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Simon, fils de Nîmes

Publié le par vingtpasses

 

  Par Charles CREPIN

 

Un lecteur addict de nouvelles fraîches (taurines bien sûr) me demande pourquoi Vingtpasses ne colle pas davantage à l’actualité immédiate. Et pourquoi il ne trouve jamais « l’édito du jour » en page d’accueil de son blog préféré ?

 

- Élémentaire, mon cher lecteur : chroniqueur, c’est l’affaire des pros ! J’admire, mais… très peu pour moi ! On doit sortir chaque jour un édito ex nihilo. Plume facile et inspiration sans faille de rigueur. Sinon, bonjour l’angoisse de la page blanche ! Sans compter que, bien souvent, on n'a pas le temps de vérifier l’info, et que l’absence de recul ne facilite ni la réaction mesurée, ni la synthèse équilibrée. Fichu manque de temps ! C’est que chaque matin que Dieu fasse, le lecteur mal habitué est là, à la première heure, au pied de la page avec sa souris. Clic-clic-clic… et il n’aime pas tomber sur l’édito de la veille, le lecteur…

 

Moi, j’aime bien m’accorder le temps de la réflexion avant d’écrire quoi que ce soit. Je préfère tourner les choses plusieurs fois avant de me forger une opinion. Sans compter que je n’ai pas la plume facile. L’inspiration instantanée non plus. Et pour finir, sachez que je corrige systématiquement ma copie, car je la trouve rarement acceptable au premier jet... Et donc, moi aussi, je suis tous les matins avec ma souris au pied de la page de www.bla-bla-bla.com… à consulter les news du mundillo et l’édito du jour.

 

 

superman.jpg

 

C’est pourquoi je me garderai de commenter cette « extraordinaire nouvelle » qui fera l’édito du jour de tous les pro demain matin en grandes lettres italiques ultra bold : Simon CASAS, " fils de Nîmes" et quelques formules musclées genre : "sur le plus haut sommet de la tauromachie mondiale… reconnaissance internationale… talent hors du commun… atout extraordinaire pour notre ville et pour l’enrichissement de nos férias… » Il faudra faire la synthèse de tout ça, et mouliner le tout en évitant de rappeler, au passage les formules du susnommé, genre « j’emmerde ce pays de cons » ou « je méprise les clubs taurins » etc…

 

Quand même, j'aimerais bien savoir qui sont ces « quelques clubs, heureusement très minoritaires », que cette nouvelle extraordinaire ne met pas en émoi…

 

A vos souris !

 

 

 


Publié dans Arènes

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Division d'opinions

Publié le par Vingtpasses

 

 

 

Par Charles CREPIN

 


 

Passionnée ! D’une passion revendiquée, inattaquable, militante. D’une passion portée par une grande force que les dérives actuelles ou les assauts de ses adversaires n’abattront jamais. On la sent profondément pénétrée par le poids de la tradition, de ses  racines, de sa culture. Marquée par le souvenir d’après-midis gravés dans sa mémoire, par l’émotion puissante ressentie instinctivement ou contenue par sa lucidité et sa connaissance du sujet. 

 

Pas d’accord ! Pour lui, ce spectacle, ou ce qu’il en a vu une ou deux fois, comme ça, n’est pas acceptable, pas « politiquement correct ». Il est donc contre, mais n’en parle pas, par amitié, par courtoisie, par sagesse. Guetteur silencieux de nos comportements et témoin de notre passion, pour lui énigmatique, son avis serait pourtant de nature à modérer notre zèle parfois envahissant.

 

Je sais tout ! Voila un spécialiste de haut vol. Il a tout vu, tout lu. un vrai pro. Sa science est telle qu’il l’étale en couches épaisses dans les palabres et les discours d’initiés. Vulgum pecus, passe ton chemin ! Car, sentencieux, il prend d’ordinaire le contre-pied d’opinions plus modestes. La génération suivante profitera assez peu d’une expérience si chichement partagée, d’un panache qui monte, tel un feu d’artifice … et retombe en fumée, évaporé. Dommage !

 

Arrogant ! Lui, il prétend nous couper de notre culture, de nos traditions, de notre passion. Il en éprouve une telle aversion que toute discussion serait vaine. Son niveau de référence au problème est définitivement incompatible avec le nôtre. Une montagne nous sépare. Son impuissance à nous respecter lui fait très vite hausser le ton, le rend provocateur, agressif, parfois violent. Bref, il nous hait ! De la sorte, ses arguments perdent de leur force dès lors qu’il est confronté à une opposition cultivée, organisée, mesurée. Sans doute, au fond, n’a-t-il jamais imaginé que la vie et la mort sont les deux faces d’une nature dans laquelle cet animal indomptable, dont il ignore tout, trouve sa grandeur et un destin bien au dessus de celui, misérable, réservé à son lointain  parent.




« La passion doit être punie »

- Ah oui ? Quel est le con qui a dit ça ?

Philippe Sollers - Passion fixe

 


Publié dans Corrida et Société

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¡ Hasta luego, Maestro !

Publié le par vingtpasses

 

 

 

 

El-FUNDI 0418

Photo Vingtpasses

 

 

Par Paul BOSC

 

 

2012 sera, peut-être, l’année de la fin du monde, si l’on en croit les prédictions du calendrier Maya qui s’arrête le 21 décembre de l’année prochaine, le jour du solstice d’hiver.   Par contre, ce qui est maintenant sûr c’est le retrait du maestro madrilène José Pedro Prados Martin appelé dans les arènes « El Fundi ».

Et s’il n’a jamais été le torero de Madrid, il est resté le torero préféré des aficionados arlésiens. Depuis sa première présentation dans les arènes romaines le 29 octobre 1989, face à des Yonnet, il a toujours gardé une place à part dans le cœur des Arlésiens. En raison de ses triomphes, certes,  mais surtout parce qu’il a  un cœur énorme, et  le reste…

 

Et puisque nous sommes ici dans les dates, souvenons nous que cette année 1989 aura été celle de la dernière corrida de Nimeno II.  Panolero, un toro de Miura aux cornes démesurées, l’a envoyé voltiger pour le voir retomber lourdement sur les vertèbres. C’était à Arles dans les arènes. C’était le 10 septembre 1989.

Au cours de la même temporada, Arles a vu également une estampe de toro de corrida comme ils devraient tous l’être.  « Gananito », toro de la ganaderia de El Sierro, sorti du toril la tête haute, au pas, la bave écumant sa gueule. Il portait le numéro 11 et pesait 590 kg. Ruiz Miguel, dont c’était l’une des despedidas, a su montrer toute la bravoure et la noblesse de son adversaire. Gananito fut honoré d’un tour de piste posthume et sa photo sortant du toril a fait le tour de la planète taurine.

 

Ruiz Miguel se retirait, José Pedro Prados arrivait dans le circuit des corridas de toros. A l’Ecole taurine de Madrid, ses copains s’appelaient Joselito et El Bote. Chacun a pris une direction bien différente même s’ils étaient tous les deux témoin et parrain de son alternative à Villaviciosa de Odon le 22 septembre 1987 et de la confirmation à Madrid le 22 mai 1988.

 

En 2004, à l’initiative du club taurin Etienne Boisset, ils se sont retrouvés tous les trois aux Saintes Maries de la Mer pour un festival. Après une belle carrière de belluaire face aux Miura, Victorino Martin, Pablo Romero, Alfonso Martin, et autres gabarits de cette espèce, le Madrilène est entré dans une période de doute. Quelques années plus tard, drivé et conseillé par Robert Piles, El Fundi, avec son visage d’Empereur romain, avait retrouvé  son public. En 2004 pour la Feria de Vic Fezensac, il triomphait lors d’une corrida-concours mémorable dans un mano a mano improvisé avec  Robleno en raison de la maladie d’Antonio Barrera.  

 

 

El-FUNDI---ESCOLAR-GIL--Istres-2008_0354.jpgPhoto Vingtpasses

 

Plus tard, de graves blessures comme cette chute de cheval chez lui à Madrid, ou la cornada infligée par un Victorino Martin à San Sébastien l’ont tenu éloigné des arènes. Avec toujours le même courage il est revenu mais affaibli, usant parfois de trucs. Il a aujourd’hui décidé de faire une tournée d’adieu dans toutes les arènes. Arles devrait être sur sa route. Les aficionados, les vrais, les purs, les sincères devraient également suivre ce parcours.

 

 

Publié dans Aficion

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Les femmes n'ont jamais aussi bien toréé (II)

Publié le par Vingtpasses

 

L'hiver approche, le bas noir est encore à l'honneur cette année. Il arrive en force. Il exhibe son mystère et produit son effet. C'est l'occasion de remettre à la Une de Vingtpasse les quelques lignes que j'avais faites sur ce sujet. Ça change un peu des toros, non ?

 

 

Bas-noirs.jpg

 

 

 

Par Charles CREPIN

 

Dieu a donné au toro bravo une robe d'une grande beauté aux nuances infinies. Un negro mulato, un negro azabache,  par exemple, dont la robe aux reflets brillants délicatement voilée de brun ombré ou virant sur le bleu sombre, sublimée par un noir profond, procure un sentiment intense d’admiration, de magie et d’émotion.


Loin des valeurs symboliques du mal, des ténèbres ou de la mort puisées dans les cultures latines et la religion catholique, loin aussi du drapeau pirate ou de l’habit du torero gitan, le bas noir est aujourd’hui la parure irrésistible la mieux portée qui dissimule en faux semblant pour mieux la suggérer, la chair tentatrice de la femme. La jambe avancée, ainsi parée de noir met en scène un cite d'une élégance décontractée à la fois discrète et maîtrisée, voire aussi aguantée, volontaire et provocante.


Accessoire chromatique universel des bordels, des milongas et des rendez-vous mondains, ou simple élément de la tendance vestimentaire actuelle, le noir théâtralise à merveille la présence de la femme en affirmant sa féminité et son élégance parfois sophistiquée. Le bas noir, mat, brillant, opaque ou transparent  affine la jambe, souligne délicatement le galbe et sublime courbes et cambrures. D’une certaine manière d’ailleurs, ne consacre-t-il pas à cet égard la supériorité de la femme noire ? Je pose la question… En un mot, le bas noir suggère aujourd’hui l’élégance, la séduction et la sensualité appliquées au plus grand nombre, autant qu’il a inspiré en d’autres lieux ou d’autres temps l’érotisme, le fantasme ou le deuil.


A ce jeu fascinant, la noire muleta de soie savamment promenée par le bas, va chercher l'oeil contraire des hommes encastés. Les femmes n’ont jamais aussi bien toréé.

 

 

Publié dans à côté du toro

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Parole de Maestro

Publié le par vingtpasses

 

 

Castella-Estoc.jpg
  Superbe photo vue sur le blog de Manon (que je vous conseille de placer dans vos favoris), illustrant des propos "surprenants" du maestro CASTELLA

“…los toreros no vamos a matar, sino a torear. La gente no quiere ver cómo matan a un toro, sino que quiere ver arte. Y hace parte dentro de ese arte la parte final, que es matar al toro.” 

 Sebastián Castella, matador de toros.

Pues hay más verdad en esta estocada que en todos los cambiados por la espalda del francés en una temporada. ¿O no?

http://manonfotoblog.blogspot.com/2011/12/la-frase-del-ano.html

Ce que je traduis par : « Nous, les toreros, nous n’allons pas (aux arènes) pour tuer, mais pour toréer. Les gens ne veulent pas voir comment on tue un toro, ils veulent voir de l’art. Sébastien Castella, matador de toro.

Commentaire de Manon : « Eh bien, il y a davantage de sincérité dans cette estocade que dans toutes les (passes) cambiadas à l’envers (traduisez aussi « avec le cul ») du français dans toute une temporada, non ?

 

 

Pour ma part, j'imagine que les propos du "matador" sont dûs au moins autant à son inculture tauromachique qu'à ce qu'il a sans doute maintes fois entendu dans la bouche de ses mentors, promoteurs de la corrida moderne... 

 

Charles CREPIN


Publié dans Corrida et Société

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Le reniement de Simon-Pierre…

Publié le par vingtpasses

 

 

 

 

coq-2.JPG

 

 

 

« Le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois».

Saint Jean 13,21-33.36-38.

 

 

Par Charles CREPIN


Dans un texte de Corentin Carpentier publié dans cette page, l'agacement est perceptible. Et ce qui agace Corentin, c'est la posture de certains "taurinos" qui prétendent parler ou agir au nom de l'aficion pour justifier leurs prises de positions déviantes, quand ils ne déclament pas, la main sur le coeur, combien leur engagement professionnel est inspiré par leur attachement sincère à l'Aficion... Pourtant, leur reniement des valeurs de la fiesta était consommé bien avant le premier chant du coq, quand bien-même ils connaissent ces valeurs, comme ce n'est sans doute pas cas de Sébastien. Sinon, il n'aurait pas raconté les bêtises dont on parle beaucoup depuis quelques jours...

 

Un récent article publié par Marc DELON sur son blog (1) m'incite à relire "Genèse de la Corrida moderne" (2). Cet ouvrage ne devrait jamais quitter votre table de chevet, tant il constitue un puissant rappel des valeurs fondamentales de la Fiesta et une réponse remarquablement actuelle aux dérives de la corrida moderne promotionnée jusqu'à l'outrance par des Sébastien CASTELLA, Alvaro NUÑEZ, et autres Simon CASAS, chacun piétinant à sa manière ces fondamentaux et reniant une aficion dont ils prétendent se revendiquer afin, en réalité, de faire prospérer leur petite entreprise.

 

Relisons Tio Pepe :

  • "le public est ravi ; les oreilles tombent. Oui, mais l'estocade... Quoi l'estocade ?... Un peu basse, non ?... Bah, on ne peut pas tout avoir... D'ailleurs, les oreilles !... Et mon coiffeur, qui est gourmand d'oreilles, est ravi. Parce que, s'il n'a pas son comptant d'oreilles, il s'estime volé. (...) Donnant , donnant. Des oreilles contre mon fric. Le toro, l'éducation taurine, j'en ai rien à foutre ! "
  • " Si, comme le prétend Simon CASAS (CANAL +) Le problème le plus important, en tauromachie, est celui de l'Esthétique, il est aisé de lui rappeler que point n'est besoin d'un toro commercial pour qu'un torero fasse éclore la beauté. (...) Si de nos jours Manzanares ou Mora (3) sont parfaitement capables de concevoir et de réaliser sous nos yeux un chef-d'oeuvre scuptural incontestable, ce prodige ne sera satisfaisant ni pour le coeur ni pour l'esprit. Toro soso et passes profilées = émotion absente. (...) N'en déplaise à Simon CASAS, le premier devoir du torero, est de s'appliquer à dominer le toro. Le reste, les belles séries de passes longues, viendra de surcroît. Et plus cette domination aura exigé d'efforts, plus intense sera l'émotion."
  • "Patience, les errements actuels ne sont pas éternels. Un jour viendra, peut-être pas si lointain, où, pour reprendre une expression chère à nos voisins, la rivière retrouvera son lit". 

 

Sur cette dernière considération, Tio, je trouve que vous étiez optimiste...

 

 

(1) http://photosmotstoros.blogspot.com/2011/12/rien-declarer.html

(2) Génèse de la Corrida Moderne - Jean-pierre DARRACQ " el Tio Pepe - Éditions Cairn 2000

(3) Il s'agit bien entendu de MANZANARES père et de Juan MORA

 

 

 

 

 

On fait dire à l’Aficion beaucoup de choses…

 

par Corentin Carpentier


  • « Les gens ne veulent pas voir comment on tue un toro, ils veulent voir de lart. » dixit Sebastien Castella…
  •  
  • « Les encastes qui « fonctionnent », qui chargent, les figuras continuent des les tuer : La Quinta, Victorino, Cuadri… Je crois que le marché est plus savant que les aficionados… » Dixit Alvaro Nunez…
  •  
  • « Et pourquoi faisons-nous tout ça ? Pour lAfición, pour lAfición, pour lAfición ». dixit Simon Casas…

 

On fait dire, et on dit beaucoup de choses sur l’Aficion… Mais aujourd’hui, il est important à mon sens, de mettre les points sur les « i ».

 

Que pense Sebastien Castella des aficionados qui se lèvent après un grand tertio de varas conclu en musique ? Que pense-t-il des aficionados qui ovationnent un recibir parfait et demandent une oreille pour une grande mort engagée et dans les cornes ? Alors si Sébastien considère que son public est un public de touristes, qui vient seulement aux arènes pour voir un torero triompher et faire de « l’art » devant un toro à roulette, alors il ne parle en aucun cas de l’aficion, celle qui défend chaque jour la fiesta brava, le Toro et son intégrité.

 

Pour Alvaro Nunez, on touche là au sacro saint Toro, à son intégrité, et à « l’inintelligence » selon lui, des aficionados. Evénement majeur ! Les figuras continueraient de tuer des Victorino, Cuadri  (j’enlève La Quinta tant ils n’ont quasi plus rien dans le comportement des Buendia d’antan) et autres encastes dites dures !! Heureux de l’entendre. Alvaro Nunez pourrait-il citer les endroits où il a vu ces corridas ? Car j’y réserverai mes prochains voyages !! Non mais, de qui se moque-t-on ? Le marché des Toros est composé aujourd’hui à 90% d’origine Domecq et autant dire que sur ces 90% tout ce qui a de la caste est soigneusement évité par les pseudos « matadors de toros » (voir l’exemple des Fuente Ymbro considéré désormais comme un élevage torista…).

 

Pour Simon Casas, on frise le fou rire ! L’Aficion, l’Aficion, l’Aficion… Comme si répéter cela trois fois (comme Pierre au moment de renier Jésus), lui permettait en quelque sorte de se persuader lui-même que l’Aficion est l’objet de son investissement.


 

 

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Comme si répéter ce mot trois fois, permettait de faire oublier à quel point, dans chaque arènes qu’il gère, le niveau du Toro à considérablement baissé, pour finalement, faire de la Corrida, une mise en valeur du torero et du toreo, en réduisant le rôle du toro à celui d’un simple faire-valoir. Comme si répéter cela, par trois fois, pouvait selon lui, retourner l’Aficion de son côté. Cette même Aficion, qu’il trahit à chaque féria depuis quelques années que ce soit à Nîmes, ou Mont-de-Marsan en France, ou que ca soit à Valencia en Espagne, ou avant à Saragosse.

 

Beaucoup de « taurinos » parlent à la place de l’Aficion, que ce soit pour légitimer leurs choix et actions, ou que ce soit pour la critiquer quand elle demande au respect de l’intégrité de la Fiesta Brava.

Depuis des années les aficionados mettent en garde les « taurinos » sur l’affaiblissement de la Corrida de l’intérieur. Ils ont été durement critiqués pour cela et traités de « talibans ». Mais désormais, voilà qu’on agit pour l’Aficion, qu’on parle pour elle… Finalement, on s’en rend compte aujourd’hui, qui peut être le plus à même de sauver la fiesta brava ? L’Aficion, celle qui se rend aux arènes toute l’année, celle qui paye ses billets, et finalement celle qui, si elle ne vient plus aux arènes, entrainera la fin du train de vie actuel des « taurinos ». Reste à savoir si les choses vont réellement évoluer… Parce que parler à la place de l’Aficion, c’est bien plus facile que de la faire participer et intervenir dans les processus de décision…

 


Publié dans Aficion

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Coucou, c'est nous !

Publié le par vingtpasses

 

 

 

Par charles CREPIN

 

 A Rodilhan, par un bel après-midi d’automne, les aficionados sont venus assister en famille à la traditionnelle finale du trophée « Graines de toreros ». Comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu, un quarteron d’antis taurins franco-belges méprisant nos cultures, entraîné à la provocation, s’enchaîne au milieu de la piste. L’autorité, prise de cours, sèche sur le problème. Premier aveu de faiblesse et véritable aubaine pour les antis. Résultat : anarchie, confusion, désordre et, finalement, DANGER ! 

 

 

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"Coup de tonnerre dans le ciel bleu "   Photo Vingtpasses

 

Feux d’alarme en main, regards méchants et sourires moqueurs aux lèvres, les intrus restent un long moment collés sur le sable jusqu’à ce qu’une partie du public et le service de piste, exaspérés par une situation qui s'éternise et la passivité de l'autorité, les arrastrent encore enchaînés vers la sortie avec distribution gratuite et malvenue de baffes et autres coups de lattes… Ça fait boum ! Affligeant ... Objectif atteint. Les antis ont réussi à faire croire aux gogos que la haine et la violence ont changé de camp. Le web s’est déchainé, le syndrome se profile. En témoigne la fiesta campera de Vergèze annulée peu après sous la pression, les intimidations et les menaces de nuées d’antis taurins anonymes, corbeaux de circonstance, mais aussi face au constat d’impuissance des autorités inaptes à prévenir des manifestations à risque. Un deuxième aveu de faiblesse qui découle évidemment du premier.

 

 

Des catholiques traditionalistes prennent d’assaut le Théâtre de Garonne à Toulouse puis le Théâtre de la Ville à Paris, perturbant violemment plusieurs représentations de « Gólgota Picnic » avant d'adopter une posture plus pacifique. La pièce de Rodrigo García est considérée comme une banalisation de la christianophobie, blasphématoire, provocatrice et cynique. Il faut dire que la déjà vieille « dernière tentation du Christ » de  Scorsese est une douce romance comparée à Gólgota. Et les exemples se multiplient avec le « Piss Christ » d’Avignon ou l’affiche de l’expo photo de l’Université de Corse montrant un sexe d’homme autour duquel est entortillé un chapelet…

 

 

MANIFESTATION-DE-CIVITAS-CONTRE-LA-PIECE-GOLGOTA-PICNIC-DE-.jpg

 

Objectif atteint : si la sensibilité des publics a évolué depuis les années 80, les protestataires ont tout de même soulevé l’indignation de beaucoup de chrétiens qui, même éloignés de la pratique religieuse, restent attachés à une lecture « fidèle » de la bible et du sacré, par respect de leur héritage culturel. Peut-être aussi par affirmation identitaire ? Au point que le politique s’est emparé de ces affaires et impose un nouveau cahier des charges à ses théâtres, quand il ne coupe pas les subventions de la Ville aux représentations d’œuvres jouant sur ce registre jugé désormais contestable.

 

 

Vues à la télé, les images choc de l’intrusion des membres de Greenpeace dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Cruas ont de quoi interpeller. Surgi de nulle part, un commando bcbg, casqué et chaussé de circonstance, prend position sur le dôme d’un réacteur, déploie une banderole et nargue, 14 heures durant, des services de sécurité attardés, à cours de parade. Dépitée, la direction de la centrale déclare peu après que rien d’important ne s’est produit…

 

greenpeace

 

Pour Greenpeace, l’objectif est atteint : faire réfléchir sur les risques du nucléaire. Faire la preuve que des terroristes peuvent pénétrer au cœur d’un réacteur nucléaire dans le but d’y perpétrer des attentats, avec les conséquences qu’on imagine. Fukushima puissance 10 ?  De vous à moi, Greenpeace a fait son job à travers cet « audit » inopiné. Ça, c’est du vrai stress test ! Qu’est-ce qu’ils foutent à EDF ? Je sens que des têtes vont tomber…enfin, peut-être. Pas sûr. Pas sûr du tout…

 

 

Une directrice d’école et deux institutrices de Berre-l’Étang sont prises en otage par des parents d’élèves « sur les dents ». Rançon exigée : le renvoi d’un prof un peu bizarre. En question, l’incurie du rectorat resté sourd à leurs demandes, l’urgence consécutive au retard alarmant pris par la classe sur le programme éducatif, le mal-être des enfants, les hurlements, les pleurs, ont fait monter l’inquiétude et la tension de ces « paisibles » papas-mamans au point de les faire passer à l’acte.

 

 

école occ

 

Objectif atteint : le prof est muté sur-le-champ. L’histoire ne dit pas s’il fera d’autres victimes, en vertu du sacro-saint  "emploi à vie » des fonctionnaires de l’Éducation Nationale.

 

 

  Aucun fil rouge ne relie entre eux ces évènements qui présentent chacun des problématiques et des finalités différentes. Mais tous sont le fait de petits groupes minoritaires et motivés, organisés en commandos avec des modes opératoires similaires ne laissant rien au hasard, sauf peut-être en ce qui concerne la "prise d'otages" de Berre l'Étang, où le coup de sang a pris le pas sur la stratégie. Les autres cas sont caractérisés par une mise en scène bien réglée, destinée à faire passer un message par médias interposés. Pour marquer les esprits, leur comportement est toujours agressif et bouscule l’ordre établi. La violence, même symbolique, est presque toujours présente, avec des nuances tirant sur la haine, la fourberie, la provocation, la dérision, l'ironie ou le cynisme.

 

 

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La haine... Photo Vingtpasses

 

Bref, une stratégie qui permet de gagner une guerre qu’on aurait perdue ou mis vingt ans à gagner à l'issue d'interminables manifestations pacifiques de masse, avec banderoles, « Internationale », pause merguez et canon de rouge pour le réconfort. Ici, on joue énergique, rapide, efficace ! Pas le temps de casser la croûte. En général la technique employée est « fine » et les outils de propagande efficaces (cf Xavier Klein-la Brega).

http://bregaorthez.blogspot.com/2011/11/terrorisme-intellectuel-les-outils-de.html.

 

Toutes ces affaires sont propulsées vers nous en temps réel et démultipliées par la puissance du web avant d’être reprises par la presse classique et les radios. Toutes sont construites comme des opérations de communication dont la pertinence conditionne la réussite. Notre société est questionnée par cette comédie  « démocratique ». Dans le genre tragique ou comique, comme dans la farce, le contrevenant et le "terroriste" tiennent le rôle principal. Tantôt légitimes, tantôt tyranniques, toujours en marge des lois de la République, ils sont quasiment intouchables. Le citoyen, lui, est au balcon, quand il ne tient pas le rôle de la victime ou de l'otage. Quant au politique, il a beaucoup de mal à entrer en scène. 

 


Publié dans à côté du toro

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Que devient la Fiesta Brava ?

Publié le par vingtpasses

 

 

 

 

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Photo Vingtpasses

 

 

 

Par Corentin Carpentier

 

Si je devais donner une définition de ce qu’est la Corrida, je dirais sans hésiter, c’est la « Fiesta Brava » ! Pourquoi ? Fiesta pour la fête et l’engouement populaire que la Corrida apporte en Espagne et dans nos villes taurines françaises. Et Brava car on parle de la fête du « Toro Bravo » cette bête sauvage, quasi mythique pour le peuple du toro que nous sommes. Le  toro bravo (le public non averti des grandes arènes a tendance à l’oublier) est le protagoniste le plus important de la corrida, celui qui est à l’origine des passions les plus intenses et des sentiments les plus forts. Quand un aficionado parle du Toro Bravo, c’est admiration et peur se côtoient dans ses yeux, face à cet animal puissant, cette montagne de muscles saillants armée d’une paire de cornes impressionnantes et toujours prêtes à frapper celui qui ose se présenter face à lui. Alors, quid aujourd’hui de la fiesta brava ?


Depuis quelques années  maintenant, la nouvelle génération de figuras, a progressivement imposé son modèle de toro idéal. Une bête peu armée, sans fond de caste, en fait une sélection permettant de mettre en valeur, le seul tercio de muleta (on ne peut plus à mon sens, appeler cela un tercio de mort puisque le troisième tercio ne consiste quasiment plus aujourd’hui, [sauf dans quelques arènes irréductibles] à préparer la mort du toro mais à permettre le plus grand nombre de muletazos et l’expression artistique du matador).

Quid aussi de la profession de Matador de Toros ? Tueur de Toros ? On voit bien ces derniers temps qu’avec la présence de nombre de figuras à Quito, cela prouve la tendance d’aseptisation de la Corrida : sans émotion, juste une expression artistique où le toro n’est que le faire valoir d’un homme. L’artistique oui, mais avec une course de toros digne de ce nom, TORO BRAVO, c’est mieux.


Arles, en présentant les élevages de la prochaine la Féria de Pacques, est à saluer, car le Toro est remis au centre de l’arène, et n’est pas (plus ?) réduit à sa simple expression d’accessoire du triomphe du matador. Conde de Mayalde, Miura, Fuente Ymbro, à cela nous pouvons rajouter la ganaderia Laget Jalabert vainqueur du concours toros de France. Espérons qu’à Nîmes, là aussi le Toro, sera de retour, mais pour cela, le dialogue avec les clubs taurins et des aficionados nîmois, doit également faire son retour !

 

 

Publié dans Aficion

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Une année terrible !

Publié le par vingtpasses

 

 

Par Paul Bosc

 

Diego Puerta vient de disparaître après Antoñete, après Alfonso Guardiola, après Juan Pedro Domecq, après la terrible blessure de Juan José Padilla, après la dernière corrida dans les arènes de Barcelone. 2011 a été une année terrible pour la tauromachie. Les anti-taurins en rigolent…

 

Diego Puerta, dit Diego Valor, c’était les cartels des Ferias de la Pentecôte nîmoise dans les années 50-60. Avec Paco Camino, avec Antonio Ordonez,  avec Julio Aparicio, avec Antonio Bienvenida, avec Chicuelo II, avec… Une époque où la plupart de ces toreros ne faisaient pas qu’un geste en cours de temporada mais affrontaient, sans sourciller des Miura, des Pablo Romero,  des Albaserrada et autres ganaderias qui avaient su garder la sauvagerie des vastes espaces andalous ou madrilènes. Diego Puerta, voici quelques années avait été invité par « La Muleta » d’Arles et il avait su garder, à la soixantaine, son allure de novillero. Et tous les aficionados se demandaient comment un torero si petit par la taille pouvait s’engager dans la phase suprême pour tuer des toros qui le dépassaient d’une tête.

 

La fin d’une époque qui reste quand même glorieuse pour les vieux aficionados nîmois même si l’image est sans doute écornée par les années passées et embellie par les années d’adolescence. Mais 2012 approche, et dans les perspectives d’avenir, la grande nouvelle, celle que tous les aficionados commentent est l’entrée de Simon Casas dans la direction des arènes de Madrid. Un rêve pour le jeune Bernard Dombs qui, avec Alain Montcouquiol, avaient obtenu le prix de la vocation avant de partir en Espagne pour tenter de toréer comme le faisaient les maletillas.  


Simon Casas rêvait de Madrid, de la consécration de ce monde tauromachique. Il en a aujourd’hui franchit la grille même si ses détracteurs disent qu’il ne s’occupera que des expositions culturelles de Las Ventas et que ses admirateurs voient déjà des affiches-événement à l’image de celles dont il a habitué le public nîmois.


Il est trop tôt pour prévoir l’avenir. Souhaitons simplement qu’il se souvienne de ces toreros aujourd’hui disparus qui portaient des valeurs réelles et qui n’étaient pas  seulement la représentativité d’une culture espagnole tant décriée depuis qu’elle n’est devenue qu’un spectacle.

 

 


Publié dans Chroniques

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