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Anthroponymie

Publié le par guy PAILHES

En général, le toro porte le nom de sa maman. Exemple : la vache " Hermosa " (jolie) aura un fils qu'on appellera "Hermoso ". Son frère souvent s'appellera " Hermoso II etc...


 Madrid, San Isidro 2008 : corrida de Palha. Le troisième toro "Rachido" est un brave d'exception : trois vraies piques, vuelta al ruedo...


 Portugal, février 2003 : Il était une fois, une école taurine française partant tienter en terres ibériques. Froid et pluie accompagnent les trois jeunes français et leur mentor sur les routes enneigées.  Arrivés au Portugal, déception générale : les inondations frappent l'estuaire du Tage, la Quinta da Foz n'est que boue et glace.  Chez Palha ce n'est guère mieux. Cependant les vaches a tienter sont enfermées, la placita de tienta est à peine utilisable. Qu'importe, l'aficion est au dessus des contingences météo.  Pourtant après deux vaches tientées, la placita devient patinoire dangereuse, impossible de "voir" les vaches, le ganadero Joao Folque de Mendoza arrête la séance. Imaginez la déception du troisième français, qui attendait son tour derrière son burladero !


C'est lui qui ouvre les hostilités le lendemain matin, après une longue séance de pelles, râteaux et sciure. Mais la vache ne vaut pas grand chose et l'épreuve tourne court : grosse déception du français qui boude dans son coin. Joao Folque de Mendoza le réconforte :

-       tu l'auras ta vache !


Et il l'a eue ! Deux ans passés, une hargne au cheval incroyable, une charge inlassable dans la muleta du français qui se régale, mais aussi ne pardonnant pas les erreurs d'un maletilla qui prend la fuite et se retrouve pantalon déchiré et couvert de boue. Patience,  le suspense va finir ! Joao Folque de Mendoza s'approche de notre français :

-       Alors, tu l'as eu ta vache ! Pour le souvenir, nous l'appellerons Rachida.
 

Vous avez deviné ? Notre français, c'était Rachid "Morenito d'Arles"!  Cinq ans plus tard à Madrid... 




Publié dans Récits & nouvelles

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LAS FUNDAS

Publié le par Guy PAILHES


Quel bonheur pour l'aficionado de visiter le campo, assis sur la remorque du tracteur !...  Cette masse noire qui rumine, ce roux qui te nargue puis s'éloigne lentement, cet autre gris qui hésite à charger, ravivent la peur latente au fond de toi...  J'ai chaque fois l'impression de déranger, presque de violer ce domaine des seigneurs. En 2008, j'ai visité Escolar Gil, Baltasar Iban et Victorio del Rio . Et stupéfaction, tous les toros portaient des  « fundas »  !  Le premier élevage à utiliser ces "choses" fut semble t-il Fuente Ymbro et depuis, son usage s'est répandu. Alors ? las fundas, qu'es aquo ? La traduction de l'espagnol " funda" est "étui " Et effectivement, la funda est une sorte d'étui que l'on fixe à l'extrémité de la corne .Le toro est affublé de deux fundas, une à chaque corne donc.


Fundas chez MONTALVO

Photo C.CREPIN




 


Techniquement l'étui se compose d'une armature en fer recouverte de bande de fibre de verre. L'armature de fer est en fait constituée d'un boulon (de 20 ou 22 pour bricoleurs !) sur lequel on a soudé 3 ailettes de fer tendre. La fibre de verre est celle employée pour réaliser toutes sortes formes sur moule. La pose a lieu entre deux et trois ans, lorsque la corne du toro a pris sa forme définitive et qu'elle se développe dès lors assez lentement en longueur et épaisseur. Le toro immobilisé, (Cage de soins ou endormissement) le boulon est introduit à l'extrémité de la corne, les ailettes rabattues le long de celle-ci ; ensuite on déroule la bande de fibre de verre à la façon d'un pansement, en respectant le "trou" du boulon et en débordant sur la corne au-delà des ailettes. La colle spéciale solidifie rapidement cet "étui".

Pose de la funda "boulon"

Photo "Terres Taurines"





 Une deuxième méthode employée remplace le "boulon" par une sorte de bouchon de champagne (comme les emboulés camarguais) coiffant la pointe de la corne et recouvert ensuite comme dans le méthode ci-dessus de fibre de verre. Dans cette méthode la corne est totalement encapuchonnée alors que dans la première l'extrémité reste au contact de l'air ; d'après le mayoral de Baltasar Iban la méthode bouchon de champagne risque de provoquer des " pourrissements " à l'intérieur de l'étui.

 

 


   

Fundas "bouchon de champagne". A l'arrière plan: El Fundi  chez Escolar GIL

Photo Jacques SEVENIER 


 

Les avantages de ce procédé innovant sont évidents. Chacun sait que les toros se battent voire s'entretuent au campo. Ces protections éliminent le risque de cornadas et donc la perte d'animaux. L'éleveur a un grand intérêt économique à conserver toute sa production. En outre, certains toros sont le fruit de croisements ou d'introduction de nouveaux étalons et leur perte au campo retarde le résultat tauromachique de ces efforts de sélection. Notons cependant que même avec ces étuis, les toros se battent et cela peut provoquer la perte d'un œil ou des blessures internes (éclatement de la rate, intestins) dans le cadre d'un "cornada sin sangre". Je signalerai par ailleurs les propos de Jose lui Marca, ganadero et beau-père de Paco OJeda disant " c'est mon orgueil de voir mes toros s'entretuer et ils n'auront jamais ces horribles choses au bout des cornes..." Tous les ganaderos ne sont pas riches et orgueilleux ! 
 

Il y a hélas aussi des inconvéniants. Pour le toro, il faudrait pouvoir le lui demander ! mais outre le stress évoqué ci-dessus, la modification de la longueur des cornes peut avoir un effet semblable à l'afeitado notamment dans la méthode "bouchon" où la longueur est augmentée de 5 à 8 cm . Pour l'aficionado, la pose et la dépose de ces étuis impliquent deux manipulations supplémentaires du toro. Selon les mayorales, la dépose s'effectue dix à quinze jours avant l'embarquement pour l'arène. Nouveau stress pour l'animal immobilisé pendant que l'on découpe à la pince l'étui de fibre de verre. Dois-je écrire que l'on peut profiter de l'occasion pour "vérifier"  l'aigu des cornes ?... Par ailleurs l'impossibilité de pouvoir éliminer un adversaire au campo peut influer sur son comportement dans l'arène (perte d'agressivité). A cet égard, Frédéric Pascal pense que cela peut avoir une influence sur la franchise de la charge. Dossier à suivre.

 



Publié dans Le toro

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LES AFFAIRES REPRENNENT !

Publié le par vingt passes, pas plus...



LA CHRONIQUE DE FREDERIC PASCAL


 Comme chaque hiver, alors que l'aficion européenne sommeille, on s'active dans les bureaux des empresas, mais c'est à Mexico que les affaires reprennent.


Le 18 janvier ont été sonnés les trois coups du lever de rideau de la temporada 2009. Pour son retour dans les arènes de Mexico, José Tomas a coupé deux oreilles, chavirant dans le délire plus de 30 000 spectateurs et repoussant dans l'anecdote les succès, pourtant méritoires de tous ceux qui l'avaient précédé en terres aztèques. Miguel Angel Perera, enfin remis de sa grave blessure de Madrid, a été le premier à lui donner la réplique. Le dimanche suivant, il a coupé la queue de son dernier adversaire, la 120 ieme en plaza de Mejico. Après une temporada 2008, marquée par la compétition à distance que se sont livrés ces deux là, 2009 s'ouvre sur un scénario à l'identique. 


Parmi ceux qui ne se résignent pas au rôle de figurant de luxe, El Juli et notre compatriote Sebastien Castella semblent les mieux armés pour soutenir la comparaison. El Juli, par ailleurs furieux de son exclusion de la « Temporada grande » de la monumental de Mexico, signe une campagne américaine de grande qualité artistique, multipliant les moments d'inspiration et de profondeur, à l'image de ce qu'il a montré à Nîmes lors de son seul contre six. Pour ce qui est de Sebastien Castella, à l'heure où sont écrites ces lignes, il affiche le bilan chiffré le plus flatteur du moment : pas moins de trois indultos, un rabo et 26 oreilles. 


Tels les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, ils seront donc quatre à façonner les prochaines ferias. 


Ils devront compter avec l'inusable Ponce, qui doit entrer en scene le dimanche 7 fevrier à Mexico et les enfants chéris de Séville, Morante, El Cid et Manzanares. Ces trois derniers se sont déjà positionnés en tant que premiers rôles de substitution, en effet ils composent le cartel  du dimanche pascal (12 avril) de la Maestranza pour lequel l'empresa na pas pu trouver de terrain d'entente avec les locomoitives de l'escalafon. 


Le nom et le classement des outsiders de la course assurera la «biodiversité » de la temporada 2009.


Mucha suerte para todos !


Publié dans Chroniques

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CONSEILS DE LECTURE A UNE AFICIONADA

Publié le par vingt passes, pas plus...


CONSEILS DE LECTURE DE JEAN-YVES BAUCHU



Chère et délicieuse aficionada,


Vous me demandez des conseils de lectures pour prolonger les émotions que vous avez connu lors de vos premières corridas. Sans hésiter, je vous recommande deux auteurs contemporains : Alain Montcouquiol et Christian Dedet.

Les deux livres d'Alain Montcouquiol seront à lire en dernier. « Le sens de la marche », son deuxième ouvrage, vous parlera de la mort, comme seul Alain Montcouquiol peut en parler. Par cette lecture, vous essayerez, également, d'approcher ce mystère : « Pourquoi toréer ? ». Vraiment, suivez mon conseil : reporter cette lecture à plus tard lorsque votre sensibilité se sera épanouie et votre connaissance de la tauromachie grandie.

Avec Christian Dedet, vous avez le choix du roman, du récit et de l'essai. Je vous recommande la lecture des trois, dans cet ordre. Plusieurs éditions de ces ouvrages existent et il vous sera aisé de vous les procurer.

« Le plus grand des taureaux », le roman, est publié le 22 février 1960.

Christian Dedet, né le 12 septembre 1936, à Cournonterral, dans l'Hérault, est alors étudiant en 5ème année de la faculté de médecine de Montpellier. La tauromachie lui est familière depuis les premières corridas vues, en culottes courtes, du haut des amphithéâtres des Arènes de Nîmes. Etudiant, il fréquente les élevages camarguais, parcourt les capéas et les novilladas villageoises, voyage en Espagne où il aime se rendre aux corridas des grandes plazas de toros, accompagné d'une femme. « Les joies et les indignations de l'arène n'atteignent leur plénitude que dûment partagées avec une émouvante créature. »


Ce sujet du « Le plus grand des taureaux », tiré d'une réplique d'un personnage du roman d'Ernest Hemingway« Pour qui sonne le glas » l'imprègne tellement qu'il le rédige en un mois et demi de l'été 1959. Avec ce livre, vous pénétrerez dans le cœur de la corrida : la noblesse et son opposé la magouille, le respect de la bête, ou l'arrangement des cornes et les piques assassines. Vous découvrirez les sentiments des toreros et surtout la « Peur », la peur sous toutes ses formes, la peur exacerbée, la peur qui vous vide l'estomac et les intestins, qui vous panique et vous paralyse. La peur de la mort.

Extrait.

« - Du calme, pequeñito. Pense à une seule chose à la fois.

- Je pense que cette saloperie d'animal aimerait bien de me mettre en pièces avec ses cornes ! C'est à ça qu'il réfléchit, depuis un moment. C'est pour ça qu'il me regarde. Pour ça qu'il n'arrêtera jamais de me regarder...

- Pense à une seule chose à la fois.

-Je pense que j'ai peur de mourir...

-Et qu'importe la peur de mourir, Ramon. Tout le monde a peur de mourir...

- J'ai peur de faire une mauvaise mort.

- Il n'y a pas de mauvaise mort, Ramon. Toutes les morts sont bonnes qui te tombent dessus comme la corne : en plein soleil, en pleine vie. »


Pour Christian Dedet, lorsque tout devient difficile, il n'y a qu'un seul remède : la fuite. Et plus précisément : « La fuite en Espagne ».

 

« La fuite en Espagne » publié en 1965, est à ranger dans le genre littéraire du Récit. Je vous recommande particulièrement le deuxième chapitre. Il s'agit, à mon avis, de la meilleure dissertation écrite sur le sujet : Qu'est-ce que la corrida ? Christian Dedet y est très brillant ; les références littéraires, mythologiques, artistiques et philosophiques vous éblouiront. Vous y forgerez votre érudition et votre sensibilité.

Je ne peux résister au plaisir de vous en livrer cet extrait qui nous concerne, nous qui nous disons aficionados : « Il existe plusieurs corridas : celle qu'on attend, celle qu'on voit, celle que les autres ont vue. Et l'on désignera toujours du nom d'aficionados un certain nombre d'agités, d'illuminés sympathiques ou dangereux, voire même d'érudits irréconciliables que le mot toro suffit à mettre en transes ».


« Passion tauromachique » est le troisième livre de notre écrivain. Dans cet Essai, édité en 1986, Christian Dedet laisse sa plume parcourir au cours des pages des domaines divers. « Picasso, minotaures et taureaux » est un chapitre. Christian Dedet s'y essaie aux commentaires sur le maitre Picasso et sa vision de la tauromachie.

Je cite : « Vieux sorcier au crâne bistre - je le revois, tapi à la barrera des arènes d'Arles - il avait entendu le long chuchotis du mythe et n'ignorait pas qu'en des temps plus récents, sinon plus obscurs, le diable n'ait été identifié à une apparition toute noire, avec des cornes sur la tête, des yeux féroces, un immense phallus. »

Plus loin, l'auteur revient longuement sur la mort du torero José Mata, survenue le dimanche 25 juillet 1971, dans les arènes de Villanueva de Los Infantes, village de 8200 âmes à l'époque et 233 kilomètres de Madrid. Corrida de pueblo, dit-on, et infirmerie de pueblo, ce qui veut dire à l'époque rien. Une mort absurde qui commençait à alerter les organisateurs de spectacles taurins sur la nécessité de la présence de soins d'urgences au sein des arènes; Thème vous l'imaginez bien, auquel je ne peux pas rester insensible.


A travers ces trois livres, Christian Dedet, témoin militant de la tauromachie, devrait participer à votre éducation. « Mais quelle éducation de la sensibilité, ce qui se passait dans l'arène et autour d'elle. »


Sa carrière d'écrivain ne se limite pas à ces trois ouvrages. Sa bibliographie comporte plus d'une quinzaine de publications. Son plus grand succès obtint le Prix des Librairies en 1985 « La mémoire du fleuve », la vie d'un métis aventurier et chasseur au Gabon. Mes livres préférés sont « Le secret du Docteur Bougrat », un médecin garde dans son cabinet le cadavre d'un de ses patients !, et « Les fleurs d 'acier du Mikado », l'histoire de la création de la marine japonaise en 1855 par un ingénieur français.


Ai-je répondu à votre demande ? Bonnes lectures.


Publié dans Lectures

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