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La jeune aficion

Publié le par Charles CREPIN

 

 

 

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Mourir fièrement, emporté par le torrent de la modernité "mortifère" de la corrida est une alternative, comme le dit Pedrito. Dénoncer cette modernité mortifère, ne suffit donc pas. La solution, si elle existe, réside dans notre capacité à transmettre  à la jeunesse l'aficion véritable, à promouvoir la découverte de la corrida, à permettre aux jeunes de fouler le centre du ruedo.  C'est un devoir pour les associations taurines  de s'approprier ce rôle. Aller voir des corridas  avec les socios et organiser des voyages festifs au campo ne suffira pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Aficion

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Comme un torrent...

Publié le par Charles CREPIN

 

Antonio LORCA écrivait il y a quelques mois : « le toro va tuer la corrida ». On sait  ce qu’il a voulu dire. D’abord, appelons un chat un chat : ce toro, c'est celui voulu par les figuras. Ensuite, conjuguons le verbe au présent : c’est aujourd’hui que ça se passe, et pas demain. Vu comme ça, on pourrait dire : les figuras tuent la corrida !

Et à tout seigneur, tout honneur. J’ai nommé El Juli, torero surdoué, archétype de la figura adulée par un large public béat et festif, « número uno » incontesté et reconnu comme tel par les aficionados. Dans le monde de la corrida, El JULI « commande », et devrait en toute justice endosser sur son nom, selon sa valeur et son rang, la terrible responsabilité des figuras dans le processus de destruction de la corrida. Imaginez, à côté d’El Juli, dans l’univers des paillettes et des apparences, une étincelante pléiade, Ponce, Manzanares, Castella, Morante, Luque, Perera…ouvrant avec lui ce paseo fatal sur un air  de Carmen angoissant de lenteur (andante moderato). 


Taquilleros, ils savent jouer à fond la loi du marché, et engrangent de somptueux cachets, laissant tomber quelques miettes pour leurs congénères de second rang. Ce qui n’empêche pas ce luxueux « G7 » de revendiquer aujourd’hui à Las Ventas l’alignement de leur rémunération sur celle, hors marché, de José TOMAS, dans des conditions disproportionnées, bien au dessus de la ressource disponible. Des conditions qui sortent largement du champ de la loi de l’offre et de la demande dont ils se réclament par ailleurs. (Cf édito A. VIARD du 10 janvier). Voilà pour l’économie… et le ridicule.

Il y a pire. Le prestige de ces  dieux du « spectacle taurin » est inversement proportionnel à la puissance des toros auxquels ils daignent se confronter. Inspirateurs de la sélection génétique, maîtres tout puissants des cartels, pourfendeurs du sorteo à l’occasion pour conjurer le sort, ils « donnent des passes » à des Domecq dépourvus, pour la plupart, de caste, de bravoure et de force, sans parler du reste. Pendant ce temps, des toreros moins réputés en mal de contrats et désargentés se tapent les Atanasio, Miura, Albaserrada, ou des vieux Conde de la Corte, Santa Coloma et autres Veragua en voie de disparition.

«Se acaba la fiesta ! ». Au bout de cette logique de deuil annoncé, il y a évidemment, à terme, la disparition des encastes et celle, pure et simple, de la corrida, à cause de la bêtise et de la cupidité de quelques jeunes milliardaires surdoués. Après nous le déluge, doivent-ils penser.

En parlant de déluge, un ami me dit que les aficionados vivent à contre-courant de cette éolution, debout dans le lit du torrent les bras écartés, luttant de toutes leurs forces pour arrêter le flot…

 

 

 

« La Raison, c'est la folie du plus fort. La raison du moins fort, c'est de la folie ».
Eugène Ionesco – Journal en miettes.

 

Publié dans Humeurs

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Rêver des "Domecq" ?

Publié le par Charles CREPIN

 

L'article d'Hubert COMPAN*, "Expérimentation : la pique Bonijol" publié par Vingtpasses le 29 novembre 2010, a suscité  des réactions bien tranchées.  C'est que le sujet est particulièrement sensible, voir épidermique pour beaucoup d’aficionados, quand il n’est pas tabou.
 
Dans un nouvel article publié ci-dessous, Hubert COMPAN revient sur le premier tercio. Mais cette fois, le cas "Domecq" est spécialement évoqué. Partant du fait bien établi qu’avec cet encaste majoritairement présent dans les corridas, le premier tercio se trouve presque toujours escamoté afin de favoriser la faena de muleta, Hubert COMPAN invite le lecteur à « rêver » d’un Domecq de plus de 500 Kg, beau et astifino, prenant deux vraies piques et doté d’un moteur qui lui permette de tenir la distance. Technique d’alimentation appropriée, conduite spécifique de la suerte et pique « Bonijol » pourraient être, parmi d’autres, les ingrédients élémentaires d’un premier tercio spectaculaire  et d’un toro mobile d’un bout à l’autre de la lidia.

L’approche est personnelle mais aussi scientifique. Elle s’appuie sur les travaux du Centre de Recherche de Salamanque, ainsi que sur des études réalisées sous l’égide de l'AVTF et l’INRA. A ce titre l’article d’Hubert COMPAN, que Vingtpasses publie dans sa Tribune Libre, présente un intérêt évident dans la mesure où il remet en débat un problème récurrent, intéressant une majorité de corridas, sous un angle nouveau.

Instruit par la dégénérescence programmée du toro de lidia, singulièrement chez le Domecq et ses proches, l’aficionado peut craindre avec quelques raisons que tout cela ne serve en définitive qu’à tirer quelques passes de plus dans le 3ème tercio, quelques oreilles de plus, quelques indultos de plus, et toujours aussi peu d’émotion.

Quant à moi je rêve toujours d’un grand « Domecq » astifino et surtout très encasté, à la seule vue duquel on éprouve de l'émotion. Un Santa Coloma, quoi…

 

C.CREPIN

 

 

 

Le 1er tercio et les corridas « Domecq »


Tribune libre pour Hubert COMPAN*



Divers-chargement-6693_2.JPGNous sommes un grand nombre d’aficionados à regretter que dans les corridas données à Nîmes et ailleurs, avec les toros de l’encaste Domecq, le 1er tercio soit de plus en plus escamoté et réduit à sa plus simple expression et que la fête ne commence que lorsque le torero prend la muleta.
Pourtant nous voyons souvent sortir des toros explosifs, galopeurs et très mobiles jusqu’à la première pique : la 2ème pique est symbolique et furtive et on a déjà bien compris que le torero et sa cuadrilla n’ont qu’un souci : conserver de la mobilité  pour faire durer la faena. Dans la tauromachie actuelle la faena se décompose en 2 phases : une phase classique qui n’émeut que les vrais aficionados et une phase dans le berceau des cornes avec pendules et passes en rond etc. qui sont nécessaires pour réveiller le public et couper les oreilles.

Peut-on rêver, avec les toros Domecq, que la fête commence dès le 1er tercio ?

 Les vétérinaires taurins français, les vétérinaires du centre de recherche sur le toro de lidia de Salamanque ont étudié avec l’INRA les caractéristiques musculaires et le comportement des « Domecq » : explosifs et galopeurs, violents au capote et au cheval, la tête basse, ils sont très dépendant du carburant glycogène qu’ils gaspillent dans le premier tercio pour souvent tomber en panne de moteur dans le 3ème tercio.
Au contraire  les « Atanasio » et les « Santa Coloma » par exemple, plus trotteurs, moins explosifs sont plus économes de leur carburant et respirent mieux (au galop un toro comme un cheval  dépense 2 à 3 fois plus de glycogène qu’ au trot)
Les toros de Domecq supportent mal la débauche énergétique du premier tercio ajoutée à un « châtiment » trop sévère et c’est pour limiter les risques de blessures inutiles qui pénaliserait trop la mobilité que la 2ème pique est devenu si « furtive ».
Quand El Juli torée un toro de « Daniel Ruiz », à la 2ème passe de capote il a déjà compris son toro, clone de tous les « Daniel Ruiz » qu’il a déjà toréé et son seul souci est de le garder intact pour la muleta .

Objectif  2 vrais piques :


L'entraînement , le "taurodrome" 

De tous les élevages étudiés ce sont les Domecq qui contiennent le plus de fibres musculaires rapides glycolytiques, ce qui explique leur mobilité et la dépense énergétique dans les efforts du 1er tercio : ces caractéristiques musculaires sont essentiellement dépendantes de la génétique et si l’entrainement peut améliorer la résistance aux efforts du 3ème tercio,  il n’aura que peut d’effet sur les baisses de rythme et les chutes après les piques.  

Alimentation
Une alimentation trop intensive dans les derniers mois peut augmenter la musculature glycolytique, neutralisant l’effet positif du « taurodrome »
Les travaux INRA - AFVT ont démontré l’efficacité de la préparation alimentaires avec des anti oxydants et des aliments glucoformateurs  qui développent les fibres musculaires oxydatives et améliorent les réserves en Glycogène : ces techniques d’alimentation sont de plus en plus utilisées

Dans l’arène
Nécessité de fixer le plus vite possible le toro des sa sortie et éviter les tours de piste inutiles.
Généralisation du marquage au sol à l’exemple des corridas concours avec numérotation 1 2 3 : Ponce ou El Juli qui savent lire et surtout compter feront peut être l’effort d’une mise en suerte dans les règles.

La durée de la pique :

dans nos travaux INRA sur le comportement des toros et les chutes nous avons trouvé une corrélation avec non pas la durée de la pique mais avec le temps de poussée : Il serait logique de diminuer la durée de la 1ére pique et de ménager un temps de récupération entre les 2 piques soit par une mise en suerte dans les normes soit par un quite qui donne de l’air au toro

Utilisation de la pique Bonijol :
Ce serait une première étape pour limiter le risque de blessures invalidantes lorsque la pique est donnée hors morillo (95%) et limiter l’importance de l’hémorragie qui se produit au moment où la consommation  d'oxygène est maximale (VO2 max) : on peut donc penser que cette "dette "en oxygène peut précipiter un épuisement prématuré surtout  lorsque  les 2 piques ont été placées volontairement ou non dans le même trajet entre les omoplates.

Conduite de la suerte :
Une première pique « normale » partant de la ligne 1
Une 2ème pique partant de la ligne 2 ou 3

En ce début d’année 2011, il est toujours possible de rêver…. Et pourquoi pas dans les arènes de Nîmes, une corrida concours d’élevages d’origine Domecq, beaux et astifinos, de plus de 500 kg, mobiles du début à la fin de la lidia : ce serait enfin un vrai évènement…  et certainement quelques Vicois organiseraient un car !

 


* Hubert COMPAN est docteur vétérinaire nutritionniste. Il a consacré en grande partie sa carrière à la race bovine et au toro de lidia en particulier. Il a initié et a collaboré à différentes études de l’INRA consacrées aux problèmes de faiblesse, de comportement et de chutes du toro de combat.

Publié dans Le toro

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BONNE ANNÉE 2011

Publié le par vingtpasses

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