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LA BANDERILLE

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Encore un petit poème d'Emile REINAUD de l'Académie de Nîmes (1854-1924)

 

 

corrida08.jpg

 

LA BANDERILLE

Une autre suerte
Comme un jouet
Nous est offerte :
D'un air coquet
Notre quadrille
Va décocher
La banderille
Au dard de fer.
L'homme s'arrête
Froid, solennel,
Cite la bête
Par un appel ;
Mais il s'élance,
Lui-même en cas
De résistance,
Et soit au pas
Soit al relance
Soit al quiebro,
Avec aisance
Le torero
Vous la décore
D'un bâtonnet
Multicolore
A double effet.

 


 

Emile REINAUD

Poésies : Aux Arènes de Nîmes - 1906

Publié dans Poèmes

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Faiblesse des toros - Feria d'Arles - Avril 2010

Publié le par Charles CREPIN

 

Faiblesse et préparation alimentaire

ou comment éviter un fracaso ganadero.

 


DSC_6691.JPG

 

Hubert Compan, vétérinaire taurin et nutritionniste est déjà intervenu sur le thème de la préparation alimentaire du toro de combat (voir l’article « le toro : mobilité, force et faiblesse" -  rubrique  LE TORO).

La faiblesse caractérisée de certains toros de la récente Feria pascale lui donne l’occasion de revenir sur le sujet. Hubert COMPAN donne dans les lignes qui suivent un avis éclairé sur la question et définit les bonnes pratiques d’une assurance « anti fracaso ».

 

DSC_3688.JPG

 

"Il se trouve que pour la féria d'Arles, deux éleveurs, très éloignés par l'encaste et les distances, Bruno Blohorn et Antonio Miura  ont appliqué les recommandations et les techniques de préparation alimentaire que nous avons définies à l'issue des 4 années de recherches avec l'INRA et dont j’avais parlé lors de la réunion du Cercle Taurin Nîmois (JEUDI DU CERCLE - 4 février 2010).

 



Les toros fatigués par les mauvaises conditions hivernales sont des toros qui ont dépensé leur glycogène pour lutter contre le "vent- pluie", l'humidité et le manque de confort de couchage: pour compenser ces pertes énergétiques de plus en plus de ganaderos  distribuent quelques jours avant l’embarquement puis dans les corrales une alimentation enrichie en agents glucoformateurs pour reconstituer les réserves hépatiques et musculaires de glycogène: le produit couramment utilisé s'appelle le BOVERGOL, il correspond a des apports indirects de sucres puisque le ruminant ne peut digérer et utiliser les sucres simples.

5 toros sur 6 de blohorn ont « mis la tête » au ras du sol et ont répété sans chuter ce qui est rare pour des Jandillas. Les Miuras ont étés intéressant par leur combativité des la sortie, leur mobilité aux bandérilles qui caractérise une bonne récupération après les piques : 6 toros différents avec dans le lot toujours un toro intoréable, un toro noble, un toro criminel, un toro difficile etc, et ça nous change de la monotonie des autres élevages.

Le comportement des Ana Romero a été caractéristique du manque de glycogène: ils ont tous terminé bouches fermées et néanmoins ont montré de la faiblesse due à la panne de carburant après les piques. Les toros du Puerto de san Lorenzo : je crois savoir qu’ils reçoivent aussi des agents glucoformateurs : seuls les 2 derniers ont montré une grande mobilité. Les ganaderos de plus en plus nombreux qui appliquent ces techniques reconnaissent à l'unanimité que si la préparation alimentaire avec des glucoformateurs ne résout pas totalement le problème des chutes, elle permet une meilleure récupération après les piques et plus de mobilité dans le dernier Tercio.

Pour le moment les recherches INRA - AFVT ont débouché sur la réalisation de publications et de thèses qui n'ont eu que peu d’effets sur le monde de l'élevage: nous avons donc commencé un programme important d'information des éleveurs en France comme en Espagne et nous préparons des documents de vulgarisation qui résument l'ensemble des travaux et des solutions proposées. Nous n'avons pas la prétention de convaincre tous les éleveurs ni de résoudre tous les problèmes de faiblesse, mais la préparation alimentaire que l'INRA préconise peut constituer une sécurité et une assurance pour éviter un "fracaso" ganadero.   Hubert Compan"

 


Publié dans Le toro

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SORTEZ VOS MOUCHOIRS !

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Les trophées en Arles, Pâques 2010 

 

Le point de vue de Paul BOSC

 

 

  _Arenes-Arles-2002.jpg


Il est 18 h 30  à l’horloge des arènes d’Arles. En ce lundi de Pâques, se déroule la dernière corrida de la feria.  Juan Bautista joue les infirmiers face à Bilbanito un toro du Puerto de San Lorenzo, en le maintenant debout par des passes hautes. La faena est agréable, le geste est là, précis, les passes s’enchaînent. C’est joli. Mais sans émotion. On ne saura jamais pourquoi, Le président de la course fait jouer l’orchestre.  Et après la mort du toro le même président accorde deux oreilles au torero arlésien.  Le public s’indigne, conteste cette décision. Une oreille aurait été une récompense justifiée. Du coup, Jalabert junior se sépare de ses trophées et fera le tour de piste sans montrer les récompenses. Bronca à la présidence.

 

 

Matias Tejela qui lui succède, rencontrera le seul San Lorenzo possédant encore de la hargne, de la sauvagerie, de  la méchanceté que les aficionados attendent d’un toro de combat, même si Pitillo avait tendance à aller chercher un refuge près des planches. Bien embêté, le président tardera cette fois à sortir le mouchoir blanc sous les vociférations du public. Puis un second. Il  n’a pas osé accorder la queue. Les deux toreros sortent par la grande porte.

 

 

La veille, pour la corrida de Miura, aucune oreille n’a été accordée. Le public n’a pas cru devoir récompenser la faena de Rafaellilo, pourtant autrement méritoire que celles de Juan Bautista et de Tejela. Pas plus qu’il n’a voulu accorder à Medhi Savalli l’obtention d’un trophée. L’autre Arlésien a pourtant montré sa valeur face à ces Miura pas faciles.

 

 

A la place du président, je crois que j’aurai osé brandir le mouchoir sans que le public le demande, dès que le torero est venu saluer le palco, avant même l’enlèvement de la dépouille du Miura.  Comportement déraisonnable certes. Mais quand on voit comment ont été attribuées les oreilles le lendemain, il n’y a pas de mal à se faire plaisir.

 

 

Pour la Feria nîmoise, le même cartel est proposé aux aficionados que l’on dit « toristas ». Course qui, la plupart du temps, s’achève comme à Arles : sans trophée. Alors que le public actuel, en grande majorité, ne se réfère qu’au nombre d’oreilles ou de queues coupées pour remplir les arènes. Réagissons. Faisons entendre notre plaisir de voir des toros qui ne sont pas des faire-valoir, qui possède cette sauvagerie ancestrale sans laquelle   la corrida n’est plus qu’un spectacle taurin, comme l’a claironné un ancien matador, devenu directeur de revue.

 

 

Sortons nos mouchoirs et exigeons des présidents qu’ils accordent des trophées à ces valeureux toreros !

 

Paul Bosc

 

 

 


Publié dans Aficion

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LE TORO

Publié le par vingt passes, pas plus...

 

Un troisième poême d'Emile REINAUD  (1854 - 1924) de l'Académie de Nîmes

 

 

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 Carte postale ancienne, colorisée, environ 1905-1910  - Collection Arnaud Moyne-Bressand

 

 

LE TORO

Coup de clairon ; un toro mugissant
Au garrot large, à la robe d'ébène,
Au jarret sec, les cornes en croissant,
De son seul souffle a balayé l'arène.
Pour éblouir l'animal, le hardi
Capeador vient dérouler la cape
Devant son mufle et d’un geste arrondi
Le fait passer, pirouette et se drape.
Vers la barrière attend le picador :
Le toro fond sur la frêle cavale,
S'allume au fer, sur eux prend son essor :
Choc effrayant ! chute monumentale !
Mais d'un appel de cape justicier
(Quite opportun qui détourne la bête)
Le matador sauve le cavalier
Qui sur sa selle à remonter s'apprête.
A la muette horreur de ces effondrements,
Ont vite succédé les applaudissements
Sonores, prolongés, comme un coup de tonnerre
Qu'annonce de l'éclair la lueur éphémère.
Souvent, mal protégé, peu propre a ces combats,
II se peut qu'un cheval ne se relevé pas.
Eh ! que de fois rompant des lances dans la lice,
Les anciens preux ont fait un même sacrifice !
Mais quelle gloire aussi, pour le coursier, de voir
Son ennemi mortel fuir la pique et déchoir !
Les sifflets, d'autre part, ne se font point attendre
Si la brute fuyant ne veut pas se défendre,
Si le lourd picador décompose un taureau
Ou maladroitement lui déchire la peau.

 

Tiré du bulletin des séances de l'Académie de Nîmes - 1906

Publié dans Poèmes

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LE MYSTERE SALTILLO

Publié le par vingt passes, pas plus...

TORO BRAVO, CASTES ET ENCASTES

 

Par Jacques TEISSIER

 

"Le mystère Saltillo" est le dernier des 14 articles tirés de la conférence de  Jacques Teissier "TORO BRAVO, CASTES ET ENCASTES". Nous avions commencé la publication de cette passionnante conférence en novembre 2009 par un Avant Propos de l'auteur qui plantait le décor du vaste champ exploré, Avant Propos que nous reproduisons au moment de conclure.


"Guardiola, Miura, Pablo-Romero, Juan Pedro Domecq, Contreras, Buendía, Victorino, Santa Coloma, Veragua, Murube, Saltillo etc. Voici une douzaine d’années, je me suis mis en tête d’essayer de comprendre quelque chose dans les diverses lignées de toros bravos, dont je ne savais quasiment rien, sinon leur existence et encore... Je ne me doutais pas du défi que je venais de relever. C’est inextricable. Avec trop peu de temps il est vrai, je n’ai encore mis au clair que 200 élevages, sur les 2.000 et quelques qu’il me faudrait faire. Si je vis jusqu’à 150 ans et ne suis pas trop occupé par ma retraite, j’en verrai peut-être le bout ! ".

 

A ce train là, il manquera sans doute un peu de temps à Jacques TEISSIER pour mettre au clair les 2000 élevages en question, mais il y travaille, avec une grande passion qu'il vous propose de partager sur son site :
 

 

http://toro-genese.com/torogenese/html/index.html

 

 

Merci à Jacques TEISSIER de nous avoir permis de publier cette intéressante étude.


 

(VII) Encastes : le mystère Saltillo



 
DSCN0442Si vous le voulez, nous pourrons parler un jour plus en détail de la création et de l’évolution des diverses branches issues des castes fondamentales et de leurs croisements : les encastes. Pour ne pas se perdre dans le maquis, il faut visualiser des « arbres généalogiques » et les commenter. Mais je voudrais vous faire voir l’intérêt et la complexité de la chose à travers un exemple.


 ° La caste vistahermosa, née en 1770, se partage en 5 branches en 1821. En 1827, Ignacio Martín cède son troupeau à Pedro José Picavea de Lesaca. Or voici qu’en moins de 5 ans, celui-ci parvient à imprimer à ses toros, soudain tous noirs ou gris (cárdeno), un type et une personnalité si particuliers qu’on en vient à les appeler les lesaqueños : particularités qui perdureront sans croisement dans l’encaste saltillo et s'y conserveront jusqu'à nos jours ; Victorino en est l’exemple le plus célèbre. Telle est la thèse officielle.


Il en existe une autre, fort séduisante, avancée par Domingo Delgado de la Cámara : ces toros auraient une origine différente. Il souligne qu’il existe entre toutes les lignées vistahermosa et le saltillo de telles différences de comportement et de type qu'il est bien difficile de vouloir les faire naître d'un tronc commun. Quoi de commun entre un Atanasio ou un Juan Pedro, et un Victorino ?... Qu'a-t-il bien pu se passer ?


Saltillo-MorenoLe contexte permet d'avancer une hypothèse vraisemblable, d'ailleurs très cohérente avec les secrets du mundillo. Fin XVIIIe-début XIXe, 6 castes fondatrices sont historiquement traçables : jijón, cabrera, gallardo, vistahermosa, vázquez et navarra. Mais il existe encore, de-ci delà, des troupeaux non identifiés ou non répertoriés comme braves. Certains le sont pourtant, mais le prestige est attaché au nom : pour présenter ses toros dans les événements importants, un nouveau ganadero doit pouvoir attester d'une prestigieuse provenance.
Domingo Delgado de la Cámara pense que, faute de pedigree suffisant pour pouvoir lidier dans des plazas importantes, le propriétaire des toritos gris à la bravoure inlassable aurait acheté des bêtes d'origine vistahermosa pour faire figurer cette provenance sur les affiches. Mystification !


Indice. Les Picavea, riche famille navarraise de Lesaca, ont pour blason un écusson au toro blanc : ils devaient bien posséder quelque bétail, possiblement de robe claire, et possiblement brave... 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

saltillo-col--Bordador1880.jpgAutre indice. En 1838, Isabel Montemayor, épouse et héritière de Picavea, cède à Manuel Suárez Cordero du bétail qui aboutira dans le noir murube, l'encaste vistahermosa source de quasiment toutes les lignées modernes, par Ibarra et Parladé, bien typées vistahermosa. En 1850/1854, le fils aîné et héritier d'Isabel, José Picavea de Lesaca, cèdera au célèbre Marquis de Saltillo le reste du troupeau, ce qui donnera le fameux encaste saltillo, si différent de comportement et de type. Il serait fort logique que la cession de 1838 porte essentiellement sur le vistahermosa, et celle de 1850/1854 essentiellement sur le lesaca.
Nouvel indice. Sentant la maladie le gagner, Pedro José Picavea a recommandé à son épouse Isabel Montemayor de ne pas faire de croisement, conseil qu'elle s'attachera à suivre et qu'elle transmettra à son fils et successeur José, lequel s'empressera de le suivre avec soin. Ce conseil impératif, à une époque où l'on ne se préoccupe guère de la cohérence des lignées dans les élevages, se comprend mieux si on veut conserver à tout prix une souche originale, unique... et occulte !

 

Saltillo nimes28mai1905cPour mener à bien une telle mystification, il fallait un fameux culot, du savoir-faire... et beaucoup de terres pour la discrétion ! Notre Picavea, qui n'a pas froid aux yeux et qui est richissime, remplit toutes ces conditions.
Je pense que dans le récent N° de Terres Taurines et dans les 2 suivants, André Viard va nous en dire davantage. Affaire à suivre…

 

 


 

* Prêtre, aumonier des arènes de Nîmes, aficionado practico, Jacques TEISSIER  a réalisé depuis plus de 10 ans un considérable travail de recherche dédié aux élevages et aux encastes de toros bravos, travail que les aficionados, les journalistes taurins, les professionnels de l'arène, les éleveurs, ainsi que les scientifiques peuvent découvrir sur son remarquable site: TORO–GENESE.

 

 

 


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