Nous aurions dû danser toute la nuit

Publié le par Paul BOSC

Les journaux télévisés ne projettent que des images de catastrophes, des crimes, des guerres, du sang, des vols, des agressions et bien d’autres horribles sujets. Mais l’autre soir il y avait aussi quelques images réjouissantes : la Bretagne fêtait la reconnaissance par l’Unesco de l’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité d’une tradition locale ancestrale : la fest-noz. Dans l’Ouest, les Bretons se sont tenus la main et ont dansé toute la nuit.

C’est ce que nous aurions dû faire le 22 avril 2011 quand le président de l’observatoire des cultures taurines a annoncé au premier jour de la Feria d’Arles que la corrida était inscrite à ce même catalogue. Nous aurions dû mais nous ne l’avons pas fait, laissant les anti-taurins décupler leurs haines, baver de colère, signer des pétitions et conduire leurs hordes jusqu’à profaner la statue de Nimeno et à s’enchaîner sur la piste des arènes de Rodilhan lors de la finale du trophée Graine de Toreros dont le principe même n’a pas été renouvelé à la suite de cet incident.

Nous ne l’avons pas fait parce que ce peuple de Provence et du Languedoc croit encore que les traditions restent vivaces et que les taureaux qu’ils soient de Camargue ou d’Espagne, les abrivado, les  fêtes votives dans les villages, la course camarguaise ou la corrida sont à jamais dans les mémoires de notre jeunesse comme dans celles de nos parents et grands-parents et que demain nos enfants et petits-enfants connaitront les moments festifs que nous avons vécus.

Hélas, la durée des fêtes votives est aujourd’hui discutée par la préfecture au motif que les bagarres sont de plus en plus nombreuses, que l’on boit trop d’alcool, que les gendarmes ont d’autres missions que de surveiller, des semaines durant, des festivités qui ne sont plus que le rendez-vous de beuveries. Car il faut bien se rendre à l’évidence : les fêtes votives ont perdu leur sens traditionnel. La sécurité des lâchers de taureaux est devenue draconienne. Les arènes qui étaient le centre de la fête, où les familles venaient avec enfants et grands-parents, sont désertées et la Fédération de la Course Camarguaise cherche un nouveau souffle pour faire revenir les spectateurs sur les gradins. Le constat est à peu près le même pour la corrida qui, hors des grandes affiches, ne remplit plus les arènes. Suite aux événements de Rodilhan, Nîmes-Métropole a supprimé « Graines de toreros », privant ainsi les « apprentis-toreadors » d’un entraînement précieux et le public local d’une manifestation populaire gratuite.

Peu à peu, tout semble fait pour que nos traditions disparaissent, et que nous nous fondions dans le moule d’une culture bien lisse et bien propre où pas un cheveu ne dépasse. Saurons-nous résister ? Aco es pas segur !

Publié dans Traditions

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GIRARD Georges 13/12/2012 19:29

Résister ? Certes... Mais comment ? Pour résister, il faut d'abord prendre la mesure du danger. Qui le fait ? Il faut s'organiser, se liguer, avoir envie de se battre... Contre qui ? Des hordes
claisemées d'agités du bocal pour lesquels le politiquement correct est la bible... A la phrase "Mort aux cons !", De Gaulle avait répondu : "Vaste programme..." Pour une fois il n'était pas loin
de la vérité ! G.GIRARD