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ORDOÑEZ, ombre et lumière...

Publié le par Charles CREPIN

Parlant du toreo d’Antonio Ordoñez, José Maria de Cossio évoquait un style porteur de perfection… Les formes d’un toreo belmontiste et l’immobilité de Manolete alliées à cette recherche de perfection, Il n’en fallait pas plus pour qu’Antonio Ordoñez ne devienne le premier grand torero d’esthétique néoclassique, précurseur de ce qu’on appela la génération des prodiges, créant son style propre dont beaucoup de toreros peuvent se réclamer encore aujourd’hui. Mais de la "veronica céleste" d’Ordoñez, beaucoup ont imité la plastique, aucun ne l’a égalée.   Et quand sortit Matajacas dans le ruedo nîmois le 7 août 1960, Ordoñez signa une faena pour l’histoire. 

Une planche de dessin d'Antonio Alcalde Molinero intitulée "la deuxième corrida de la Feria" extraite des archives personnelles d'André Bazile évoque de triste mémoire une corrida de la Pentecôte nîmoise 1960 où le grand Antonio Ordóñez toucha le fond avant l'apothéose qui suivit peu de temps après.​

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Nîmes, 6 Juin 1960, l'ombre d'une triste tarde...

2ème corrida de la Pentecôte. Arènes pleines à craquer. Antonio Ordóñez, Pedro Martinez "Pedrés", Juan Garcia "Mondeño" affrontent les Carlos Nuñez. De lourds nuages plombent l'atmosphère de cette triste tarde gachée par le bétail. Un toro protesté, l'autre refusé pour cause d'armure défectueuse (on disait frauduleuses à l'époque, plus stoïquement suspectes aujourd'hui),  soulevant l'hostilité d'un public déchaîné qui conspue la star adulée malchanceuse aux aciers, oubliant les somptueuses véroniques de son entame, les muletazos ciselés et le desplante à genoux jugé peu glorieux en face d'un adversaire débile d'armure.

Oreille et ovation pour Mondeño. Salut et vuelta pour Pedrés, bronca pour Ordóñez. Constatant la déroute, le maestro de Ronda fait profil bas et promet de se racheter.

ORDOÑEZ, ombre et lumière...

Le retour au toril du sixième Nuñez refusé par le public pour son manque d'armure. Dessin sur le vif de l'artiste Alcade Molinero

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Nîmes, 7 Août 1960, la lumière et le firmament...

Le livre LA PEÑA ORDÓÑEZ - Un demi-siècle d'Aficion - retrace l'époustouflante corrida de ce fameux après-midi nîmois.

"Le 7 Août, les nîmois rancuniers le reçoivent (Ordóñez) sous les siflets. La confrontation avec un Juan pedro Domecq pourtant manso fait chavirer l'assemblée en sa faveur. D'ensorceleuses naturelles exécutées avec un temple exquis sidèrent le public versatile qui à présent l'acclame. Recompensé par tous les trophées, le chef d'oeuvre fascinant s'achève dans une euphorie collective qui marque à jamais cette fabuleuse tarde. D'aucuns s'exclament : une telle faena, ce n'est pas possible !  Auréolé, l'astre luit"

De cette inoubliable corrida est née la PEÑA ANTONIO ORDÓÑEZ.

Ordóñez toréant suavement son premier adversaire par véronique basse.

Ordóñez toréant suavement son premier adversaire par véronique basse.

Pedrés donnant une passe en rond au second toro

Pedrés donnant une passe en rond au second toro

Une Giraldilla de Mondeño au 3ème Carlos Nuñez dont il coupa l'oreille

Une Giraldilla de Mondeño au 3ème Carlos Nuñez dont il coupa l'oreille

Dessins "la deuxième corrida de la Feria" - 1960 d'Antonio Alacalde Molinero, peintre et dessinateur taurin (1906 - 2000) qui collabora à de nombreuses publications taurines dont la revue Toros.

Publié dans Histoire

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Quel avenir pour les élevages français ?

Publié le par Paul Bosc

Quel avenir pour les élevages français ?

Pourquoi aller chercher si loin ce qui est à notre porte ? Après la feria de la Crau qui fêtait son 20e anniversaire et dont le bilan final ne restera pas dans les souvenirs, la corrida du dimanche de 6 toros provenant d’élevages français restera la satisfaction de ces deux jours de fête. Si les frères Gallon ont remporté le prix du meilleur toro de la Feria (prix souvenir Edmé Gallon), les cinq autres élevages ont présenté des bêtes qui avaient chacune leur mot à dire et surtout le François André (origine Cobaleda) qui a défendu sa peau jusqu’à son dernier souffle ou l’impressionnant Blohorn (origine Jandilla) et l’estampe de Concha y Sierra (origine Vazquena) comme le Tardieu (origine Carlos Nuñez) pas un n’a rechigné devant la cavalerie et par deux fois la musique a accompagné le tercio de piques (Gallon et François André) même si… après, ils n’ont pas donné la même musique.

Le Valverde  était intéressant. 3 rencontres au cheval et une faena conduite par Morenito de Aranda qui a su en tirer le meilleur parti. Le torero de Ureda de Uero est sorti des arènes en triomphateur avec 2 oreilles, une revanche à sa corrida  de l’an dernier où il avait échoué à l’épée après avoir frôlé l’indulto du Reguelga.

Question cornes, à part le Blohorn, pas très présentables, elles sont restées intactes à la différence de la corrida du samedi du Conde de la Maza.

Les organisateurs assurent que les toros ont tapé dans le corral lors du débarquement. Comme les Pages-Mailhan en 2012 et le vétérinaire précise que les cornes étaient faibles et ont explosé en tapant.  Evidemment, à moins d’une analyse des cornes, le spectateur ne saura jamais le fin mot de l’histoire mais il faut convenir que La Unica n’aura pas marqué des points pour l’avenir de la Feria, surtout à l’heure où il faudrait justement en marquer beaucoup  pour remplir les arènes Louis-Thiers. Une fois encore, même si le dimanche l’entrée était un tout petit plus importante que le samedi, les aficionados ont laissé beaucoup de blancs sur les gradins alors que deux ans de suite les meilleures corridas de la saison ont eu lieu ici.

Le temps maussade le samedi, la pluie persistante du dimanche, n’ont pas contribué non plus à la venue en nombre d’aficionados.

Côté toreros, Medhi Savalli n’aurait pas démérité si la présidence lui avait accordé l’oreille du Tardieu et on retiendra Tomas Joubert et son courage face au François André et au Blohorn, d’ailleurs encouragé par le public.

Le samedi Miguel Angel Delgado  a coupé une oreille mais de toute évidence ce genre de toros n’est pas dans son style et Eugenio de Mora s’est bien moqué du monde surtout face au quatrième qu’il a fait assassiner à la pique pour s’en débarrasser d’un honteux coup d’épée.

Il reste à citer Francisco Javier Sanchez Vara. Et même lui rendre hommage pour son professionnalisme, son engagement, sa technique et regretter qu’il ne soit pas plus souvent aux affiches des ferias. On le retrouvera à Céret en juillet prochain avec, nous l’espérons, un petit peu plus de réussite. Face au cinquième Conde de la Maza, le meilleur de cet après-midi, le torero de Guadalajara a conduit la  course de bout en bout tant à la cape qu’avec les banderilles et la muleta avec des séquences exceptionnelles comme ce début de faena par largas et un tercio de banderilles débuté par un saut du toro à la garroche de son banderillero Raùl Ramirez puis en tentant la pose de la troisième paire assis sur une chaise. Mais la charge de « Limpisodero » était déjà insuffisante et le maestro aurait dû en tenir compte avant de tenter cette estocade a recibir de 5 mètres, hélas raté ce qui a conduit à une série d’estocades avant la chute du toro. Un tour de piste lui a été accordé. La moindre des choses. Mais merci pour ce moment.

Publié dans Le toro

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Les pinceaux, la garrocha et la chaise

Publié le par Charles CREPIN

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

« Ils ont tapé fort dans les chiqueros » : c'est l'hypothèse avancée par certains pour justifier la présence des pinceaux sur les Conde de la Maza. Si on en juge par la course de dimanche, les toros français taperaient moins fort dans les chiqueros ?

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Distant et bruyant, Eugenio De Mora. A son premier, rien!  Indigne du second et complice d’une tentative d’assassinat sinvergüenza à la pique, Eugène a rompu dans le déshonneur par un bajonazo sur la tangente.

 

 

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Profilé et distant lui aussi, Miguel Angel Delgado. Cambio au centre et circulaires culeras. Michel-Ange nous a fait du Castella… En fait, une pâle copie, hors sujet dans l’enceinte Saint-Martinoise. l'oreille gagnée ne change rien au problème.

J'attendais Sanchez Vara. J'étais venu pour lui, et pour les Conde de la Maza. A son second, tout aurait dû lui sourire. A l’arrivée, rien ou presque  ! Une série de largas cambiadas afaroladas, 3 piques dont une au regaton. Musique. Pose des banderilles après spectaculaire saut à la garrocha de son banderillero Raùl Ramirez. Public ravi ! la pression monte.

 

Les pinceaux,  la garrocha et la chaise
Les pinceaux,  la garrocha et la chaise

Ensuite, il a tout essayé ! La chaise, pour faire encore monter la pression, mais le toro ne vient pas…  Une tentative de récibir, mais le toro ne vient toujours pas. Et à la fin, sept entrées a matar brisent le rêve de Sanchez, le mien, celui de mes voisins. A la sortie, les commentaires retiennent surtout les pinceaux… Dommage !

 

 

 

Photos : Sophia G.

Publié dans Ferias

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Manifeste sur la suerte de varas

Publié le par Antonio Purroy

Ce “manifeste”, dont il est superflu de présenter les personnalités espagnoles qui l’ont signé (*), s’adresse à tous les aficionados qui, comme nous, pensent que dans un trop grand nombre de corridas, et même dans les arènes les plus prestigieuses, il se commet, presque impunément, un abus dans la façon dont les toros sont piqués au mépris de toutes les règles. Ceci ôte une grande partie de sa signification à cette suerte, et nuit gravement à la suite du combat. Il est bon de rappeler ces règles et d’exiger leur respect pour que la tauromachie reste fidèle à elle-même et conserve son authenticité.

François Zumbiehl

 

 

LA PHASE DES PIQUES, UNE PHASE AUSSI NÉCESSAIRE QUE BELLE

(*) Publié sous les signatures d'Antonio Purroy, Santiago Martín “El Viti”, Antonio Miura, Venancio Blanco, Rafael Cabrera et François Zumbiehl.

(Voir aussi le texte original espagnol en fichier joint )

Manifeste sur la suerte de varas

Pourquoi la phase des piques est-elle défectueuse? C’est une question que se posent beaucoup d’aficionados. Et depuis quand en est-il ainsi? Il faudrait sans doute revenir à l’époque où le caparaçon n’existait pas, autrement dit antérieure à 1928, et en réalité à 1930, date à laquelle fut édicté pour la première fois un règlement taurin national. Et si, à cette époque, on piquait comme il faut, c’est parce qu’il n’y avait pas d’autre solution que de freiner avec la pique, - la “pique de rétention” -, comme on l’appelait jadis, l’élan du toro afin qu’il ne parvienne pas à atteindre le cheval  et à le blesser à mort avec la culbute du picador dans l’arène. C’est pourquoi, en ces temps passés, les picadors pouvaient acquérir une telle renommée qu’ils en arrivaient à éclipser les matador eux-mêmes.

La suerte des piques est absolument nécessaire dans une corrida, et encore plus au cours des tientas dans le campo - que cette épreuve concerne les femelles ou les mâles -, quand il s’agit de sélectionner les futurs progéniteurs de l’élevage.  

Bien qu’il paraisse superfétatoire à ce niveau d’expliquer ce qu’est la suerte des piques et à quoi elle sert, il n’est pas inutile de le rappeler.

Piquer dans le morrillo

La phase des piques sert à mesurer la bravoure de l’animal et à vérifier s’il  intensifie sa charge ou non sous le châtiment. Il doit s’élancer au moins deux fois au cheval car, la première fois, il ignore ce qu’il va trouver. Le cheval et le caparaçon doivent être légers. On doit appliquer un châtiment de façon mesurée, et en plusieurs fois. Le règlement national espagol de 1996 stipule que le picador réalisera la suerte en obligeant la bête à venir droit – et sur sa droite – sans vriller, lui fermer la sortie, tourner autour d’elle, sans insister et sans prolonger un châtiment appliqué de façon incorrecte.  Le picador doit pointer la pique afin qu’elle tombe sur le morrillo – sur la partie arrière de cette bosse musculaire – et non pas sur la croix, et encore moins en arrière et à la chute de l’épaule, car la proximité de la peau par rapport à la colonne vertébrale peut produire une lésion musculaire importante et affecter les nerfs de cette zone. Il s’agit de freiner avec la hampe l’élan de l’animal, et non pas de léser avec le fer  les muscles de l’épaule et les terminaisons nerveuses de la colonne vertébrale. Au contraire, on cherche à cadrer et à mettre en condition la charge du toro, à faire en sorte que son cou soit moins mobile, à réduire les coups de tête à droite et à gauche,  à diminuer la force de l’animal pour rendre posible la faena de de muleta, et à le décongestionner en le faisant saigner de façon raisonnable, pas plus de 2 ou 3 litres sur un total de 40 à 50 litres, quantité de sang que possède un toro de 500 à 600 kilos de poids.

Mais combien de picadors sont capables d’exécuter cette suerte correctement ?  Combien veulent le faire ? Et, chose plus préoccupante encore, combien de toros actuels sont en mesure de la supporter, compte tenu de leur manque de bravoure et de force ?

Piquer dans le morrillo, et non dans la croix ou, pire encore, plus en arrière et sur le côté, n’est pas un caprice.  C’est une nécessité pour ne pas dire une obligation. Le morrillo – que les anciens appelaient cerviguillo – est un caractère sexuel secondaire propre aux mâles bovins non castrés, où s’accumule une importante masse musculaire  (muscles trapézoïdes et rhomboïdes cervicaux, principalement ) et plusieurs centimètres de graisse subcutanée.

Règlements taurins

Dans un des premiers règlements taurins, celui élaboré par Melchor Ordoñez pour Madrid (1852), on disait qu’il fallait piquer “à l’endroit que l’art exige” (Art.18). Plus tard, dans le règlement de Ruiz Gimenez (1917), promulgué pour les arènes de première catégorie (Madrid, Barcelone, Bilbao, Saint-Sébastien, Séville, Valence, Saragosse) on indique qu’il faut piquer “à l’endroit que l’art exige, c’est-à-dire dans le . morrillo (Art.52).

Notons qu’à cette époque on piquait encore sans caparaçon. Une fois édictés les règlements nationaux (1930, 1962 et 1996), on ne précise pas sur quelle partie de l’anatomie de l’animal doit être appliquée la pique, et il en est de même dans les règlements des autonomies de Navarre (1962), du Pays Basque (1996), de l’Aragon (2004) et de Castille et León  (2008);  ce n’est que dans celui de l’Andalousie (2006) qu’on dit qu’il faut piquer, de préférence, dans le morrillo (Art.54.4). Curieusement, le règlement français précise que “le picador devra piquer dans le haut du morrillo” (Art.73.4).

Comme on l’a dit plus haut, il ne faut jamais piquer dans la croix, et le comble est que certains affirment que c’est là qu’il faut piquer. C’est une grave erreur. Chez les bovins la jonction des extrémités ou pattes antérieures avec le tronc – qu’on appelle syssarcose –s’effectue par le biais des scapulas et de différents muscles et cartilages, et non  par le biais des clavicules comme chez les humains.  Cela rend cette zone fragile et très vulnérable aux effets de la pique, car celle-ci atteint des zones musculaires, vasculaires et nerveuses, vu qu’à cet endroit il n’y a plus le morrillo. Mais il est pire encore de piquer plus en arrière, là où la distance entre la peau et les apophyses épineuses des vertèbres dorsales est très faible –  seulement quelques centimètres -, et où, en conséquence, la colonne vertébrale est directement affectée.  L’action de la pique fait que ces apophyses peuvent se rompre et surtout que peuvent être lésées les connexions nerveuses  qui  aboutissent à la colonne ou en partent. Et ce qui est absolument intolerable, outre le fait de piquer en arrière, c’est de le faire sur le côté, car alors on peut léser les apophyses transverses, des ramifications neuronales et des insertions musculaires, de même que les muscles de l’épaule –  le muscle longissimus y multífidus dorsalis, entre autres-, sans compter la posible perforation  des poumons. Dans ce cas le dommage est considérable et il n’est pas étonnant que des toros sortent de la suerte des piques en chancelant et en roulant sur le sable. En outre, quand on pique en arrière,  on obtient l’effet inverse à l’un des objectifs fondamentaux de la pique : dans les phases suivantes le toro tend à lever sa tête au lieu de la baisser. Il faut que les toreros le sachent.

La plus grande lésion subie par le toro actuel est due au fait qu’on le pique dans la croix, ou plus en arrière et sur le côté. Cela fait longtemps que les picadors savent où cela fait vraiment mal!  Et elle est admirable la résistance de nombreux toros qui, après avoir enduré une phase de piques criminelle, sont encore capables d’offrir 70 ou 80 passes de muleta au dernier tiers! Fort malheureusement, on continue d’estropier bon nombre de toros au cours de cette phase. 

La sensibilité des spectateurs

Les détracteurs de la phase des piques prétendent que la sensibilité actuelle la rejette. Et le plus grave est que de nombreux  “taurins” et certains éleveurs, qui se croient influents, soutiennent ce jugement. Lorsque la suerte se fait correctement, avec  des chevaux légers  et “toreros” (les règlements actuels interdisent qu’on utilise des chevaux appartenant à des races de trait – ART.60 du règlement national de 1996 – mais  ne faudrait-il pas alors écarter les croisements de ces races avec le cheval espagnol ou lusitanien, par exemple ?), en piquant en avant et en mesurant le châtiment, face à un toro de caste  et avec de la force, les gens apprécient le spectacle, se lèvent de leur siège, font une grande ovation, et obligent le picador à faire un tour d’honneur, accompagné généralement par les autres subalternes qui, juste après, sous l’emprise du moment, réalisent un grand tercio de banderilles. Certes, ceci  exige de la part du matador de la générosité afin que puissent briller le toro et sa cuadrilla, fût-ce au prix de quelques passes de moins pour sa faena de muleta.

Il est vrai qu’il faudra éduquer le public qui vient aux arènes et lui faire voir que la suerte des piques est  une des étapes les plus importantes de la lidia, et même de la tauromachie, qu’elle est aussi  nécessaire que belle quand on l’exécute comme il faut. Ce qu’il faut bannir fermement est la monopique, qui est à l’opposé de l’essence de cette suerte, ainsi que la carioca, inventée à l’époque pour empêcher la sortie des toros mansos qui fuient.  Il n’est pas non plus nécessaire de diminuer le “châtiment” de la pique actuelle si on pratique correctement la suerte. Ce qu’il conviendrait de faire, en revanche, c’est d’ôter de la longueur à la jupe du caparaçon, comme on le stipule dans les règlement des autonomies de Navarre et d’Aragon, où il est dit que celle-ci ne doit pas se terminer à une hauteur inférieure à 65 cm du sol (Articles 62 et 50.2). De cette façon les toros qui baissent la tête, et  qui ont de la force,  ont la possibilité de soulever de terre le cheval et de sentir qu’ils peuvent vaincre l’ennemi. Dans les règlements d’Andalousie et de Castille et León, il est dit que la jupette antérieure du caparaçon ne sera pas à moins de 30 cm du sol, hauteur nettement insuffisante.

En France, par exemple, on a obtenu que les choses se passent bien en vingt ou trente ans, particulièrement dans une demi-douzaine d’arènes importantes.  Le public français n’est pas moins sensible que l’espagnol.  Les spectateurs comprennent que la phase des piques est nécessaire, mais ils exigent en même temps qu’elle se déroule bien; ils protestent contre ce qui est mal fait et, bien entendu, ils ne permettent pas que le picador rectifie un coup de pique maladroit. Rien de plus beau qu’une arène enthousiasmée à la vue d’un toro qui s’élance vers le cheval, d’un extrême à l’autre de la piste, et ceci pour une troisième ou quatrième pique, même si on doit piquer avec le bois d’une hampe retournée (regatón). A ce moment le public ne voit ni le sang ni l’éventuelle souffrance du toro, en particulier si le toro est brave, s’il a de la prestance (trapío) et de la force. Mais là est le hic.

Toro noble et soso, sans force

Les ganaderos, sous la pression de “taurins” influents, ont été conduits au cours du dernier siècle et, en particulier, au cours des dernières décennies de celui-ci, à sélectionner un toro plus noble que brave, avec, en conséquence,  une perte de sauvagerie et de force, autrement dit un toro bonasse et previsible, qui n’offre pas d’émotion à la corrida.   

L’art sans émotion dans le toreo n’est pas de l’art (“l’esthétique nous étouffe”, disait Unamuno). Quand le public se rend aux arènes, il y recherche de l’émotion et de l’authenticité, faute de quoi il aura du mal à revenir. Et quand ce public, qui n’a pas besoin d’être aficionado éclairé, constate par ses propres yeux que l’affrontement entre le cheval et le toro est équilibré que le toro possède “de la caste, de la puissance et des pieds ”  - l’expression est de Ortega y Gasset -,  qu’il charge de belle manière dès la première pique, qu’il ne se décourage pas parce qu’il devine qu’il peut vaincre son ennemi, qu’il semble même prendre du plaisir au combat, ce toro ne lui fait pas pitié. Si, en outre, on exécute bien la suerte, dans le public cela peut être le délire…Mais tout cela exige de la compétence, du courage et de la générosité de la part de tous les acteurs dans l’arène.

Il en est tout autrement lorsque l’adversaire auquel est confronté le picador est un toro suspect d’avoir été manipulé, sans élan combatif, avec peu de force, incapable d’accourir deux ou trois fois au cheval. Alors, outre le fait que la suerte ne peut pas se pratiquer correctement, les spectateurs s’appitoient sur lui. Il est absolument indispensable d’en revenir à un toro brave qui soit capable d’affronter avec succès cette phase,  il est non moins indispensable de piquer  avec des chevaux légers et très mobiles et de faire les choses correctement. Lorsque ces conditions seront réunies, la phase des piques occupera à nouveau le premier plan qu’elle n’aurait jamais dû perdre, et sera un élément fondamental pour la défense de la corrida et, avec elle, de la tauromachie.

Il s’agit en dféfinitive de faire en sorte que les spectateurs respectent et admirent à nouveau les picadors, pour la raison qu’ils réalisent comme il convient la suerte, en appelant de loin le toro, en pointant la pique, en piquant devant et en haut, sans vriller, en mesurant le châtiment au cours de plusieurs rencontres, et sans fermer la sortie. Est-ce si difficile de piquer ainsi?

Antonio Purroy

Santiago Martín “El Viti”

Antonio Miura

Venancio Blanco

Rafael Cabrera

François Zumbiehl

Publié dans Règles de l'art

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François Zumbiehl aux Jeudis du cercle

Publié le par vingtpasses

François Zumbiehl aux Jeudis du cercle

A l’affiche du prochain Jeudi du Cercle proposé par le Cercle Taurin Nîmois, François ZUMBIEHL pose une question ouverte :

« Pour la corrida, est-ce la fin de l’histoire ? »

L’auteur  du « Discours de la Corrida » et du célèbre « Manolete » analyse le rituel tauromachique et l’art raffiné qu’il produit sous l’angle de son évolution positive séculaire. Et les signes inquiétants qui le menacent aujourd’hui…

A l’issue de la conférence François ZUMBIEHL  se prêtera à une séance de dédicaces.

Jeudis du Cercle – 7 Mai 2015 à 19h00 – à Nîmes Hôtel IMPERATOR****

Entrée 23 € sur réservation – cocktail après la conférence ».

 

Contact : jeudisducercle@gmail.com

 

 

 Hôtel IMPERATOR**** et FRANCE BLEU Gard Lozère partenaires des Jeudis du Cercle

 

Voir l'annonce détaillée dans le fichier joint ci-dessous

Publié dans Jeudis du cercle

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Voyages sur les routes des toros

Publié le par vingtpasses

Dolores Aguirre à St Martin - 2013
Dolores Aguirre à St Martin - 2013

Paul Bosc______________

Fermez les yeux ! Vous êtes maintenant en Andalousie, à quelque 70 km de Séville, à Morón de la Frontera plus précisément, une petite ville de 30.000 habitants dominée par son église forteresse et la statue d’un coq déplumé et caquetant qui rappelle la rébellion du peuple contre un collecteur d’impôts. Attiré dans un endroit désert, les habitants l’avaient dévêtu et dépouillé en lui criant : « tu es maintenant comme le coq de Morón ». Encore quelques kilomètres dans la campagne et vous êtes devant le domaine Cortijo de Arenales. C’est ici que sont élevés les toros et les vaches du Conde de la Maza, une ganaderia créée le 15 août 1963 par Leopoldo Sainz de la Maza y Falco. C’est sa fille Almudeda qui gère de main de maître la propriété qui, tout en gardant les principes et les traditions de sélection, a modernisé la propriété pour accueillir les touristes.

La Unica, tous les ans, parcourt ces routes d’Andalousie à la recherche des toros de la Feria de la Crau. Elle s’est arrêtée là l’hiver dernier pour saluer les propriétaires et le mayoral Miguel Reina avec l’espoir qu’il y aurait une corrida à vendre. Pas évident car le Conde de la Maza est connu pour garder ses toros pour les grandes arènes comme Séville, Pamplona (une corrida est réservée pour la prochaine San Fermin. Les Conde de la Maza n’étaient pas venu depuis 1981), surtout Madrid ou bien les villes françaises pour leurs grandes pistes parce que ses bêtes ont toujours été imposantes de par leurs cornes mais aussi leur trapio.

Mais cette politique commerciale ne nourrit plus son homme et Leopoldo Sainz de la Maza y Ibarra, le gérant, vend des toros aux arènes moins illustres mais, précise-t-il : « Comme s’ils étaient pour Madrid ».

Après les Cebada Gago et les Rehuelga, La Unica est revenue de ce voyage avec la réservation d’un lot de ce fer historique, qui garde les caractéristiques du sang Nuñez, sans être excessivement lourd et aux robes allant du noir au cardeño en passant par le colorado/castaño. Un beau cadeau pour fêter les 20 ans de la Feria saint-martinoise.

Samedi 25 avril à 17 heures aux arènes Louis-Thiers

Toros de Crau, de Camargue et des Alpilles

Depuis 1995, date de la première corrida de la feria dite des Rameaux, les éleveurs français ont toujours étaient présents. Granier pour la première mais Yonnet, Tardieu, Jalabert, Margé, Laugier, Pagès-Mailhan, François André, Gallon ont été à l’affiche en competencia avec des ganaderias espagnole ou portugaise. Cette année les six élevages retenus arrivent de paysages différents mais si proches.

Reprenons la route des toros. Blohorn, c’est la Camargue, terre de mer et de vent, de sansouire et de tamaris, de sel et de Mistral. Bruno Blohorn élève ses « Domecq/Jandilla » au mas des Carrelets, près du Vaccarès et de Méjanes. Il a remporté le prix du meilleur novillo de la novillada-concours lors de la dernière Feria du Riz à Arles.

Les Concha y Sierra (encaste vasqueño) et les Valverde (conde de la Corte) respirent eux l’air descendu des Alpilles et les élevages de Jean-Luc Couturier paissent sur la route de Saint-Martin de Crau à Maussane au milieu d’installations ultra-modernes. En suivant cette route où l’horizon s’arrête sur les Baux de Provence nous voici maintenant au mas de l’île chez François André, un élevage créé en 1947 à partir d’encastes Santa Coloma et Cobaleda. Patrick Lautier poursuit la tradition des toros de combat et les aficionados pourront juger des qualités de ce bétail.

Voyage encore avec une route royale d’élevages à Mas-Thibert où se succède Roland Durand, les familles Tardieu et les frères Gallon.

Alain et Frédérique Tardieu sont souvent venus à Saint-Martin de Crau et l’encaste Nuñez a souvent apporté de grandes satisfactions. D’ailleurs, un novillo nommé « Jabonejo » a même été indulté en 2010 par Esau Fernandez.

Un peu plus loin sur cette route mythique, l’élevage d’Edmé Gallon reprise par Jean-Pierre et Michel est sans doute le plus apprécié des toreros. Le sang Juan Pedro Domecq qui coule dans leurs veines est garant d’une grande noblesse.

Il faut rappeler que cette corrida n’est pas une corrida-concours et qu’un sorteo designera les toros attribués à chacun des toreros.

Dimanche 26 avril à 17 heures dans les arènes Louis-Thiers.

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Antonio Purroy aux Jeudis du Cercle

Publié le par vingtpasses

Antonio Purroy aux Jeudis du Cercle

Publié dans Jeudis du cercle

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Sobre el encaste Domecq

Publié le par vingtpasses

Sobre el encaste Domecq

Rien qu'on ne sache déjà, mais il faut sans doute se répéter et montrer des images qui illustrent la misère de la corrida moderne...

Suivre le lien vers l'article de l'excellent blog TORO, TORERO Y AFICIÓN

http://torear.blogspot.fr/2015/03/sobre-lo-domecq.html

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L'Europe ne nous aime pas...

Publié le par vingtpasses

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et  «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Le Docteur Antonio Purroy est professeur à l’École Supérieure d’Ingénieurs Agronomes de l’Université Publique de Navarre, et organisateur des «jornadas sobre el toro de lidia de Pamplona». Il est l’auteur de divers ouvrages sur le taureau de combat dont «La cria del toro bravo - Arte y progreso » – Editions Mundi Prensa Madrid 1997 et «Comportement du taureau de combat» récemment traduit en français par Marc Roumengou – Editions atlantica 2014.

Antonio Purroy sera l'invité des prochains Jeudis du Cercle, sur le thème : Le taureau de combat, producteur de bravoure ?
Nîmes Hôtel IMPERATOR, Jeudi 2 avril à 19h00

Contact : jeudisducercle@gmail.com

 

POURQUOI EN VEUT-ON AU TORO ?

Par Antonio Purroy

Un nouveau vote du Parlement européen, au mois de novembre dernier sur l’octroi ou non des aides de la PAC aux éleveurs d’animaux de race de combat est une autre aberration anti-taurine de grande importance. Ce n’est pas la première fois que cela arrive et ce ne sera pas non plus la dernière. Et à chaque fois, les parlementaires partisans de la prohibition sont de plus en plus nombreux. Que se passera-t-il lorsqu’ils seront une majorité ? Le parlement européen peut-il légiférer arbitrairement sur des exploitations d’élevages légalement constituées pour les empêcher de recevoir des aides auxquelles elles ont autant droit que les autres éleveurs ? Pourquoi en veut-on au toro ? Qu’ont fait au bon dieu les éleveurs de bétail brave ? Si des exploitations remplissent les conditions requises par l’Union Européenne au niveau environnemental, ce sont bien celles des animaux de race de combat.

Comportement

L’élevage du bétail brave est tout à fait comparable à celui des bovins en élevage extensif pour la production de viande, la différence se trouvant dans la conduite du troupeau – beaucoup plus complexe et dangereuse pour les braves à cause de leur fort caractère – et dans l’objectif fondamental de production. Alors que pour le bétail domestique il s’agit de production de viande, dans le cas du bétail brave il s’agit d’une production comportementale sous la forme de la bravoure, avec toutes les nuances et variantes ; la production de viande se convertit en objectif secondaire, la viande étant considérée comme un sous-produit.

La production comportementale est une activité d’élevage pleinement reconnue dans le domaine de la production animale, comme jadis pour la production d’animaux de trait, par exemple.

C’est précisément ce comportement si particulier qui dérange les anti-taurins, car ils savent qu’il est responsable de l’existence des toros de combat et des spectacles taurins. Avec des vaches à lait ou des veaux gavés, dans le cas des races à viande (Blonde de Galice, Pyrénéenne, Rousse…), la célébration de spectacles taurins n’est pas possible. Une fois le chien mort, c’en est fini de la rage !

Il y a des voix – très peu sont autorisées, d’ailleurs – qui affirment qu’il est possible d’élever des toros de combat sans aides européennes. En plus de la gifle morale qui supposerait pour les éleveurs la suppression des aides, celles-ci sont absolument nécessaires dans les temps présents. Dans une étude que nous avons réalisée il y a huit ans sur la rentabilité des élevages de bétail brave, juste avant que la crise submerge le pays,  nous avons démontré que les aides de la PAC supposaient 23% des recettes pour la vente d’animaux. Seulement un faible nombre d’élevages peut survivre grâce à la seule vente des animaux, ce sont celles qui vendent les bêtes à un prix élevé comme conséquence d’une forte demande due à une renommée obtenue génération après génération, ou parce qu’elles traversent un bon moment et les toreros les plus célèbres les demandent ou, dans les cas les plus rares, parce que les aficionados les réclament. Les éleveurs qui reçoivent environ 4000-5000 euros pour un toro adulte sont à même d’obtenir des bénéfices avec leur élevage. Une fois de plus, la marque d’un produit, qui dans ce cas est génétique, permettra de le vendre à un prix ou un autre. Seulement les élevages qui vont dans les grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reçoivent ces quantités, la majorité accumule donc des pertes dans leurs comptes d’exploitation. Que font les autres ? Diversifier leur activité agraire ou posséder d’autres sources de financement.

L’Europe ne nous aime pas

Les trois pays européens qui ont des élevages de combat, l’Espagne, le Portugal et la France se trouvent dans le bassin méditerranéen et le moindre poids de l’Europe du sud face à celle du nord au sein de l’U.E. est connu, avec le facteur aggravant que les pays du nord ont une plus grande tradition écologique et animaliste, avec des lobbies très bien organisés. L’organisation et la défense commune, c’est ce qui manque à la culture méditerranéenne, car la Tauromachie est bien  une culture !

 

L’Espagne et le Portugal, de plus, possèdent un écosystème sylvo-pastoral et des pâturages d’une grande valeur environnementale. C’est dans cet espace naturel que le toro de combat est principalement élevé, souvent partagé avec d’autres espèces d’élevages domestiques (bovins à viande, porcs ibérique, ovins…) et toujours accompagnés d’une flore et d’une faune sylvestres. L’appellation de « gardien des pâturages » pour le toro de combat est très juste, au moins dans les quasiment 40 000 hectares qu’occupent les élevages espagnols et portugais. Rien que pour cela les éleveurs de bétail brave devraient recevoir un supplément aux aides européennes de la PAC.

Les anti-taurins de pacotille, les mal-nommés écologistes et animalistes, répètent deux arguments à la manière d’un disque  rayé : que les éleveurs de bétail brave sont des grands seigneurs riches et que le toro de combat pourrait survivre sans spectacles taurins. Les plus endurcis vont un peu plus loin et disent qu’on peut élever des animaux de la race de combat pour les seuls spectacles populaires, ceux sans mort de l’animal. Ils oublient bien-sûr que l’homme, lui, peut mourir, mais cela ne semble pas les intéresser.

Le premier argument a été démonté lorsqu’on a parlé du prix actuel des toros. Le second tombe de lui-même : quel éleveur va élever des toros si le marché auquel ils sont destinés n’existe pas. Et par rapport au troisième argument , même s’il est vrai qu’il existe un nombre important d’élevages qui élèvent uniquement des animaux pour les spectacles populaires, capeas et lâchers de toros dans les rues des villages, il existe d’autres spectacles, plus importants, qui ont besoin de toros d’élevages prestigieux, comme les lâchers de toros les plus réputés (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) ou même les toros de rue (bous al carrer, toros « encordés »…).

Il n’existe pas d’autre solution qu’une union entre l’Espagne, le Portugal et la France pour défendre le bétail brave. Une fois de plus, l’ignorance et la haine des anti-taurins envers la tauromachie sont sans limite. Le travail de prosélytisme envers les groupes parlementaires européens et ceux des différents pays – dans notre cas, il faut inclure les parlements régionaux – est de plus en plus nécessaire. La lutte sera dure, il ne faut pas déposer les armes.

Antonio PURROY

Texte traduit de l’Espagnol par Sébastien Giraldez

 

L'Europe ne nous aime pas...L'Europe ne nous aime pas...

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Texte original d’Antonio Purroy

¿QUÉ CULPA TIENE EL TORO?

Antonio Purroy

Una nueva votación en el Parlamento Europeo, en el pasado mes de noviembre, sobre la concesión o no de las ayudas PAC a los ganaderos de animales de la raza de Lidia es otra aberración antitaurina de gran calado. Y no es la primera vez que esto ocurre y tampoco será la última Y cada vez son más los parlamentarios partidarios de la prohibición. ¿Qué ocurrirá cuando sean mayoría? ¿Puede el Parlamento Europeo legislar arbitrariamente sobre unas explotaciones ganaderas legalmente constituidas para impedirles recibir unas ayudas que les corresponden al igual que al resto de los ganaderos? ¿Qué culpa tiene el toro de lidia? ¿Qué culpan tienen los ganaderos de bravo? Si algunas explotaciones cumplen con los requisitos medioambientales de la UE, esas son las de animales de la raza de Lidia.

Comportamiento

La cría del ganado bravo es muy parecida a la del vacuno en extensivo para la producción de carne, se diferencian en el manejo de los animales –mucho más complejo y peligroso en el bravo debido a su fuerte carácter- y en el objetivo fundamental de producción. Mientras en el vacuno manso es para la producción de carne, en el bravo es para la producción de comportamiento en forma de bravura, con todos sus matices y variantes; la producción de carne se convierte en un objetivo secundario, se considera a la carne como un subproducto.

            La producción de comportamiento es una actividad ganadera plenamente reconocida en la disciplina de Producción Animal, como en su día fue, por ejemplo, la producción de tiro animal. Es precisamente este comportamiento tan peculiar el que molesta a los antitaurinos, pues saben que es el responsable de que existan toros de lidia y festejos taurinos. Con vacas lecheras o añojos cebados de razas productoras de carne (Rubia Gallega, Pirenaica, Retinta…) no se pueden celebrar festejos taurinos. Muerto el perro se acabó la rabia.

            Hay voces –muy poco autorizadas, por cierto- que dicen que se pueden criar toros de lidia sin ayudas comunitarias. Además del bofetón moral que supondría para los ganaderos la supresión de las ayudas, éstas son absolutamente necesarias en los tiempos que corren. En un trabajo que realizamos hace ocho años sobre la rentabilidad de las ganaderías de bravo, justo antes de que la crisis se adueñara de este país, obtuvimos que las ayudas PAC suponían el 23% de los ingresos totales de las explotaciones que, ya de por sí, eran deficitarias. Es muy posible que hoy esta cifra sea mayor, porque han descendido considerablemente los ingresos por la venta de animales. Sólo un número pequeño de ganaderías puede sobrevivir de la venta de sus animales, son las que venden los animales a un precio elevado como consecuencia de su elevada demanda por su buen nombre conseguido generación tras generación, o porque están atravesando un buen momento y las demandan las figuras o, en el menor de los casos, porque las piden los aficionados. Los ganaderos que reciben del orden de 4.000-5.000 euros por un toro cuatreño están en situación de conseguir beneficios con su ganadería. Una vez más la marca de un producto, que en este caso es la genética, es lo que hará que se venda a un precio o a otro. Sólo las ganaderías que van a las grandes ferias (Madrid, Bilbao, Pamplona…) reciben estos valores, la mayoría, por tanto, arrojan pérdidas en su cuenta de explotación. ¿Qué hacen el resto? Diversificar su actividad agraria o poseer otras fuentes de financiación.

Europa no nos quiere

Los tres países europeos que poseen ganaderías de lidia, España, Portugal y Francia, se encuentran en la cuenca mediterránea y es conocido el menor peso de la Europa del sur frente a la del norte en el seno de la UE, con el agravante de que los países del norte tienen una mayor tradición ecologista y animalista, con unos lobbys muy bien organizados. Organización y defensa común es lo que le falta a la cultura mediterránea, porque ¡la Tauromaquia es cultura!

            España y Portugal, además, poseen un ecosistema silvo-pastoral, la dehesa, de un gran valor medioambiental. Es en este espacio natural donde fundamentalmente se cría el toro bravo, a menudo compartido con otras especies ganaderas domésticas (vacuno de carne, porcino ibérico, ovino…) y siempre acompañado de flora y fauna silvestres. Es muy acertada la denominación del toro bravo como el “guardián de la dehesa”, al menos en las aproximadamente 400.000 has. que ocupan las ganaderías españolas y portuguesas. Solo por esto los ganaderos de bravo deberían tener un plus por encima de las ayudas PAC comunitarias.

            Los antitaurinos de pacotilla, los mal llamados ecologistas y animalistas, manejan dos argumentos como si de un disco rayado se tratara: que los ganaderos de bravo son unos señoritos ricos y que el toro de lidia se podría mantener sin festejos taurinos. Los más avezados van un poco más lejos y dicen que se pueden criar animales de la raza de Lidia únicamente para los festejos populares, aquellos en los que no existe muerte del animal. Se olvidan por supuesto, de que puede morir el hombre, pero esto no parece importarles.

            El primer argumento ha quedado desmontado al hablar del precio actual de los toros. El segundo cae por su propio peso, ¿qué ganadero va a criar sus toros si no existe el mercado al que van dirigidos? Y en cuanto al tercer argumento, aunque es verdad que existe un número importante de ganaderías que únicamente crían sus animales para festejos populares de capeas y encierros en las calles de los pueblos, existen otros festejos de mayor importancia que necesitan toros de ganaderías prestigiosas, como los encierros más renombrados (Pamplona, San Sebastián de los Reyes…) o incluso toros en las calles (bous al carrer, toros ensogados…).

            No existe otra solución que la unión de España, Portugal y Francia para defender al ganado bravo. Una vez más la ignorancia y el odio de los antitaurinos por la tauromaquia, campan a sus anchas. La labor de proselitismo en los grupos parlamentarios europeos y en los de los respectivos países –en nuestro caso, incluidos los parlamentos autonómicos- es cada vez más necesaria. La lucha va ser dura, no hay que rendirse.

 

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