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"Questions pour un champion"

Publié le par Dominique VALMARY

J C en 2012

Non vous ne rêvez pas, Julien Lepers vient d’enregistrer une séquence de son célèbre jeu sur le thème désormais fréquentable de la corrida, activité d’autant plus légale depuis la décision du Conseil Constitutionnel en ce 21 septembre. En voilà un extrait tiré d’une fiche consultée sur Facebook le jour du bug informatique :

« Je suis né le 28 février 1980 à Cistierna, province de Leon ; fils de bonne famille je me suis orienté très tôt vers un métier dangereux et aléatoire où priment courage et abnégation sans nier la part d’élégance qui en est aussi le signe. J’ai débuté le 8 mai 1999 à San Miguel de Valero devant des Cruz Madruga d’origine Montalvo donc Domecq y Diez. C’est à San Sebastian en 2001, un 1er avril,  que j’obtins la reconnaissance suprême des mains d’Enrique Ponce, mon parrain, en présence d’El Juli devant Entrador un Santiago Domecq de 562 kilos; cette reconnaissance se concluait par un salut au tiers avant que je ne sois blessé par mon second adversaire. Un mois et demi plus tard, le 17 mai, j’étais confirmé à Madrid par Ortega Cano et Finito de Cordoba devant Turronero le pupille de Doña Maria del Carmen Camacho, de sang  Carlos Nuñez. Je ferai ma présentation en France à Eauze la même année en compagnie de Victor Puerto et de Juan Bautista. Après une période difficile, quelques courses chargées d’émotions ont changé le cours de mon histoire : sûr de ma technique et de moi-même j’use désormais de mon dominio pour contraindre au mieux les Miura, Palha et autres Escolar ralliant à moi les aficionados les plus exigeants. Partisan de la corrida authentique je m’astreins à valoriser tous les membres de ma cuadrilla ; après Tito Sandoval en 2011 c’est au tour de David Adalid Sanchez de connaitre aujourd’hui et régulièrement les honneurs de saluts et de prix. Ma saison 2012 sera marquée de nombreuses cogidas, preuves s’il en est de mon engagement sincère, et surtout par mon succès printanier à Nîmes seul contre six Miura. Mes initiales sont J.C….

Je suis, je suis, je suis….? »

Comment exister en tauromachie quand on a dix ans d’alternative et une reconnaissance du mundillo toute relative? Comment se relancer lorsque la foi et l’envie sont toujours là mais que nombre d’illusions sont perdues?

J.C, les initiales sont déjà prises et  difficiles à porter… sauf par certains tel Javier Condé le torero qui, parfois, semble marcher sur l’eau, peut être très rarement mais alors il faut en être! La sélection est impitoyable et il a réagi après avoir pris conscience avec lucidité des limites qui s’imposaient à lui ; il a su prendre le virage des élevages exigeants en marquant son territoire. Pour cela il a rompu avec une certaine routine et cherché à surprendre en créant autour de lui une ambiance qui pour l’instant lui est propre ; mais jusqu’où ira-t-il?

L’engagement et le courage sont ses marques de fabrique indispensables pour affronter les taureaux dits de respect mais ce sont les fondamentaux de tous les oubliés du torerisme ;  elles  ne suffisent pas à compenser les faiblesses qui sont les siennes: un répertoire restreint, la « planta torera » plus dans la tête que dans l’expression corporelle, un peu froid le navarrais, ne permettent pas de faire la différence avec les autres belluaires de la classe. Il a pour lui son sérieux, l’avantage de la régularité dans son office et une autorité indéniable sur son équipe. L’opportunité que lui offre le retrait dans son créneau de compañeros plus anciens Victor Mendès, Richard Milian, Ruiz Miguel avant-hier, Stéphane Fernandez Meca et Luis Francisco Espla hier, El Fundi aujourd’hui mais aussi l’effacement d’un Rafaelillo et les espoirs déçus de tant d’autres lui permet de rebondir.

Désormais mature et peu susceptible d’évoluer, ses aptitudes physiques et ses qualités de torero le situent sur le plan technique dans la moyenne des actuaires condamnés aux corridas dures ; à lui de compléter un registre confiné aux gestes basiques traditionnels, ce qui ne suffit plus de nos jours, et à une irrégularité épée en main masquée en piste par son engagement à la mort, sans que l’on puisse mettre en doute sa sincérité devant les cornes. Cet autre chose qui fait la différence et crée l’écart avec les autres c’est l’attention qu’il porte à  mettre en scène ses combats.  

Cette référence empruntée au monde du théâtre n’est pas un contresens encore moins une incise teintée d’ironie ; dans son cas elle est à interpréter de manière positive puisqu’il  attend de ses initiatives des effets à son avantage dans deux directions : susciter l’envie des organisateurs de spectacles taurins en mal d’attractivité pour ce type de corridas et intéresser un public parfois rebuté par la dureté des faenas, l’un n’allant pas sans l’autre.

A ce propos la saison 2012 illustre bien toute l’intelligence qu’il a déployée sur deux années pour attirer l’attention sur lui avec un résultat probant : au final il a été très présent dans les arènes des deux continents. Le point d’orgue aura été son solo pour la feria de Pentecôte à Nîmes. Je n’y étais pas pour cause d’addiction vicoise mais, communication « casas-sienne » aidant, c’est comme si  j’avais assisté à l’évènement ;  de plus selon une maxime attribuée à Zocato « on ne parle que mieux de ce que l’on n’a pas vu » alors je prends acte de ce qui a été largement confirmé par la critique taurine, à savoir, que la diversité du jeu servi à chacun de ses adversaires a marqué les esprits.

La mise en scène des faenas passe par la valorisation de la cuadrilla lors des deux premiers tiers ; ce travail est unanimement salué.  Pour les piques elle intervient opportunément au moment où se développe un mouvement en faveur de cette suerte encouragé par l’émergence d’une jeune génération de picadors et la multiplication des prix. Pour les banderilles, tercio malheureusement de plus en plus négligé même en novillada, il est à espérer que l’initiative se développe dans un esprit salutaire de competencia.

Tout ceci se fait au travers d’actes individuels distingués qui s’inscrivent dans la pratique d’une équipe très soudée autour d’un chef toujours présent sur le sable ; il est là prêt à mettre le taureau en suerte ou faire le quite lorsque cela s’avère nécessaire. Il n’est jamais dans le callejon : il ne veille pas, il observe et dirige, même lors des banderilles et n’hésite pas à sortir le taureau du cheval sans que cela n’occulte  la place occupée par sa cuadrilla.

Qui peut critiquer un Placido Sandoval, dit « Tito », un vrai cavalier qui sait toréer? Même si parfois il abuse de ses facilités à cheval il demeure un piquero de verdad faisant honneur au fil d’or de son costume hérité de la corrida équestre originelle. Mais il n’est pas seul son maestro ayant su s’entourer d’autres picadors talentueux, tel Paco Maria ou en devenir tel Alberto Sandoval, le neveu de son oncle….

Qui peut critiquer un David Adalid Sanchez, difficile à prendre en défaut aux banderilles?  Sa frêle silhouette toute « picassienne » ne laisse pas indifférent tout comme son aisance « palos » en main et son taux de réussite frôlant les cent pour cent. Et ses compagnons ne sont pas des manchots non plus, c’est dire.

La mise en scène produit réellement ses effets puisque les spectateurs subjugués en redemandent et vont jusqu’à applaudir le picador, parfois à tout rompre, comme quoi la vigilance d’un public éduqué  est bénéfique. Toutefois abondance de bien pouvant nuire il n’est pas inutile de relever ce qui peut faire l’objet d’observations sans apparaître comme le « pisse-vinaigre ou le criticaïre » de service. C’est la musique intervenant prématurément et a priori avant même que le picador, spécialiste des cites à distance et des levades, ou le banderillero, adepte du  quiebro, aient engagé leur geste ; il y a là préméditation d’une décision qui ne peut être fondée que sur la réputation. C’est que David Adalid pose deux fois deux paires de bâtons prenant le pas sur les autres peons; c’est que ces acteurs bénéficient d’un avantage lors de l’attribution des prix, alors qu’ils peuvent ne pas être les meilleurs comme à la dernière feria du riz. C’est la suerte de la chaise à la pose des banderilles, à Nîmes bien sûr….Tout ceci avec pour partie la complicité des organisateurs et l’indulgence des présidences.

Attention à l’excès de spectacle !

Les intentions du maestro (souvent fidèle à son costume blanc et or ; doit-on voir là un signe de renaissance? alors que je crois savoir que son habit d’alternative était blanc et argent), certainement aussi de son impresario, sont louables en tant qu’elles participent réellement à la revalorisation des tiers de piques et de banderilles, encore faut il qu’elles ne soient pas pour masquer les quelques insuffisances du chef qui demeure le « liliador »!

Saluons aussi la manière qu’il a de nous surprendre comme il l’a fait dernièrement à Bayonne en effectuant le travail de muleta et l’estocade à l’ancienne montera sur la tête. Tout est dans l’équilibre des choses et les nuances; encore une raison d’aller dans les arènes pour voir s’il saura raison garder en 2013.

« Je suis, je suis… je suis Javier CASTAÑO PEREZ, matador de toros…….

 

Bayonne-2012-Cebada-Gago-J-Castano-024.JPG

Publié dans Culture taurine

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LES GRANDS TRIOMPHES NÎMOIS (III)

Publié le par Paul BOSC

Et les corridas « toristas » ?

Les arènes nîmoises ont connus d'autres grands moments avec des toros moins faciles même si ce genre de corrida n’était pas la tasse de thé de Ferdinand Aymé et encore moins de Simon Casas. (suite)

Avec El Cordobes, les toros étaient bien souvent des novillos peu armés, nous l’avons vu lors de cette corrida où Simon Casas sauta en piste et les broncas étaient nombreuses dans les années post soixante-huit.

En 1970, accédant au désir des toristas, la direction programme le 28 juin la première « corrida des aficionados » avec des toros de Tulio et Isaías Vazquez. Les arènes étaient absolument pleines et le public avait été informé par tracts sur la finalité et les beautés du tercio de piques, les cuadrillas étaient motivées par les prix et les primes et les toros fort bien présentés qui démontrèrent assez de caste pour redonner au premier tiers toute sa signification.

Lisons Paquito : « La course culmina au cinquième avec Yeguero, chargeant de loin, le bicho coince le groupe contre la barricade ; au bout d’un moment, le picador lève l’arme et « Limeño » ôte l’animal pour le remettre aussitôt en suerte. Deuxième pique : le picador place le cheval en face, présentant le poitrail et citant le toro du geste. Réponse positive. Quite de « El Hencho » commandé par Limeño. Troisième pique dans les mêmes conditions d’honnêteté de la part du picador. Gradins en ébullition. Demande de changement de tiers, la présidence refuse et annonce que la quatrième rencontre se fera la pique présentée de l’autre côté ; Même placement du toro. Picador levé sur ses étriers appelant de la voix et du bras. Le toro fonce. Ovation de gala. Spectateurs debout saluant le piquero. Joie sur tous les visages. Un moment inoubliable. » 

Limeño eut droit aux deux oreilles. Dans « Le Monde » Jean Lacouture rendit hommage au public nîmois et au picador Curro Reyes : « Ce qu’il avait fait l’après-midi, nous étions nombreux à ne l’avoir jamais vu faire, citant de face son adversaire, le recevant bien droit, soutenant sa charge, ne coupant pas sa sortie, piquant juste et ferme sans vriller n’y s’y reprendre. » 

Cette corrida historique fut renouvelée l’année suivante avec également des « Tulio ».  « Limeño » et son picador Curro Reyes étaient également présents, mais elle déçut le public. L’expérience se termina le 30 juin 1974 après une corrida décevante de José Luis Vazquez.

Sur l’étagère des souvenirs, prélevons ces précieux moments « toristas » : le tercio de piques d’un toro de Miura en 1984 par le picador Matias et qui permit à Nîmeno de couper deux oreilles et bien sûr « Trompetillo » de Maria Luisa Perez de Vargas le 27 septembre 1986 qui reçut quatre piques et entendit l’orchestre des arènes accompagner ses charges.

Inoubliable également, la corrida du 14 mai 1989 avec des Guardiola Dominguez exceptionnellement bien présentés, armés et difficiles et un mano a mano Nimeno-Victor Mendes qui allait se transformer en solo du Nîmois après la blessure de Mendes au premier toro.

 

Nimeno

Joël Bartolotti conclut ainsi son papier : « Le vieil amphithéâtre retentit alors d’une de ces formidables ovations qui comptent dans la vie d’un torero. Christian est emporté sur les épaules des enthousiastes par la Grande Porte, tandis que le vénérable Luis Saavedra, mayoral de la casa Guardiola partage les légitimes lauriers du héros du jour dans une vuelta méritée. Merci Messieurs, l’histoire taurine de Nîmes vient de s’enrichir d’une journée inoubliable ».

En 1992, pour la Feria du Riz, Christian Montcouquiol croisait le Miura qui allait le laisser paralysé sur le sable des arènes d’Arles.

On ne peut passer sous silence, le retour des toros de l’éleveur portugais Palha après  quelque soixante dix ans d’absence. Au cartel  du 18 mai 1997 : Chamaco, Denis Loré et Antonio Ferrera.

En ce dimanche après-midi, les arènes étaient pleines et les toros de Joao Folque de Mendoza superbes de morphologie (tour de piste de Gravato) mirent les arènes en effervescence.  Roland Massabuau dans le recueil « Arènes de Nîmes, corridas des années 90 » raconte : « Si Chamaco, décidé mais de peu de pouvoir ne laissa guère d’images, Antonio Ferrera, en revanche (1 oreille) étala, avant une spectaculaire et violente cornada reçue par son dernier adversaire accueilli à « porta gayola », une décision et une ardeur admirables. Mais, avec quatre oreilles, traçant des faenas magnifiques de valeur, de puissance et de clairvoyance, toréant avec force, intuition et éclat, Denis Loré, impressionnant d’aisance et de brio, éclaira, lui, la journée de couleurs radieuses et mémorables. »

Puis il y eut cette corrida de Miura pour les vendanges 2011 qui sauva la course avec ce sixième toro peint en technicolor qui par trois fois s’élança de la largeur de la piste pour aller rencontrer la pique de « Tito » Sandoval. Les arènes sont debout. Mais ce jour-là le cirque romain était loin d’être plein… Castaño renouvellera cet exploit pour la Feria de la Pentecôte 2012 en affrontant seul six toros de la ganaderia de Zahariche. Corrida qui restera dans les mémoires des aficionados qui se seront quand même aperçus que les Miuras n’étaient pas tout à fait des Miuras.


Les coups « à la Casas »

Bernard Dombs alias Simon Casas a su monter quelques « coups » médiatiques qui ont rempli les arènes de « spectateurs » plus que d’aficionados comme l’alternative de Cristina Sanchez avec Curro Romero comme témoin ; les alternatives de Chamaco ;  Litri et Camino avec leurs pères comme témoins, Paco Ojeda seul face à des Miuras ; le retour du Cordobes avec Ojeda pour les cinquante ans de la feria ; le mano a mano El Juli-Jesulin de Ubrique même si ce jour-là il n’avait pas invité un terrible orage ; Curro Romero et Julio Aparicio ; la venue de la rejoneadora Conchita Cintron et bien sûr...

 

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... le solo de José Tomas seul face à six toros lors des « Vendanges » 2012. Des matinées taurines exceptionnelles et qui se veulent aujourd’hui la marque de référence de l’entrepreneur de spectacles taurins.


Publié dans Ferias

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LES GRANDS TRIOMPHES NÎMOIS (II)

Publié le par Paul BOSC

Du Cordobés à Ojeda

 

Si Antonio Ordoñez signa encore quelques chefs-d’œuvre dans les arènes de Nîmes, la révolution était en marche depuis 1962 où Manuel Benitez « El Cordobes » se présentait comme novillero avec des novillos d’Antonio Ordoñez. C’est la seule fois où le nom des deux maestros fut associé. Ils ne firent jamais un paseo ensemble.

 

Manuel Benitez « El Cordobes » 

En 1963, le Cordobes entendit le célèbre « Ave Maria » que chantaient les aficionados quand tout allait mal et les rouleaux de papier hygiénique descendaient des gradins dans des broncas qui n’existent plus. « Des toros, des toros » scandait la foule en colère. L’enfant de Palma de Rio touchait à l’époque 701.000 pesetas, un cachet respectable.


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Les mêmes aficionados changèrent de chanson l’année suivante. Le 17 mai 1964, « El Cordobes » face à un sobrero de Juan Pedro Domecq renversa tous les canons de la tauromachie. Paco Tolosa écrivit : « Dans cette faena, véritable morceau de bravoure cordobesista, il y eut tout ce que El Cordobes avait présenté à Séville. Les naturelles données avec un renversement de poignet, la muleta tenue en retrait ; les liaisons « derechazos-pecho » ou « naturelle-passe de dos » réalisées en douceur, sans rompre d’une semelle et toujours le prodigieux aguante de Benitez qui ne bronche pas si le toro s’arrête pile au milieu de la charge et trouve une parade à toutes les situations brûlantes. » Pris sans mal, le torero fut spectaculairement bousculé puis plaça une estocade fulgurante.  Deux oreilles, la queue et même la patte lui furent accordées. Un délire dans les arènes de Nîmes pour cette belle gueule de torero au rire carnassier et charmeur, coiffé comme un Beatnik, possédant un appétit de vaincre laissé par la guerre. Plus tard, on s’apercevra que le Cordobes ne toréait que des novillos afeités ce qui lui permettait de se « moquer » des terrains du toro.

Et puisque c’est de révolution qu’il s’agit, arrêtons-nous sur ce 29 septembre1968. Au cartel : Antonio Ordoñez, Paquirri et Palomo Linares dont c’était la présentation. Les toros : des Juan Pedro Domecq qui allaient faire scandale par leurs faiblesses et l’évident afeitado qu’ils avaient subi. « Ordoñez coupe les oreilles du premier, Palomo Linares est conspué. Des cornes ! hurle le public ; le troisième a du tonus et Paquirri coupe deux oreilles. Le quatrième chute plusieurs fois, les gradins explosent : Ordoñez se retire à la barrière. Le jeune torero nîmois Bernard Dombs « Simon Casas » saute en piste, Antonio lui tend épée et muleta. Bernard dessine quelques passes et tue la bête d’un pinchazo profond. Stupeur puis enthousiasme. Ordoñez embrasse Casas qui s’agenouille devant la présidence pour demander pardon. » Peut-on lire dans « Toros à Nîmes ».

Malgré Paquirri, Damaso Gonzales, Antonio Galan, Litri, Jose Mari Manzanares, Nino de la Capea et tant d’autres, il faudra attendre presque 20 ans pour connaître d’autres corridas historiques.

 

Paco Ojeda, l’autre révolution

En 1982, pour la feria des vendanges, face à des comte de la Maza, bien présentés mais sans caste, un torero pratiquement inconnu mais qui avait derrière lui une carrière toréa « a gusto » le cinquième, un colorado difficile. Son nom Paco Ojeda allait s’inscrire dans le livre d’or des arènes de Nîmes. Le samedi 21 mai 1983, face à des toros de Jandilla, le torero de Sanlucar mettait le feu dès le deuxième toro  sur un quite : « trois véroniques profondes et un remate lumineux » commente Jacques Thome. « Au troisième, mon stylo s’est immobilisé devant cette démonstration de science torera bâtie sur l’aguante, le temple et l’intuition, ce qui, avec de l’expression artistique, crée un toreo d’une rare intensité dont la profondeur résout les problèmes et procure une immense satisfaction de beauté et de vérité réunies… Torero de pied en cap avec des gestes à la fois puissants et élégants, dans sa façon d’aller en piste, dans ses réactions intuitives, dans son engagement aux frontières du possible, utilisant l’épée d’acier dans ses faenas ; un torero enfin ! » conclut l’auteur de la reseña.Dans l’enthousiasme général, Luis Francisco Espla et Nimeno II sortent à la suite de Paco par la grande porte avec Fernando Domecq et son mayoral.


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Deux jours plus tard, pour le lundi de la Pentecôte, la grande foule était présente lors du paseo où se présentaient en mano a mano Emilio Munoz et Paco Ojeda devant des toros de Manolo Gonzales. Pierre Dupuy écrit : « Je suis estomaqué par l’étendue des possibilités d’Ojeda. Il varie les plaisirs d’une manière confondante et passe du grand toreo façon don Antonio au numero d’aguante façon « Manolo Miracle » avec une facilité dérisoire. Je n’ai apprécié « El Cordobes » qu’en 1964-1965 et, je le dis tout net, Ojeda face au sixième nous fit passer trois minutes dignes du grand Manolo ». Re-triomphe avec oreilles et queue et même un lapin blanc offert par un aficionado descendu en piste pour le lui remettre. L’ère Ojeda s’ouvrait qui allait donner à Nîmes, à Jean Bousquet et à Simon Casas leurs lettres de noblesse. Dans « Le Provençal » Claude Mattei écrivait une page entière sur nouveau phénomène : « avec ses allures de berger andalou, son visage évoquant les peintures de Francisco de Zubaran, Paco Ojeda en deux après-midi est devenu le prince des arènes. » 

Ces trois grands maestros ne font pas oublier les grands moments que les arènes nîmoises ont connus avec des toros moins faciles même si ce genre de corrida n’était pas la tasse de thé de Ferdinand Aymé et encore moins de Simon Casas.

A suivre...


Publié dans Ferias

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LES GRANDS TRIOMPHES NÎMOIS (1ère partie)

Publié le par paul BOSC

Depuis 60 ans que la feria existe, bien sûr que le vieil amphithéâtre nîmois a maintes  fois vibré par les « olés » d’une foule enthousiaste aux exploits de toreros exceptionnels. Et l’absolu triomphe de José Tomas, face à six toros de différentes ganaderias n’est que le dernier d’une longue et belle liste.

Bien sûr, il ne sera pas possible de tout énumérer, de tout se souvenir ; la mémoire joue parfois des tours et déforme les images au fil des années.  Les premières qui reviennent à la mémoire en évoquant les premières ferias de la Pentecôte sont celles d’une arène pleine jusqu’au dernier rang de pierres, les spectateurs debout, parfois sur plusieurs rangs sur ce dangereux refuge ; des grappes humaines étaient suspendues aux dessus du linteau des arches et paradoxalement, en regardant la photographie de Lucien Clergue qui illustre la couverture de « Ombres et soleil sur l’arène » de Jean Perrin et Pierre Dupuy , quasiment personne dans le calejon. C’était au début des années soixante, celles de Paco Camion, d’Antonio Ordoñez, de Diego Puerta, de Jaime Ostos, de Julio Aparicio et de Chicuelo II…

_ACT6173.jpgGrappes humaines suspendues - par Lucien Clergue

En ville et sur les gradins s’installaient les penas venues de Logroño pour animer la ville. Il suffisait qu’elles entonnent trois notes de musique pour qu’un peuple réjoui et heureux réponde : « Chicuelo, Chicuelo » en séparant les syllabes. La jeunesse de l’époque qui découvrait tout juste le rock et Johnny Hallyday dansait la farandole en espadrilles bleu-turquoise et se coiffait d’un petit chapeau de paille, hérité, sans doute, de celui que portait l’acteur américain Eddy Constantine dans ses rôles de Lemmy Caution.

Quelques années auparavant, en 1954, pour la feria des vendanges, l’idole des Nîmois, Manuel Jimenez qui portait l’apodo de « Chicuelo II » faisait sa présentation  avec Pedres et Antonio Bienvenida face à des toros d’Urquijo. Ce petit homme n’avait pas particulièrement de classe mais il possédait un courage hors du commun qui portait sur le public. Il coupa les deux premières oreilles de sa courte carrière puisqu’il disparut dans un accident d’avion en janvier 1960 mais son nom est aujourd’hui encore connu peut-être grâce à l’orchestre des arènes.

Le premier grand triomphe dont les aficionados se souviennent encore est celui d’Antonio Ordoñez, le 26 mai 1958. En ce lundi de la Pentecôte, les deux beaux-frères s’affrontaient face à des Carlos Núñez. Le Rondeño affirma sa supériorité et Luis Miguel Dominguin, pourtant excellent la veille, perdit son titre autoproclamé de « numero uno ».

Pierre Dupuy dans son ouvrage « toros à Nîmes » relate cette course, elle aussi historique et rapporte la reseña de Paquito : « Il faut avoir vu ces véroniques interminables et ondulées, vagues sur la grève quelque part entre Torremolinos et Algeciras, ces demies plantées comme tour de guet, ces naturelles et ces redondos, ces statuaires méprisantes mais enluminées (…) Antonio aujourd’hui c’était tout Ronda, sa colline, sa plaine et le cirque de sa sierra… » . Ceux qui ont assisté à cette corrida conviendront qu’elle restera comme l’un de leurs plus grands souvenirs d’aficionados commente l’ex-directeur de la revue « Toros » en mentionnant l’exploit de Guillermo Carvajal, torero mexicain qui, ce jour-là, s’est surpassé : « Citant avec un mouchoir pour estoquer… Le Núñez s’appuyait à la barrière ; le mexicain retira l’épée, suivit la ligne centrale du morillo et descabella. »

A suivre...

 


Publié dans Ferias

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Rien ne va plus !

Publié le par Charles CREPIN

Sous la plume sagace de Jean-Jacques DHOMPS, la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) interpelle à son tour l'Union des Villes Taurines de France (UVTF), lui rappelant que le rôle fédéral n'est pas simplement décoratif et ne doit pas servir de caution à une politique taurine peu sensible aux attentes de l'Afición.

Lire le communiqué :

Rien ne va plus entre les Villes Taurines de France et l’afición

Par un récent bulletin d'information, la Société Taurine "La Muleta" a fait savoir à ses membres que son Conseil d'Administration, réuni le 15 octobre 2012, avait pris la décision de se retirer de la Commission Taurine Extra Municipale d'Arles.
Cet évènement illustre, une fois de plus, la difficulté qu'éprouvent les aficionados militants et soucieux de la bonne santé et de l'avenir de leur fiesta à dialoguer avec les mairies des villes taurines.

Au niveau global de l'UVTF et des représentants de l'ensemble des aficionados, FSTF, ANDA, UCTPR, c'est pareil.
Nos associations assistent ou pas aux Assemblées Générales annuelles de l'UVT à titre strictement consultatifs, ce qui les autorisent, donc, si elles y assistent, à émettre des souhaits et à présenter des propositions, pour amender le Règlement Taurin Municipal Français, par exemple.
Pour ce qui nous concerne, à la FSTF, il faut remonter à 1998, pour constater que certaines de nos recommandations antérieures avaient été suivies d'effet.
Ainsi, l'A G de l'UVTF 1998 avait modifié les articles 9, 47, 55, 58, 60-61, du RTMF selon nos préconisations.
Depuis plus rien. Et ce n'est pas parce que nous ne sommes plus demandeurs. Voir ici ce qui reste toujours sans réponse.

Si notre rôle auprès de l'UVTF ne doit qu'être décoratif et servir de vague caution morale, avouons qu'il est tentant d'y laisser notre chaise vide.

Pourtant une chaise vide ne peut le rester trop longtemps et nous sommes heureux de constater qu'une belle et chère endormie, l'ANDA, vient d'entrouvrir une paupière pour interpeller l'UVTF à propos d'une décision qu'elle avait annoncée et qui n'a pas été suivie d'un commencement d'exécution, l'expérimentation de la pique dite de Bonijol par comparaison avec la pique dite classique.

Dans cette période cruciale où nous avons constaté, lors de cette temporada 2012, quelques frémissements positifs, nous ne devons surtout pas rester muets. Nos continuerons à interpeller l'UVTF et nous ne manquerons pas de faire connaitre avec encore plus de netteté, et nos propositions, et les réponses qui leur seront apportées ou bien de faire part du silence peu glorieux qui les suivront.

Nous avons invité et invitons les présidents et assesseurs qui siègent au palco dans nos différentes arènes à participer à un symposium le 17 novembre prochain à Toulouse.
Nous présenterons les conclusions de ce symposium lors de l'Assemblée Générale de l'Union des Villes Taurines de France qui se tiendra les 1er et 2 décembre à Céret et nous y exposerons fermement nos souhaits.

Pour que ces souhaits soient mieux entendus, il convient qu'ils soient relayés dans les arènes par vous tous, aficionados.
Une utilisation concertée et astucieuse du "mouchoir violet" dans les arènes de 1ère catégorie, comme proposé par des clubs du Sud Est serait un bon moyen.
Bien entendu, ces mouchoirs doivent fleurir aussi bien à Arles et à Nîmes qu'à Béziers, Vic, Mont de Marsan, Dax et Bayonne. C'est l'affaire des clubs locaux de ces villes qui, pour que ce soit parfaitement significatif, ont à mettre en pratique une procédure commune.
Plus d’informations seront apportées à chacun d'eux et ils auront à échanger entre eux pour définir leur tactique de manière concertée.

Ce n'est qu'en agissant continuellement et tous ensemble, au prix d'adoucir quelquefois des ego trop hérissés, que nous obtiendrons des résultats.

N'oubliez pas que nous le faisons depuis 1910 et que ce n'est heureusement pas fini.

Publié dans Instances

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Quelle horreur !

Publié le par paul BOSC

 

En feuilletant « La Gazette de Nîmes » datée de cette semaine, mon Dieu quelle horreur la direction de cet hebdomadaire a osé publier !  Page 17 sous la rubrique : « A table », et, peut-être que le secrétaire de rédaction a tenté de faire un peu d’humour, les lecteurs de cet hebdomadaire sont invités à rejoindre « l’Alliance anti corrida »  le 20 octobre à 14 heures devant la gare pour une manifestation à Nîmes. Ce message subliminal est bien sûr accompagné d’une photographie bien sanglante d’un toro tué dans une arène. Une image bien sûr outrageusement retouchée.

Horrifié par cette photographie qui, effectivement donnait un haut le cœur, envie de vomir, on aurait juré, sur l’instant, ne plus jamais remettre les pieds dans une arène. Et c’est sans doute là le but visé par Madame Claire Starozinski : horrifier les ceux des nîmois et des Gardois qui ne sont pas plus que ça passionnés par les toros et la tauromachie et qui même s’ils trouvent ce spectacle d’un autre âge, ne vont pas dans les arènes et n’empêchent pas les autres d’y entrer.

C’est comme acheter le journal, aller écouter un concert qu’il soit de rap ou classique, assister à un match de foot et pourquoi pas de hand-ball, c’est à la mode ! Il faut bourse déliée. Et ceux qui n’aiment pas le rap, la musique classique, le foot ou le hand restent devant leurs postes de télé à écouter et à regarder toutes sortes de balivernes.

Mme Starozinski n’aime rien de cela, même pas la télé. Elle préfère passer son temps à chercher un poil sur un œuf, une petite ouverture dans le code civil qui lui permettra de déclencher la cavalerie contre son fantasme favori : la corrida. 

Avec tout ce qui se passe dans ce monde d’horrifiant, de dégueulasse, de malsain, où l’être humain est bafoué, exploité, mené par des fanatiques religieux, tué pour que quelques uns gardent leurs privilèges, la corrida  n’est qu’une chiure de mouche.

Et pourtant si cette dame et ses collègues connaissaient les émotions que la tauromachie sait, parfois, nous nous procurer, ces émotions qui font couler quelques larmes de pur bonheur devant une entente sublime entre un homme et une bête, ils seraient, sans aucun doute plus tolérants.

Quant au rédacteur en chef de la « Gazette de Nîmes » il doit singulièrement manquer d’argent pour faire tourner sa boutique en acceptant de publier cette publicité, surtout quand on se veut un journal nîmois où la tauromachie occupe une place importante.

Mais comme disait mon grand-père : « tout fout le camp » !


Publié dans Antis taurins

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Légale, constitutionnelle, outragée...

Publié le par Charles CREPIN

 

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La légalité de la corrida est réaffirmée. Par leur récente décision les Sages ont confirmé sa constitutionnalité et conforté sa légitimité. Pour autant, l’activisme des anti taurins ne faiblit pas. Mettant en avant une sensiblerie animale faussement parée de toutes les valeurs morales, ces ennemis de la corrida érigent leur caprice en vertu et infligent aux aficionados une coercition insidieuse et tyrannique. Ils prétendent régler le sort de nos traditions à leur gré, par le chantage, par l’intimidation et par la force. Ils mettent sous pression un monde taurin légaliste et pépère, peu enclin à la résistance et soucieux de ne pas tomber dans le piège des provocations et de la violence de ces hordes parfois sauvages, souvent ignorantes de toute culture taurine, toujours intolérantes. Groupes de pression prétentieux et sans scrupules, ils tordent la vérité avec aplomb et accaparent sur les réseaux sociaux un pouvoir au service d’une contestation outrancière du fait taurin. Sur le web, ils multiplient les menaces de boycott en direction des partenaires de manifestations taurines qui malgré leur implication souvent étroite dans la vie locale et ses traditions rendent les armes dès les premiers assauts, dès les premiers chantages. Ainsi une enseigne internationale de fast food supprime sa contribution ainsi que toute référence à son image au dernier Printemps des Jeunes Aficionados. Ainsi un lunetier bien connu retire la sienne aux fêtes de Bayonne. Plus récemment, un nouveau cas tout aussi piteux est signalé à propos d’une grande chaîne hôtelière française qui se couche à son tour sous la menace d’un boycott.

Les acteurs avertis du grand commerce et de la distribution doivent pourtant savoir qu’au delà de l’effet d’annonce, les consignes de boycott, même organisées à grande échelle sont en réalité peu efficaces (en tout cas bien moins que ne l’est la menace elle-même) et ne résistent que très rarement à l’épreuve du temps.

 Devant ce constat, ne voit-on pas qu’une riposte s’impose ? Le temps n’est-il pas venu de convaincre ces partenaires, parrains, sponsors et autres mécènes, que leur stratégie en zigzags les expose à des revers désagréables ? Le temps n’est-il pas en effet venu de leur adresser un message de fermeté leur rappelant que l’aficion constitue une véritable force, cohérente, structurée et solidaire dans les régions de tradition taurine ? Ceci afin qu’ils sachent que les aficionados, témoins de ces épisodes humiliants peuvent être enclins à adopter dans leur comportement économique une défiance naturelle pour des enseignes qui proscrivent la corrida dans leur gestion d’image, voire à observer à leur encontre un boycott symétrique de celui des anti taurins, non seulement dans leur région, mais aussi à l’occasion de leurs voyages en terres taurines et partout ailleurs.

Sinon, l’aficion peut continuer de laisser faire, d’écouter en silence les incantations de ceux qui en appellent à l’avènement d’un ordre nouveau : Ordre anti taurin, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite ! Une prière qui trouve aussi des oreilles attentives dans certains milieux décisionnaires soucieux de ménager un électorat prétendument supposé majoritaire au détriment des traditions locales.

Comme ce fut le cas dans le passé, l’avenir de la corrida est entre les mains de l’aficion. A elle d'en décider.

 


Publié dans Corrida et Société

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L'actualité taurine au fil du web

Publié le par Charles CREPIN

Il est beaucoup question de l’école d’Espartinas et de son directeur, Espartaco père, qui jette l’éponge. Il ne supportait plus les pressions des parents qui exigent un toro réduit, à l’instar des figuras. Une facilité qui, pensent-ils, devrait permettre de propulser leur « fiston » dans les étoiles. Au cœur du problème, un trio infernal qui mine la corrida : toro-bonbon / toreo à cent passes / émotion absente. Sauf que les trois premiers éléments en induisent tout naturellement un quatrième : l’absence de vrai talent. Inutile d’essayer d’en convaincre les aficionados, ils le sont déjà depuis longtemps, et leur opposition à ces dérives est payée au prix d’une suspicion d’intégrisme, voire de terrorisme.  

Il se dit que Simon CASAS, n’est pour rien dans l’organisation de la corrida de José TOMÁS aux dernières Vendanges nîmoises. Ce dernier aurait tout décidé.

l’ANDA (Association Nationale des Aficionados) qu’on croyait morte depuis plusieurs années signe un retour tonitruant avec la publication d’un sévère réquisitoire contre l’UVTF (Union des Villes Taurines de France) sur le blog Campos y Ruedos :http://camposyruedos2.blogspot.fr/2012/10/uvtf-boire-et-manger.html. Commentaire anonyme : comment adhérer à l’association ?   Avant, on aimerait en savoir davantage sur cette renaissance bienvenue, sur la vie de l’association et ses objectifs.

Publié dans actualité

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