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7 articles avec actualite

Un homme est mort dans l'arène

Publié le par Paul Bosc

Au restaurant Puerta Grande à Madrid en 2014 - Photo Dominique Valmary

 

Peut-on concevoir, seulement imaginer, que Iván Fandiño est mort. Mort par la corne d'un toro de la ganaderia de Baltasar Iban, en France, à Aire-sur-Adour ? Il était à Arles, il y a à peine quelques semaines face aux Pedraza de Yeltes retrouvant son toreo de guerrier, le moral qu'il avait perdu lors de son solo dans les arènes de Madrid en 2015.

Iván Fandiño était un dur, était un homme, était un torero qui avait gagné sa place, une toute petite place, dans un monde sans pitié. Iván Fandiño faisait partie des matadors à qui on offre que des contrats difficiles, que des toros difficiles, mais il avait ce profil de centurion, de belluaire.

Ludwig Beethoven avait trouvé 4 notes en écrivant sa 5e symphonie « l'arrivée du Destin » qui annonçaient la tragédie, le drame. Ce destin était-il déjà écrit quand il toréait à Arles pour la Feria de Pâques ?

Les grands médias télévisés français n'ont pas insisté sur cet accident dramatique, n'ont pas montré d'images, n'ont fait aucun commentaire de peur, une fois encore, de déclencher une polémique. Seuls dans leurs coins aussi sombres que leurs âmes, les anti-taurins se sont déchaînés de leurs propos ignobles oubliant que Ivan Fandiño était tout simplement un être humain de 32 ans, avant d'être torero. Qu'il a payé le plus terrible des prix, celui du sang pour une passion que l'on dit rétrograde et appelée à disparaître sous peu.

Hier dans son village natal au pays basque, l'église était pleine pour rendre hommage au torero qui laisse une épouse et des enfants en bas-âge, des amis, des parents. Une foule respectueuse d'un homme de cœur.

Il a rejoint dans le grand ruedo céleste Pépé Hillo, Manolete, Joselito, Ignacio Sanchez Mejias, El Yiyo, Paquirri, Victor Barrio et « El Pana » pour ne citer que ces quelques noms célèbres parmi les soixante matadors qui ont péri de la corne des taureaux ainsi que de nombreux banderilleros, picadores, rejoneadores...

L'Espagne toute entière a rendu hommage au torero, de la famille royale au gouvernement et tout ce peuple qui continue à se rendre aux arènes pour la fiesta brava. Les aficionados français n'oublieront pas non plus Iván Fandiño pour ce qu'il a apporté de sincère dans cette tauromachie de vérité, de combat.

Qu'il en soit ovationné.

 

Paul Bosc

 

Publié dans actualité, Toreros, Hommage

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Édito à propos d'un Procès pour la Corrida

Publié le par vingtpasses

Photo M. Chauvierre

Dominique Valmary, Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) , résume dans un éditorial lumineux un petit essentiel à connaître sur le Procès qui s'est tenu samedi 8 Avril 2017 à Nîmes, Hôtel C. Suites dans le cadre du 9ème Cycle Culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS.

Lire sur le site de la FSTF ici et reproduit ci-dessous l'édito de Dominique Valmary.

Une belle affluence, et un vif succès ont marqué cet épisode de LA ROBE NOIRE dans le cadre de ce cycle culturel. Une initiative très aficionada remarquablement réalisée avec la collaboration essentielle et magistrale de l'Institut International de Droit Taurin.Les actes et le verdict de ce procès fictif mais remarquablement pertinent seront prochainement publiés.

Réponse aux Aquoibonistes

L'édito de Dominique Valmary

Les initiatives culturelles auxquelles la corrida donne corps ont connu ce samedi un épisode qui marquera les esprits à plus d'un titre.

En effet en clôture du IX ième cycle de conférences « La Robe Noire » organisé par le Cercle Taurin Nîmois s'est tenu le procès audacieux de trois situations qui portent atteinte aux droits et intérêts des aficionados : la décision de l'Alcade de Madrid de ne plus financer l'école taurine et de supprimer toute référence taurine dans les documents touristiques de sa Ville, la décision liberticide prise en Catalogne, le non pourvoi en cassation devant le conseil d’État commis par le premier ministre français.

Avec la collaboration essentielle de l'Institut International de Droit Taurin a été imaginé et mis en scène au sein d'un prétoire habilement reconstitué le déroulement d'une instance pénale mettant en cause les personnes morales et les auteurs prévenus.

Grâce à la participation de personnalités françaises et espagnoles de haute volée représentant le tribunal, le parquet, les experts, les parties civiles, la défense, le procès fictif a pris corps et montré l'utilité des démarches juridiques et l'importance du politique dans ce qui relève de la préservation des traditions populaires et des libertés.

L'intitulé ne laissait aucun doute quant au sujet que les intervenants avaient à traiter :

Le procès : hypocrisies, trahisons et autres concours de lâcheté politique

Au terme des débats et à l'issue du délibéré juridiquement argumenté les peines sont tombées avec l'à propos et l'humour, deux approches non antinomiques, qui siéent en pareil exercice.

Il ne m'appartient pas de dévoiler le contenu des débats qui feront l'objet d'une exploitation écrite et vidéo ultérieure. Le public a appris que les positions se sont un peu infléchies à Madrid, que la décision catalane a été sanctionnée par la cour constitutionnelle espagnole, que malgré l'abstention du gouvernement français la corrida demeure inscrite sans conteste au patrimoine immatériel français...

Comme au théâtre les acteurs de cette allégorie à la fois fictive et pourtant bien réelle ont séduit les nombreux participants qui ont reconnu avoir beaucoup appris et leur ont réservé une ovation nourrie et méritée.

Cet exemple réussi de pédagogie, un des événements majeurs de la saison culturelle taurine (1), est la démonstration que la corrida est un élément sociétal incontournable dépassant la caricature qui en est faite par ceux qui veulent la rayer des pratiques humaines respectables. Et que sa promotion doit passer par tous les types d'expression.

Attendons la publication des actes ils étonneront, n'en doutons pas, les Aquoibonistes les plus convaincus.

 

(1) à lire également le pregon prononcé par Michel Cardoze à Nîmes le même jour: https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/

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Les lignes bougent !

Publié le par vingtpasses

Un édito de Dominique Valmary, Président de la FSTF

Sous le couvert de bons sentiments ou de militantisme, les médias relaient généreusement les thèses animalistes les plus diverses depuis la nécessaire protection et défense de l'animal, la revendication plus contestable des droits des animaux, jusqu'à porter la parole de l'extrémisme végan.

Et comme souvent en pareil cas, le phénomène promeut un nouveau mode de vie à imposer au citoyen qui est aussi consommateur. Aujourd'hui les grandes surfaces ont senti l'opportunité profitable à court terme en créant des rayons de produits qualifiés végans où s'étalent en particulier les produits substitutifs aux protéines animales. Pourquoi pas si la démarche relève du choix éclairé du client et son information quant à l'idéologie qui sous-tend ce mouvement.

Or il faut le savoir, le véganisme vise à éradiquer toute exploitation de l'animal par l'homme et réfute la primauté de l'homme sur l'animal...

Ne nous laissons pas abuser. L'argument du bien-être animal relève d'une approche anthropomorphe que rejettent pourtant ces militants ! Il est plus logique d’oeuvrer pour la bientraitance animale.

Tous ceux qui font métier ou pratiquent des activités auprès et avec l'animal ont pris la mesure du danger présenté par la diffusion insidieuse de ce dogme. Les débats tenus au Sénat lors du colloque « l'homme et l'animal : vers un conflit de civilisation ? » ont débouché sur la signature de la Charte pour les Libertés et la Diversité des Cultures. En quelques semaines deux départements ont enclenché la démarche Esprit du Sud, bientôt un troisième et les tractations s'engagent dans plusieurs autres. Esprit du Sud vise à fédérer tous ceux qui sont attaqués et visés par la désinformation : éleveurs, gaveurs, chasseurs, pêcheurs, apiculteurs, ostréiculteurs, aficionados de toutes les tauromachies et du cirque classique, filière viande... Des actions sont en vue.

Les lignes bougent, veillons au développement d'Esprit du Sud dans nos régions de cultures taurines et ne laissons pas passer le train !

Les lignes bougent aussi à l'Union des Villes Taurines de France, nous attendons de la nouvelle équipe conduite par la ville de Bayonne la pleine exécution du Plan Triennal de Développement, de Transmission et de Défense des Cultures Taurines. Nous jugerons les actes, premier rendez-vous en mars prochain.

Lire aussi sur le site FSTF : http://torofstf.com/

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LE SYNDROME DU "PETIT BLEU"

Publié le par vingtpasses

LE SYNDROME DU "PETIT BLEU"

A l'approche de la date du procès de "RODILHAN 1" prévu les 14 et 15 janvier prochain, un édito d'André VIARD sur le site TERRES TAURINES" dresse un premier tableau de ce qui se prépare. Lucide !

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l'édito sur le site.

http://www.tierrastaurinas.com/terrestaurines/actus/actu.php

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Sauvez TOROS !

Publié le par vingtpasses

  Créée en 1925 par "Miqueleta", La revue TOROS, doyenne de la presse taurine française,  est une véritable référence. Elle est pourtant menacée de disparition dès la fin de cette année. La grande qualité du contenu éditorial ne saurait être à l'origine de ses difficultés. Il y a d'autres raisons.


1- La révolution numérique

« Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies ».

Michel Serres (1), académicien et philosophe, plaide l’indulgence pour la génération « mutante », si agile à communiquer  avec son pouce, contrainte de tout réinventer, et qui change, simplement parce que la planète a changé.


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La multitude dispose aujourd’hui sans limite d’un accès universel aux personnes, aux lieux, à l’information et au savoir. La génération « mutante » se connecte, envoie, échange, commente, recommande, partage, retweete... pas  avec TOROS.


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2- La presse sur le web, sans TOROS

Le Figaro, La Croix, Les Échos, L’Huma, « vénérables vieilles dames » presque toutes centenaires devenues des institutions, connaissent une nouvelle jeunesse sur le web. Elles ont dû rechercher d’autres modèles susceptibles de favoriser leur développement, de préserver leur position, ou simplement d’assurer leur survie. Si elles continuent d’informer parallèlement leurs lecteurs sur du vrai papier journal, avec de l’encre, elles savent aussi que toute solution pérenne passe par le numérique et le cross-media pour générer des synergies, tant éditoriales qu'économiques.

Venons-en au sujet de notre passion. Les blogs et sites taurins français et espagnols sont légions sur le net et constituent un vaste espace dédié à la communication et à l’information tauromachique. TOROS n’y figure pas.


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3- TOROS est une référence, mais...

Celui qui a lu et collectionné TOROS éprouve depuis toujours un sentiment de respect empreint de nostalgie. De confiance aussi, car les propos exprimés dans ses lignes constituent une référence tauromachique des plus pertinentes. Toros a accompagné beaucoup d’entre nous dans sa quête d’aficion. Toros a mis à notre portée, années après années, la culture et le savoir tauromachique, avec sérieux, avec la certitude que la lecture du précieux contenu constituait pour tous une loi d’airain. Personne n’a jamais douté aussi que la fabrication de chaque numéro constituait un tour de force de la part des collaborateurs de la revue et témoignait d'une parfaite abnégation relevant de la pure aficion. L’attente du prochain numéro suscite toujours l’impatience, et une fois dans les kiosques, la découverte du TOROS nouveau et son odeur d’encre fraîche procurent un vrai plaisir. Envisagé sous cet angle, le modèle semble parfait.

Sauf qu'on peut lire chaque jour "au fil de l'eau" les compte-rendus de course  sur de nombreux sites web. Pas chez TOROS qui les sert à son rythme, souvent excellents, quelque peu réchauffés.


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4- Mourir debout, emporté par le flot ? Une fin inconcevable pour une revue "culte"

Depuis quelques années, les nuages s’accumulent. Dans le N°1961 du 20 septembre, Joël Bartolotti fait la chronique d’une bien triste "mort annoncée" pour le 31 décembre 2013 et pointe les causes de cette situation : la concurrence d’internet, la baisse des ventes et des abonnements, en fait, le vieillissement du lectorat, la hausse des coûts, la rédaction vieillissante, le difficile renouvellement de collaborateurs acceptant le bénévolat.

En réalité, la somme de ces difficultés semble tenir dans le refus revendiqué de toute évolution d’un modèle complètement obsolète, encore aggravé par une réaction épidermique à toute référence à l'internet. L’existence d’un plan B, en cours d’étude à l'initiative de quelques collaborateurs de la revue qui n'écarterait aucune piste d'évolution, permet d’espérer que la revue TOROS sera sauvée en préservant ses valeurs sacrées : la primauté du toro, la défense de l’éthique de la corrida.

S’il vous plait, Messieurs, sauvez TOROS !

 

Charles CREPIN

 

(1) Petite Poucette – Michel Serres – Éditions le Pommier 2012

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Avenir de la corrida, « I have a dream »...

Publié le par Dominique VALMARY

 

D’un côté, les dérives de la corrida « moderne », la pression économique, la dérégulation de ce micro-marché, la recherche d’optimisation des coûts (on en parle beaucoup) et de profits suffisants, voire plus confortables, les appels d’offres de gestion d’arènes déclarés « desiertos », et la crise des taquillas.

 Et de l’autre, les conséquences naturelles de tout ceci : le clivage sous-jacent des doctrines, des chapelles, les stratégies possibles, et leur corollaire de frustrations, de luttes intestines ou internes, les espaces laissés  vides sur les gradins; crise ou dépit ?  G10, empresas, UVTF, éleveurs, aficionados, antis taurins, lobbies, associations etc... autant de groupes aux intérêts divergeants, organisés ou non, luttant pour ne pas perdre « plus » : l’abîme paraît vertigineux. La passion et l’espoir peuvent-ils transcender les affres de nos querelles, de nos doutes, de nos angoisses ? Les quelques temps forts de la dernière temporada sont-ils comme un signal, l’aube d’un renouveau salvateur, une balle jetée par un duende providentiel qu’il suffise de reprendre au bond pour arrêter la course mortifère de cette débâcle ?

 Dominique VALMARY dresse un état des lieux lucide de cette misère tauromachique et des difficultés éprouvées par ses principaux acteurs en mal de cohésion, entraînés parfois malgré eux dans de vains antagonismes, et le risque de pertes irréparables. Au fil d’un raisonnement structuré, il ébauche des pistes qui, en l’état, pourraient  figurer la quête d'un Saint Graal taurin, sauf que les acteur en présence ne sont pas les Chevaliers de la Table Ronde. La foi peut elle vraiment soulever les montagnes ? En vain, je le crains si elle n'est pas portée par une autorité équilibrée et légitime capable de rassembler, comme le suggère Dominique Valmary dont la reflexion n'en est que plus enrichissante. Nous verrons bien.

 C.C.

 *****

Avenir de la corrida, « I have a dream »

La conférence donnée par Pierre Traimond  au festival Mexico Aztecas Y Toreros si elle traitait de l’avenir de la corrida aux Amériques et abordait les aspects anthropologiques et sociaux peu souvent évoqués notamment les enjeux entre les communautés anglo-saxonne, latino, hispanique et indienne, a aussi dressé un constat sans concession de l’économie de notre passion.

Elle est venue conforter les réflexions que je me faisais en mon fors intérieur sans oser en parler, tant le monde gravitant autour de la tauromachie est plein de « certitudes de l’instant », certitudes pouvant ne durer que «ce que vivent les roses : l’espace d’un matin» disait Malherbe; alors je me lance avec ma propre certitude celle de ne pas faire le buzz et celle-là me semble avoir la durée devant elle…

Les derniers mois ont été riches en informations allant toutes dans le même sens et attestant des capacités d’adaptation aux conditions imposées par la crise économique qu’ont montrées les professionnels; en effet chaque microcosme adopte les stratégies qu’il pense les meilleures pour passer entre les gouttes avec le moins possible de concessions ; quelques exemples:

Le « G10 » s’est constitué en une machine de guerre, qui sous le couvert estimable de participer à la gestion des droits d’image, a élargi ses compétences à la répartition des contrats entre ses membres pesant encore plus sur les empresas et s’affranchissant pour partie des apoderados au détriment des autres toreros et autres ganaderos.

En retour les villes taurines françaises ont essayé de contrer les «figures imposées» en mettant un coup d’arrêt à l’inflation des honoraires et il sera intéressant d’en évaluer l’impact à l’issue de la présente temporada.

Sous le couvert d’un rattachement stratégique de la corrida au Ministère de la Culture, le mundillo ibérique ne visait en fait que le taux réduit de TVA dont on peut douter de l’effet réel sur les prix des entrées  à l’aune de l’expérience française dans le domaine de la restauration. De toute façon en temps de crise on ne baisse pas les recettes fiscales sinon cela se saurait !

La pression économique est telle, notamment en Espagne, que les règles jusque là établies sont remises en cause ; qui parle de dérégulation ? La grille d’honoraires fixée par la convention collective tend à devenir non opposable dans son application devant la pression du marché. Des promotions étonnantes sur les prix sont offertes même à Madrid. Le recours à des encastes jusque là délaissées, les carteles plus toristes et la prolifération d’encerronas et autres mano à mano cachent en réalité la recherche d’un coût moindre.

Les appels d’offres pour la gestion d’arènes attirent de moins en moins de concurrence, certains sont même déclarés disiertos et les collectivités jusque là gestionnaires en régie ont tendance à se retirer devant le risque économique encouru.

Force est de constater aussi l’abîme qui s’est creusé entre le versant financier représenté par les professionnels et d’autre part l’aficion ce qui génère les frustrations de plus en plus exprimées par les passionnés dans les tertulias, les reseñas et autres articles ou blogs. Quant à lui, le public a tendance « à voter avec ses pieds » l’argument de la crise ayant bon dos même s’il est bien réel….

Le monde de la corrida est atomisé (pour ne pas dire explosé) en autant de groupes plus ou moins autonomes et plus ou moins organisés qui se côtoient et se fréquentent sans se rencontrer et, « le duende aidant », s’ajustent plutôt plus en temps normal, plutôt moins quand les temps deviennent difficiles.

Sans apparaître comme le pessimiste de circonstance il me semble que les enjeux actuels imposeraient une réaction collective visant à arrêter une stratégie de moyen terme dépassant le contexte réducteur de la crise actuelle : la corrida ne peut s’abstraire d’une certaine modernité  en matière d’organisation et de gestion. Comme on le voit dans le sport professionnel l’intérêt économique n’est bien sûr pas à négliger mais  il y a aussi à introduire un zeste de régulation concertée et d’équilibre des pouvoirs et contre pouvoirs.

Comment peut-on concevoir une activité économique fondée sur la vente de services produisant un chiffre d’affaire conséquent qui n’effectue ni étude de marché, ni analyse des attentes des partenaires et des clients, pratique un lobbying désordonné et n’engage pas la moindre prospective?   

La corrida a su développer dans le passé le volet spectacle de sa pratique et cela reste la tendance actuelle (peut être à l’excès mais pourquoi pas si elle n’oublie pas ses fondamentaux) ; cela lui donne l’obligation de construire une approche stratégique concertée avec toutes ses composantes : toreros, apoderados, empresas, ganaderos, collectivités locales et aficionados. Ce n’est pas le cas. Or rares sont les activités sociales qui ne se sont pas organisées soit de leur propre initiative soit à la demande des Etats ; la corrida fait exception ce qui n’est pas à son avantage. Le sport en se professionnalisant et en devenant une activité économique à part entière (les grands clubs européens de football font appel aux marchés financiers ne l’oublions pas) a su préserver les structures fédérant les acteurs de deux mondes, l’un professionnel l’autre amateur, en faisant cohabiter les sociétés à objet sportif, les associations à but non lucratif et les collectivités locales lesquelles financent généreusement les dites sociétés commerciales. A l’heure où il aspire à la reconnaissance universelle de son activité par l’intermédiaire de l’UNESCO le mundillo devrait réfléchir à un tel modèle.

Par l’entremise de ce type de structures  les activités obtiennent une légitimité indiscutable en devenant les interlocuteurs des Ministères de tutelle; le contre-exemple  est affiché lorsque la représentation de la corrida est réduite à quelques figuras auto-désignées… il est utile de rappeler que dans ce type d’architecture l’Etat délègue après agrément et par convention une partie de ses prérogatives d’ordre public au monde considéré qui dès lors agit pour le compte de celui-ci et sous son contrôle.  Une telle organisation, classique et qui a fait ses preuves, repose sur un outil de type fédératif au plan international représentant les fédérations nationales avec participation par collèges des divers acteurs, pour notre activité les clubs taurins représentant les aficionados, les mandataires des professionnels torero, ganadero, vétérinaires et  les représentants des organisateurs et collectivités publiques, et un outil de type ligue professionnelle pour couvrir le champ social et si nécessaire des comités départementaux pourraient compléter le dispositif.

J’entends déjà les sarcasmes face à une vision qui sera jugée trop jacobine des choses et les réflexions sur l’infaisabilité d’un tel projet dans un milieu qui opte trop souvent pour l’opacité des pratiques et surtout au motif que cette  activité n’est que juridiquement tolérée. Je crains que les faits ne me donnent raison et que selon le processus déjà engagé l’économique ne l’emporte par la recherche systématique du spectaculaire, certes source de « devises », mais, à mon sens et par les temps qui courent, victoire à effet de court terme, victoire à la Pyrrhus…..

Tout n’est pas à faire mais il reste beaucoup à faire. En France l’association du type loi de 1901 fédère l’aficion dans les clubs taurins ; ceux-ci cherchent eux-mêmes à se rapprocher mais il y a entre autres deux fédérations (FSTF et UCTPR) ; il existe aussi la représentation des vétérinaires (AVTF), des éleveurs de bétail brave et celle des villes taurines (UVTF), notons aussi la récente émergence d’une association des toreros français. Selon moi une étape essentielle a été franchie en France avec la création de l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT) que nous envie le mundillo espagnol : il est un lieu idéal d’impulsion ayant vocation à aider à l’élaboration d’une stratégie pour la corrida ; il n’est pas un organisme d’initiés plutôt intellectuels, son pragmatisme a payé avec l’inscription  à l’inventaire.

Pour aller au bout du raisonnement il faudrait envisager en préalable l’organisation d’assises internes à la tauromachie organisées par une Haute Autorité, instance politique décisionnelle dont la composition équilibrée fonderait la légitimité, avec comme support pédagogique l’Observatoire qui doit privilégier son rôle de laboratoire d’idées. Ce type de représentation permettrait l’ouverture de chantiers facilitant la reconnaissance de la corrida par nos partenaires ou même par les opposants. Il n’y a rien de pire que l’argument commun selon lequel « pour vivre heureux vivons cachés » peu porteur d’une perspective d’avenir et proche du « après moi le déluge ».  

L’exemple des démarches engagées en matière de chasse pour la gestion des territoires et des espèces dans le contexte très contraignant des directives européennes relatives à la protection de la nature démontre que la raison peut s’imposer et l’emporter sur les passions, fussent-elles exacerbées, à la condition qu’existent les lieux d’écoute et de décisions partagées. Une telle approche qui pouvait apparaître comme utopique a donné des résultats positifs  auxquels ont participé et continuent à participer les représentants des chasseurs et les écologistes ; ce n’est donc pas hors de portée ; alors, même si nous partons de plus loin que la chasse, notre passion n’étant qu’une exception et ne constituant pas un sujet politiquement porteur, pourquoi pas ?


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L'actualité taurine au fil du web

Publié le par Charles CREPIN

Il est beaucoup question de l’école d’Espartinas et de son directeur, Espartaco père, qui jette l’éponge. Il ne supportait plus les pressions des parents qui exigent un toro réduit, à l’instar des figuras. Une facilité qui, pensent-ils, devrait permettre de propulser leur « fiston » dans les étoiles. Au cœur du problème, un trio infernal qui mine la corrida : toro-bonbon / toreo à cent passes / émotion absente. Sauf que les trois premiers éléments en induisent tout naturellement un quatrième : l’absence de vrai talent. Inutile d’essayer d’en convaincre les aficionados, ils le sont déjà depuis longtemps, et leur opposition à ces dérives est payée au prix d’une suspicion d’intégrisme, voire de terrorisme.  

Il se dit que Simon CASAS, n’est pour rien dans l’organisation de la corrida de José TOMÁS aux dernières Vendanges nîmoises. Ce dernier aurait tout décidé.

l’ANDA (Association Nationale des Aficionados) qu’on croyait morte depuis plusieurs années signe un retour tonitruant avec la publication d’un sévère réquisitoire contre l’UVTF (Union des Villes Taurines de France) sur le blog Campos y Ruedos :http://camposyruedos2.blogspot.fr/2012/10/uvtf-boire-et-manger.html. Commentaire anonyme : comment adhérer à l’association ?   Avant, on aimerait en savoir davantage sur cette renaissance bienvenue, sur la vie de l’association et ses objectifs.

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