L'Europe ne nous aime pas...

Publié le par vingtpasses

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et  «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Antonio Purroy sera l'invité des prochains Jeudis du Cercle, sur le thème : Le taureau de combat, producteur de bravoure ?
Nîmes Hôtel IMPERATOR, Jeudi 2 avril à 19h00

Contact : jeudisducercle@gmail.com

 

POURQUOI EN VEUT-ON AU TORO ?

Par Antonio Purroy

Un nouveau vote du Parlement européen, au mois de novembre dernier sur l’octroi ou non des aides de la PAC aux éleveurs d’animaux de race de combat est une autre aberration anti-taurine de grande importance. Ce n’est pas la première fois que cela arrive et ce ne sera pas non plus la dernière. Et à chaque fois, les parlementaires partisans de la prohibition sont de plus en plus nombreux. Que se passera-t-il lorsqu’ils seront une majorité ? Le parlement européen peut-il légiférer arbitrairement sur des exploitations d’élevages légalement constituées pour les empêcher de recevoir des aides auxquelles elles ont autant droit que les autres éleveurs ? Pourquoi en veut-on au toro ? Qu’ont fait au bon dieu les éleveurs de bétail brave ? Si des exploitations remplissent les conditions requises par l’Union Européenne au niveau environnemental, ce sont bien celles des animaux de race de combat.

Comportement

L’élevage du bétail brave est tout à fait comparable à celui des bovins en élevage extensif pour la production de viande, la différence se trouvant dans la conduite du troupeau – beaucoup plus complexe et dangereuse pour les braves à cause de leur fort caractère – et dans l’objectif fondamental de production. Alors que pour le bétail domestique il s’agit de production de viande, dans le cas du bétail brave il s’agit d’une production comportementale sous la forme de la bravoure, avec toutes les nuances et variantes ; la production de viande se convertit en objectif secondaire, la viande étant considérée comme un sous-produit.

La production comportementale est une activité d’élevage pleinement reconnue dans le domaine de la production animale, comme jadis pour la production d’animaux de trait, par exemple.

C’est précisément ce comportement si particulier qui dérange les anti-taurins, car ils savent qu’il est responsable de l’existence des toros de combat et des spectacles taurins. Avec des vaches à lait ou des veaux gavés, dans le cas des races à viande (Blonde de Galice, Pyrénéenne, Rousse…), la célébration de spectacles taurins n’est pas possible. Une fois le chien mort, c’en est fini de la rage !

Il y a des voix – très peu sont autorisées, d’ailleurs – qui affirment qu’il est possible d’élever des toros de combat sans aides européennes. En plus de la gifle morale qui supposerait pour les éleveurs la suppression des aides, celles-ci sont absolument nécessaires dans les temps présents. Dans une étude que nous avons réalisée il y a huit ans sur la rentabilité des élevages de bétail brave, juste avant que la crise submerge le pays,  nous avons démontré que les aides de la PAC supposaient 23% des recettes pour la vente d’animaux. Seulement un faible nombre d’élevages peut survivre grâce à la seule vente des animaux, ce sont celles qui vendent les bêtes à un prix élevé comme conséquence d’une forte demande due à une renommée obtenue génération après génération, ou parce qu’elles traversent un bon moment et les toreros les plus célèbres les demandent ou, dans les cas les plus rares, parce que les aficionados les réclament. Les éleveurs qui reçoivent environ 4000-5000 euros pour un toro adulte sont à même d’obtenir des bénéfices avec leur élevage. Une fois de plus, la marque d’un produit, qui dans ce cas est génétique, permettra de le vendre à un prix ou un autre. Seulement les élevages qui vont dans les grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reçoivent ces quantités, la majorité accumule donc des pertes dans leurs comptes d’exploitation. Que font les autres ? Diversifier leur activité agraire ou posséder d’autres sources de financement.

L’Europe ne nous aime pas

Les trois pays européens qui ont des élevages de combat, l’Espagne, le Portugal et la France se trouvent dans le bassin méditerranéen et le moindre poids de l’Europe du sud face à celle du nord au sein de l’U.E. est connu, avec le facteur aggravant que les pays du nord ont une plus grande tradition écologique et animaliste, avec des lobbies très bien organisés. L’organisation et la défense commune, c’est ce qui manque à la culture méditerranéenne, car la Tauromachie est bien  une culture !

 

L’Espagne et le Portugal, de plus, possèdent un écosystème sylvo-pastoral et des pâturages d’une grande valeur environnementale. C’est dans cet espace naturel que le toro de combat est principalement élevé, souvent partagé avec d’autres espèces d’élevages domestiques (bovins à viande, porcs ibérique, ovins…) et toujours accompagnés d’une flore et d’une faune sylvestres. L’appellation de « gardien des pâturages » pour le toro de combat est très juste, au moins dans les quasiment 40 000 hectares qu’occupent les élevages espagnols et portugais. Rien que pour cela les éleveurs de bétail brave devraient recevoir un supplément aux aides européennes de la PAC.

Les anti-taurins de pacotille, les mal-nommés écologistes et animalistes, répètent deux arguments à la manière d’un disque  rayé : que les éleveurs de bétail brave sont des grands seigneurs riches et que le toro de combat pourrait survivre sans spectacles taurins. Les plus endurcis vont un peu plus loin et disent qu’on peut élever des animaux de la race de combat pour les seuls spectacles populaires, ceux sans mort de l’animal. Ils oublient bien-sûr que l’homme, lui, peut mourir, mais cela ne semble pas les intéresser.

Le premier argument a été démonté lorsqu’on a parlé du prix actuel des toros. Le second tombe de lui-même : quel éleveur va élever des toros si le marché auquel ils sont destinés n’existe pas. Et par rapport au troisième argument , même s’il est vrai qu’il existe un nombre important d’élevages qui élèvent uniquement des animaux pour les spectacles populaires, capeas et lâchers de toros dans les rues des villages, il existe d’autres spectacles, plus importants, qui ont besoin de toros d’élevages prestigieux, comme les lâchers de toros les plus réputés (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) ou même les toros de rue (bous al carrer, toros « encordés »…).

Il n’existe pas d’autre solution qu’une union entre l’Espagne, le Portugal et la France pour défendre le bétail brave. Une fois de plus, l’ignorance et la haine des anti-taurins envers la tauromachie sont sans limite. Le travail de prosélytisme envers les groupes parlementaires européens et ceux des différents pays – dans notre cas, il faut inclure les parlements régionaux – est de plus en plus nécessaire. La lutte sera dure, il ne faut pas déposer les armes.

Antonio PURROY

Texte traduit de l’Espagnol par Sébastien Giraldez

 

L'Europe ne nous aime pas...L'Europe ne nous aime pas...

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Texte original d’Antonio Purroy

¿QUÉ CULPA TIENE EL TORO?

Antonio Purroy

Una nueva votación en el Parlamento Europeo, en el pasado mes de noviembre, sobre la concesión o no de las ayudas PAC a los ganaderos de animales de la raza de Lidia es otra aberración antitaurina de gran calado. Y no es la primera vez que esto ocurre y tampoco será la última Y cada vez son más los parlamentarios partidarios de la prohibición. ¿Qué ocurrirá cuando sean mayoría? ¿Puede el Parlamento Europeo legislar arbitrariamente sobre unas explotaciones ganaderas legalmente constituidas para impedirles recibir unas ayudas que les corresponden al igual que al resto de los ganaderos? ¿Qué culpa tiene el toro de lidia? ¿Qué culpan tienen los ganaderos de bravo? Si algunas explotaciones cumplen con los requisitos medioambientales de la UE, esas son las de animales de la raza de Lidia.

Comportamiento

La cría del ganado bravo es muy parecida a la del vacuno en extensivo para la producción de carne, se diferencian en el manejo de los animales –mucho más complejo y peligroso en el bravo debido a su fuerte carácter- y en el objetivo fundamental de producción. Mientras en el vacuno manso es para la producción de carne, en el bravo es para la producción de comportamiento en forma de bravura, con todos sus matices y variantes; la producción de carne se convierte en un objetivo secundario, se considera a la carne como un subproducto.

            La producción de comportamiento es una actividad ganadera plenamente reconocida en la disciplina de Producción Animal, como en su día fue, por ejemplo, la producción de tiro animal. Es precisamente este comportamiento tan peculiar el que molesta a los antitaurinos, pues saben que es el responsable de que existan toros de lidia y festejos taurinos. Con vacas lecheras o añojos cebados de razas productoras de carne (Rubia Gallega, Pirenaica, Retinta…) no se pueden celebrar festejos taurinos. Muerto el perro se acabó la rabia.

            Hay voces –muy poco autorizadas, por cierto- que dicen que se pueden criar toros de lidia sin ayudas comunitarias. Además del bofetón moral que supondría para los ganaderos la supresión de las ayudas, éstas son absolutamente necesarias en los tiempos que corren. En un trabajo que realizamos hace ocho años sobre la rentabilidad de las ganaderías de bravo, justo antes de que la crisis se adueñara de este país, obtuvimos que las ayudas PAC suponían el 23% de los ingresos totales de las explotaciones que, ya de por sí, eran deficitarias. Es muy posible que hoy esta cifra sea mayor, porque han descendido considerablemente los ingresos por la venta de animales. Sólo un número pequeño de ganaderías puede sobrevivir de la venta de sus animales, son las que venden los animales a un precio elevado como consecuencia de su elevada demanda por su buen nombre conseguido generación tras generación, o porque están atravesando un buen momento y las demandan las figuras o, en el menor de los casos, porque las piden los aficionados. Los ganaderos que reciben del orden de 4.000-5.000 euros por un toro cuatreño están en situación de conseguir beneficios con su ganadería. Una vez más la marca de un producto, que en este caso es la genética, es lo que hará que se venda a un precio o a otro. Sólo las ganaderías que van a las grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reciben estos valores, la mayoría, por tanto, arrojan pérdidas en su cuenta de explotación. ¿Qué hacen el resto? Diversificar su actividad agraria o poseer otras fuentes de financiación.

Europa no nos quiere

Los tres países europeos que poseen ganaderías de lidia, España, Portugal y Francia, se encuentran en la cuenca mediterránea y es conocido el menor peso de la Europa del sur frente a la del norte en el seno de la UE, con el agravante de que los países del norte tienen una mayor tradición ecologista y animalista, con unos lobbys muy bien organizados. Organización y defensa común es lo que le falta a la cultura mediterránea, porque ¡la Tauromaquia es cultura!

            España y Portugal, además, poseen un ecosistema silvo-pastoral, la dehesa, de un gran valor medioambiental. Es en este espacio natural donde fundamentalmente se cría el toro bravo, a menudo compartido con otras especies ganaderas domésticas (vacuno de carne, porcino ibérico, ovino…) y siempre acompañado de flora y fauna silvestres. Es muy acertada la denominación del toro bravo como el “guardián de la dehesa”, al menos en las aproximadamente 400.000 has. que ocupan las ganaderías españolas y portuguesas. Solo por esto los ganaderos de bravo deberían tener un plus por encima de las ayudas PAC comunitarias.

            Los antitaurinos de pacotilla, los mal llamados ecologistas y animalistas, manejan dos argumentos como si de un disco rayado se tratara: que los ganaderos de bravo son unos señoritos ricos y que el toro de lidia se podría mantener sin festejos taurinos. Los más avezados van un poco más lejos y dicen que se pueden criar animales de la raza de Lidia únicamente para los festejos populares, aquellos en los que no existe muerte del animal. Se olvidan por supuesto, de que puede morir el hombre, pero esto no parece importarles.

            El primer argumento ha quedado desmontado al hablar del precio actual de los toros. El segundo cae por su propio peso, ¿qué ganadero va a criar sus toros si no existe el mercado al que van dirigidos? Y en cuanto al tercer argumento, aunque es verdad que existe un número importante de ganaderías que únicamente crían sus animales para festejos populares de capeas y encierros en las calles de los pueblos, existen otros festejos de mayor importancia que necesitan toros de ganaderías prestigiosas, como los encierros más renombrados (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) o incluso toros en las calles (bous al carrer, toros ensogados…).

            No existe otra solución que la unión de España, Portugal y Francia para defender al ganado bravo. Una vez más la ignorancia y el odio de los antitaurinos por la tauromaquia, campan a sus anchas. La labor de proselitismo en los grupos parlamentarios europeos y en los de los respectivos países –en nuestro caso, incluidos los parlamentos autonómicos- es cada vez más necesaria. La lucha va ser dura, no hay que rendirse.

 

Publié dans Le toro

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