SORTEZ VOS MOUCHOIRS !

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Les trophées en Arles, Pâques 2010 

 

Le point de vue de Paul BOSC

 

 

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Il est 18 h 30  à l’horloge des arènes d’Arles. En ce lundi de Pâques, se déroule la dernière corrida de la feria.  Juan Bautista joue les infirmiers face à Bilbanito un toro du Puerto de San Lorenzo, en le maintenant debout par des passes hautes. La faena est agréable, le geste est là, précis, les passes s’enchaînent. C’est joli. Mais sans émotion. On ne saura jamais pourquoi, Le président de la course fait jouer l’orchestre.  Et après la mort du toro le même président accorde deux oreilles au torero arlésien.  Le public s’indigne, conteste cette décision. Une oreille aurait été une récompense justifiée. Du coup, Jalabert junior se sépare de ses trophées et fera le tour de piste sans montrer les récompenses. Bronca à la présidence.

 

 

Matias Tejela qui lui succède, rencontrera le seul San Lorenzo possédant encore de la hargne, de la sauvagerie, de  la méchanceté que les aficionados attendent d’un toro de combat, même si Pitillo avait tendance à aller chercher un refuge près des planches. Bien embêté, le président tardera cette fois à sortir le mouchoir blanc sous les vociférations du public. Puis un second. Il  n’a pas osé accorder la queue. Les deux toreros sortent par la grande porte.

 

 

La veille, pour la corrida de Miura, aucune oreille n’a été accordée. Le public n’a pas cru devoir récompenser la faena de Rafaellilo, pourtant autrement méritoire que celles de Juan Bautista et de Tejela. Pas plus qu’il n’a voulu accorder à Medhi Savalli l’obtention d’un trophée. L’autre Arlésien a pourtant montré sa valeur face à ces Miura pas faciles.

 

 

A la place du président, je crois que j’aurai osé brandir le mouchoir sans que le public le demande, dès que le torero est venu saluer le palco, avant même l’enlèvement de la dépouille du Miura.  Comportement déraisonnable certes. Mais quand on voit comment ont été attribuées les oreilles le lendemain, il n’y a pas de mal à se faire plaisir.

 

 

Pour la Feria nîmoise, le même cartel est proposé aux aficionados que l’on dit « toristas ». Course qui, la plupart du temps, s’achève comme à Arles : sans trophée. Alors que le public actuel, en grande majorité, ne se réfère qu’au nombre d’oreilles ou de queues coupées pour remplir les arènes. Réagissons. Faisons entendre notre plaisir de voir des toros qui ne sont pas des faire-valoir, qui possède cette sauvagerie ancestrale sans laquelle   la corrida n’est plus qu’un spectacle taurin, comme l’a claironné un ancien matador, devenu directeur de revue.

 

 

Sortons nos mouchoirs et exigeons des présidents qu’ils accordent des trophées à ces valeureux toreros !

 

Paul Bosc

 

 

 


Publié dans Aficion

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