LA CASTE FONDAMENTALE VISTAHERMOSA

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

TORO BRAVO, CASTES ET ENCASTES

Par Jacques TEISSIER *


(V) L'EMERGENCE DU "TORO BRAVO"  (suite)


 4. Des toros « sauvages » d’Andalousie,
source de la caste fondamentale vistahermosa

 

La famille Rivas est une famille d'agriculteurs de Dos Hermanas, à une quinzaine de kilomètres au sud de Sevilla. Dès avant 1733, date de leur 1ère attestation, aux arènes de Séville, les Rivas (en particulier un certain Tomás), élèvent des toros de combat ; on ignore leur origine précise, mais que seraient-ils d’autre que du bétail issu des troupeaux andalous ?... La plus grande partie du bétail des Rivas va devenir la source (unique ?) de la caste vistahermosa, qui, pour être andalouse, n’en présente pas moins des caractéristiques nettement différentes du cabrera et du gallardo : il devait y avoir quelque part [dans un coin de la marisma ???] un bétail original…

En 1770, à Utrera, dans la province de Sevilla, Pedro Luis de Ulloa Calís, 1er conde de Vistahermosa, amorce le création de la caste vistahermosa en acquérant la plus grande partie, semble-t-il, du bétail des Rivas. A partir de 1776, son fils Benito de Ulloa se met à sélectionner scrupuleusement le troupeau par tentadero a campo abierto (= acoso y derribo), envoyant à l'abattoir toutes les bêtes qui ne lui donnent pas satisfaction. Il se place rapidement en tête des ganaderos de son temps. Avec ses successeurs, ils tiendront le haut du pavé pendant 53 ans. Au fil des années, les bonnes qualités de bravoure et de noblesse des produits de cette origine les ont conduiront à un quasi monopole dans l'élevage bravo… au détriment des autres origines.


Toro vistahermosaLes principales caractéristiques morphologiques et comportementales des premiers vistahermosa tranchent nettement avec celles des cabrera et autres gallardo . Qu’avaient donc de particulier les toros des Rivas ? dans quel coin d’Andalousie les ont-ils trouvés ? La génétique nous en dira peut-être davantage un jour ou l’autre…

+ Robes : negro nettement majoritaire, mais on trouve aussi cárdeno (noir mêlé de blanc), colorado (roux), castaño (châtain).
+ Plutôt petits par rapport à la moyenne de l'époque mais musclés et robustes ; de tête petite et ramassée ; extrémités, queue et peau fines. L'ensemble étant harmonieux et de bon trapío.
+ Ce qui les a imposés, ce sont leurs qualités de bravoure, et surtout l'alegría, la docilité et la noblesse de leur charge jusqu'à la fin du combat : ils correspondaient toujours plus à l'évolution de la corrida, depuis la lidia ancienne jusqu'à aujourd'hui.

Ils se sont scindés en de nombreuses branches (Saltillo (?) ; murube-urquijo / murube–ibarra-Parladé / murube–ibarra-santa coloma / plus les croisements Hidalgo-Barquero et Vega-Villar).

 


* Prêtre, aumonier des arènes de Nîmes, aficionado practico, Jacques TEISSIER  a réalisé depuis plus de 10 ans un considérable travail de recherche dédié aux élevages et aux encastes de toros bravos, travail que les aficionados, les journalistes taurins, les professionnels de l'arène, les éleveurs, ainsi que les scientifiques peuvent découvrir sur son remarquable site: TORO–GENESE.


Le 5 novembre 2009, Jacques TEISSIER a donné une conférence devant les membres du CERCLE TAURIN NIMOIS dont il était l’invité. Dans son intervention l’auteur évoque, l’essentiel de la genèse du toro bravo en laissant de côté les détails indigestes qui jalonnent habituellement ce sujet ardu mais incontournable et passionnant pour l’aficionado. « Vingt passes, pas plus »  publie le contenu intégral de cette intervention dans une série de 14 articles.


Prochain article : LA CASTE FONDAMENTALE VÁSQUEZ

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