CASTAÑO primé à NÎMES

Publié le par Charles CREPIN

 

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Remise de la médaille au maestro samedi dernier 16 février 2012, au siège de l'UTN à Nîmes

Au titre des Ferias nîmoises 2012, le jury des Fondateurs de la Feria de Nîmes a décidé d’honorer, pour son comportement exemplaire devant six toros de Miura, le maestro Javier Castaño Perez.

En cette après-midi du 26 mai 2012, Javier Castaño a suscité le respect des aficionados les plus exigeants, exauçant leurs souhaits pour une corrida authentique. Il a cassé la routine des lidias convenues et remonté d'un cran les 3 tercios de la lidia.  

 Et de quelle manière !  Par la diversité du jeu servi, afin de donner sa  lidia et sa faena à chacun de ses adversaires. En conduisant avec autorité une cuadrilla talentueuse et soudée, unanimement saluée par un public ravi. En donnant le la dans toutes les phases du combat : jamais dans le callejon, toujours sur le sable,  toujours présent pour les mises en suerte et le quite quand il le fallait. Et enfin, par une faena ponctuée d’un récibir venant de l'horizon, magique, presque irréel, presque surnaturel, sur un fil ténu entre estocade et don de soi.

 

Les raison du vote du jury

Sans ignorer l’autre évènement majeur hors normes qui a profondément marqué les dernières Vendanges nîmoises les Fondateurs de la Feria de Nîmes ont tenu à consacrer le comportement exemplaire de Javier Castaño lors de son encerrona devant 6 toros de Miura. Cette corrida a sans doute marqué un tournant. Elle  traduit magistralement dans les faits le mouvement profond qui se propage dans l’aficion en faveur d’une revalorisation du premier tercio. Elle a enfin suscité depuis lors une competencia au plus haut niveau de l’escalafon, traduite actuellement par quelques gestes de la part des figuras. Des gestes certes encore peu nombreux, mais des gestes néanmoins révélateurs que l’aficion n’attendait plus. 

 

Les FONDATEURS DE LA FERIA DE NÎMES, un peu d'histoire

En 1950, la frontière espagnole s’ouvrait à nouveau aux aficionados, impatients de retrouver l’ambiance des ferias et de voir des corridas dont ils avaient été privés durant des années. Madrid, Barcelone, Séville, Pampelona, étaient autant de rendez-vous courus des aficionados nîmois. Dans la passion retrouvée, il est  fort probable que certains d’entre eux aient caressé le rêve d’importer à Nîmes le modèle espagnol de la Feria.

 Deux évènements survenus en 1951 allaient précipiter les choses :

  • La loi "Ramarony-Sourbet" votée le 12 avril légalisait les corridas dans les villes de tradition ininterrompue, récompensant ainsi cent ans de lutte des gens du Midi.
  • Nîmes fut choisie pour organiser le 37ème congrès de la Fédération des Sociétés Taurines de France, prévu du 30 mai au 2 juin 1952.

 Dès lors, la voie était libre, et l’aficion nîmoise n’attendait plus qu’un programme digne d’une vraie Feria.

 

Une démarche des clubs taurins nîmois

En 1952, il y avait à Nîmes 5 clubs taurins typés corrida. L’Union Taurine Nîmoise avait déjà 56 ans, le Club Taurin Lou Ferri de Saint-Cézaire fêtait son 30ème anniversaire, le jeune Cercle Taurin Nîmois avait soufflé ses 5 bougies, et l’Aficion Cheminote Nîmoise était née 2 ans auparavant. Francis Cantier « Paquito », directeur de la revue TOROS, allait bientôt rejoindre ces 5 sociétés taurines avec les Amis de Toros, pour constituer le premier Comité d’organisation de la Feria de Nîmes.

  L’entente était parfaite. Elle portait déjà les prémices d’une union solide entre les clubs nîmois dont l’héritage se trouve encore aujourd’hui magnifiquement préservé par une certaine Coordination des Clubs Taurins Nîmois qui compte près de 2500 adhérents. Toujours est-il qu’à l’époque, la démarche de ces clubs fut confortée par l’enthousiasme spontané des aficionados et le soutien des élus.  

De son côté, le Directeur des arènes, Ferdinand AYME, fut d’abord réticent. Mais son intelligence et son sens des affaires lui firent comprendre assez vite que derrière la démarche des clubs se profilait un événement d’envergure. La sagesse de l’homme et sa convivialité firent le reste : Ferdinand AYME fit le pari gagnant qu’on peut bâtir solide avec les forces vives de l’aficion nîmoise. Il annonça des cartels de rêve. La FERIA de NÎMES était née !

 Au fil des années, bien sûr, d’autres personnalités allaient contribuer à faire de cette Feria un événement exceptionnel de renommée internationale. Mais ceci est une autre histoire.


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La médaille des Fondateurs de la Feria

L’année dernière, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Feria, les clubs taurins fondateurs ont fait frapper une médaille signée par le peintre Albert Martin afin de distinguer chaque année une ou plusieurs personnes qui, par leur action auront marqué la feria de la Pentecôte ou celle des Vendanges.

 Les premiers exemplaires de cette médaille ont mis à l'honneur quelques personnages ayant écrit des épisodes du passé de la Féria : Paco OJEDA, Christian NIMEÑO, Juan José PADILLA.


Publié dans Coup de chapeau

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GIRARD Georges 18/02/2013 19:43

C'est une bonne chose que Xavier Castano rejoigne le cercle des "grands" toreros et que Nîmes le reconnaisse. Reste Tomas... Aura-t-il lui aussi cette opportunité ?
G.GIRARD