ECRITS SUR LES TOROS

Publié le par Jean-Yves BAUCHU



« Je trouve plus de grandeur d'âme dans la lutte d'une victime et d'un assassin que dans le combat de l'homme avec le taureau. L'assassin risque sa vie en cette rencontre mais ne prétend pas passer pour un héros... »

La phrase m'intrigue. Elle est à la vingt-deuxième ligne de la première page du livre « Ecrits sur les taureaux », « Escritos de toros », publié en 2008 chez Les Fondeurs de Briques, éditeur en Arles. Ouvrage broché, 90 pages, format 20 x 13 cm, couverture cartonnée, rouge sang, à rabats.

Je le feuillette. Le livre m'intrigue.




Quinze articles, et deux lettres en appendice, parus dans la presse hispanique entre 1896 et 1936, écrits par Miguel de Unamuno.

J'apprends par le rabat de la couverture que l'auteur (1864 - 1936) est d'origine basque, philosophe, universitaire, recteur de l'université de Salamanque, charge dont il fut destitué par la dictature de Primo de Rivera, et cætera...J'apprends par l'autre rabat de couverture que ce recueil nous donne le point de vue de l'auteur sur la « soi-disant fête nationale espagnole. Point de vue sacrilège puisqu'il rejette le jeu tauromachique au même titre que le flamenco, comme symbole de l'hispanité. Plus que les corridas en tant que telles, Unamuno en dénonce l'exploitation médiatique qui contribue à maintenir le peuple espagnol dans l'ignorance ».

Un philosophe, basque, espagnol, anti-taurin ?

Me voilà suffisamment accroché : j'achète le livre ; les prochaines vacances sont propices à la lecture...


Et si nous profitions des vacances pour lire quelques textes anti-taurins ?

 

Nous pourrions commencer par le livre d'Emmanuel de Monredon «  Le regard des choses. Histoire française de la taurophobie » publié en 2007 par l'U.B.T.F. Format 21 x 14 cm, broché de 301 pages. 24 €uros dans les librairies nîmoises. L'auteur, juriste de profession, bien connu des Nîmois et des lecteurs de « Toros » a déjà écrit « La corrida par le Droit ». 



 

Vous pourrez y lire que, bien avant les protecteurs des animaux, les opposants les plus farouches aux courses de taureaux furent les curés, évêques et autres gens d 'Eglise pour le prétexte que les combats des taureaux détournaient les hommes des offices dominicaux, que les vociférations de la place des combats se mélangeaient trop aux prières, que les blessures mortelles des cornes, en nombre certes important, ne conduisaient pas au paradis.

Je vous recommande particulièrement la lecture du chapitre en quatorzième rang, page 261, sur le « Beau Dimanche de B.B. », lisez Brigitte Bardot. Comment les convictions personnelles peuvent varier en fonction des intérêts que l'on en tire ? B.B dans la jeunesse de sa gloire, en barrera des arènes, ou toréant une malheureuse vache pour les besoins du tournage du film « Des bijoutiers au clair de lune » (1957). Comme quoi, cela est bien connu, seul les imbéciles ne changent jamais d'avis.



Poursuivez par la lecture plus romanesque du livre d'Eugénio Noel « 
Les toros du désespoir », paru encore à l'U.B.T.F. en 2002, ouvrage broché de 173 pages, au format 21 x 16 cm. En couverture une éblouissante chromolithographie du célèbre illustrateur de la revue La Lidia : Daniel Péréa. 24 €uros, toujours, dans les librairies nîmoises.


 

 


 

Eugénio Noel est contemporain de Miguel de Unamuno, appartenant comme lui à « cette génération de 1898 », refusant la corrida comme l'opium d'un peuple, fédérant l'identité espagnole. Des anecdotes, des nouvelles souvent écrites au second degré, qu'il faut savoir percevoir derrière les situations amusantes. Ma préférée «  Un train Spécial - Corrida en Castille ». Des dialogues entre voisins de banquette de wagons, du bon sens « populaire » porté à la dérision, des incidents de voyage inracontables. Le tout dans un style pittoresque, souvent drôle, baroque. A lire. Si tous les anti-corridas pouvaient être aussi intelligents et écrire aussi bien, nous passerions de bons moments...



 

 

Profitez de vos vacances pour vous aérer l'esprit, vous détendre avec d'autres ouvrages, en oubliant quelque peu les taureaux. Je ne saurai que vous conseiller la lecture de « La peau de tambour » d'Arturo Pérez-Reverte. Seules concessions à la tauromachie : l'auteur est espagnol, l'action se situe à Séville, dans les milieux de l'Eglise et de la très haute aristocratie andalouse, et un personnage de second plan est un ancien torero manqué, mal, très mal reconverti dans le milieu de la boxe.

 

      

 

 


Si ce livre vous captive autant qu'il a pu me passionner, me scotchant complètement dans sa lecture, tout vous sera indifférent tant que vous n'aurez pas lu la dernière page. Vous ne pourrez rien faire d'autre que vivre avec cet émissaire du Vatican, particulièrement séduisant, enquêtant sur de mystérieux cadavres découverts dans une vieille église du Barrio, tenue par un vieux curé « reboussier ». Un bande de Pieds - Nickelés, un ancien avocat cubain sans diplôme, une cantatrice de flamenco déchue, minables escrocs à la petite semaine vous servira de fil guide. Vous savourerez particulièrement cette vieille et très digne comtesse dans un contre emploi de hacker de virus informatiques de haut vol.Durant les 505 pages de ce Livre de Poche, collection Points, vous oublierez tout, absolument tout. De vraies vacances que je vous souhaite les meilleures.



 



 

Publié dans Lectures

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