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Tauromachie et Solidarité

Publié le par vingtpasses

 

 

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L'oeuvre est le thème du décor des nouveaux locaux de la sécurité sociale à Nîmes.

 

Voir les autres albums du peintre Albert MARTIN

Album 1

Album 2

 

Voir sur le site du peintre :  "temporada 2010"

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Encastes oubliés

Publié le par vingtpasses

 

 

Juan Pedro Domecq est mort, quelques jours avant la Feria d’Arles et si personne ne peut nier que cet homme a été un grand ganadero, l’aficionado peut lui reprocher d’avoir éliminé la sauvagerie des Vistahermosa pour en faire ce que l’on appelle des « toros-bonbons » pour vedettes.
Il se dit aujourd’hui que 60 % des toros sont issus de la famille Domecq. Pourcentage à peu près respecté dans la composition des cartels de la feria d’Arles puisque sur 8 élevages présentés entre corridas et novilladas,  5 d’entre eux portent le fer JPD : Tierra d’Oc, Garcigrande, Dos Hermanos, Nunez del Cuvillo et Fuente  Ymbro.


Une parenthèse peut ici s’ouvrir concernant Tierra d’Oc dont les erales de vendredi matin sont issus d’un ancien encaste pratiquement disparu, les Coquilla. Sanchez Ajona qui les possédait a acheté vaches et sementales à Juan Pedro Domecq et a converti son élevage. Toutefois l’éleveur a conservé une branche des anciens Coquilla qu’il présente sous le nom de « Coquilla de Sanchez Ajona » mais que l’on voit peu souvent dans une arène.  La novillada de Patrick Laugier portant le fer de Dos Hermanas (annulée samedi matin) qui porte dans son sang du Sanchez Ajona est, par contre, issue des JPD.

 

Autre particularités avec les toros d’Olivier Riboulet fer du Scamandre : ils portent le sang typiquement originaire du campo Charro et de la région de Salamanque, Atanasio Fernandez et Lisardo Sanchez que l’aficionado ne voit que rarement sous ces noms portant légendaires.

 

Autre encaste rare et qui pourtant a fait les beaux jours de la tauromachie des années 50 et 60 : Murube. Il n’est plus présent que lors des corridas à cheval à l’exemple de la corrida du lundi matin sous le fer de Bohorquez.

 

Autre nom fabuleux qui ravive la mémoire des aficionados : Osborne. Ce fer pouvait se déceler en examinant scrupuleusement les origines des toros de Nunez del Cuvillo (samedi après midi) où se mêlent du Marquis de Domecq et bien sûr Juan Pedro.


Reste les Miura, issus depuis 170 ans de la descendance Cabrera. Les mauvaises langues disent que les éleveurs auraient tenté quelques expériences pour adoucir la race, comme les propriétaires de Pablo Romero.


Du tentaculaire héritage de la famille Domecq sur la tauromachie actuelle,  d’aventureux ganaderos tenteront, peut-être, de retrouver, dans les années à venir, cette dangerosité des Vistahermosa d’antan qui donnait à  la corrida   toute son émotion. Fuente Ymbro (origines Jandilla) et Garcigrande (purs Juan Pedro) dont un toro a été indulté par El Juli vendredi après midi sont déjà sur cette voie. Mais entre temps, ils auront mis à terre les Santa Coloma (pas invités à Arles), les Pedrajas de Guardiola, les conde de la Corte, les Cobaleda, les Barcial&hellip Et tant d’autres.

 

Paul BOSC

 

Publié dans Le toro

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VISIONS TAUROMACHIQUES

Publié le par Charles CREPIN

 

 

La conférence donnée hier à Nîmes par le docteur Jean-Yves BAUCHU, "BIBLIOGRAPHIE TAURINE & MEDECINE" remet en lumière un article qu'il avait écrit pour Vingtpasses en septembre 2008. Une occasion de remettre cet article dans l'actualité.

 

La vision tauromachique du Professeur Henri EY, psychiatre de renom.

 

 
Henri Ey est né le 10 août 1910 à Banyuls -dels-Aspres, dans le Vallespir. Retraité dans son village natal après une très grande carrière de Psychiatre à l'hôpital de Bonneval, en Eure et Loire, en région parisienne, il y décédait le 8 novembre 1997. Psychiatre et psychanalyste de réputation mondiale, partisan et défenseur de l'organodynamisme, il nous faut simplement retenir de sa bibliographie qu'il fut l'auteur du « Manuel de Psychiatrie » qui a formé des dizaines de génération d'étudiants en médecine. S'il accomplit ses universités médicales à Toulouse puis à Paris, c'est bien à Céret qu'il effectua ses universités tauromachiques. Céret qu'il devait marquer de sa personnalité. En 1948, il fût un des fondateurs du Club Taurin de Paris, côtoyant Michel Leiris, Auguste Lafront dit Paco Tolosa, et Claude Popelin.


Dans son énorme bibliographie, quelques publications nous permettent d'approcher sa vision de psychiatre et de philosophe de la corrida. Voici quelques extraits :


Photo Charles CREPIN


« La bravoure du Taureau de combat » a été écrit en collaboration avec le Professeur Clément Bressou, Membre de l'Institut, Membre de l'Académie de Médecine et de l'Académie d'Agriculture, Directeur de l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, et publié en 1964 dans l'ouvrage collectif « Psychiatre Animale » dont voici la conclusion :

« La bravoure au combat est un produit en grande partie artificielle de la sélection zootechnique. Si celle-ci cesse d'être rigoureuse et sévère (et surtout si elle recherche un autre critère de sélection), chaque toro tend à tomber dans la probabilité générale de la répartition statistique de la bravoure dans son espèce, c'est-à-dire celle d'une aptitude relativement rare. Il n'y a pas lieu de se demander dans ces conditions pourquoi parmi les toros de combat il y en a tant de mansos, mais plutôt d'admirer qu'il y en ait tant de bravos, moins que l'aficionado le désire, mais plus que le génie de l'espèce le permet dans des conditions naturelles de l'existence du Bos Taurus ».

 


Photo C. CREPIN

 

Un autre texte « La corrida et l'esthétique de la violence », publié en 1968 dans « Violence Humaine » de R. Bloy, à Paris, permet de noter : « Où est la violence de la corrida ? Elle est pour celui qui ne la considère qu'à l'extérieur d'elle même, dans le sang, les chevaux étripés, les coups de rapière infâmes, la mort stupide et parfois horrible d'une bête aux abois..Mais ce sinistre festival de la cruauté saturé de l'écœurante odeur du sang, c'est précisément ce que ni l'aficionado, ni les toreros ne voient et ne veulent. Rien ne les déçoit davantage qu'une corrida réduite à ces éclaboussures, à ces scories, à ces misérables souillures de l'art de toréer ».

 

 
 

Mithra Tauroctone  fin IIème siècle - Musée du Louvre

 

Un opuscule non publié d'une conférence prononcée par le Docteur Huguette Deprez, portant le titre : « Essai de la compréhension psychologique de la corrida  comporte une longue correction écrite par le Professeur Henri Ey. A propose du mythe de Mithra, voici ce qu'il écrit : « La référence à la mythologie du taureau, au Minotaure, à la Crète et au fameux culte de Mithra glace mon aficion. Rien ne peut, en effet, refroidir plus l'enthousiasme pour l'art tauromachique que cette référence 'universitaire' au culte du taureau. Ceci est pour moi aussi étranger à la tauromachie que le recours au mythe des Centaures pour exciter ou expliquer le zèle des jockeys ou l'intérêt des turfistes... ». Pour lui, écrit-il plus loin : « l'esthétique de la corrida commence lorsque s'égalisent les risques de mort, c'est à dire lorsque le taureau est assez dangereux ou lorsque l'homme s'expose assez. Mais bien entendu, l'émotion qui soulève l'enthousiasme de l'aficionado, ce n'est pas la mort sanglante et prévue du taureau et encore moins la mort de l'homme, c'est l'art par lequel l'homme se joue de la mort et en triomphe. Nous voici loin de l'adoration et du culte totémique du taureau ».

 

Qu'en termes choisis, ces choses sont bien dites...

 

Jean-Yves BAUCHU

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Opera au marché

Publié le par vingtpasses

 

Un peu de détente, et d'émotion..

 

 

 


 

Publié dans à côté du toro

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OPALINES

Publié le par vingtpasses

 

Une nouvelle inédite de Georges GIRARD

 

 

 

OPALINES

 

                                                                                

                                                                       à Francine

 


 

Note de l'auteur : OPALINES, c'est le fil rouge d'un "itinéraire de ces objets insignifiants qui traversent l'Histoire et se chargent au fil des siècles de tout le poids du Souvenir".

 

 

Cabrera, 1810.

 

Chaleur blanche, feu de forge qui craquait les pierres, blessait les yeux salis d'ophtalmie, ravageait les poumons. La brise de mer charriait mollement des fumets de grillades. Les lézards de Cabrera. Vautrés sur la terre brûlante, des milliers d'insectes en lambeaux d'uniformes remuaient l'air épais à l'ombre d'improbables abris. Les éventails donnaient le grade. Du bicorne déplumé des officiers au rabat de giberne en cuir bouilli des autres, les sans galon. Depuis longtemps ils avaient dévoré les chèvres, encore nombreuses à la déferlante des vaincus de Bailén. Même l'âne Martin avait fini sous le couteau du cambusier en une ribambelle de petits cubes de quelques grammes. Confettis de mascotte ! Et la vie se traînait sous le plomb liquide du soleil.

La Junte de Séville les avait relégués sur cet îlot de l'oubli. Point d'amnistie...

Marie-Amédée Augustin Ganteaume était sergent au 14ème de Ligne, avant... L'après ? Personne n'osait plus le rêver ...

En attendant, et puisqu'il fallait vivre, compère, on ne peut rien contre ça, il rôtissait des sauterelles savamment embrochées sur un rameau de coudrier. Son estomac délabré ne souffrait plus le lézard. Un peu de régime lui ferait du bien, qu'il se disait. Lorsque la soif donnait la langue de carton, ce maoufatan de Wagré, le caporal de la fontaine, l'abreuvait de décis d'eau, en échange pardi, de rendez-vous galants avec l'Angélique. Putain qu'elle était belle et qu'elle se laissait bien chevaucher sous la lune! Pour un peu Marie-Amédée l'aurait troussée pour lui tout seul, Tudieu !.. mais comme la ribaude commerçait le vin avec des pêcheurs espagnols...

Un "rafalé" troglodytique le prit en amitié. Un dragon, démonté certes, mais diantre, un pays, tè, excusez du peu mon cadet ! Au fond de sa grotte, sous un monceau de feuilles d'arbousiers, un filet d'air iodé soufflait la liberté. Fraîcheur. L'exploration consuma le peu d'amadou qu'ils se gardaient pour  leur bouffarde. L'étroit boyau descendait bien jusqu'à la mer. Epais comme des passe-lacets, ni le cavalier  ni le fantassin ne s'y coinceraient, ça non ! Restait à négocier avec les espingoles.

Angélique donna lascivement de sa personne dans cette affaire d'hommes.

Trois ex-voto naïfs et deux jolis vases en opaline autrichienne, dons d'un chevau-léger polonais parti du typhus, le pauvre, conclurent le marché.

Tant pis pour le pillage de la petite chapelle.

Fan de pute, ils n'en étaient pas à leur premier !.. 

 

Andrea, le pêcheur majorquin, fit voile cette année-là sur le village de Tarragona où était sa novia. Une blonde levantine très croyante, ma foi.

Les vases en opaline lui valurent, pour sûr, un bon siècle d'indulgences.

Un sacristain de sa parentèle assura la transaction.

 

 

 

 

 

  Amposta, 1938.

 

Trois fois il a traversé l'Ebre accroché à sa barque dans l'eau noire et glacée. Trois fois il a ramené des camarades blessés. Certains étaient morts sans même avoir réalisé qu'il les avait arrachés aux baïonnettes des Africains. Trois fois la peur, les ricochets rageurs des balles. Le cimetière d'Amposta tressaute sous les coups de boutoir des obus. Bouches béantes des tombes éventrées. Et se tordent les croix comme mains en supplique.

Rol-Tanguy, le commissaire politique de la 14ème Brigade, l'a embrassé.

Le bataillon "Henri Barbusse" opérera son repli à l'aube, décimé, dérisoire peau de chagrin. ¡ No pasarán !

Et pourtant...

Pierre Ganteaume sanglote comme un gosse. Il tremble, il a mal. Désespéré, anéanti, vidé. Vains combats que ceux dont on réchappe... Les ajoncs du fleuve bruissent dans ce matin gris de novembre et d'épaisses fumées se traînent vers l'embouchure en longs voiles de deuil.

Pierre, Pedro, El Frances ? Qu'importe son nom à présent... Une pensée l'obsède. Poser son sac trop lourd, retrouver Soledad, respirer sa peau vanille jusqu'à se perdre l'âme et l'aimer, simplement l'aimer, à s'éclater le cœur...

Il n'a besoin que de vivre. Il ne déserte pas.

Il part.

Rejoindre la femme qu'il aime.

Sa guerre est finie. ¡ Adiós camaradas !

 

Une porte s'est rabattue avec fracas au souffle de l'explosion. Il se glisse dans le noir sans réfléchir. Obscurité zébrée des fulgurances du bombardement. Il s'enferme, sauvé. Il n'en peut plus d'avoir couru d'un tas de gravats à un autre, d'un incendie à l'autre. Il n'a pas retrouvé la ruelle fleurie où elle l'attendait, où s'accordaient leurs pas... Demain peut-être.

Il s'endort. Un rai diaphane filtre au ras du sol. Dans le silence assourdissant, après le vacarme de la nuit, plane comme un parfum. Pierre la connaît cette odeur prégnante. L'encens. Des souvenirs en chasuble le submergent. Enfant de chœur !

Soldat perdu... au cœur de ce qu'il croit d'abord être une église et qu'il visite du bout des doigts. Tâtonnements d'aveugle. Il n'a plus son briquet, le cadeau de son père à son engagement aux brigades. La porte entr'ouverte, il se repère mieux et s'étonne. La chapelle a échappé par miracle à la colère, au saccage, à l'anéantissement... Une console sculptée sous une broderie éteinte, un retable intact, la Vierge de la Miséricorde, un prie-dieu à l'accotoir usé, deux vases d'opaline jaune, orangée plutôt. Les fleurs ont dû sécher il y a bien longtemps. On dirait du papier. Dans leurs cadres, quelques photos sépia parafées racontent la gloire éphémère des toreros d'hier. La capilla des arènes de Tarragone a traversé la guerre.

Pierre Ganteaume lui a survécu.

Il ne sait plus prier....

 

 

 

Arles, 1998.

 

Sol ne supporte pas l'enfermement des tunnels. Angoisse, séquelle  d'une enfance bringuebalée, torchonnée, sans d'autre soleils que les bras d'une grand-mère pétrie de toute les bontés du monde. Tunnels, galeries souterraines, voûtes minérales dont on s'inquiète toujours de savoir par quel miracle elles tiennent, arcatures immuables. Ce tunnel-ci, au cœur du grand vaisseau de pierre, ne l'oppresse pas. Elle y respire même. Un air humide qui fleure bon la terre humide. Passée la double tenture rouge, les hommes de toros viennent y déposer leurs peurs. Voussures dorées des chaquetillas, nuques ployées dans le recueillement. Sol  s'y attarde, courte pause avant les cornes des Dolores Aguirre que Marcos lui a décrites en mentant, comme d'habitude. Elle assouplit ses chevilles, d'un pied sur l'autre. Guillermo a trop serré les machos sous le genou. Il fait toujours ça Guillermo. Une Vierge chatoyante, des Sept Douleurs peut-être, pleure ses larmes de cire et sourit. Comme sourit la jeune femme qui vient de se glisser aux côtés de Sol et dont les bottes armées cliquètent sur les dalles.

Eva Maria piquera pour elle tout à l'heure. Elle le fait bien. Guillermo l'admet, c'est rare,  même s'il  ne l'apprécie pas plus que ça.  Nancho, qui revendique haut et fort sa place de premier picador, a failli ne pas venir à Arles prétextant qu'il lui sera très désagréable d'alterner avec cette guapa. C'est vrai qu'elle est belle, le torse pris dans le boléro carapace bleu-encre et or, ses longues jambes gainées de peau chamoisée.

Eva Maria Armenta séduit, sans artifice.

Fragrance légère. Trouble diffus... Sol le sait, tout son être le sait, Guillermo le sait, qui lui en fait doucement reproche. Jalousie latente du valet d'épée...

¡ Me caó en su madre! Il devient grossier Guillermo quand il se prend les pieds dans le tapis  de ses contradictions.

Perla Sol Vargas n'a pas le droit de se laisser aller à ces émois de femme ! Point final.

Torera on veut bien, mais pas plus... ¡ hombre !

La cuadrilla reflue. Sol s'accorde un sursis avant le paseo.

Le fer forgé de la croix de Camargue luit en brillances écarlates à droite de l'autel. La couleur du vase d'opaline aux fleurs joliment disposées glisse dans les teintes orangées sous la lumière vacillante de la veilleuse.

Elle se souvient.

Deux vases chez sa grand-mère, rigoureusement semblables à celui-ci, encadraient le portrait jaunissant d'un homme jeune, canadienne, béret, fusil et poing brandis. Sol passait de longs moments à l'observer, accrochée au regard puissant de cet inconnu, impressionnée par l'allure martiale. Une grand-mère ne pouvant  pas garder de secrets, elle pressait la sienne de questions et l'agaçait jusqu'à la colère.

Soledad feignait si bien de se mettre en colère...

Elle essuyait ses yeux, se mouchait à grand bruit et finissait toujours par dérouler pour sa niña l'épopée des Brigades et celle du Français.

Cuentas de hadas dont le Prince charmait encore et encore son existence ...

 

 

Un grand bonheur était né de ces années de plomb. Un enfant aussi.

Pedro.

 

L'enfant de la veuve Vargas, créature perdue qui n'avait  même pas attendu la fin de son deuil pour se tordre de plaisir dans les bras d'un brigadiste de passage... Un Rouge...

 

"Que Dieu ait en sa Sainte garde Manuel Vargas y Borgo, le héros phalangiste tombé pendant le siège de l'Alcazar de Tolède !.. "

 

Pedro grandira sous le regard lourd de reproches de ses maîtres d'école, des curés aussi raides que leurs soutanes, aussi jaunes que des cierges... Moqué, exclu, il traînera dans l'amertume son baluchon de honte, la honte de n'être rien, sinon l'enfant de personne...

Bien plus tard il mariera Perla Dolores qui finira par lui donner une fille au bout d'interminables nuits de brutalités et de mauvais vins. Exaspération, déchirements, séparations. Ses parents navigueront tant et tant au bord de l'irréparable que Sol trouvera définitivement refuge chez sa grand-mère.

Pedro émigra en France un beau matin, seul, comme tant d'autres à la recherche d'un travail. Dans son maigre bagage, une des deux opalines autrichiennes que Soledad a voulu qu'il emporte, le suppliant de la remettre à son père.  " Pedrito... tu le retrouveras, dis ? "

Gage d'un amour interdit, lacéré par l'absurde ...

Sorti vivant des combats sur l'Ebre et du bombardement de Tarragone, contraint par les vainqueurs à quitter pour toujours la Catalogne, Pierre Ganteaume suivit jusqu'à Collioure l'exode des vaincus.

 Il s'était juré de renouer le fil interrompu, revenir la chercher, les  ramener en pays d'Arles, elle et son petit ...

Les cornes de Fandango, le champion cocardier de la manade familiale, en ont décidé autrement .

Fidèle à sa promesse, Pedro Vargas, journalier aux rizières d'Albaron, déposa le vase d'opaline en offrande  sur l'autel de la capilla des arènes d'Arles. Un de ses compañeros y faisait le monosabio.

Il ne retournera jamais  en Espagne.

 

 

Perla Sol Vargas défile au centre, montera à la main, dans le costume héliotrope et argent que Guillermo s'obstine à appeler "traje blanco ".

Eva Maria Armenta, seule femme picador du moment, se déhanche au pas lourd d'Opalina, la vieille jument à crinière jaune de la cuadra de caballos.

 

 

 

*****

 

 

 

 

A propos de :

 

Cabrera : Ilot désertique au sud de Majorque où la Junte de Séville entassa de mai 1809 à novembre 1814 des milliers de soldats français et étrangers prisonniers. Les premiers furent ceux des armées du général Dupond de l'Etang, défaites à Bailén en 1808.

4000 d'entre eux y moururent.

 

L'âne Martin : Mascotte, porteur d'eau, l'animal fut sacrifié après un vote et découpé en autant de parts qu'il y avait de soldats valides pour le déguster, 1300 environ !

 

Louis-Joseph Wagré : Caporal à la 1ère Légion, Brigade Laplane, il fut nommé responsable de la distribution de l'eau  de La Fontaine, la seule source d'eau potable de Cabrera.

 

L'Angélique : Une des 8 femmes présentes sur Cabrera et dont l'histoire n'a pas retenu le patronyme. Jolie, facile, elle fut avec la célèbre "Polonaise"à la base du commerce du vin avec des pêcheurs espagnols.

 

Rafalé : Nom que se donnaient certains prisonniers qui vivaient nus dans les nombreuses grottes de Cabrera.

 

Opaline autrichienne : Riche en Forchérite (fragments de réalgar et d'orpiment), cette opaline rare a une couleur citronnée tirant quelquefois sur l'orangé.

 

Amposta : Petite localité à l'embouchure de l'Ebre, tristement célèbre pour les combats d'une rare violence qui s'y déroulèrent en novembre 1938.

 

Africains :Il y avait dans les rangs franquistes des troupes africaines venues du Rif (Maroc) réputées pour leur cruauté et leur efficacité en combat rapproché.

 

Rol-Tanguy : Henri Tanguy (1908-2002), ouvrier métallurgiste, syndicaliste, militant communiste, est surtout connu pour son rôle à la tête des FFI pendant la libération de Paris en août 1944. Le colonel Rol-Tanguy a été un grand résistant FTP. Rol est son nom de guerre aux Brigades internationales ( en hommage à Théo Rol, mort au combat ). Il était commissaire politique de la 14ème Brigade "La Marseillaise"et fut gravement blessé à la bataille de l'Ebre.

 

Eva Maria Armenta : Cette élégante et séduisante sévillane se fait connaître à 24 ans en 1997 aux ordres de Manolo Campuzano comme la seule femme picador en activité. Cristina Sanchez et Mari Paz Vega refuseront pourtant qu'elle pique pour elles, ce malgré son talent ! Elle a officié dans la cuadrilla de Luis Mariscal et pour d'autres novilleros. C'est la fille de Manuel Armenta, bandérillero. Elle a 37 ans aujourd'hui.

 

Avertissement de l'auteur : Ceci est une oeuvre de fiction, ce qui ne signifie pas pour autant que tout y soit fictif. Certains personnages, lieux et évènements ont bel et bien existé, ou existent encore.


 

 

Publié dans Récits & nouvelles

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Cinquième pouvoir

Publié le par Charles CREPIN


 Sur le web sont apparus de nouveaux acteurs venus d’horizons divers, de tous les échelons de l’organisation sociale, grâce aux nouvelles technologies de communication. Bloggeurs, gérants de sites web, ou chatters en ligne, ces amateurs « connecteurs », connaisseurs et compétents dans leurs domaines respectifs sont également ouverts, engagés, communicatifs, expansifs, voire extravertis. Ils utilisent à la perfection la toile du net comme outil de communication, d’autoreprésentation ou d’affirmation identitaire. Ils bousculent le pré carré des spécialistes et des pros sur cette autoroute accueillante où le surf peut conduire vite et loin. Ils échangent, partagent, donne leur avis sur tout. D’une position jadis assujettie au savoir des autres, où s’exprimer et publier arrivait après un long parcours balisé donnant droit au sésame du quatrième pouvoir, ils passent directement à l’action, d’un simple clic. Et du coup, ils jouissent du pouvoir de s’exprimer à leur guise, et même de faire preuve d’activisme. Les méthodes, la déontologie, les principes de l’ordre établi ne sont plus de mise. Démocratie et liberté sont les seuls supports intangibles de cette révolution pacifique. Le cinquième pouvoir prend doucement le pas sur le quatrième pouvoir qui contrebalançait lui-même les pouvoirs traditionnels (législatif, exécutif et judiciaire). Ce mouvement irrésistible propagé comme l'éclair par l’écriture numérique est rejoint par un flot chaque jour plus important de citoyens. Il balaie les dictatures les plus endurcies comme des fétus de paille : les premiers bataillons du « printemps arabe »  sont d’abord passés par internet. Ce pouvoir, c’est celui de la société civile, c’est celui du citoyen, c’est celui du peuple. 

 

Bien sûr, la tauromachie n’a pas échappé pas à ce mouvement, mais pour l’heure, le pouvoir des taurinos et du « G10 » reste intact…

 

Publié dans à côté du toro

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Sans commentaire

Publié le par vingtpasses

 

 

mora-estoc.jpg

 

D. Mora, suerte de matar, Perseguido...

Publié dans Galerie critique

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David Mora clarifié

Publié le par Charles CREPIN

 

 

Dimanche 10 avril, Feria de la Crau. Corrida de CEBADA GAGO. Un lot qui a enchanté les gradins, tant par sa présentation que son allant préservé après 17 piques reçues sans broncher. A priori, la pique "Bonijol" passe bien l'examen du premier tiers, mais aussi généreuse que ses devancières vu sous l'angle du sang versé...

 

David MORA tire le N° 76, un cinqueño nommé Perseguido. Toro noblissiime plus à l'aise dans le 3ème tercio que dans le premier, qui néanmoins fut consacré meilleur toro de cette feria torista...

 

2 oreilles et vuelta pour Perseguido sur pétition ultra majoritaire d'un public devenu toreriste...  En regardant quelques photos de David Mora prises sur le vif, et non triées sur le critère de l'esthétique, je ne vois pas la tauromachie profonde et généreuse, ni les détails très "toreros" relevés dans quelques éditoriaux. Bien au contraire, ces instantanés  confirment ma première impression et me font penser que Perseguido permettait qu'un maestro mette davantage la jambe et se plie du bon côté, sans excés de distance...

 

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Publié dans Galerie critique

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A CIEL OUVERT

Publié le par vingtpasses

Bande annonce du film d'Inès COMPAN

Sur les hauts plateaux du Nord Ouest argentin, des populations indigènes oubliées du monde luttent pour terminer la construction de l’école de leur communauté. D’autres font face à l’arrivée d’une multinationale canadienne : la mine de Pirquitas doit être réactivée pour devenir l’une des plus grosses mines à ciel ouvert d’argent du monde ! Deux histoires parallèles qui nous plongent dans un territoire grandiose et malmené, théâtre de conflits faisant résonner de nombreux mythes…
Durée : ‎1:58
A Nîmes : Sémaphore  19 avril à 18 h 30 et 20h 30 avec débat, puis dans la semaine du 20 au 26

Publié dans à côté du toro

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Sans commentaire

Publié le par vingtpasses

 

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Publié dans Aficion

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