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NÎMES : LES 26 CLUBS DE LA COORDINATION SE RETIRENT

Publié le par charles CREPIN



Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse…

 

La belle fête du Printemps des Jeunes Aficionados était donnée chaque année dans l’amphithéâtre nîmois, au cours d’un week-end de mars, pour la plus grande joie de tous les aficionados petits et grands. Le partage et la transmission de l’aficion étaient les maîtres mots de ce rendez-vous de printemps très attendu.


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Mais le succès dérange parfois. Après la consternante annulation de l’édition 2009, aux raisons non avouées, les clubs de la Coordination avaient décidé de se remettre à l’ouvrage dans l’intérêt général afin de préparer le Printemps 2010. Au fil du temps, ils ont dû se rendre à l'évidence : les conditions qui leur étaient imposées conduisaient inéluctablement à la perte de la forte identité associative qui avait fait l'originalité de leur fête, et à la disparition de cette dernière au profit d’une nouvelle manifestation guidée par d’autres principes. Une manifestation dans laquelle ils ont essayé en vain de se reconnaître. A la fin, le fil a cassé ! 


  Lire le communiqué de presse de la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard sur son blog :  http://clubs-taurins-du-gard.skyrock.com/





 

Publié dans Aficion

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Le toro: mobilité, force et faiblesse

Publié le par vingt passes, pas plus...

Pourquoi  je suis optimiste pour l’avenir de la corrida

 

Par Hubert COMPAN *

 

 

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Tout au long de la temporada 2007, il semble que les toros ont moins chuté et ont été en général plus mobiles, en Espagne comme en France. Simple impression d’aficionado ou réalité ?

Personnellement, j’ai pu souvent observer un comportement typique des toros 2007 : après un premier tercio  peu « explosif », avec une première pique « normale » et une deuxième pique symbolique, (tellement le toro semble clair dans la tète du torero), ce toro garde beaucoup de mobilité, conserve un même rythme du début à la fin de la faena, met du temps à « fatiguer », bouche fermée jusqu'à l’estocade. Ce comportement peut surprendre certains toreros ayant mis au point des techniques de « lenteur » dans l’exécution de la faena destinées à la récupération entre les séries, techniques de lenteur adaptées à des toros à la limite de l’invalidité, ce qui peut expliquer aussi des indultos à répétition grâce à des animaux qui en plus de leurs qualités, de leur caste sont en excellente condition physique.

 

 

Les progrès en alimentation

 

Si l’agressivité du toro de lidia est le fruit de la sélection de ses ascendants, le développement et la force musculaire qui permettent d’extérioriser cette agressivité est l’aboutissement de 3, 4, ou 5 années d’élevage au cours desquelles l’alimentation, de la naissance à la sortie du toro dans l’arène, joue un rôle primordial. Si la période d’allaitement et de sevrage est déterminante pour l’avenir du toro de lidia, l’alimentation des mois de finition qui dessinent le trapio final, conditionne en grande partie le fonctionnement du moteur.

 

  Depuis une dizaine d’années, les progrès dans la conduite alimentaire des ganaderia sont considérables et expliquent en grande partie la diminution des problèmes de chutes et de faiblesse : à ce jour, les ganaderos  ont  rattrapé le niveau technique des élevages de bovins domestiques, ils se sont entourés des compétences de vétérinaires nutritionnistes qui ont appliqué les connaissances les plus modernes de l’alimentation des bovins, en les adaptant aux réalités du campo et en tenant compte de l’expérience irremplaçable des ganaderos, mayorales etc…..et si le nutritionniste est en plus aficionado, c’est encore mieux !  Les progrès se traduisent par une formulation du pienso avec des normes en protéines, amidon, vitamines, oligoéléments mieux adaptés au développement squelettique et musculaire, et qui ont éliminé tous risques de carences. Trop souvent le pienso était distribué individuellement, la formulation était à base essentiellement de céréales, les quantités ingérées souvent excessives étaient  à l’origine de troubles d’acidose lactique et de sur engraissement à l’origine d’une fatigabilité anormale, et le principe paille + 7, 8, et plus…..kg de pienso est de moins en moins à la mode.  L’utilisation  de remorques mélangeuses UNEEFEED qui distribuent dans des auges collectives des mélanges de pienso et de foin ou paille hachés ont permis un meilleure maîtrise de la ration, consommée plus régulièrement et mieux digérée par des toros plus calmes , avec moins de risques de troubles métaboliques et avec, pour résultats, des animaux plus musclés et moins gras ( le pire étant des toros trop musclés et trop gras !) : avec un décalage d’une dizaine d’années, les ganaderos ont adopté avec bonheur les techniques et le  matériel des éleveurs laitiers modernes ! L’utilisation d’une remorque mélangeuse  est la meilleure méthode pour économiser les céréales, utiliser des matières premières au meilleur coût et donner à l’alimentation de finition une image moins intensive.   Le prix du pienso a augmenté, cette année 2007, de 80 à 100 euros/tonne et le surcoût de production  sera estimé à + 100 à 200 euros pour un novillo, +200 à 300 euros pour un toro de 4 ans : le sur engraissement ne sera pas fréquent pour la temporada 2008. 

 

 

Les travaux de recherche *  INRA  / AFVT (Association Française des Vétérinaires Taurins)

 

Une première série d'études mises en place depuis 2003 financée par l’INRA, l'AFVT, l'UVTF et  diverses associations taurines, a permis de mieux caractériser les muscles des taureaux de race Brave en fonction des différents encastes (composition des muscles, capacité à utiliser leur énergie au cours des différentes phases de la corrida, Voir encadré en bas de page), et d'établir des relations entre les modifications physiologiques observées chez les taureaux et les problèmes de faiblesse et de chute  Nous avons également identifié des indicateurs métaboliques fortement corrélés aux animaux dits "faibles", en particulier des indicateurs de l’utilisation du glycogène par les muscles et du "stress oxydant". Le stress oxydatif a beaucoup été étudié chez l'homme et en particulier chez le sportif de haut niveau. Les résultats de ces travaux ont été largement diffusés en Espagne, aussi bien auprès des éleveurs qu’auprès des vétérinaires, avec qui, par l’intermédiaire du Centre d’Investigation sur le Toro de Lidia de Salamanque, nous travaillons sur des projets communs.

 

 

 La préparation alimentaire des toros

 

La préparation alimentaire avant la corrida fait parti des thèmes de recherche actuels :

Une deuxième série d’études a été faite sur la préparation alimentaire : une suplémentation de l’alimentation avec des antioxydants a été mise en place 2 mois avant la lidia, et des agents glucoformateurs 10 jours avant, sur 6 corridas d’élevages français : les résultats des analyses de sang et de muscles seront publiées prochainement mais l’étude du comportement des toros est encourageante car elle montre  moins de  baisse de rythme après les piques, une meilleure récupération et plus de  mobilité dans la muleta.  Ces méthodes de préparation alimentaire se mettent en place dans de nombreuses ganaderias, en France comme en Espagne, et on peut penser pour les années qui viennent que ces techniques se généraliseront dans les ganaderias qui connaissent des problèmes de faiblesse et de chutes ou qui cherchent à améliorer la mobilité.

 

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L’entraînement des toros

 

Les premiers travaux scientifiques sur l’entraînement des toros ont été effectués par Mme Estrella Aguera Buendia de l’Université Vétérinaire de Cordoue  dans la ganaderia JP Domecq : elle a étudié l’influence de l’exercice sur le métabolisme musculaire du toro de lidia et a défini des normes d’entraînement sur plusieurs mois : l’entraînement augmente la proportion des fibres oxydatives avec un effet positif sur la résistance  qui correspond aux effets observés avec  les antioxydants. Ces normes d’entraînement, parfois controversées, ont eu pour conséquences un généralisation de la pratique de l’exercice, chaque ganadero faisant «  bouger » ses toros à sa façon avec, semble-t-il, plus d’effet sur la résistance que sur la force au premier tercio.

 

 

Progrès dans l’alimentation, préparation alimentaire, entraînements. Pour les  toros de 2008 : on peut être optimiste et on peut tenter de définir le toro du futur.

 

Ce sera un toro de 500 kg environ, avec une musculature bien dessinée, sans excès de graisse, avec des cornes intactes grâce aux nouvelles techniques de protection, ayant connu pendant 4 ans un « bien-être animal », favorisé par une conduite d’élevage extensive, un contrôle sanitaire irréprochable, une conduite alimentaire de finition  qui se réfère aux normes actualisées de la nutrition des bovins, et qui laisse la place aux déplacements, à l’exercice ou à l’entraînement,  avec au final une préparation alimentaire spécifique adaptée aux efforts de la lidia.

  Publié en 2008 dans la revue APLAUSOS, cet article garde garde toute son actualité.



Principes de fonctionnement des muscles des toros:

- Fibres rapide Glycolitiques pour les efforts rapides et violents

- Fibres lentes oxydatives pour les efforts de résistance 

- Fibres intermédiaires oxydo-glycolitiques pour les efforts alternés 

 

C'est la proportion variable selon les encastes de ces fibres musculaires qui expliquent les comportements et la faiblesse :

1/ les toros  glycolytiques, "explosifs" dans le premier tercio, qui peuvent tomber en panne par manque de carburant et chutent surtout si ils ne dominent pas le stress oxydatif.

2/ les toros "oxydatif" qui s'économisent dans le premier tercio et conservent ensuite plus de force et de mobilité.

3/ Le toro idéal dont le métabolisme musculaire lui permet de conserver force et mobilité pendant les trois tercios.

 




* Vétérinaire nutritionniste, Hubert COMPAN jouit d'une longue expérience d'observation et de conseil auprès des ganaderias de race brave. Il a notamment collaboré à deux programmes de recherche de l'INRA sur des sujets particuliers qui intéressent l'aficionado :

- Faiblesse et chutes des toros : les muscles des toros et leur métabolisme pendant la lidia, corrélation avec la dépense énergétique et les signes de faiblesse.

- Techniques de préparation alimentaire : leur efficacité sur la force et la mobilité.

 

 

 

 

Publié dans Le toro

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LA CASTE VÁZQUEZ

Publié le par vingt passes, pas plus...


TORO BRAVO, CASTES ET ENCASTES

Par Jacques TEISSIER *

(V) L'émergence du "toro bravo" La caste VÁZQUEZ


5. Des toros « sauvages » et fraileros d’Andalousie, plus cabrera et vistahermosa, source de la caste fondamentale vázquez

 


vzAu milieu du XVIIIe siècle, vers 1755, Gregorio Vázquez, lui aussi d’Utrera (Sevilla), forme une ganadería avec du bétail d'origine inconnue ; mais on voit mal comment ce ne serait pas du bétail andalou. Soit par lui-même, soit par son fils et héritier (1778), Vicente José Vázquez, s’y ajouteront : du bétail frailero des Chartreux de Jerez, des Jésuites de Séville, plus, peut-être, des Dominicains de Séville ainsi que des Augustins de Carmona. Lui-même ou son fils ajoutent encore des bêtes de Cabrera et du Marqués de Casa Ulloa toutes cabrera, plus des bêtes de Bécquer (vaches de cabrera X étalons du Raso de Portillo, c’est-à-dire castillans, cf. jijón). Enfin, après mille et une péripéties, le même Vicente José Vázquez ajoute des reproducteurs du Conde de Vistahermosa qui ne voulait pas, même à prix d’or ! lui vendre la moindre vache et lui transmettre ainsi la bravoure de son élevage.
Qu’à cela ne tienne, Vicente José, le fils, est un rusé. Il se rend chez l'archevêque de Sevilla et s'entend avec lui pour affermer durant 2 ans (1790-1792) les dîmes du diocèse. Comme par hasard, la zone affermée comprend les villages dont dépendent les terres de Vistahermosa... qui, la mort dans l’âme, devra donc donner à ce riche et arrogant roturier de Vázquez, un veau ou une génisse pour dix bêtes nées dans chaque catégorie. Vicente José commence par élever à part ses vistahermosa et, malgré une tienta très sévère, leur qualité est telle qu’il obtient en quelques années un ensemble de 150 vaches reproductrices de haut niveau ; il les croise alors avec son troupeau et homogénéise l’ensemble : la caste fondamentale vázquez est née. Grand succès, qui ne se dément pas jusqu’à sa mort en 1830, date à laquelle l’élevage va se fractionner.

Son objectif affiché était de créer la meilleure ganadería de son temps en rassemblant des reproducteurs des élevages les plus renommés de l'époque en vue de réunir toutes leurs qualités. Il y est parvenu, créant une véritable caste nouvelle, la caste fondamentale vázquez, et il n’a pas oublié de s’en vanter !

+ Robe : la variété des sangs entraîne une très grande variété de pelages : ensabanado (blanc), jabonero (beige), colorado (roux), castaño (châtain), cárdeno ("gris"), berrendo (pie), salinero (roux mêlé de blanc), sardo (roux, noir et blanc), tostado (pain brûlé), negro (nettement minoritaire)… soit tous les pelages connus !

+ Type : joli, de taille moyenne, large, de bon trapío ; extrémités courtes ; très bien armé ; tête (carifosco) et cou (astracanado) abondamment frisés.
+ Ils ont la réputation d'être braves, puissants et très spectaculaires à la pique, mais de s'alourdir ensuite assez rapidement ; c'est pourquoi leur présence a peu à peu diminué dans l'élevage bravo à partir des années 1920/30. Une branche aboutira entre les mains des Domecq, qui n’en garderont qu’une pointe, suffisante pour maintenir une grande variété de pelages s’ils le veulent (mais je les soupçonne d’avoir gardé quelques lignées quasiment « pures » car on voit parfois sortir des toros dont le type, et particulièrement le jarret, est typiquement vazqueño !)



* Prêtre, aumonier des arènes de Nîmes, aficionado practico, Jacques TEISSIER  a réalisé depuis plus de 10 ans un considérable travail de recherche dédié aux élevages et aux encastes de toros bravos, travail que les aficionados, les journalistes taurins, les professionnels de l'arène, les éleveurs, ainsi que les scientifiques peuvent découvrir sur son remarquable site: TORO–GENESE.


Le 5 novembre 2009, Jacques TEISSIER a donné une conférence devant les membres du CERCLE TAURIN NIMOIS dont il était l’invité. Dans son intervention l’auteur évoque, l’essentiel de la genèse du toro bravo en laissant de côté les détails indigestes qui jalonnent habituellement ce sujet ardu mais incontournable et passionnant pour l’aficionado. « Vingt passes, pas plus »  publie le contenu intégral de cette intervention dans une série de 14 articles.

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