Un desplante qui dégénère !

Publié le par vingt passes, pas plus...

Victoriano Roger y Serrano «Valencia II» (1898-1936) fut un torero « court  de répertoire», et de surcroît sans main gauche (ce qui, à son époque était encore un défaut rédhibitoire...).  Malgré tout, ce torero généreux, trémendiste et courageux conquit le public madrilène et connut un bon succès d'estime.

 


Le «Cossio» relate sa carrière et mentionne sobrement sa mort au cours des  «événements tragiques» de 1936. Mais Domingo Delgado de la Camara (LE TOREO REVU ET CORRIGE. Editions Loubatières - 2004) va plus loin. Il nous révèle que «Valencia II», phalangiste de la première heure se trouva retenu à Madrid dans les premiers jours de la guerre civile. Le Frente popular l'invita à toréer au cours d'un festival dans les arènes de las Ventas. A la fin du paseo, il salua la présidence... en faisant le salut romain des phalangistes !!!  «El Gallo», présent à ses côtés lui glissa : «Victoriano, je t'en prie, ils vont nous tuer». Quelques jours plus tard, en effet, on fit monter "Valencia II" dans un camion afin de le conduire vers le cimetière de Fuencarral, pour la corvée de bois... Là, avant d'être fusillé, il arracha son dernier trophée : l'oreille d'un milicien qu'il avait mordu. 


Charles CREPIN



Publié dans Culture taurine

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