Toro "idéal"

Publié le par vingtpasses

Toro "idéal"

Par Hubert COMPAN

18/11/2015

Pour se changer les idées en cette période trouble, voici quelques réflexions après le congrès de la FFST ainsi que le texte de mon intervention à Nailloux, point de départ d’un “lobbying” que je voudrais essayer d’initier ....Ce sera très difficile !

J'ai été invité à participer au débat organisé à l'occasion de l'AG de la FFST ce 17 oct 2015. Le thème du débat était : « éleveurs de toros bravos et aficionados : un dialogue essentiel ». J’ai eu comme mission de débattre sur la « problématique de la mono-encaste Domecq », car semble-t-il on m'a fait la réputation de défendre la « mono-encaste », ce que j'accepte volontiers. Face aux « gardiens du temple » des présidents de clubs de la FSTF j'ai exprimé mes opinions de vétérinaire plus que d'aficionado dans une ambiance particulière mais qui me convenait bien.

Vous trouverez ci joint le texte de mon intervention (voir Pdf joint de l'article). Les clubs taurins sont indispensables à la pérennité des spectacles taurins. Ils correspondent à un « noyau dur » qui sécurise tout les risques de dérive de la corrida. Les efforts pour sauvegardes les encastes minoritaires sont louables, mais ils ne suffisent pas.

La corrida peut mourir de deux façons : soit d’une mort violente comme à Barcelone ou dans les villes « Podemos », soit d’une mort lente par désaffection du public constitué essentiellement de spectateurs occasionnels qui peuvent devenir de vrais aficionados si le spectacle présenté correspond à leurs attentes. Ils sont peu représentés dans les club, ils veulent du spectacle et de la fête, ils veulent des toros mobiles et encastés, ils veulent des toros qui partent de loin vers le cheval, ils veulent des passes de muleta, en fait, ils veulent le toro idéal défini par Dominique Valmary président de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) (1), mais ils ne veulent plus des piques assassines et des toros ensanglantés « jusqu'à la pesuna. j’ai affirmé, (dans un climat parfois hostile!), que les toros de Domecq étaient plus proches de ce toro idéal que les toros des encastes dites minoritaires qui connaissent souvent des problèmes de toreabilité et parfois de faiblesse.

On sait améliorer par les techniques modernes de « manejo » la mobilité et la “duracion” qui parfois manquent à la « mono-encaste ». Si dans le tercio de piques on ne conserve que ce qui est utile, la poussée qui montre la bravoure et fatigue le toro et la blessure du cuir qui stimule l’agressivité, si on élimine l’hémorragie et les dégâts collatéraux inutiles de la pique, le spectacle de la corrida se portera mieux et durera.

Denis Durand de l'INRA qui avait déjà travaillé avec l'Association Française des Vétérinaires Taurins (AFVT) sur les muscles et les problèmes de faiblesse des toros a participé avec les universités de Lyon, de Clermont Ferrand, l'INSERM, le CNRS, Vetagro etc. à des publications sur les mécanismes et l'évaluation de la douleur chez les ruminants. Il propose une évaluation scientifique sur la douleur du toro pendant la lidia. Denis Durand est un chercheur et en même temps, il représente le spectateur occasionnel, mais qui a vite compris le sens de la lidia et l’intérêt de son évolution :

« je suis persuadé que si l'on prenait un peu de temps pour mieux montrer qu'il peu y avoir concordance entre ce que recherche les "aficionados" (tester la bravoure du toro), les toreros (avoir un toro mobile et en pleine possession de son potentiel) mais aussi les amateurs de corrida (mais qui sont souvent "heurtés" par la phase de la pique) tout le monde y gagnerait... il suffit de regarder dans chacune de ses exigences ce qui est déterminant (et superflu) et de voir que ce triple objectif peu trouver un consensus dés lors que l'on connaît les mécanismes associés… »

Écoutons les exigences de la FSTF, mais écoutons aussi les éleveurs, les vétérinaires, les scientifiques, écoutons aussi les toreros et les organisateurs qui savent qu'ils ne rempliront pas les arènes avec seulement des aficionados et faisons en sorte que les spectateurs occasionnels et notamment les jeunes deviennent de vrais aficionados : avec des toros encastés et plus mobiles, avec un 1er tercio révisé ce sera plus facile, et avec certaines ganaderias de la « mono-encaste » ce sera encore plus facile !

Le toro est la matière première de notre fête. Celui que nous voulons, nous aficionados de la Fédération est beau, armé en pointes, puissant, fort, brave, présent d'un bout à l'autre de la course, capable de s'illustrer au 1er tiers, de courir de belles trajectoires au 2éme tiers, de dérouler une noble continuité non dépourvue de fiereza( sauvagerie originelle) au 3ème, et de mourir avec panache.

Le tout sans reproduire un aspect et un comportement monotone mais en exprimant les qualités physiques et comportementales inscrites dans son matériel génétique, ce que permet de moins en moins la généralisation de la mono-encaste unique »



L’attente souvent insatisfaite de l’aficionado de ce toro qu’il attend et qu’il veut le conduit à poser deux questions (...) :

Pourquoi les éleveurs fabriquent-ils des taureaux qui correspondent rarement à ces attentes ?

Pourquoi l’intégrité physique de l’animal apparaissant dans l’arène n’est pas toujours respectée et ses cornes irréprochables

Texte intégral de l'article d'Hubert COMPAN

Publié dans Tribune

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manolo 27/11/2015 18:04

De la sauvagerie ? Oui.Et ils sont bien rares les toros qui en ont. Mais vous pensez sérieusement que les "figuras" vont accepter un tercio de piques tel que proposé ? Elles qui font systématiquement massacrer à la pique un toro
trop encasté avec de la force.Au lieu d'essayer de calquer un toro sur les goûts supposés du public(toro spectacle) ne serait-il pas plus aficionado d'éduquer ce public à un véritable toro obtenu après une forte sélection (comme les Pedraza de Yeltes) ?

manolo 26/11/2015 19:34

Comment peut-on se targuer de défendre la "mono encaste" et se dire aficionado a los toros ? Etre aficionado , c'est pouvoir avoir accès à tous les types de toros ainsi qu'à tous les types de toreros . L'Aficion ne se résume pas à 4 ou 5 figuras et l'encaste Domecq qui englobe plus de 80% des toros . La diversité amène la richesse .