La pique "BONIJOL" (suite)

Publié le par Charles CREPIN

 

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L’article « la pique BONIJOL » d’Hubert COMPAN (du 29 novembre), a suscité quelques réactions.… (voir les articles publiés et commentés chez nos amis bloggeurs)

 http://bregaorthez.blogspot.com/2010/12/pique-francaise-le-retour.html

 http://camposyruedos2.blogspot.com/2010/12/pique-francaise.html

 

Si le sujet est sensible, l’objectif d’Hubert COMPAN est néanmoins le même que celui de chacun d’entre nous (aficionados) : valoriser le 1er tercio (avec un souhait fort : le retour du toro-toro partout). Son approche sur les moyens est évidemment différente : Hubert COMPAN est un aficionado doublé d’un professionnel de terrain expérimenté et d’un scientifique enclin à l’innovation. Son approche (naissance, cadre de vie et bien-être, nutrition, transport, séjour aux corrales jusqu’à l’entrée en piste, épreuve des 3 tercios) est tournée en priorité vers la mise en valeur et la préservation du potentiel physique du toro.  C’est dire que le « moteur » du toro constitue pour lui la clé de toutes les problématiques liées à la fois au test de la bravoure et à la résistance physique, donc au comportement du toro tout au long de la lidia.

 

Vingtpasses publie aujourd’hui une contribution de Paul BOSC aficionado et revistero d’expérience. Son approche sur la « pique française, ou plutôt sa manière d’aborder la question, est fort différente de celle d’Hubert COMPAN, rejoignant celle des aficionados qui craignent, instruits par l'expérience, que cette innovation ne permette aux professionnels de mieux banaliser le medio-toro dégénéré dont ils se montrent, de façon constante, si friands, au détriment de l’authentique race brave.  En tout cas, le débat sur la « pique française » est ouvert, mais gardons nous de critiquer une expérience à peine initiée avant d’en connaître les résultats.

 

 

 

Deux ou trois petits riens...qui énervent

Par Paul BOSC

 

Il pleut dehors, mais le froid ne mord plus. Un temps à garder ses charentaises aux pieds et à passer sa journée à rêver au printemps, aux corneilles ou aux toros. Pour les rêves, il suffit d’ouvrir son ordinateur sur les sites taurins ou les blogs soigneusement sélectionnés, pour leurs qualités, dans les favoris. Après seulement trois clics, la vérité remonte du fond du puits. Et, hélas, elle n’est pas toujours bonne à dire, la vérité.

- A Quito, un juge a interdit l’entrée des arènes aux enfants de moins de douze ans.

- Salamanque perd 600 toros et vaches de lidia dans trois ganaderias centenaires : les patas blancas de Sanchez Cobaleda ; les Terrubias et les Murube de José Manuel Sanchez. 600 reses partis se faire égorger, sans peine ni gloire, dans un abattoir.

- La Corogne veut suivre  la Catalogne et abolir les corridas.

- Fréjus a succombé aux sirènes de la Côte d’Azur qui ont convaincu le maire de ne pas faire souffrir les animaux dans les arènes restaurées.

- A Madrid, une proposition de loi demandant qu’au moins dix corridas soient diffusées sur la chaîne internationale de la télévision espagnole, a été rejetée.

Un assommoir aurait dit  Emile Zola.

 

Et puis, on apprend que l’empresa de caballos Alain Bonijol a présenté à l’assemblée générale de l’UVTF, une nouvelle pique expérimentale. Et là, de lien en lien, l’aficionado découvre un véritable débat ouvert par Hubert Compan sur le blog « vingt passes, pas plus » et André Viard sur « Terres taurines »

 http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-11-10/29-11-102.php.

 

Le vétérinaire nîmois s’enthousiasme sur cette invention et prescrit que la blessure sera moins traumatisante, moins sanglante et que le tercio de piques sera revalorisé tandis que le Gascon écrit : « Cette pique française sera-t-elle le prétexte d'un de ces nouveaux phénomènes de surchauffe dont le monde de l'aficion française a le secret ? Il est à espérer que non, de même qu'il faut souhaiter que le processus enclenché par l'UVTF depuis un an se poursuive, avec la consultation la plus large possible, afin de moderniser ce tercio fondamental de la lidia, dans l'intérêt du spectacle, du toro et de l'aficion ».  

Réponse épidermique de l’aficionado passionné : « Personne ne voit l’utilité de changer la forme du fer pour continuer à  piquer des toros insipides qui sont imposés par les vedettes actuelles du toreo et les empresas ».  Réflexion qui ramène au chapitre précédent en mentionnant que Litri (père) ou Paco Camino et même Ordonez ne rechignaient pas à affronter les patas blancas, les murube , les atanasio… Et même des Miura.

Et que depuis 60 ans que je vois des corridas, ce n’est pas la forme du fer, qui a changé quelque chose dans le déroulement du premier tiers-temps d’une course. Dans les années soixante quand les toros n’étaient pas marqués sur la patte de l’année de naissance, la pique à « rondelle » faisait bien plus de dégâts dans la chair de novillos de l’époque et pourtant,  le règlement était alors sur trois piques obligatoires et la chute de la cavalerie bien plus fréquente même si les chevaux d’Heyral étaient plus lourds, beaucoup plus lourds que ceux aujourd’hui de Bonijol.

La pensée première des aficionados ne peut donc qu’être négative par rapport à cette évolution en constatant que les professionnels de l’arène ne cherchent qu’à s’adapter aux toros dégénérés proposés et non pas à un retour souhaité du véritable toro de combat, plus rustique, plus avisé, plus sauvage afin que la course de toros garde ses mystères et ses incertitudes. Bref, que la corrida ne devienne pas un banal « spectacle ». Ce qui peut paraître inquiétant quand on lit, à la fin de l’édito de notre célèbre revistero-éditeur-torero : « Grâce à cette pique française, l'évolution nécessaire du spectacle contemporain est pour la première fois initiée chez nous. Et à Rion où la pique a été utilisée hier à la satisfaction générale, chacun a compris l'importance de cette innovation ».

 


Publié dans Le toro

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