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Ode à Christian

Publié le par vingtpasses

 

 

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Photo Vingtpasses

 

 

Recuerdo

 

 

Christian s'en est allé

Il fait froid dans nos cœurs.

 

Paseo solitaire

sable pailleté d'or

d'une arène là-bas où la peur n'a plus cours.

 

Pañolero l'attend

le toro gris qui l'a fauché

comme on coupe une fleur...

 

En Arles où sont les Alyscamps

point de douceur des choses

certain soir de septembre.

 

Qu'il était beau le torero dans la lumière rose de l'été finissant !

Nous, ses amis, sommes restés

longtemps

sur les gradins déserts

loin des bruits de la fête

tendus vers les espoirs les plus fous

insensés.

 

Tous nous avons bercé

de belles certitudes habillées de chimères

et nous avons tremblé de le revoir jamais..

 

La vie recommençait.

 

Les cornes de l'absurde

ont lacéré son âme

plus que son corps blessé...

 

Christian s'en est allé.

Il fait froid dans nos cœurs...

 

¡ Hasta siempre torero !

 

 

à Christian Montcouquiol Nimeño II

 

Georges GIRARD, novembre 1991.

Publié dans Poèmes

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NIMEÑO : vingt ans déjà...

Publié le par vingtpasses

 

 

 

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Crayon  JF. JALLET (20- 02 - 93)

 

 

 

Depuis quelques jours, un texte de Jacques BOYER "NIMEÑO, vingt ans déjà" circule sur le web. En ce jour d'anniversaire, Vingtpasses se fait à son tour le temoin de ce bel hommage, avec en illustration un dessin original de JF JALLET exécuté en 1993.

 

C.C.

 


 

NIMEÑO : vingt ans déjà...


 

Par jacques BOYER

 

 Vingt ans déjà qu’éclatait aux quatre coins de la région, ce 25 novembre 1991, l’effarante nouvelle : Nimeño est mort.

Il avait, comme on dit, mis fin à ses jours. Il avait eu trente-sept ans en mars.

Tous ceux qui dans les milieux taurins et largement au-delà suivaient avec anxiété, depuis le terrible accident d’Arles le 10 septembre 1989, la lutte indécise et cruelle de Christian d’abord pour survivre puis pour récupérer son intégrité physique, espéraient malgré la lenteur des derniers progrès la guérison complète du torero.

On pensait que, comme devant les six Guardiola de la Pentecôte nîmoise de 1989, toujours présente dans les mémoires, et dans tant d’autres occasions de sa carrière, la persévérance, l’obstination, le courage viendraient à bout du pire.

Il avait en effet déjà échappé à la tétraplégie, puis au fauteuil roulant : il était debout désormais, et il marchait ! Fantastique récupération, n’est-ce pas ?

Certes, mais sa main gauche, pas encore prête à l’évidence à courir à nouveau la main des passes naturelles, est-ce qu’elle reviendrait un jour complètement ?

Sans doute Christian a-t-il jugé qu’elle ne reviendrait plus et qu’il avait perdu ce dernier combat : il en a tiré ses conclusions.

Il n’y a rien à dire sur sa décision : elle lui appartient exclusivement. Ne s’imposent désormais, vingt ans après et pour toujours, que le chagrin et les regrets. Aucun de ceux qui l’ont connu ne se consolera de cette tragédie.

 

On peut imaginer, comme une sorte de palliatif dérisoire à la douleur de l’absence, ce qu’aurait pu être son futur de torero et d’homme : imaginer des journées de triomphe dans une fin de carrière à la hauteur des espoirs de toujours – lorsque la maturité des artistes et singulièrement celle des grands matadors exalte leur talent et fait qu’ils ne montrent jamais autant de maîtrise et ne suscitent jamais autant d’émotion que dans leurs ultimes combats.

Mais on ne verra pas la plénitude de Nimeño, on ne saura pas ce qu’elle aurait pu être dans l’accomplissement final de cette trajectoire de passion qui a été le but de sa vie : devenir  et être le meilleur. Comme il était dans sa vie de tous les jours, sans effort ni calcul : le meilleur des hommes qui gardait la fraicheur innocente de son sourire d’enfant.

 

« ... Nous sommes  de l’étoffe

Dont sont faits les rêves, et notre petite vie

Se clôt d’un sommeil... »

 

Ainsi parle le sage Prospero dans La Tempête de William Shakespeare – deux vers dont la simplicité absolue des mots crie le tragique de la condition humaine – deux vers dédiés à Christian Montcouquiol, Nimeño Segundo, matador de toros, qui nous a quittés voici vingt ans ce 25 novembre 2011.

 

 

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Le "syndrome de Vergèze"

Publié le par Vingtpasses

 

 

Par Charles CREPIN 

 

Le maire de Vergèze a annulé la fiesta campera prévue le 20 novembre prochain.  

 

Sur cet événement peu banal, les avis sont partagés. Certains commentaires à chaud stigmatisent « la faute » d’un maire coupable d’avoir annulé cette fête tant attendue, par un communiqué laconique truffé de raisons fallacieuses.

 

Quant à moi, je vois l’affaire sous un angle différent. Dans cette décision, quelle est la part de la cyber intimidation (*), celle des pressions, menaces, insultes en tous genres auxquels le maire de cette petite ville et son personnel, sincèrement dévoués à la cause des traditions locales, ont dû faire face durant plusieurs semaines ? Quel est le poids du « syndrome de Rodilhan », chose nouvelle, dans la décision de ce maire, bien seul en vérité, en face d’un risque qu’il évalue difficilement et dont il appréhende les éventuelles conséquences, tant en terme de sécurité que d’administration de la Ville ? Au plan politique aussi, observé qu’il est par ses administrés. De guerre lasse, voyant que les choses empirent et constatant par ailleurs que le carnet de réservations des organisateurs n’est pas franchement extraordinaire, il tire un trait sur la fiesta campera en question et zappe le problème en le renvoyant à plus tard, espérant que des solutions satisfaisantes et des appuis nécessaires seront trouvés avant la prochaine Féria estivale.

 

Tout a changé en effet à partir de « Rodilhan ». Car le problème des pressions hostiles au déroulement des spectacles taurins n’est pas nouveau. Les appels par centaines, mails, SMS, reçus par les mairies, véritable épandage de fumier venu de nuées d’antis taurins haineux, espèce voisine de celle des corbeaux, se sont développés depuis plusieurs années déjà au rythme de la téléphonie mobile.

 

Mais depuis « Rodilhan », quelles mesures concrètes ont été prises ? A part une interview du Préfet du Gard rappelant que « ceux qui manifestent sans autorisation le font à leurs risques et périls… », pas grand chose officiellement. Pourtant, il y a de la demande : le 21 octobre, 3000 personnes sont venues manifester leur indignation face aux actions sauvages des anti taurins, rappelant que la corrida est  légale chez nous. Leur message est clair ( et il y avait beaucoup d’écharpes tricolores pour les accompagner, il me semble). Faut-il en rassembler 10 000 la prochaine fois ?

 

Le « syndrome de Vergèze » se profile donc à l’horizon. Démunis de quelconque stratégie, et pour conjurer le risque de nouveaux dérapages, des maires de petites villes vont être tentés de suivre l’exemple de leur confrère vergézois. C’est juste le calcul des antis taurins… Si une solution n’est pas trouvée rapidement, ces énergumènes vont faire de nos arènes des zones de non droit vouées aux provocations, à la frustration et à la violence. A cette égard, l’affaire de Rodilhan a mis en lumière de surprenantes carences en matière de sécurité, de gestion des désordres et de maintien de l’ordre public.

 

Dans un tel contexte, les maires des communes concernées (et les présidents de course) devraient disposer d’un guide de bonnes pratiques et d’un mode opératoire défini en concertation avec les autorités, avec la garantie d’une assistance automatique (et non aléatoire) en cas de troubles de l’ordre public, ainsi que de sanctions pénales réellement susceptibles de décourager les récidives. L’enjeu est capital pour tous ceux qui veulent conserver leurs traditions et les transmettre à leurs enfants. Il ne l’est pas moins pour tous ceux d’entre nous, respectueux des lois de la république et soucieux du respect d’autrui, qui refusons que des gens ignares et bornés venus d’ailleurs, nous disent ce que nous devons faire chez nous.

 

L’organisation par la Préfecture d’une table ronde à laquelle participeraient les maires des communes concernées constituerait la base d’une démarche allant dans ce sens. Dans cet esprit, les clubs taurins et certaines de leurs instances représentatives demandent instamment la mise en œuvre urgente d’une telle démarche et entendent y être étroitement associés.

 

 

 

 

 (*) L’intimidation est un comportement agressif intentionnel, répété dans le temps et impliquant un déséquilibre de pouvoir ou de force… la cyber intimidation est une variante de l’intimidation sur Internet et par téléphone portable devenue de nos jours une tendance high-tech croissante.

 

 

Publié dans Corrida et Société

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"Tempête du désert"

Publié le par vingtpasses

 

 

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Pas d’accord !  ou division sur un desierto


Par Paul BOSC


Je viens de lire le palmarès annuel des Critiques Taurins de France de la section Sud-Est, et mon étonnement vient du fait que la catégorie « novilladas » ait été déclarée « desierto ». Étonnant, à mon point de vue, bien que je n’ai pas vu toutes les novilladas programmées cette saison, que cette digne association ait oublié la novillada de Tarascon avec des novillos de la ganaderia de Pascal Mailhan-Pagès. Une tarde tout à fait exemplaire où trois novilleros ont étalé une grande classe face à ces novillos qui avaient du répondant, de la classe dans leurs charges, de la noblesse dans la muleta mais qui ne se laissaient pas faire comme des sucettes à l’anis. Les critiques taurins de France auraient-ils oublié la novillada de Enrique Ponce à Nîmes pour la Cape d’Or de la Peña Antonio Ordoñez ou la novillada de Patrick Laugier « Dos Hermanas » issue des Coquillas de Sanchez Arjona, pour les Vendanges nîmoises ou bien celle lidiée à Lunel pour les fêtes, appartenant à  Bruno Blohorn ? Ces quelques exemples ne méritaient-ils pas une mention ? Une breloque ?  Un souvenir ? Quand on connaît les difficultés que rencontrent les éleveurs français pour vendre leurs produits, quand on connaît le  soin, la passion, la patience des ganaderos français qui présentent souvent, pour ne pas dire, tout le temps, des novilladas fort intéressantes, une reconnaissance aurait été de mise plutôt que ce « desierto » bien sec.


 

Commentaire d’Agnès PERONNET, Présidente de l’Association des Critiques Taurins de France (Sud Est)


Je viens de lire les remarques de Paul Bosc, et je comprends son point de vue. Je tiens juste à lui préciser que nous votons chacun selon nos critères et  que le lauréat doit recueillir une majorité significative de voix  pour être nominé. Toutes les courses citées par Paul Bosc ont été nominées sans qu’aucune ne se détache particulièrement, d’où le desierto de cette année. Cela ne veut pas dire que nous n’encourageons pas les ganaderos français dans leur sélection et leur passion, bien au contraire. Parmi ces élevages cités, et s’il n’avait eu qu’à en retenir un seul, Paul Bosc aurait peut être aussi choisi le désert ... En tous cas, c’est cette option que j’ai souhaité défendre pour 2011 pensant éviter ainsi les injustices et les critiques.

 


Publié dans Humeurs

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Les naufragés de la terreur...

Publié le par vingtpasses

 

 En quelque vingt ans, la plus belle de toutes les dédicaces sur le livre d’or de la chapelle des arènes reste celle de Luis Francisco Esplá, que nous adresse Jacques TEISSIER, notre prêtre "sacristain" des arènes de NÎMES et aficionado practico  :

 

« Aquí se esparzan los miedos.

Y vozamos la soledad como náufragos del terror.

Y solo nosotros, cada uno de nosotros, somos nuestro único consuelo.

Gracias a Dios, él nos vigila. »

 

Qu’ici se dispersent les peurs.

Nous crions à la solitude comme des naufragés de la terreur.

Chacun de nous est à lui-même son unique réconfort.

Merci à Dieu : lui, il veille sur nous.

 

Esplá, matador, poète et artiste, l’a écrit en quelques instants dans la chapelle, le 18 septembre 1991 .

 

 

 

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Photos Vingtpasses

 

 

Publié dans Inclassables

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L'oeuvre et sa part de mystère

Publié le par vingtpasses

 

 

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Jean Nouvel - 2009 Vienna - Photo Christopher Ohmeyer

 

 

Dans une interview récente au journal Midi Libre (5/11/2011), l’architecte Jean NOUVEL évoque tour à tour l’architecture et la tauromachie dont il souligne la dimension esthétique et métaphysique. Pour nous aficionados, les analogies sont évidentes : mystère de l’œuvre, surprise, émotion, critique et doute aussi. Des questions qui ramènent toutes à l’art, à la culture.

 

Quelques extraits :

 

Sur l’architecture

« L’art et l’architecture ont un même but : émouvoir. (..) Il n’existe pas une seule toile de l’histoire de l’art qui n’a pas dérangé quelqu’un. Si vous n’êtes pas surpris, il n’y a pas d’émotion. Tous les collectionneurs savent qu’un objet qu’ils aiment instantanément n’est pas très intéressant. L’œuvre architecturale ne doit pas se livrer immédiatement, mais résister à une exploration sommaire, conserver une part de mystère, de doutes, et forcément de critiques ».

 

 Sur le mouvement “anti-corrida” ?

« Comme un déni de culture. Rien n’est plus facile et malhonnête que de faire signer des gens contre la tauromachie alors qu’ils ne la connaissent pas. (…) perçoit-on la dimension esthétique et métaphysique de la corrida ? Elle est une métaphore des étapes de la vie, transcendée par des toreros qui risquent eux-mêmes leur propre peau. Vous en connaissez beaucoup des spectacles de cette dimension ? On ne peut pas le laisser massacrer sur pétition ».

 


Publié dans Corrida et Société

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