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Animalisme, antispécisme, dégradation de l'humain

Publié le par vingtpasses

Antonio Purroy est intervenu récemment aux JEUDIS DU CERCLE (à Nîmes-Hôtel Imperator)  dans une conférence très suivie sur le thème "Populisme et Tauromachie - Le bal des hypocrites".

Aujourd'hui dans cette page, le professeur Purroy dénonce animalistes et végans. Il alerte en particulier sur la menace présentée par les antispecistes qui prônent l'alignement et l'égalité par le bas de toutes les espèces animales et, par voie de conséquence et sans conscience, la dégradation de l'humain.  DANGER !

A découvrir aussi sur le site de la Fédération des Sociétés Taurines de France http://torofstf.com/

A lire également "La fête des taureaux est grandeur". 

(http://www.vingtpasses.com/2016/12/la-fete-des-toros-est-grandeur.html)

Photo Michel ChauvierreLa menace du mouvement animaliste

La civilisation occidentale plonge ses racines dans la culture gréco-romaine et dans la pensée judéo-chrétienne, elle s’enorgueillit, de plus, d’avoir conduit l’évolution socioculturelle et religieuse de plus de la moitié du monde durant deux millénaires. Depuis quelques décennies, un nouveau mouvement essaie de s’imposer fortement dans le contexte international pour subvertir l'ordre établi et substituer à l'humanisme chrétien, où l'homme est le centre intellectuel et moral de la vie ordinaire, un nouveau concept selon lequel les animaux irraisonnables possèdent la même importance que la condition humaine, ce qui, pour le moins, semble insensé.

Le promoteur principal de cette nouvelle croisade animaliste est le philosophe australien Peter Singer, formé à l'Université d'Oxford et qui exerce comme professeur de bioéthique à l'Université de Princeton (USA). En 1975, il a publié un livre, “La Libération animale” qui est devenu la bible des animalistes, défendant l'égalité morale entre humains et animaux, jusqu’à affirmer que la mort a la même valeur pour les uns et pour les autres. Mais la vie d'un moustique a-t-elle la même valeur que celle-là d'une vache laitière ? ; et celle d'un chimpanzé ? Dans ce positionnement, l'hypocrisie apparaît souvent.

Ce nouveau mouvement animaliste va beaucoup plus loin et défend l'antispecisme c'est-à-dire l’égalité par le bas de toutes les espèces animales, avec pour effet de dégrader l'homme, ce qui est l'un des objectifs du mouvement. Et même diriger le coup plus haut, jusqu’aux dieux et ainsi mettre en pièces l'opinion du philosophe grec Aristote : les animaux sont déraisonnables et mortels, l’homme est raisonnables et mortel, les dieux sont raisonnables et immortels.

Le courant animaliste s’abreuve aussi aux sources de l'écologisme profond, celui qui a des accointances avec le monde végétarien et végan. Les végans sont opposé à l'élevage du bétail, à son sacrifice dans les abattoirs et à la consommation d'aliments d'origine animale. Ils ne sont pas conscients du nombre de familles qui vivent de l’élevage dans le monde (au moins 1300 millions d'emplois directs et 700 millions d’indirects), de la sauvegarde de l'équilibre écologique que procure l’élevage, des plus de 800 millions de personnes qui souffrent de la faim … Quelle grande irresponsabilité !

C’est comme s'ils voulaient nous faire retourner au néolithique quand l'homme abandonne le nomadisme et apprivoise les animaux pour ne pas avoir à dépendre de la chasse pour disposer de protéines animales de grande valeur nutritive très nécessaires dans notre régime. De grandes multinationales nord-américaines de l'alimentation investissent d'énormes sommes d'argent pour chercher à fabriquer de la viande de synthèse qui pourrait se substituer à la naturelle, une utopie inaccessible.

Ce nouveau courant naît à l’écart du milieu rural. L'ignorance de la vie rurale, de la production agraire et de l'équilibre environnemental fait que les animaux de production - de revenu - s’affrontent aux animaux de compagnie qui ont été sortis de leur milieu naturel pour vivre dans une ambiance humanisée, qui ne leur correspond pas. Comment croire, par exemple, qu'un chat châtré, qui vit dans un appartement de luxe, est plus heureux que s'il vivait en pleine campagne, chassant des souris dans son vrai milieu naturel.

Beaucoup d'activités humaines à grande tradition culturelle, rattachées aux animaux, faisant partie aujourd’hui des activités de loisir, se trouvent menacées par l'intransigeance des animalistes. La chasse, la pêche, la tauromachie, les cirques, les zoos … sont les points de mire des antis qui, sans être nombreux, sont bien organisés et généreusement financés par de grands groupes internationaux.

La tauromachie ne les préoccupe pas spécialement parce qu'elle représente très peu dans le contexte socio-économique, puisque elle se pratique seulement dans huit pays au monde, avec peu de répercussion économique. Elle a, cependant, un grand effet par la présence de la mort dans l'arène utilisée comme un prétexte à déclencher beaucoup de protestations animalistes. Un petit succès contre les taureaux a une grande répercussion médiatique qui galvanise les intransigeants. Les mouvements antitaurins ne comprennent pas qu'ils sont manipulés par la grande cause animaliste qui prétend transformer le monde.

Beaucoup plus inquiétant est le dommage qu’elle peut causer à l'élevage, aux éleveurs, aux consommateurs et à l'environnement. Et que le monde des animaux de compagnie - des mascottes -, ne soit pas trop rassuré. Pour le moment il est laissé tranquille parce qu'il génère beaucoup d’activité économique : dans la seule Europe des 28, plus de 60.000 millions d'euros par an.

Il ne fait aucun doute, que la croissance du mouvement animaliste apporte des dangers devant lesquels nous ne pouvons pas rester impassibles.

 

Antonio Purroy Unanua
Professeur de Production Agraire à l'Université Publique de Navarre de Pamplona, membre de la Société Civile de Navarre
 

Lire ici le texte original en Espagnol

Publié dans Corrida et Société

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Les lignes bougent !

Publié le par vingtpasses

Un édito de Dominique Valmary, Président de la FSTF

Sous le couvert de bons sentiments ou de militantisme, les médias relaient généreusement les thèses animalistes les plus diverses depuis la nécessaire protection et défense de l'animal, la revendication plus contestable des droits des animaux, jusqu'à porter la parole de l'extrémisme végan.

Et comme souvent en pareil cas, le phénomène promeut un nouveau mode de vie à imposer au citoyen qui est aussi consommateur. Aujourd'hui les grandes surfaces ont senti l'opportunité profitable à court terme en créant des rayons de produits qualifiés végans où s'étalent en particulier les produits substitutifs aux protéines animales. Pourquoi pas si la démarche relève du choix éclairé du client et son information quant à l'idéologie qui sous-tend ce mouvement.

Or il faut le savoir, le véganisme vise à éradiquer toute exploitation de l'animal par l'homme et réfute la primauté de l'homme sur l'animal...

Ne nous laissons pas abuser. L'argument du bien-être animal relève d'une approche anthropomorphe que rejettent pourtant ces militants ! Il est plus logique d’oeuvrer pour la bientraitance animale.

Tous ceux qui font métier ou pratiquent des activités auprès et avec l'animal ont pris la mesure du danger présenté par la diffusion insidieuse de ce dogme. Les débats tenus au Sénat lors du colloque « l'homme et l'animal : vers un conflit de civilisation ? » ont débouché sur la signature de la Charte pour les Libertés et la Diversité des Cultures. En quelques semaines deux départements ont enclenché la démarche Esprit du Sud, bientôt un troisième et les tractations s'engagent dans plusieurs autres. Esprit du Sud vise à fédérer tous ceux qui sont attaqués et visés par la désinformation : éleveurs, gaveurs, chasseurs, pêcheurs, apiculteurs, ostréiculteurs, aficionados de toutes les tauromachies et du cirque classique, filière viande... Des actions sont en vue.

Les lignes bougent, veillons au développement d'Esprit du Sud dans nos régions de cultures taurines et ne laissons pas passer le train !

Les lignes bougent aussi à l'Union des Villes Taurines de France, nous attendons de la nouvelle équipe conduite par la ville de Bayonne la pleine exécution du Plan Triennal de Développement, de Transmission et de Défense des Cultures Taurines. Nous jugerons les actes, premier rendez-vous en mars prochain.

Lire aussi sur le site FSTF : http://torofstf.com/

Publié dans actualité

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La « Fête des toros » est grandeur

Publié le par vingtpasses

Par Antonio Purroy

Antonio Purroy est professeur titulaire de la chaire de production animale à l'École technique supérieure d'ingénieurs agronomes de l'Université publique de Navarre, dont il est Vice-recteur, membre de la Comisión Nacional Evaluadora de la Actividad Investigadora (CNEAI), organisateur des Jornadas sobre el toro de lidia, qui se tiennent tous les deux ans à Pampelune depuis 1998.

Il est l'auteur de La Cría del toro bravo. Arte y progreso. (Mundo Prensa, Madrid, 1988) et de Comportamiento del toro de lidia (Universidad publica de Navarra 2003), publié dans une traduction de Marc Roumengou sous le Titre, Comportement du taureau de combat (Atlantica, 2014).

Jeudi 8 Décembre 2016, Antonio Purroy donnera une conférence sur le populisme et la tauromachie à l'invitation du Cercle Taurin Nîmois.

"Populismos y tauromaquia : el baile de la hipocresía"

Les Jeudis du Cercle - Hôtel Imperator Nîmes - 8 Décembre 2016 à 19H00

Sur réservation - Contact :  jeudisducercle@gmail.com

Pourquoi nous défendons la Tauromachie

Il existe de nombreuses raisons de défendre la Tauromachie et plus elle est attaquée plus ceux qui aiment la Corrida trouvent de raisons de la défendre. Sa défense est d’ailleurs relativement simple lorsqu’on l’accompagne de quelques adjectifs qui l’exaltent. La « Fête des toros » est grandeur parce que les toreros jouent leur vie chaque après-midi et qu’ils continuent à être des héros dans notre modernité. Qu’est-ce qui pousse un jeune torero – parfois moins jeune – à affronter un animal qui à la moindre inattention peut le casser en deux et l’encorner dans l’âme ? Un mélange de risque, de défi, de satisfaction, de sentiments, d’orgueil, de victoire. Et il est si généreux qu’il s’offre aux spectateurs pour qu’ils vibrent et s’émeuvent, car ce sont bien des étincelles d’émotion et d’art qui se dégagent de la rencontre toro-torero. On pourrait dire la même chose de la tauromachie populaire, où les jeunes gens anonymes jouent également leur vie en échange d’une poignée d’applaudissements et guère plus. Existe-t-il une plus haute grandeur dans la modernité actuelle ? « Le toreo est grandeur », disait en effet Joaquín Vidal.

            La Tauromachie est admirable parce que la vie du toro dans son habitat est admirable, en raison de l’environnement dans lequel il est élevé, particulièrement la Dehesa[1], qui est un écosystème à la fois agricole, sylvestre et pastoral merveilleux et unique d’une grande valeur écologique. Le comportement du toro est admirable ; il est le fruit d’un système de sélection appliqué par les éleveurs depuis plus de trois siècles, où, pour choisir les étalons et les mères des futurs toros, on combine l’héritage transmis par les parents, leur bravoure propre et la transmission de leurs caractères à leurs descendants.

            C’est une méthode de sélection parfaite qui a peut-être été inventée par les éleveurs de braves sans qu’ils le sachent vraiment et qui s’applique aujourd’hui à de nombreuses races de bétail dans le monde.

         La beauté qui se dégage de nombreuses phases de la lidia est admirable : un défilé musical et lumineux dans des arènes pleines ; quelques véroniques suaves et lentes devant un toro impétueux et racé ; une suerte de piques, aussi nécessaire que belle,  bien exécutée sur un toro brave à l’intégrité et au physique irréprochables ; quelques naturelles main basse à un toro noble et « encasté » ; l’engagement du volapié poussé aves cœur et conviction ; le toro qui résiste à la mort…

         Mais ce qui est véritablement admirable ce sont les valeurs que possède la Tauromachie, les valeurs éthiques de respect aux personnes et au toro ; les valeurs esthétiques qui se dégagent d’un art qui te donne la chair de poule ; la valeur écologique incalculable des milliers d’hectares de Dehesa occupés par le bétail de lidia ; les valeurs culturelles…

         La Tauromachie est effectivement une culture riche, et c’est peut-être pour cela que F. García Lorca disait que « la tauromachie est probablement la fête la plus emplie de culture au monde ». Tous les arts ont été influencés par la Corrida, autant en Espagne qu’en dehors, maintenant et dans le passé. La peinture et la littérature ont été probablement les arts qui ont été le plus imprégnés de la magie de la Tauromachie. De grands peintres comme Goya, Picasso, Manet, Zuloaga, Miró, Botero… et des écrivains importants – Valle-Inclán, Bergamín, Hemingway, Lorca, Alberti, Cela, Vargas Llosa… - ont été attirés par la force d’un monde qui ne laisse personne indifférent, en bien ou en mal.

         Les aficionados sont peut-être plus ou moins cultivés, mais personne ne doute de leur sensibilité. Les toreros ne sont pas des assassins (Santiago Martín “El Viti” un assassin ? Et puis quoi encore ?). Les aficionados ne sont pas des tortionnaires, ils ne jouissent pas de la douleur. Il est injuste de douter de l’attitude des spectateurs qui vont aux arènes en toute liberté pour assister à un spectacle absolument unique.

         Et ce qui est certain c’est que la Tauromachie est légale. La pression prohibitionniste actuelle est tellement forte – très bien orchestrée et très bien financée qui plus est – qu’elle donne l’impression aux aficionados et aux spectateurs potentiels que la Corrida est sur la corde raide et, ce qui est pire, elle finit par te faire sentir coupable d’y participer.

         Mais il ne faut pas s’alarmer en excès parce que l’ambiance prohibitionniste a toujours accompagné la Tauromachie. Parmi toutes les interdictions qui ont eu lieu, deux ont été particulièrement notables. D’une part, celle que le pape Pie V a prononcé en 1567 sur tout le monde catholique avec la Bulle De salutis gregis dominici contre les spectacles avec toros « qui n’ont rien à voir avec la piété ni la charité chrétienne, à cause du danger que courraient ceux qui y participaient ».

         Après une série de vicissitudes qui sont hors de propos, le pape Clément VIII abrogea 29 ans plus tard la bulle de Pie V avec le Bref Suscepti numeris qui maintenait tout de même l’interdiction pour les moines et les frères mendiants (les curés et les frères ont toujours eu une grande afición…).

         La grande interdiction arrivera avec Carlos IV et son Ordonnance Royale de 1805 dans laquelle « sont absolument interdits dans le Royaume les courses où sont sacrifiés taureaux et novillos ». Cette interdiction resta longtemps en vigueur d’un point de vu légal mais sans effectivité en raison de la tolérance des autorités qui n’eurent pas le courage d’empêcher le déroulement d’une « Fête » si populaire, avec un tel engouement de la part du peuple, car elles craignaient que l’ordre public soit gravement troublé. Ce fut finalement en 1991 que l’interdiction fut levée par l’adoption de la Loi 10/1991 sur les « Pouvoirs administratifs en matière de spectacles taurins et ses conséquences », c’est-à-dire pas moins de 200 ans d’interdiction de la Tauromachie en Espagne (en France il y eut un phénomène semblable avec la loi Grammont de 1850) mais sans aucune conséquence effective. Cette loi fut adoptée alors que le socialiste Felipe González était le président du gouvernement.

         Par la suite, la Loi 18/2013 sur la déclaration de la Tauromachie comme Bien d’Intérêt Culturel et la Loi 10/2015 qui déclare la Tauromachie comme Patrimoine Culturel Immatériel renforcent la légalité de la Corrida dans toute l’Espagne, y compris la Catalogne après la récente sentence du Tribunal Constitutionnel (il était temps !) qui restaure la légalité des corridas dans cette région.

         Certains se refusent à considérer que la Tauromachie est « génétique » parce que l’amour de la « fête des toros » - dans sa plus large acception – est gravé au fer rouge dans l’ADN du peuple espagnol depuis des temps immémoriaux. Ces raisons, entre autres, sont celles qui nous donnent la force nécessaire pour défendre la Tauromachie sans complexe, sans sans peur, parce que, comme un toro brave, il faut se grandir en ces temps transcendants pour l’histoire de la Corrida.

Antonio Purroy Unanua

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