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Pourquoi en veut-on au Toro ?

Publié le par vingtpasses

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et  «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

POURQUOI EN VEUT-ON AU TORO ?

Par Antonio Purroy

Un nouveau vote du Parlement européen, au mois de novembre dernier sur l’octroi ou non des aides de la PAC aux éleveurs d’animaux de race de combat est une autre aberration anti-taurine de grande importance. Ce n’est pas la première fois que cela arrive et ce ne sera pas non plus la dernière. Et à chaque fois, les parlementaires partisans de la prohibition sont de plus en plus nombreux. Que se passera-t-il lorsqu’ils seront une majorité ? Le parlement européen peut-il légiférer arbitrairement sur des exploitations d’élevages légalement constituées pour les empêcher de recevoir des aides auxquelles elles ont autant droit que les autres éleveurs ? Pourquoi en veut-on au toro ? Qu’ont fait au bon dieu les éleveurs de bétail brave ? Si des exploitations remplissent les conditions requises par l’Union Européenne au niveau environnemental, ce sont bien celles des animaux de race de combat.

Comportement

L’élevage du bétail brave est tout à fait comparable à celui des bovins en élevage extensif pour la production de viande, la différence se trouvant dans la conduite du troupeau – beaucoup plus complexe et dangereuse pour les braves à cause de leur fort caractère – et dans l’objectif fondamental de production. Alors que pour le bétail domestique il s’agit de production de viande, dans le cas du bétail brave il s’agit d’une production comportementale sous la forme de la bravoure, avec toutes les nuances et variantes ; la production de viande se convertit en objectif secondaire, la viande étant considérée comme un sous-produit.

La production comportementale est une activité d’élevage pleinement reconnue dans le domaine de la production animale, comme jadis pour la production d’animaux de trait, par exemple.

C’est précisément ce comportement si particulier qui dérange les anti-taurins, car ils savent qu’il est responsable de l’existence des toros de combat et des spectacles taurins. Avec des vaches à lait ou des veaux gavés, dans le cas des races à viande (Blonde de Galice, Pyrénéenne, Rousse…), la célébration de spectacles taurins n’est pas possible. Une fois le chien mort, c’en est fini de la rage !

Il y a des voix – très peu sont autorisées, d’ailleurs – qui affirment qu’il est possible d’élever des toros de combat sans aides européennes. En plus de la gifle morale qui supposerait pour les éleveurs la suppression des aides, celles-ci sont absolument nécessaires dans les temps présents. Dans une étude que nous avons réalisée il y a huit ans sur la rentabilité des élevages de bétail brave, juste avant que la crise submerge le pays,  nous avons démontré que les aides de la PAC supposaient 23% des recettes pour la vente d’animaux. Seulement un faible nombre d’élevages peut survivre grâce à la seule vente des animaux, ce sont celles qui vendent les bêtes à un prix élevé comme conséquence d’une forte demande due à une renommée obtenue génération après génération, ou parce qu’elles traversent un bon moment et les toreros les plus célèbres les demandent ou, dans les cas les plus rares, parce que les aficionados les réclament. Les éleveurs qui reçoivent environ 4000-5000 euros pour un toro adulte sont à même d’obtenir des bénéfices avec leur élevage. Une fois de plus, la marque d’un produit, qui dans ce cas est génétique, permettra de le vendre à un prix ou un autre. Seulement les élevages qui vont dans les grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reçoivent ces quantités, la majorité accumule donc des pertes dans leurs comptes d’exploitation. Que font les autres ? Diversifier leur activité agraire ou posséder d’autres sources de financement.

L’Europe ne nous aime pas

Les trois pays européens qui ont des élevages de combat, l’Espagne, le Portugal et la France se trouvent dans le bassin méditerranéen et le moindre poids de l’Europe du sud face à celle du nord au sein de l’U.E. est connu, avec le facteur aggravant que les pays du nord ont une plus grande tradition écologique et animaliste, avec des lobbies très bien organisés. L’organisation et la défense commune, c’est ce qui manque à la culture méditerranéenne, car la Tauromachie est bien  une culture !

 

L’Espagne et le Portugal, de plus, possèdent un écosystème sylvo-pastoral et des pâturages d’une grande valeur environnementale. C’est dans cet espace naturel que le toro de combat est principalement élevé, souvent partagé avec d’autres espèces d’élevages domestiques (bovins à viande, porcs ibérique, ovins…) et toujours accompagnés d’une flore et d’une faune sylvestres. L’appellation de « gardien des pâturages » pour le toro de combat est très juste, au moins dans les quasiment 40 000 hectares qu’occupent les élevages espagnols et portugais. Rien que pour cela les éleveurs de bétail brave devraient recevoir un supplément aux aides européennes de la PAC.

Les anti-taurins de pacotille, les mal-nommés écologistes et animalistes, répètent deux arguments à la manière d’un disque  rayé : que les éleveurs de bétail brave sont des grands seigneurs riches et que le toro de combat pourrait survivre sans spectacles taurins. Les plus endurcis vont un peu plus loin et disent qu’on peut élever des animaux de la race de combat pour les seuls spectacles populaires, ceux sans mort de l’animal. Ils oublient bien-sûr que l’homme, lui, peut mourir, mais cela ne semble pas les intéresser.

Le premier argument a été démonté lorsqu’on a parlé du prix actuel des toros. Le second tombe de lui-même : quel éleveur va élever des toros si le marché auquel ils sont destinés n’existe pas. Et par rapport au troisième argument , même s’il est vrai qu’il existe un nombre important d’élevages qui élèvent uniquement des animaux pour les spectacles populaires, capeas et lâchers de toros dans les rues des villages, il existe d’autres spectacles, plus importants, qui ont besoin de toros d’élevages prestigieux, comme les lâchers de toros les plus réputés (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) ou même les toros de rue (bous al carrer, toros « encordés »…).

Il n’existe pas d’autre solution qu’une union entre l’Espagne, le Portugal et la France pour défendre le bétail brave. Une fois de plus, l’ignorance et la haine des anti-taurins envers la tauromachie sont sans limite. Le travail de prosélytisme envers les groupes parlementaires européens et ceux des différents pays – dans notre cas, il faut inclure les parlements régionaux – est de plus en plus nécessaire. La lutte sera dure, il ne faut pas déposer les armes.

Antonio PURROY

Texte traduit de l’Espagnol par Sébastien Giraldez

NDLR Le 2 avril prochain, à Nîmes Hôtel IMPERATOR, Le Docteur Purroy animera les Jeudis du Cercle, sur le thème :  Le taureau de combat, producteur de bravoure ? 

Contact : jeudisducercle@gmail.com

 

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Texte original d’Antonio Purroy

¿QUÉ CULPA TIENE EL TORO?

Antonio Purroy

Una nueva votación en el Parlamento Europeo, en el pasado mes de noviembre, sobre la concesión o no de las ayudas PAC a los ganaderos de animales de la raza de Lidia es otra aberración antitaurina de gran calado. Y no es la primera vez que esto ocurre y tampoco será la última Y cada vez son más los parlamentarios partidarios de la prohibición. ¿Qué ocurrirá cuando sean mayoría? ¿Puede el Parlamento Europeo legislar arbitrariamente sobre unas explotaciones ganaderas legalmente constituidas para impedirles recibir unas ayudas que les corresponden al igual que al resto de los ganaderos? ¿Qué culpa tiene el toro de lidia? ¿Qué culpan tienen los ganaderos de bravo? Si algunas explotaciones cumplen con los requisitos medioambientales de la UE, esas son las de animales de la raza de Lidia.

Comportamiento

La cría del ganado bravo es muy parecida a la del vacuno en extensivo para la producción de carne, se diferencian en el manejo de los animales –mucho más complejo y peligroso en el bravo debido a su fuerte carácter- y en el objetivo fundamental de producción. Mientras en el vacuno manso es para la producción de carne, en el bravo es para la producción de comportamiento en forma de bravura, con todos sus matices y variantes; la producción de carne se convierte en un objetivo secundario, se considera a la carne como un subproducto.

            La producción de comportamiento es una actividad ganadera plenamente reconocida en la disciplina de Producción Animal, como en su día fue, por ejemplo, la producción de tiro animal. Es precisamente este comportamiento tan peculiar el que molesta a los antitaurinos, pues saben que es el responsable de que existan toros de lidia y festejos taurinos. Con vacas lecheras o añojos cebados de razas productoras de carne (Rubia Gallega, Pirenaica, Retinta…) no se pueden celebrar festejos taurinos. Muerto el perro se acabó la rabia.

            Hay voces –muy poco autorizadas, por cierto- que dicen que se pueden criar toros de lidia sin ayudas comunitarias. Además del bofetón moral que supondría para los ganaderos la supresión de las ayudas, éstas son absolutamente necesarias en los tiempos que corren. En un trabajo que realizamos hace ocho años sobre la rentabilidad de las ganaderías de bravo, justo antes de que la crisis se adueñara de este país, obtuvimos que las ayudas PAC suponían el 23% de los ingresos totales de las explotaciones que, ya de por sí, eran deficitarias. Es muy posible que hoy esta cifra sea mayor, porque han descendido considerablemente los ingresos por la venta de animales. Sólo un número pequeño de ganaderías puede sobrevivir de la venta de sus animales, son las que venden los animales a un precio elevado como consecuencia de su elevada demanda por su buen nombre conseguido generación tras generación, o porque están atravesando un buen momento y las demandan las figuras o, en el menor de los casos, porque las piden los aficionados. Los ganaderos que reciben del orden de 4.000-5.000 euros por un toro cuatreño están en situación de conseguir beneficios con su ganadería. Una vez más la marca de un producto, que en este caso es la genética, es lo que hará que se venda a un precio o a otro. Sólo las ganaderías que van a las grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reciben estos valores, la mayoría, por tanto, arrojan pérdidas en su cuenta de explotación. ¿Qué hacen el resto? Diversificar su actividad agraria o poseer otras fuentes de financiación.

Europa no nos quiere

Los tres países europeos que poseen ganaderías de lidia, España, Portugal y Francia, se encuentran en la cuenca mediterránea y es conocido el menor peso de la Europa del sur frente a la del norte en el seno de la UE, con el agravante de que los países del norte tienen una mayor tradición ecologista y animalista, con unos lobbys muy bien organizados. Organización y defensa común es lo que le falta a la cultura mediterránea, porque ¡la Tauromaquia es cultura!

            España y Portugal, además, poseen un ecosistema silvo-pastoral, la dehesa, de un gran valor medioambiental. Es en este espacio natural donde fundamentalmente se cría el toro bravo, a menudo compartido con otras especies ganaderas domésticas (vacuno de carne, porcino ibérico, ovino…) y siempre acompañado de flora y fauna silvestres. Es muy acertada la denominación del toro bravo como el “guardián de la dehesa”, al menos en las aproximadamente 400.000 has. que ocupan las ganaderías españolas y portuguesas. Solo por esto los ganaderos de bravo deberían tener un plus por encima de las ayudas PAC comunitarias.

            Los antitaurinos de pacotilla, los mal llamados ecologistas y animalistas, manejan dos argumentos como si de un disco rayado se tratara: que los ganaderos de bravo son unos señoritos ricos y que el toro de lidia se podría mantener sin festejos taurinos. Los más avezados van un poco más lejos y dicen que se pueden criar animales de la raza de Lidia únicamente para los festejos populares, aquellos en los que no existe muerte del animal. Se olvidan por supuesto, de que puede morir el hombre, pero esto no parece importarles.

            El primer argumento ha quedado desmontado al hablar del precio actual de los toros. El segundo cae por su propio peso, ¿qué ganadero va a criar sus toros si no existe el mercado al que van dirigidos? Y en cuanto al tercer argumento, aunque es verdad que existe un número importante de ganaderías que únicamente crían sus animales para festejos populares de capeas y encierros en las calles de los pueblos, existen otros festejos de mayor importancia que necesitan toros de ganaderías prestigiosas, como los encierros más renombrados (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) o incluso toros en las calles (bous al carrer, toros ensogados…).

            No existe otra solución que la unión de España, Portugal y Francia para defender al ganado bravo. Una vez más la ignorancia y el odio de los antitaurinos por la tauromaquia, campan a sus anchas. La labor de proselitismo en los grupos parlamentarios europeos y en los de los respectivos países –en nuestro caso, incluidos los parlamentos autonómicos- es cada vez más necesaria. La lucha va ser dura, no hay que rendirse.

 

Pourquoi en veut-on au Toro ?

Une histoire de la Feria de Nîmes

Publié le par vingtpasses

Dans le cadre mythique de la Finca Partido de Resina (antes Pablo Romero) à Aznalcàzar (Séville) où ils étaient récemment invités, les clubs taurins Fondateurs de la Feria de Nîmes ont remis la médaille des Fondateurs à Paco Ojeda présent pour l’occasion.

Paco Ojeda - Novembre 2014

Paco Ojeda - Novembre 2014

Discours d’usage, rappel des circonstances de la création de la Feria de Nîmes et du parcours de ce torero d’exception qui aura profondément marqué son époque. Réplique enjouée du Maestro où percent la simplicité et la modestie. Quelques traits d’esprit piquants, à l’adresse de taurinos bien connus, me laissent néanmoins entrevoir la personnalité d’un homme encore très vert, d’un torero pour toujours, plus que celle d’un retraité des ruedos.

Paco Ojeda nous dit alors que la belle histoire, ce n’est pas la sienne, pas celle de ses triomphes nîmois. Non, pour lui, la vraie belle histoire est celle que je viens de rappeler ce soir : celle des cinq clubs taurins nîmois qui, en 1952, ont crée la Feria de Nîmes (voir infra), à force de volonté, d’envie de corrida et d’aficion. Et le maestro suggère ensuite que cette histoire mérite d’être contée aux espagnols. C’est que, tras el Pirineo, beaucoup finiraient par penser que c’est Simon Casas qui a créé cette Feria (de ce côté des Pyrénées aussi peut-être)… Bon ! On ne prête qu’aux riches, mais tout de même !

LA CRÉATION DE LA FERIA DE NÎMES, un peu d'histoire

En 1950, la frontière espagnole s’ouvrait à nouveau aux aficionados, impatients de retrouver l’ambiance des ferias et de voir des corridas dont ils avaient été privés durant des années. Madrid, Barcelone, Séville, Pamplona, étaient autant de rendez-vous courus des aficionados nîmois. Dans la passion retrouvée, il est fort probable que certains d’entre eux aient caressé le rêve d’importer à Nîmes le modèle espagnol de la Feria.

Deux évènements survenus en 1951 allaient précipiter les choses :

  • La loi "Ramarony-Sourbet" votée le 12 avril légalisait les corridas dans les villes de tradition ininterrompue, récompensant ainsi cent ans de lutte des gens du Midi.
  • Nîmes fut choisie pour organiser le 37ème congrès de la Fédération des Sociétés Taurines de France, prévu du 30 mai au 2 juin 1952.

Dès lors, la voie était libre, et l’aficion nîmoise n’attendait plus qu’un programme digne d’une vraie Feria.

Une démarche des clubs taurins nîmois

En 1952, il y avait à Nîmes 5 clubs taurins typés corrida. L’Union Taurine Nîmoise avait déjà 56 ans, le Club Taurin Lou Ferri de Saint-Cézaire fêtait son 30ème anniversaire, le jeune Cercle Taurin Nîmois avait soufflé ses 5 bougies, et l’Aficion Cheminote Nîmoise était née 2 ans auparavant. Francis Cantier « Paquito », directeur de la revue TOROS, allait bientôt rejoindre ces sociétés taurines avec les Amis de Toros, pour constituer le premier Comité permanent d’organisation de la Feria de Nîmes, amené par le Docteur Jean Lauret, président du Cercle Taurin Nîmois (1).

L’entente était parfaite. Elle portait déjà les prémices d’une union solide entre les clubs nîmois dont l’héritage se trouve encore aujourd’hui magnifiquement préservé par la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard qui compte près de 2500 adhérents. Toujours est-il qu’à l’époque, la démarche de ces clubs fut confortée par l’enthousiasme spontané des aficionados, l’appui des acteurs économiques de la Ville de Nîmes et le soutien des élus.

De son côté, le Directeur des arènes, Ferdinand AYME, fut d’abord réticent. Mais son intelligence et son sens des affaires lui firent comprendre assez vite que derrière la démarche des clubs se profilait un événement d’envergure. La sagesse de l’homme et sa convivialité firent le reste : Ferdinand AYME fit le pari gagnant qu’on peut bâtir solide avec les forces vives de l’aficion nîmoise. Il annonça des cartels de rêve. La FERIA de NÎMES était née !

Au fil des années, bien sûr, d’autres personnalités allaient contribuer à faire de cette Feria un événement exceptionnel de renommée internationale. Mais ceci est une autre histoire.

La médaille des Fondateurs de la Feria

Une histoire de la Feria de Nîmes

En 2012, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Feria, les clubs taurins fondateurs, toujours en activité, ont fait frapper une médaille signée par le peintre Albert Martin afin de distinguer chaque année une ou plusieurs personnes qui, par leur action auront marqué la Feria de la Pentecôte ou celle des Vendanges. L’un des premiers exemplaires de cette médaille a été décerné à Paco OJEDA qui a écrit quelques belles pages de cette Feria.

Charles CREPIN

(1) Source : « LES DÉBUTS DE LA FERIA DE NÎMES (1952 – 1953 – 1954)» par Jean Lauret et René Ravel. Edition Librairie Goyard 1987.

Pedro CORDOBA au CERCLE TAURIN NÎMOIS

Publié le par vingtpasses

La corrida est fille des Lumières. A ce titre, elle n’est pas le vestige d’une “ancienne barbarie” mais s’inscrit pleinement dans le présent du monde contemporain.

La corrida est fille des Lumières. A ce titre, elle n’est pas le vestige d’une “ancienne barbarie” mais s’inscrit pleinement dans le présent du monde contemporain.

El Juli récompensé pour son julipié

Publié le par Charles CREPIN

La Diputación Provincial de Zaragoza a décerné au torero El Juli le 33ème trophée de la meilleure estocade » pour son 2ème taureau dimanche dernier 12 octobre !!!

L’excellent site taurin Pureza y emoción s’interroge sur les critères de décision que se sont attribués les membres du jury de ce trophée pour récompenser une estocade aussi « avantageuse" …

Julipié au quinto - Photos Pureza y emoción

Julipié au quinto - Photos Pureza y emoción

Je m’interroge aussi. J’ai vu cette corrida et l’estocade qui fait tomber le trophée dans l’escarcelle du tricheur, d'autant plus qu'elle était trasera et desprendida... Je n’ai pas manqué pour autant celle qu’il a exécutée devant le 2ème de la tarde (voir photos ci- dessous). Sans surprise, c’est un julipié aussi frauduleux que celui du 5ème.

Julipié au 2ème - Photo C.CREPIN
Julipié au 2ème - Photo C.CREPIN
Julipié au 2ème - Photo C.CREPIN

Julipié au 2ème - Photo C.CREPIN

Avec l’habitude, la question n’est plus de savoir pourquoi cette séquence bien réglée se répète, puisqu’elle a été modélisée par son auteur avec un style propre dont il pourrait déposer la marque. Mais plutôt de comprendre pourquoi le jury aragonais, et aussi tant de présidents de course, suivis par un public béat d’admiration, ne voient pas ou refusent de voir dans cette facétieuse media vuelta une dérive supplémentaire du toreo moderne où la sincérité, l’honnêteté et le courage naturellement indissociables de la suerte suprême sont ici totalement absents. Complicité, décadence.

http://purezayemocion.com/Opinion/582/zaragoza-premia-juli-estocada-ventajista

La despedida de René Chavanieu

Publié le par Paul Bosc

CHACHA aux ateliers du Printemps des Jeunes Aficionados

CHACHA aux ateliers du Printemps des Jeunes Aficionados

Ils ne lui ont pas laissé la parole ! Pour Fêter les 90 ans de René Chavanieu, la Coordination des 28 clubs taurins de Nîmes et du Gard avait préparé samedi matin une réception émouvante autour de cet aficionado « de verdad » mais aussi à son épouse Natacha, à ses deux filles, leurs maris et ses petits-enfants.

Ils ne lui ont pas laissé la parole mais c’est par les images et surtout par le cœur que l’émotion a été transmise à cet homme intègre, d’une rigueur de métronome et d’une énorme sensibilité. Le cadeau d’anniversaire a été à la hauteur de presque un siècle de vie consacré au toro de combat, à son intégrité physique, à la justice, aux respects de la lidia, effaçant d’un geste mais avec le verbe haut, la sauce unique que l’on présente actuellement dans les arènes.

C’est Fabrice Torrito de son « petit coin des Français » en Andalousie, au sein de la ganaderia du Marquis d’Albasserada qui le lui a appris via cet outil moderne d’internet. Un azulejo portant son nom sera mis en place en novembre prochain sur le mur blanchi à la chaux à côté du fer du Marquis et offert par la Coordination.

Des amis lui ont envoyé des messages et, sans se tromper, il a reconnu celui de Jean-Charles Roux. Frédéric Pastor, le nouvel adjoint nîmois à la tauromachie mais aussi Olivier Riboulet, Corentin Carpentier, José Villanueva et Pepe de Montijo ont ajouté leurs petits mots à ce fleuve d’éloges. « Il va falloir beaucoup de Chavanieu pour garder l’éthique de la tauromachie » a ajouté l’élu.

Enfin, « Chacha », un peu « dévarillé » a eu la parole. Un micro, enfin. Il a alors expliqué que le dimanche 21 septembre serait sa dernière corrida à Nîmes, la 491e en 67 ans d’abonnement toujours à la même place, celle qu’il a choisie près du toril pour voir comment sortent les toros. Il aura alors vu 1328 corridas tant en France qu’en Espagne dont 43 à Bilbao, 108 à Pamplona. Il en a gardé tous les billets qu’il a payés même s’il avait une place gratuite quand il était appelé à présider une course et il n’a pas comptabilisé les ferias de Béziers parce qu’il était invité gratuitement en tant que transporteur des toros. D’ailleurs il a reçu 2 billets de la dernière feria d’Alès, tout neufs parce que ce jour-là il avait oublié de les prendre sur lui et que la Coordination a pu lui trouver 2 invitations. Des billets « collector » en quelque sorte.

Il a expliqué aussi pourquoi il chronométrait les faenas et se manifestait quand les présidents ne respectaient pas les temps des avis. Par justice, a-t-il précisé, pour que tous les toreros aient le même temps de combat même quand ils sont dans la difficulté ou dans l’allégresse.

Natacha, son épouse ne pouvait être oubliée. Femme d’aficionado, il faut être une « sainte » pour supporter tous ces voyages, toutes ces humeurs, ces contrariétés. Elle a convenu « qu’il était quelquefois pénible ». Ce qui, en bon Nîmois veut dire qu’il a été très souvent très pénible.

Même si nous ne verrons plus « Chacha » aux arènes, il sera encore présent pour longtemps dans l’esprit de chaque aficionado nîmois. Parce que cet homme-là a laissé un sacré message.

La despedida de René Chavanieu

Nostalgie

Publié le par Dominique Valmary

Nostalgie quand tu nous tiens !

Doté de raison, l’homme a toujours espéré en un devenir meilleur. Les croyances, les religions lui ont apporté et ont entretenu cette espérance qui le guide encore aujourd’hui ; puis vint le siècle des Lumières, puis le temps des utopies. Cette lueur se nourrit souvent de propos fondateurs transmis à l’écrit, par l’usage ou à l’oral ; ils traversent les siècles, les millénaires et on ne perçoit pas le moindre signe d’essoufflement de leurs effets. Souvent ancrés dans la mémoire et dans l’histoire de la communauté qu’ils animent, ils visent à projeter l’individu ou le groupe vers un aval prometteur et donc les libèrent d’un passéisme rassurant mais qui pourrait être inhibiteur. Le phénomène couvre le champ existentiel et s’est élargi aux manifestations sociales les plus ordinaires.

Ce préambule pour évoquer l’état des lieux des combats de taureaux dont l’essence remonterait en deçà des calendes grecques bien avant la codification de la corrida au dix-huitième siècle. Aujourd’hui encore l’ouvrage de José Delgado Guerra, dit Pepe HILLO fait référence pour établir les canons de la tauromachie espagnole.

Nostalgie

Au-delà des règlements taurins, le thésaurus s’est enrichi de précis, traités, essais, et autres écrits qui en constituent la doctrine. Mais depuis lors rien n’est venu fédérer les faiseurs de corridas contraints à une attitude défensive après avoir constaté les lacunes de la transmission et l’agressivité de l’opposition. Le monde change, la corrida, elle, semble figée et peine à évoluer. Force est de constater qu’à l’heure actuelle ne se dégage aucune perspective stratégique si ce ne sont les lamentations de certains prédisant la disparition proche de la corrida, et, de son propre fait, affirment-ils. Le ver issu de la génération spontanée serait dans le fruit. Alors que faire quand il n’y a rien à attendre ? Épier l’homme providentiel ? Plonger dans le passé et donc exploiter le filon naturel et rassurant de la nostalgie ?

Et si ça avait été mieux avant ?

Les organisateurs ne s’y sont pas trompés, lesquels multiplient les programmations faisant appel aux vieilles gloires. Mais pourquoi un tel engouement ?

Joselito à Istres- Dominique Valmary
Joselito à Istres- Dominique Valmary

Le pari aurait pu être risqué dans la mesure où l’annonce de tels cartels ne fait jamais bondir les foules ; cependant faute de grive on mange du merle. Les figuras du « G quelque chose » ont perdu en grande partie leur crédit et vivent sur leur élan ; les élevages trop conciliants sont déconsidérés mais ils continuent à vendre. Le taureau authentique n’attire que les demi-sel et les seconds couteaux alors même qu’il est seul pourvoyeur d’émotion.

Les anciens retirés du ruedo ou oubliés d’un mundillo avide de nouveautés et d’un retour économique immédiat sont là pour assurer et ils assurent, rassurer aussi… Plus que bien d’ailleurs. Quelques exemples :

A Pâques 2012, la corrida des dizaines réunissait Ruiz MIGUEL, soixante-deux ans, Victor MENDES, cinquante-deux ans et El FUNDI, la quarantaine passée, elle a été plaisante. En 2014 le retour amical de José Miguel Arroyo Delgado, dit « JOSELITO » à Istres a été une réussite ; la programmation émouvante de Carlos Escolar Martin, dit « FRASCUELO » à Céret a marqué les esprits et rassuré les organisateurs inquiets de leur engagement moral. Et que dire de la présentation en France de Rodolfo Rodriguez, dit « El PANA » voulue par les arènes de Saint Vincent de Tyrosse.

Frascuelo à Ceret - Dominque valmary

Frascuelo à Ceret - Dominque valmary

A l’instar des tournées « âge tendre et têtes de bois », le circuit va se poursuivre, dans quelques semaines, quelque part en Espagne, à Guadalajara, où un mano a mano opposera « FRASCUELO à El PANA ». Certes chacun avec son style bien personnel délivre une leçon à montrer aux écoles taurines. Les attitudes, la variété des registres, l’économie de gestes sont là, la sérénité règne sur le sable ; ils maîtrisent parfaitement sitio et poder, une vingtaine de passes pas plus ! Comme si la rupture d’exercice et l’observation avaient stimulé en eux la réflexion sur leur propre actuation.

Le risque de muséification est cependant patent.

L’effet ne peut être que de très court terme. L’esprit festival flotte sur les corrals et les armures… autant de contrats que ne signeront pas de jeunes toreros ; certes cela peut satisfaire les gradins vieillissants et c’est respectable mais cela manque d’ambition. Le « c’était mieux avant » ne peut fonder l’avenir de notre passion. Le débat ne se situe pas à ce niveau, il touche à la désaffection d’un public qui ne les a pas connus en activité et pour lequel ils ne sont pas l’avenir. L’environnement sociétal évolue, la corrida non, il faudrait en tenir compte ; faute de cela elle sera irrémédiablement figée et sollicitera au mieux son entrée dans un conservatoire ou un musée que l’on peut espérer vivant.

René Char a dit « il n’y a que deux façons de prendre la vie, soit on la rêve, soit on l’accomplit » ; le rêve, soit ; la nostalgie, passe encore. Evitons le cauchemar.

Je sais que des institutions se mobilisent pour travailler l’image de la corrida et visent de nouveaux publics, jeunes en particulier. C’est essentiel si cela s’inscrit dans un contexte véritablement refondateur. Mais pour cela ne faudrait-il pas aller plus loin et organiser une réflexion radicale, réécrire les fondamentaux et penser une prospective ? Décider de prendre notre destin taurin en main, en quelque sorte. Vaste programme !

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