Faiblesse des toros - Feria d'Arles - Avril 2010

Publié le par Charles CREPIN

 

Faiblesse et préparation alimentaire

ou comment éviter un fracaso ganadero.

 


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Hubert Compan, vétérinaire taurin et nutritionniste est déjà intervenu sur le thème de la préparation alimentaire du toro de combat (voir l’article « le toro : mobilité, force et faiblesse" -  rubrique  LE TORO).

La faiblesse caractérisée de certains toros de la récente Feria pascale lui donne l’occasion de revenir sur le sujet. Hubert COMPAN donne dans les lignes qui suivent un avis éclairé sur la question et définit les bonnes pratiques d’une assurance « anti fracaso ».

 

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"Il se trouve que pour la féria d'Arles, deux éleveurs, très éloignés par l'encaste et les distances, Bruno Blohorn et Antonio Miura  ont appliqué les recommandations et les techniques de préparation alimentaire que nous avons définies à l'issue des 4 années de recherches avec l'INRA et dont j’avais parlé lors de la réunion du Cercle Taurin Nîmois (JEUDI DU CERCLE - 4 février 2010).

 



Les toros fatigués par les mauvaises conditions hivernales sont des toros qui ont dépensé leur glycogène pour lutter contre le "vent- pluie", l'humidité et le manque de confort de couchage: pour compenser ces pertes énergétiques de plus en plus de ganaderos  distribuent quelques jours avant l’embarquement puis dans les corrales une alimentation enrichie en agents glucoformateurs pour reconstituer les réserves hépatiques et musculaires de glycogène: le produit couramment utilisé s'appelle le BOVERGOL, il correspond a des apports indirects de sucres puisque le ruminant ne peut digérer et utiliser les sucres simples.

5 toros sur 6 de blohorn ont « mis la tête » au ras du sol et ont répété sans chuter ce qui est rare pour des Jandillas. Les Miuras ont étés intéressant par leur combativité des la sortie, leur mobilité aux bandérilles qui caractérise une bonne récupération après les piques : 6 toros différents avec dans le lot toujours un toro intoréable, un toro noble, un toro criminel, un toro difficile etc, et ça nous change de la monotonie des autres élevages.

Le comportement des Ana Romero a été caractéristique du manque de glycogène: ils ont tous terminé bouches fermées et néanmoins ont montré de la faiblesse due à la panne de carburant après les piques. Les toros du Puerto de san Lorenzo : je crois savoir qu’ils reçoivent aussi des agents glucoformateurs : seuls les 2 derniers ont montré une grande mobilité. Les ganaderos de plus en plus nombreux qui appliquent ces techniques reconnaissent à l'unanimité que si la préparation alimentaire avec des glucoformateurs ne résout pas totalement le problème des chutes, elle permet une meilleure récupération après les piques et plus de mobilité dans le dernier Tercio.

Pour le moment les recherches INRA - AFVT ont débouché sur la réalisation de publications et de thèses qui n'ont eu que peu d’effets sur le monde de l'élevage: nous avons donc commencé un programme important d'information des éleveurs en France comme en Espagne et nous préparons des documents de vulgarisation qui résument l'ensemble des travaux et des solutions proposées. Nous n'avons pas la prétention de convaincre tous les éleveurs ni de résoudre tous les problèmes de faiblesse, mais la préparation alimentaire que l'INRA préconise peut constituer une sécurité et une assurance pour éviter un "fracaso" ganadero.   Hubert Compan"

 


Publié dans Le toro

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