Billet pré-Vendanges

Publié le par Frédéric PASCAL

LA CHRONIQUE DE FRÉDÉRIC PASCAL
 

La montagne a accouché d’une souris.

Bilbao, la grande difficulté de l’été s’achève sur un bilan contrasté, voire sombre, si on en croit les déclarations peu amènes à l’encontre de plusieurs figuras et de quelques ganaderos de la part de Luis Diaz de Lezana, président de la commission taurine de la Junta administrative de Bilbao.  Pour lui, Ponce est le seul à avoir tenu son rang du côté des toreros tandis que la plupart des ganaderias (La Quinta, Torrestrella, Matilla, Jandilla...) ne seront pas reconduites pour manque de résultat. En fait, aucun toro n’a mis la tête en brave, pas plus dans les leurres, que lors du tercio de varas*. Dans ces conditions il fut impossible aux toreros d’aligner les passes de qualité. C’est ainsi qu’on vit les plus grandes figuras du moment signer des faenas heurtées ponctuées de désarmés et de rectifications de terrain précipitées, à peine dignes de toreros novilleros. Qui plus est, si les toros n’ont pas mis la tête, les matadors n’ont pas mis l’épée, ce qui a fait échapper quelques oreilles aux prestations les moins pénalisées par le ganado. Si on ajoute à cela le défi démesuré relevé par El Juli, qui accepta de tuer seul six toros, suite à la blessure de Perera, le rideau tombe sur une feria ratée. Le fait que le président Lezana sauve Ponce du naufrage est à mettre,  pour partie, au crédit de l’histoire d’amour qui lie depuis plus de dix ans Bilbao, à ce torero, mais aussi à la forme olympienne affichée par ce dernier en cette fin d’été. Partout où il passe, il triomphe…ou indulte ses adversaires !  Il recolle fermement au groupe de ceux pour qui Bilbao s’est soldé par un demi échec : Juli, Perera et Castella. En marge du circuit des grandes Ferias, José Tomas continue de remplir les arènes et de couper les oreilles. Intercalé, Morante de la Puebla, qui à fait l’effort d’aller à Bilbao en dépit des séquelles d’un grave blessure reçue le 7 août au Puerto de Santa Maria, paye le prix du sang, puisqu’il à une nouvelle fois été blessé le 28 du même mois à San Sebastian de los Reyes. El Cid perd du terrain. Manzanares reste en vue de meilleurs, mais voit sa position menacée par la triplette de jeunes, Pinar, Tendero, Luque, dont l’appétit de triomphe ne se dément pas. Les positions ne sont acquises pour personne. Le mois de septembre, traditionnellement le plus dangereux, s’annonce riche en péripéties de part et d’autre des Pyrénées. A Bayonne, Dax, Arles, et Nîmes, l’aficion française sera fidèle aux derniers rendez-vous de la temporada. 

 


 

 

*Le comportement du toro de combat dans le peto est le même que dans les leurres; d’où l’intérêt de détailler le premier pour mieux comprendre le second.


Publié dans Chroniques

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