TORO EMOCIÓN

Publié le par charles CREPIN.

 

 

- A partir de moi, le toreo sera une question de Style.

                                             Juan Belmonte.

 

 

Le problème le plus important, en tauromachie, est celui de l’Esthétique.

Simon Casas, il y a quelques années sur Canal +

 JP Darracq. Génése de la Corrida  moderne.

 

 

"N'en déplaise à Simon Casas, le premier devoir du torero est de s’appliquer à dominer le toro. Le reste, les belles séries de passes longues, viendra de surcroît. Et plus cette domination aura exigé d’efforts, plus intense sera l’émotion. Celle qui fit dire à Rafael «El Gallo» toréant un grand toro d’Aleas à Madrid :   A chacune de mes passes, les larmes me jaillissent des yeux… "

Jean-Pierre Darracq « El Tío Pepe » Genèse de la corrida moderne.

 

 

"Plus cette domination aura exigé d’efforts, plus intense sera l’émotion". Cette nuance est ici fondamentale. D’un côté, un torero de premier rang qui donne des passes de rêve, ciselées, templées, un Enrique Ponce des grands jours par exemple. En face, un toro à l’armure commode, décasté, mono-pique, et sans force ni sauvagerie, qui passe soixante fois, parfois plus, autour du maître. Pour l’aficionado averti, cette faena proche de la perfection donne l’impression d’un combat contrefait et sur joué où seule compte l’esthétique du geste. En tout cas, elle ne transmet pas l’émotion d’un combat authentique, éminemment risqué, même si le risque mortel demeure.

 

Précisément, le toro n’est-il pas la véritable clé du problème ? Car en effet, la faena formatée, telle qu’on la voit aujourd’hui est couramment le fruit de la collaboration docile d’un toro sélectionné à cet effet. Un toro noble et soso à l'excès, partenaire d’un torero “distanciado” et profilé qui, en fin de faena, vient se placer à deux centimètre du frontal de l’animal épuisé et immobile. Qu’il fasse le même numéro devant un Victorino ou un Miura. Après, promis, on en reparle. Bref, tout ceci est parfait pour l’esthétique, mais un peu mince pour l’émotion.  

 

C’est donc bien le toro qui, par sa puissance, sa caste et sa bravoure, dessine les contours possibles du toreo moderne, celui de la seule esthétique et des artifices, ou celui de la véritable émotion. Question de style, question de sincérité aussi.

Publié dans Le toro

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