un orage terrible. Certainement qu’il sera aussi à Nîmes et dans toutes les arènes importantes cette saison, avec sa gueule cassée, avec son bandeau noir sur l’œil, une image terrible qui effraie et qui rappelle d’autres tragédies. Celle vécue par l’écrivain Georges Bataille qui a assisté à la mort de Manuel Granero dont le coup de corne avait traversé l’orbite et fait exploser le crane, et qui devait s’inspirer de ce drame pour son « histoire de l’œil ». Moins tragique, Frascuelo, le rival de Lagartijo avait également été blessé d’un coup de corne dans l’œil droit mais il est mort de pneumonie à l’âge de 55 ans. Plus récemment, Lucio Sandin, grand espoir de l’Ecole taurine de Madrid avec Yiyo, mort, lui, d’un coup de corne dans le cœur, qui avait été énucléé par un novillo à Séville, blessure qui lui a fait renoncer à sa carrière.


Aujourd’hui Juan José Padilla, le Cyclone de Jerez, mérite le plus grand respect, le respect à un héros de notre temps, le respect d’un homme, d’un torero.

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