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Minutes de vérité à Saint-Martin

Publié le par Paul BOSC

 

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Saint-Martin de Crau a vécu hier une course de taureaux qui va marquer, cette année encore, la temporada. La corrida de Rehuelga (origines Buendia, purs santacoloma) a enthousiasmé les aficionados présents en grand nombre aux arènes Louis-Thiers qui ne se sont jamais ennuyés.   Et pourtant…

 Tout aurait pu être différent si, en tauromachie, il ne fallait pas passer par la case ultime du combat : la « minute de vérité », la mise à mort du toro.  Le président de la course M. André Roques aurait très bien pu suivre la demande du public qui réclamait l’indulto de « Jilguero » le quatrième toro de cette corrida de la ganaderia Rehuelga, presque inconnue du grand public. Un grand toro de 515 kg né en février 2009 au cuir noir avec des poils blancs (negro entrepelado bragado) qui a attaqué par trois fois le cheval de la cavalerie Bonijol monté par  Francisco José Quinta en y mettant les reins pour montrer sa noblesse, puis en livrant une noblesse infatigable dans la muleta de Morenito de Aranda.

 Le résultat aurait été de la récompense des deux oreilles et la queue factices délivrées au matador et la grâce du toro qui aurait alors regagné le toril vivant. Triomphe médiatique pour Saint-Martin et pour le torero. Un peu facile et hors de la vérité de ce moment qui est l’essence même de la corrida.  La présidence n'a pas cédé à la pétition d'indulto

 Minute de vérité pour Morenito

Il a bien fallu que Morenito s’engage pour porter l’estocade, ce fameux moment de vérité où le torero se découvre pour atteindre « la croix » entre les omoplates de la bête et le toucher mortellement d’un coup d’épée. Et là… ! Adieu oreilles et queue, adieu triomphe médiatique, adieu indulto, pour laisser place au désespoir d’un matador incapable d’ajuster son arme correctement. « Jilguero » eut droit à une vuelta posthume très applaudie, Morenito de Aranda à un salut tout aussi applaudi par le public qui ne lui a pas tenu rigueur de son échec avec les aciers. Au premier, « Almendrito » toro faible qui ressentait peut-être, les coups subis après s’être violemment battu aux corrales, le torero avait également salué.

 

Minute de vérité pour Thomas Dufau

  Thomas a laissé échapper un grand triomphe face au troisième, « Sombrerero », autre Reguelga à être honoré d’un tour de piste posthume, le meilleur toro de la course, une estampe de toro que le torero montois n’a pas su comprendre, le toro allant « a mas », le torero « a menos ». Autre échec face au sixième qu’il a laissé aux bons soins de son picador qui ne s’est pas privé de piquer n’importe comment.

 Minute de vérité aussi pour Ruben Pinar

 Bblessé gravement l’hiver dernier, revenu aux arènes avec courage et détermination mais qui, comme tous les toreros qui ont subi la corne des taureaux, il mettra certainement longtemps avant de retrouver tous ses moyens. Il est vrai qu’il n’a pas eu le meilleur tirage au sort.

 

Minute de vérité pour la Unica et les arènes Louis-Thiers de Saint-Martin de Crau...

... qui sont entrées, après des années de travail, de recherches, d’expériences dans le cercle très restreint des plazas toristas incontournables. Mais, avec cette course, elles ont prouvé qu’il existait encore des courses de taureaux, de véritables taureaux qui donnent de l’émotion, de la crainte, de la peur et où le spectateur n’est pas abruti par des dizaines et des dizaines de passes en long, en rond, en large et en travers par des toreros vedettes face à des toros sans race.

 

Paul BOSC

Publié dans Ferias

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Corrida à Belgrade

Publié le par vingtpasses

 

1971. A BARCELONE le 2 septembre, le jeune Roberto PILES reçoit l’alternative des mains de son parrain et mentor le grand Luis Miguel DOMINGUIN, témoin Palomo LINARES, au cours d’une somptueuse corrida de TORRESTRELLA.

A BELGRADE 15 jours plus tard, corrida au programme d’une semaine espagnole en terre yougoslave. Luis Miguel et Roberto PILES sont au paseo.

 

AFFICHE

 

En compagnie de l’écrivain Georges SEMPRUN, les deux toreros assistent au banquet offert en leur honneur par le maréchal TITO.

TITO se penche vers Roberto et lui dit :

 -       ¿ Roberto, que tal ? ¿ cómo está?

-       ¡ Oye !  ¿ Habla español ???

 Réminiscence d’un séjour en Espagne… dans les Brigades Internationales.


Publié dans Souvenirs

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CRIN BLANC

Publié le par Paul BOSC

 

La Liberté !

Je me souviens. C’était au cinéma Majestic, aujourd’hui disparu, de la rue Emile Jamais, mais l’immeuble qui l’a remplacé garde encore son nom.  En 1953, il projetait ce film inoubliable qui aura marqué les générations d’enfants de la guerre, mais aussi leurs parents et grands parents. Une ode à la Camargue sauvage, aux chevaux blancs comme l’écume des vagues, à  cet enfant qui vivait encore  ses rêves : « Crin Blanc ».

 

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Dans une Camargue encore vierge, sans touriste, entre sable et paluns, entre vagues et sansouires, un cheval sauvage voulait garder sa liberté de galoper dans cette plaine de vent et de sel. Des hommes, sans méchanceté, ne pensaient qu’à attraper cet étalon et le domestiquer, mais seul un petit pêcheur des étangs, un enfant parvint à l’approcher même s’il dut subir une épreuve terrible avant de pouvoir approcher cette bête du Vaccarès. Trainé sur des kilomètres par « Crin Blanc » accroché à son lasso, Folco, joué à l’écran par un petit Marseillais d’une dizaine d’année, Alain Emery, obtint la confiance du Camargue.  Tous les deux trahis par les hommes iront chercher, en s’enfonçant en mer, un pays où ils pourront vivre libres. Vivre libre, la belle affaire !  

 

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 La Camargue sauvage, en 60 ans a disparu, vaincue par les touristes qui cherchent encore aux Saintes-Maries de la Mer le souvenir de Crin Blanc, en parcourant, à dos de chevaux dociles, les bords de l’étang du Vaccarès. Denys Colomb Daunant, le scénariste de ce film de Albert Lamorisse, qui obtint le Grand Prix du court-métrage au festival de Cannes en 1953, est décédé en mars 2006 . Il n’aura pas vu la destruction de l’hôtel particulier nîmois qui portait son nom à l’angle de la rue Fenelon et du boulevard Talabot.

 Tout a changé en soixante ans. En 1953, Aparicio, César Gijon ou Antonio Ordoñez qui faisait la “une” de Paris-Match, n’étaient pas la honte du monde. Les défenseurs des animaux qui ne digéraient pas depuis deux ans la loi autorisant les courses de taureaux, ne crachaient pas sur les aficionados qui se rendaient aux arènes, ne les insultaient pas, ne tentaient pas de les empêcher d’entrer.

 Aujourd’hui, il faut mobiliser un escadron de gendarmes pour contenir une bande de braillards qui voudrait interdire une tradition légitime des pays du Sud. C’est l’attaque frontale et brutale au nom de quoi ?  Le mot liberté inquiète. Il est  trop révolutionnaire, il faut censurer la poésie, domestiquer ce qui est différent d’une ligne politiquement correcte, attacher Crin Blanc, le priver de galoper. Il faut interdire. Eh bien non !

 Samedi 19 avril, à Arles, en pleine Camargue, pays de Crin Blanc, un grand rassemblement d’hommes et de femmes épris de liberté se réunira devant l’amphithéâtre pour démontrer que le pays où l’on peut vivre libre est bien celui-ci, celui où nous vivons, où nos traditions sont respectables, où nous aimons nous rendre. Le peuple taurin pourra alors former une mer humaine. Non pas pour y périr comme Folco et Crin Blanc, mais pour garder sa Liberté.

 

 

Publié dans Traditions

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GRAND RASSEMBLEMENT ARLES 19 AVRIL 2014

Publié le par vingtpasses

Publié dans Aficion

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