Monsieur Chavanieu

Publié le par Vingt passes

 

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Un vrai nîmois "reboussier"

Par Charles Crépin 


Hier, un article du blog La Brega évoquait en des termes émouvants la grande figure que fut Henri Capdeville pour l'aficion du Sud-Ouest et l'aficion française en général. Je relève dans son éloge ces quelques phrases d'une grande justesse :

 

" En vrai gascon de race, il méprisait élégamment l'obséquiosité, la bassesse et la courtisanerie. Il ne s'encombrait pas de ces palcos ou de ces callejons auxquels il aurait pu prétendre autant sinon plus que beaucoup d'autres. Il ne leur a jamais voulu sacrifier l'éthique sourcilleuse qui l'a toujours accompagné aux arènes, comme elle le dirigeait dans la vie. C'est, je crois, ce qu'on appelle l'honneur, un mot certes bien désuet, qui perd l'un de ses plus fidèles serviteurs".

 

Ces propos dédiés au "vrai gascon de race" que fut Henri Capdeville, on peut les répéter mots pour mots  à l'adresse de René Chavanieu, ce vrai nîmois "reboussier" dont le combat courageux et obstiné pour l'authenticité de la  Fiesta Brava et contre la fraude, dont l'abnégation  et les rigoureuses positions sur l'éthique n'ont jamais faibli en soixante ans d'une aficion vigilante  et sourcilleuse elle aussi, d'une aficion passionnée qui l'a toujours accompagné, dans l'arène comme  dans le campo camarguais. A 86 ans aujourd'hui, ce très ancien compère d'Henri Capdeville tient  toujours sa place sur les gradins de nombreuses arènes de France et d'Espagne, dans les congrès taurins et toutes les manifestations où il y a de l'aficion, où il  y a quelque chose à dire sur les toros. Et quand c'est le cas, il y va et il le dit, avec une autorité toujours intacte qui lui vaut le respect et la reconnaissance de tous. De tous, je l'espère.

 

Notre ami revistero Paul Bosc, aficionado exigeant et perspicace, nous parle, dans l'article qui suit, de cette fameuse reconnaissance.

 

 

 

 

La reconnaissance des siens...

Par Paul Bosc.

 

La Fédération des sociétés taurines de France, à l’occasion de son 94e congrès, a rendu hommage à deux grands aficionados : Henri Capdeville, président pendant 20 ans de cette honorable institution et René Chavanieu, le Nîmois, le reboussié, l’empêcheur de tourner en rond, le mayoral de Riboulet, l’homme qui a vécu quelque vingt San Firmin de Pampelune. Une figure de l’aficion française. La Fédération leur a décerné la médaille d’honneur de l’Aficion. Une médaille presque à titre posthume pour Henri Capdeville décédé quelques jours plus tard.

 

Une médaille ? Pour quoi faire quand toute sa vie on a suivi un cap généreux, que l’on s’est consacré à sa passion, sans faiblir, pour le meilleur, dans le bonheur du devoir accompli.

Sur René Chavanieu, sa fille et sa petite fille pourraient écrire des livres, elles qui ont la plume facile, pour que les jeunes générations s’enrichissent du savoir de cet «aficionado à los toros » exemplaire. Voilà une œuvre utile, plutôt qu’une médaille. Pour autant, le revers est tout de même la reconnaissance des siens, ce qui, dans chaque profession, est la satisfaction suprême qui dépasse le professionnalisme, la maîtrise de la technicité, la connaissance du savoir. 

 

Pour René Chavanieu il serait temps que les Nîmois, tous les Nîmois, même ceux qu’il a malmenés, reconnaissent ses compétences et ses qualités. Peut-être par une médaille que la ville lui doit bien ?  Peut-être par une ovation dans le conclave des arènes ?

 

 

 


 

 

 

 

Publié dans Aficion

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