Le Printemps

Publié le par Paul BOSC

 

 

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La nature reprend vie, s’épanouit, étale ses couleurs, comme chaque année depuis des millions d’années. On fête ici l’espoir de belles récoltes, l’avenir de jours meilleurs. La liaison secrète qui lie la terre au soleil est encore honorée par les cultures anciennes amérindiennes. Nous, ici, nous les avons perdues, obstinés par le progrès, la marche en avant de notre société impitoyable. Et pourtant nous avons les mêmes pulsions que la petite fleur qui pousse, que l’arbre qui bourgeonne, que la prairie qui verdit. Et la vie est alors belle et les filles aussi…
Le grand-père de Jonathan Veyrunes qui sera présent  dimanche prochain pour la tienta de machos à Saint-Gilles, nous le disait l’autre matin : « Jonathan qui vit aujourd’hui en Espagne m’a reproché d’avoir vendu la propriété que je possédais. Il aurait voulu vivre à la campagne, près de la terre. Reprendre le bistrot de son père, ce n’était pas son truc. Là-bas il est heureux au milieu des terres à toros.»
Voici quelques années, dans les arènes des Saintes-Maries de la Mer, Diamante Negro, novillero de valeur,  qui aurait pu devenir un très grand torero artistique et qui possède ce duende que seuls, peut-être, Curro Romero et Morante de la Puebla ont à fleur de peau, avait donné une faena magnifique à un novillo de Zalduendo. Une de ces faenas qui vous hérisse les poils, qui font jaillir des larmes de vos yeux. De l’émotion comme seule la tauromachie sait en donner.  Juan Pedro Domecq était venu le féliciter et, en piste comme sur les gradins, tout le monde était heureux. Curro Caro, torero arlésien de grande sensibilité  avait alors trouvé cette phrase magnifique : « On aurait dit une petite fleur colorée qui apparaissait au milieu d’un désert de sable ».
Le printemps est magique. Et imprévisible, hélas. Les soubresauts de cette terre malmenée du  Japon nous inspirent compassion et tristesse.
Le week-end prochain, LE PRINTEMPS DES JEUNES AFICIONADOS revivra, à Saint-Gilles, porté par des aficionados véritables qui  au sein de la COORDINATION DES CLUBS TAURINS DE NÎMES ET DU GARD se dépensent sans compter pour mettre sur pied ces journées de découverte de la tauromachie mais aussi pour permettre à de jeunes talents d’éclore, sans idées mercantiles puisque toutes les animations, tous les spectacles sont gratuits. Et l’on pense à ces toreros en devenir, pleins  d’espoir et de vérité qui seront dans les arènes dimanche après-midi : Sergio Salas Suarez (Espagne), Kike, (France) ; Tiago Santos (Portugal) et Clementito (France), qui auront l’opportunité de toréer des erales de la ganaderia du Scamandre, propriété d’Olivier Riboulet dont les toros seront présentés dans les arènes d’Arles quelques jours plus tard.
Demain, c’est déjà le printemps.

Publié dans Aficion

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